Chapitre 51

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J'étais dans la voiture pour aller au travail, comme chaque jour. Le ciel était magnifique, légèrement rosé avec des nuages élancés qui apportaient relief et légèreté. Plus j'approchais de ma destination, plus l'angoisse montait. Pourtant, j'allais revoir Alexandre après notre week-end fabuleux. Alors que m'arrivait-il ! Mon corps perdait toute force et mon esprit toute volonté. Quelque chose en moi me hurlait « Stop ».

En arrivant à destination, je fis demi-tour, machinalement, pour rentrer chez moi. Je remplis une petite valise de vêtements et d'une trousse de toilette. Je devais partir loin, mais je ne savais pas pour combien de temps. Je ne voulais prévenir personne, car je savais que je ne pourrais résister aux arguments, pleins de bon sens, qui me seraient prodigués.

Je fis le tour de ma maison comme pour dire au revoir aux gens qui y habitaient et que j'aimais. Mais j'avais besoin de me retrouver.

Je choisis une destination au bord de l'océan, un peu au hasard et taillais la route. Le GPS m'indiquait un horaire d'arriver au alentour de dix-sept heures ce qui me laisserait le temps de trouver un hôtel pour la nuit.

Sur mon téléphone, s'afficha un message d'Alexandre, qui me demandait où j'étais, mais je n'avais pas la force d'y répondre.

En faisant une pause-café, je vis que d'autres messages étaient arrivés.

Florian : Où es-tu ? Ton chef vient de m'appeler pour savoir pourquoi tu n'étais pas là.

Florian : Tu es à la maison ?

Alexandre : Je suis inquiet, tu pourrais me rappeler mon ange ?

Mais je n'avais pas la force de répondre pour le moment.

À dix-sept heures trente, j'arrivais à la Rochelle où je trouvais facilement un petit hôtel tranquille, où je déposais mes affaires. Mais pas question de m'y enfermer. Je partais marcher sur la plage, pour profiter des derniers rayons du soleil et de l'air marin.

Je regardais ce couple qui marchait à quelques dizaines de mètres de moi. Leurs regards en disaient long sur leurs sentiments, mais ce bonheur me faisait étrangement mal. J'avais cette sensation de ne pas y avoir droit.

Au bout d'une demi-heure de marche, je me sentais plus légère et décidais de rentrer pour prendre du temps pour dessiner, espérant ainsi penser à autre chose.

Je m'installais devant le bureau de ma chambre et sortais machinalement mon téléphone, pour le poser sur la table. De nouveaux, Florian et Alexandre avaient tenté de me joindre à plusieurs surprises. Mais il y avait aussi un SMS de Paul qui me demandait simplement si ça allait. Mais j'éteignais mon téléphone et commençais à gribouiller sur une feuille blanche.

La nuit avait été plutôt agitée et mon cerveau ne m'avait pas vraiment laissé tranquille. Il était temps pour moi de faire un choix, mais j'étais incapable de prendre une décision.

Ne voulant pas allumer mon téléphone, je préférais aller à l'office de tourisme pour trouver des randonnées à faire. La marche m'avait fait beaucoup de bien la veille et elle continuerait aujourd'hui. À midi, je mangeais dans un petit restaurant calme du bord de mer. Manger en compagnie de l'océan était reposant et petit à petit, je sentais un apaisement m'envahir.

Pendant trois jours, mon programme se résuma à randonnée, dessin, resto et dodo. Mon téléphone, depuis mon arrivée, était toujours posé sur le bureau de la chambre. J'avais fini même par oublier sa présence. Mais ce matin, je me sentais la force de lire les messages que j'avais dû recevoir.

Florian avait essayé de me téléphoner plusieurs fois par jour et avait aussi écrit de nombreux messages, me demandant de rentrer.

Alexandre était inquiet et cherchait à me rassurer.

Mes filles aussi avaient envoyé des messages pour me dire que je leur manquais et qu'elles voulaient que je rentre.

Paul n'avait envoyé qu'un seul message sur Snapchat.

« Coucou Elisa »

Lors de son départ, j'avais dit à Paul « ... et si un jour tu veux que l'on soit de nouveau ami, envoie moi un "coucou" »

J'envoyais à Florian, « Pour l'instant, je ne rentre pas, j'ai besoin de réfléchir. Dis aux filles que je les aime. »

« Alexandre, ne t'inquiète pas, je vais bien. »

Mais je laissais le message de Paul sans réponse.

Je ne changeais pas mon programme de la journée pour autant et partais encore pour une longue promenade le long de la cote. La météo était toujours agréable, même s'il faisait un peu plus frais que la veille. J'avais pris avec moi mon carnet à dessin et mes crayons et m'asseyais sur la plage pour dessiner.

Mais quand allais-je rentrer et surtout qu'allais-je faire ?

Le lendemain matin je prenais de nouveau mon matériel de dessin et commençais par un petit-déjeuner à la terrasse d'un café. Je prenais tranquillement mon thé et un croissant, tout en dessinant quand je sentis une main sur mon épaule.

- Bonjour Elisa, dit Paul.

Mais que faisait-il là ?

- Tu te demandes comment je t'ai trouvé ? C'est grâce à la carte Snap. Je suis arrivé hier et j'ai demandé au patron de l'hôtel.

Je n'arrivais même pas à dire bonjour, ayant été accompagné par le silence depuis plusieurs jours.

- Je peux m'asseoir ?

- Oui bien sûr.

- À enfin un mot est sorti de ta bouche, dit-il d'un sourire complice.

- Pourquoi es-tu là ?

- Tout le monde est inquiet, Elisa.

- Qui sait que je suis là ?

- Moi, dit-il simplement. Bon, qu'est-ce qui t'arrive ?

- Lundi, en arrivant au boulot, j'ai craqué. J'ai senti que j'avais besoin de partir.

- Et tu penses faire quoi après ?

- Je n'en sais rien, c'est la question que je me pose en boucle.

- Et si je te disais que tu n'as pas le courage de dire à Florian que tu veux le quitter ?

- Je le sais et depuis longtemps.

- Peut-être que je pense aussi que tu devrais le faire.

Mais je ne disais rien.

- Elisa, si je te disais que je suis venu ici avec du courage, tu accepterais que je te l'offre ?

- Bien sûr.

- Il est juste derrière toi.

En me retournant, je vis Alexandre qui me regardait tendrement.

- Tu dirais quoi, si je voulais te faire plein de promesse ? me dit-il.

- Je te dirais que j'adorerais ça. Mais tu sais, j'ai envie de t'aimer en te couvrant d'amour, de cadeau, de mots doux, de sexe, encore et encore. Tu crois que tu pourras survivre à autant d'attention ?

- J'y survivrais et ça me donnera des prétextes pour t'en donner autant.

Je m'enfouissais dans les bras d'Alexandre. Son corps était chaud et rassurant et là, l'oreille contre son cœur, je l’entendis battre.

- Merci Paul.

- Merci à toi, d'être Elisa... Je vais vous laisser, mais promis, on reste en contact.

Alexandre m'embrassa et l'image de ce couple sur la plage, heureux, flotta dans ma tête, mais plus de larmes. J'avais trouvé ma place et le droit au bonheur.

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