11 - Le défi (2/2)

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Ainsi, Édouard se leva avant tout le monde afin de rejoindre le réfectoire et d'y prendre son petit déjeuné. La salle était vide. Seuls les plus matinaux s'y retrouvent autour des quelques tables rondes habituellement posées ça et là dans la salle.

Tandis qu'il remplissait son plateau, Édouard se questionna sur le contenu de l'entrainement qu'il allait subir. Est-ce que Dauvel n'avait pas changé d'avis ? Avait-il finalement trouvé un meilleur poursuiveur que lui ? Les Pégases parviendraient-ils a obtenir le soutient d'un professeur avant Halloween ? Autant de questions qui trouveraient sûrement des réponses lorsqu'il aurait rejoint l'équipe au stade d'entrainement.

Une fois arrivé dans les vestiaires, en tenu de sport, il découvrit de nouveau l'équipe qui lui avait fait passer les tests, Jérémy Dauvel en tête.

— Ah Édouard, tu tombes bien, dit Dauvel en accueillant le nouveau venu, je vais te présenté à l'équipe.

Au moins, le capitaine ne semblait pas avoir changé d'avis, Édouard était toujours le nouveau poursuiveur des pégases. Les cinq autres membres de l'équipe dévisageaient le jeune prodige qui avait fait des étincelles lors des essais. Tous étaient vêtus de jogging ou de robes de sorciers spécialement prévues pour le sport. Jérémy Dauvel, le grand capitaine boutonneux vint à la hauteur d'Édouard pour le présenter à tout le monde. Il faisait deux têtes de plus que lui et le son de sa voix laissait transparaitre une pointe de stress.

— Bien, merci à tous d'être là, commença-t-il, vous vous souvenez d'Édouard ?

Tous acquiescèrent d'un signe de tête. Édouard était très intimidé et se sentait observé. Il avait l'impression d'être l'intrus parmi tous ces adolescents plus grands que lui.

— Édouard, voici Helena Le Bluff, c'est notre gardienne, elle est en première dans ma classe, dit Jérémy en présentant la fille qui gardait les buts lors des essais.

Helena est plus petite que Jérémy. C'est une brune typée aux magnifiques yeux bleus. Elle Lança un sourire courtois à Édouard avant de lui rappeler qu'elle compte bien ne plus se laisser surprendre par un tir comme celui qu'il lui avait donné lors des essais. Un tir puissant qui a permit à un sixième de devenir le plus jeune joueur de Quidditch depuis des années.

— Ensuite, je te présente les deux batteurs de l'équipe, ils sont nos anges gardiens, expliqua Dauvel en désignant les deux gaillards qui tenaient leur batte. Voici Alfred et Abraham Cousin

— Appelle-nous Alf et Abe dit le plus petit des deux

— Te fie pas aux apparences, on est cousins, dit l'autre

— Et ils ont beaucoup d'humour aussi, compléta la seconde fille de l'équipe

— Voici justement Gaëlle Bannier, elle est en cinquième, c'est une poursuiveuse, comme toi.

— Salut Ed, dit la jeune fille blonde au tempérament de feu.

— Et voici Rémi Delagrotte, finit Dauvel en présentant le dernier poursuiveur de l'équipe, il est en terminal et vient de Fort de France.

Édouard salua chacun d'entre eux avec beaucoup de timidité. Mais il pouvait compter sur le soutient de Dauvel qui croyait en ces capacités. Il prit d'ailleurs la parole car il avait une annonce importante à faire.

— Avant de commencer je tiens à vous remercier d'être tous présent aujourd'hui, dit-il d'un ton solennel. C'est un moment particulier pour moi car je peux enfin constituer ma propre équipe. L'année dernière j'ai put intégrer le championnat au poste d'attrapeur grâce à l'équipe des Faucons majestueux. Malheureusement, on n'a pas pu remporter le titre et l'équipe a dût se dissoudre. Mais cette année je compte bien faire des Pégases une nouvelle équipe permanente au sein du championnat Académieionnel.

— Et comment tu comptes t'y prendre ? Demanda Gaëlle, perplexe. On n'a toujours pas de président pour notre équipe et la date d'Halloween approche vite !

— La petite blonde a raison, renchérirent Alf et Abe en même temps

— La petite blonde a un nom, les loosers, répliqua Gaëlle aux deux gaillards qui ricanaient.

Visiblement, ce trio semblait se lancer des piques à chaque fois que l'un d'entre eux ouvre la bouche. Pourtant Édouard ne sent aucune animosité entre eux. Il conclu en se disant que c'est une forme de jeu entre eux. La chamaillerie semblait être leur passe temps favoris. En tout cas, Gaëlle a beau être une fille et faire deux têtes de moins que les batteurs, elle n'est pas du genre à se laisser faire. Mais rapidement, le capitaine reprit la parole pour couper court à leur plaisanterie.

— S'il vous plait, s'imposa-t-il en ramenant le silence, Gaëlle a soulevé une très bonne question et je compte bien y répondre.

— Tu as pu convaincre un professeur de nous représenter ? demanda Helena qui sorti de son silence

— Pas vraiment, affirma Jérémy en se grattant son visage boutonneux, mais j'ai pu en convaincre un de venir assister à notre entrainement

— Wouhou, super ! s'exclama Rémi, le terminal sans grand enthousiasme

— Attendez les gars, c'est déjà pas mal ! encouragea le capitaine, je vous rappel qu'il y a une vingtaine d'équipe provisoire en ce moment et la plupart d'entre elle n'obtienne aucun rendez-vous avec un professeur

— Et qui est ce professeur ? demanda Abe curieux

— Il ne devrait plus tarder.

Telle une prémonition, la porte du vestiaire s'ouvrit pour laisser entrer un personnage familier aux yeux d'Édouard. Dans l'embrasure de la porte, une petite silhouette trapue dans une robe rouge et bleue vient découvrir l'équipe de Pégases. Sa petite barbe blanche et ses longs cheveux aux reflets argentés rassurèrent Édouard et le mirent en confiance.

Il s'agissait du professeur Odilon, qui enseignait la protection à la magie noire. C'était le professeur préféré d'Édouard car il était très patient et pédagogue avec lui. S'il acceptait de représenter les Pégases lors du championnat, Édouard se sentira surement plus rassuré.

— Bonjour jeunes gens, dit-il en s'avançant pour observer l'équipe au complet. Je suis ravi de voir que vous êtes tous en super forme

Sa bonne humeur et son sourire bienveillant font de lui un des professeurs les plus apprécié par tous les élèves.

— Votre capitaine m'a dit qu'il ne vous manquait plus qu'un président pour vous représenter lors du championnat, c'est bien cela ?

— C'est exact professeur, fit Helena en se levant du banc sur lequel elle était assise depuis l'arrivée d'Édouard

— Bien, bien, fit-il en regardant le visage de chacun des joueurs. Ah je vois qu'il y a du beau monde dans cette équipe. Monsieur Dauvel, je vous félicite pour votre recrutement.

Jérémy s'est mit à rougir et ne prononça pas un mot suite a ce compliment très flatteur.

— Les « cousins » Cousin et la petite Gaëlle Bannier, remarqua-t-il en s'arrêtant sur les trois visages concerné, vous aurez du fil à retordre, capitaine !

Cette petite remarque fit sourire les différents membres de l'équipe y comprit Édouard. C'est d'ailleurs sur lui que le professeur va retenir une nouvelle fois son attention.

— Oh, je vois que vous avez une toute jeune recrue, Jérémy

— Oui en effet, poursuivit Dauvel en se plaçant derrière Édouard pour poser ses mains sur ses épaules. Édouard est en sixième mais il a brillamment passé les tests. J'ai l'autorisation de la dir...

— Inutile de me montrer ce parchemin, interrompit le professeur en observant attentivement Édouard. Je suis au courant de l'histoire. De plus, je connais bien ce jeune garçon. Au fond, j'étais persuadé qu'il ferait des étincelles.

Édouard ne savait plus où se mettre en entendant ces paroles. Il ne s'est jamais sentit aussi fier de lui. C'était une sensation nouvelle. Jamais sa mère ne lui avait dit de tels compliments. Ainsi, après avoir passé les différents membres de l'équipe en revue, il était temps de passer à la question primordiale qui avait conduit le professeur jusqu'ici.

— Alors, professeur... commença timidement Dauvel en se grattant la tête. Est-ce que vous... Vous...

— Est-ce que je vais présider votre équipe ?

— C'est ça, soupira Jérémy soulagé qu'Odilon termine sa question

— Et bien... commença le professeur en faisant le tour du vestiaire pour se faire languir. Non.

— Pardon ? demanda Jérémy qui n'était pas sûr d'avoir tout saisi

La surprise fut la même pour tout les autres membres des Pégases. Ils se regardèrent tous avec étonnement en se demandant alors pourquoi le professeur est venu leur rendre visite si ce n'est pour leur annoncé qu'il accepte d'être leur président.

— Mais je ne comprends pas... fit Dauvel décontenancé, vous vouliez voir l'équipe avant de vous prononcer et...

A cet instant, Édouard perçu le malaise chez son capitaine qui lui tenait toujours les épaules. Lui qui souhaitait enfin fonder une équipe pour intégrer le championnat et faire des Pégases la troisième équipe permanente à la fin de l'année, vient de voir son rêve tomber à l'eau. Il avait dit lui même qu'obtenir un rendez-vous avec un professeur était quasiment impossible. Comment pourrait-il trouver un nouveau président avant Halloween ? Tout sembla perdu.

— Laissez moi finir, fit Odilon qui a sentit le malaise gagner les Pégases. Je vous dis simplement non « pour l'instant ».

— Que voulez-vous dire ? Demanda aussitôt Gaëlle

— Présider une équipe n'est pas aussi simple qu'on le pense chers élèves, expliqua le vieux professeur vouté. Lorsqu'on s'engage dans ce genre de compétition on met en jeu bien plus que du Quidditch. Vous croyez que le match se joue uniquement sur des balais ? Détrompez-vous, c'est une véritable guerre entre les différents professeurs. On met en jeu notre crédibilité, il faut donc faire attention à qui on fait confiance.

Ses explications passionnaient les élèves qui écoutaient le professeur sans broncher.

— Vous savez, poursuivit-il je rêve de pouvoir écraser ce prétentieux de Kowalsky et de remettre les Titans Noirs au rang « d'équipe oubliée »

Sur ces mots, chacun se mit à rire.

— J'aimerais que les Titans disparaissent avant de pouvoir gagner le titre qui leur manque. Celui qui leur permettra d'entrée au musée de la magie. Je n'ai aucunement l'intention qu'ils deviennent une équipe prestigieuse, ils ne le méritent pas, ce sont des tricheurs.

Édouard ne reconnaissait plus le professeur. Les autres non plus d'ailleurs. Il parlait avec une telle rage qu'il en tremblait. Son dégout pour Kowalsky et les Titans noirs n'ont fait qu'accroitre sa sympathie envers Édouard et les Pégases.

— Ainsi, je ne veux pas me tromper d'équipe comme les années passées, continua-t-il, je veux être sûr que l'équipe que je présiderais sera capable de remporter le championnat cette année.

Le professeur marqua un temps avant de reprendre.

— C'est pourquoi je vous ai organisé un match amical contre les Titans dans deux semaines !

— Comment ! S'exclama Dauvel en serrant ses mains sur les épaules d'Édouard qui grimaça de douleur.

La surprise gagna de nouveau les joueurs de l'équipe encore provisoire

— Vous m'avez bien compris, jeunes gens, affirma Odilon. J'ai vu ça avec Kowalsky il était enchanté. Si vous remportez le match, j'accepte d'être votre président et de faire des Pégases une équipe titulaire pour cette année.

— Mais... Comment ! s'exclama Dauvel qui cherchait ses mots.

— Vous avez deux semaines pour vous entrainer, finit Odilon avant de leur souhaiter bonne chance et de quitter la pièce.

Un silence pesant s'installa dans le vestiaire. Tout le monde resta bouche bée devant la déclaration d'Odilon.

— Comment on va faire ? fit Rémi en se tapant la tête, abattu

— C'est foutu, on arrivera jamais à battre les Titans, abdiqua Helena en se rasseyant mollement sur le banc.

— Arrêtez de vous apitoyer ! s'imposa le capitaine. On a encore une chance d'être titularisé, vous avez entendu ce que le professeur a dit ?

— Si on parvient à battre les Titans ! Répéta Alf sans grande conviction.

— On va y arriver ! Encouragea Dauvel, on a deux semaine pour s'entrainer. On se verra tout les soirs, je demanderai une autorisation pour dépasser le couvre feu si nécessaire mais on ne va pas laisser passer notre chance. Il y en a qui tueraient pour être à notre place.

— Dit plutôt que ce sont les Titans qui vont nous tuer dans deux semaine, répliqua Abe en s'asseyant à coté d'Helena.

— Allons, courage ! fit Dauvel en gardant le sourire. Édouard, tu me suis ?

Il fut surpris que Dauvel s'intéresse à son point de vue. Lui qu'on a toujours ignoré à l'école. Jamais son avis n'étais prit en compte et il ne s'attendait pas à ce que Dauvel lui demande le sien. Légèrement perturbé, il répondit vaguement.

— Euh... d'accord

— Chouette, allez les Pégases, au travail !

Ainsi, ils se mirent tous à l'entrainement. Le défi qui s'annonçait allait être énorme. Une montagne peut-être. Mais il fallait s'entrainer et Jérémy était prêt à tout pour remporter ce match. Le premier entrainement fut très difficile.

Le capitaine leur proposa des exercices physiques intenses et éreintants. Personne ne s'était attendu à un entrainement aussi dur. À la fin de la journée, tout le monde était épuisé. Édouard alla se coucher sans dîner. Il n'a même pas osé raconter sa journée à Charles Enola et Armand. Pire encore, Dauvel obligea ses joueurs à se retrouver le lendemain après-midi, un dimanche pour poursuivre l'entrainement. Ainsi, Édouard comprit que Jérémy était prêt à tout pour intégrer le championnat très sélect de l'Académie.

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