4 - Le marché des sorciers (1/2)

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  • Et maintenant on va où ? demanda Édouard qui marchait aux cotés de Monky vers l’avenue du roi Ubu.
  • On s’éloigne le plus possible des moldus, dit Monky en observant la rue des deux cotés. Ils ne doivent pas voir Monky
  • Pardon mais… vous avez dit « moblu » ?
  • Non rectifia-t-il. Mol-du, les sorciers appellent ainsi tous les gens qui ne possèdent pas de pouvoir magique, comme c’est le cas avec le reste de la famille d’Édouard Vittel.
  • Ah ! fit Édouard qui comprit alors qu’il avait encore beaucoup de choses à apprendre.

Tandis qu’ils bifurquèrent sur l’allée du Douanier Rousseau, Édouard eut une nouvelle question qui lui vint à l’esprit.

  • Tout à l’heure, dans la cuisine, vous aviez dit que vous étiez un « elfe de maison » ?
  • Oui monsieur, répondit-il. Monky est un elfe de maison, cela veut dire que Monky doit servir les sorciers, monsieur. Et Monky est au service de l’Académie Beauxbâtons ! C’est le directeur adjoint, lui-même qui a confié à Monky la mission de vous guider dans l’achat de vos fournitures, finit-il avec fierté.

Ils continuèrent de marcher sans croiser de moldus, puis ils empruntèrent un petit chemin sableux totalement à l’abri des regards indiscrets. Là, Monky s’arrêta pour expliquer à Édouard la situation.

  • Surtout que monsieur Vittel ne s’inquiète pas. Prévient-il en regardant fixement Édouard. Monky va se transformer en chien le temps que nous montions jusqu'à Paris.
  • A Paris ? mais comment va-t-on faire pour aller jusqu'à Paris ? fit Édouard interloqué.
  • Il faudra utiliser les moyens de transports moldu, Monky a tout prévu, rassura l’elfe de maison. Il suffira juste à monsieur Vittel de donner les différents tickets de bus puis de train pour rejoindre la capitale.
  • Mais, pourquoi vous devez vous transformer en chien ?
  • Parce que Monky est une créature magique, une créature qui doit rester cachée des yeux des moldus, expliqua-t-il tandis qu’Édouard buvait ses paroles. C’est une des lois principales appliquées par le gouvernement de la magie !
  • Il y a un « gouvernement de la magie » ?
  • Oui, mais nous n’avons pas le temps d’en parler pour l’instant, fit Monky en regardant une montre étrange qu’il sortit de sa chemise. Monky vous dira tout lorsque monsieur Édouard Vittel et lui seront dans le train.

Édouard se retint donc de poser une nouvelle question. Pour se consoler, il regarda avec fascination la transformation de Monky en chien à l’apparence familière. Aussitôt, le chien l’invita à le suivre.

Le duo insolite se dirigea donc vers un arrêt de bus qui conduisait à la gare de St Martin sur Oudon. Monky, sous l’apparence du chien, laissa Édouard donner le ticket que venait de lui confier l’elfe. Ainsi, ils trouvèrent une place au fond du bus et attendirent patiemment leur arrêt.

Pendant tout le trajet qui conduisait à la gare, Édouard regretta d’être avec l’elfe sous l’apparence de ce chien. Il voulait savoir tellement de chose qu’il tenta de poser des questions à l’animal mais ce dernier ne pu lui répondre que par des aboiements. C’était difficile et frustrant de ne pas pouvoir en apprendre d’avantage.

Édouard se contenta donc de ce qu’il savait déjà, il était un sorcier ! Il avait des pouvoirs magique et il allait rentrer dans un collège où il ne trouverait ni son frère, ni Kevin et sa bande.

Ce ne fut qu’une fois installé dans le compartiment du train qui les conduirait à Paris que Monky reprit sa forme normale. Édouard avait prit soin de tirer les rideaux pour ne pas que les moldus aperçoive l’elfe de maison. Ils étaient enfin tranquilles et Édouard pouvait poser toutes les questions qu’il voulait.

  • Comment vous faite ça ? s’empressa-t-il de demander.
  • Je vous demande pardon, monsieur ? fit Monky avec sa petite voix caractéristique.
  • Pour vous transformer ? Comment vous faites ?
  • Les elfes de maison comme Monky ont eux aussi des pouvoirs magiques, expliqua-t-il. Mais, ils ont une utilisation limitée car le rôle de Monky est de servir les sorciers. Mais Monky a une particularité qui fait de lui un elfe à part. Monky est un animagus déclaré !
  • Un quoi ?
  • Un animagus est une personne capable de se transformer en animal, il n’existe que très peu d’animagus dans le monde et ils doivent tous être déclarés au gouvernement de la magie, sinon, ils sont punis par la loi. Et Monky est le seul elfe de maison capable de se transformer en animal ! finit-il en bombant le torse de nouveau.
  • Ouah ! fit Édouard impressionné. Et ce gouvernement, continua-t-il tandis qu’une légère secousse annonçait que le train venait de démarrer, il sert à quoi exactement ?
  • Les sorciers ont établit ce gouvernement il y a très, très longtemps, fit l’elfe en s’asseyant sur la banquette pour raconter son histoire.

Il était tellement petit que ses pieds ne touchèrent même pas le sol.

  • Ce gouvernement est surtout utile pour dissimuler le monde magique au monde moldu, car les sorciers pensent que les moldus n’aiment pas tous ce qui a attrait à la magie, et qu’ils ne sont pas prêts à concevoir ce genre de chose.

Édouard ne put qu’acquiescer car sa mère était le parfait stéréotype du moldu qui ne croyait pas en la magie. Ils discutèrent ainsi pendant tout le trajet qui les mena jusqu'à la gare Montparnasse. Édouard avait tellement bien discuté avec la petite créature aux oreilles pointues et à la peau grisâtre qu’il n’avait pas vu le temps passer. Monky se retransforma de nouveau en ce chien joyeux qui balayait l’air avec sa queue et invita Édouard à le suivre.

Le quai de la gare était bondée, il devenait de plus en plus difficile de circuler parmi la foule et Édouard faillit perdre de vu le chien à plusieurs reprises. De nombreux passants se retournèrent lorsqu’il voyait l’allure étrange de ce chien avec ses oreilles dressées sur sa tête et son long museau. Édouard, lui, suivait toujours l’animal qui le conduisit devant une boutique isolée de la gare.

« Cyclo-ville, le spécialiste du cyclo »

Édouard lut l’enseigne à haute voix en se demandant bien pourquoi Monky l’avait conduit jusqu’ici. Cette boutique semblait totalement oubliée des passants qui marchaient à coté sans y prêter attention. Pourtant, une boutique spécialisée dans les chaînes de vélos, ça ne court pas les rues, pensa Édouard.

Monky poussa la porte de la boutique avec sa patte et invita Édouard à y entrer. Ce dernier s’exécuta avec beaucoup d’appréhension tandis que Monky reprit sa forme habituelle.

Ainsi, Édouard observa le lieu où l’elfe l’avait conduit. C’était une station de métro semblable à celles que l’on trouve sous le sol de Paris, avec son carrelage blanc, ses quais bondés et ses immenses panneaux publicitaires.

D’ailleurs, en les observant de plus près, Édouard remarqua que les personnages n’étaient pas figés comme sur les publicités ordinaires. Il y avait notamment une publicité sur des graines pour hiboux montrant une grosse dame qui nourrissait une chouette tout en saluant les passants qui la regardaient. Édouard comprit que ce genre de chose était courant chez les sorciers car personne n’était autant fasciné que lui.

Il fut stupéfait de voir autant de merveilles, il voulait poser son regard partout à la fois car tout ceci était fascinant. Monky l’emmena sur le bord du quai, parmi la foule étrangement vêtue de robes et de chapeaux de toute tailles et de toutes les formes. Des pointues, des ronds, des verts, des rouges… Tous ces gens étaient des sorciers, pensait Édouard en souriant.

  • Le métropolitamagie est le seul métro du monde des sorciers, expliqua Monky à Édouard qui regardait des chauves-souris voler au plafond dans l’indifférence générale. C’est le seul accès qui permette de rejoindre le 21ème arrondissement de Paris.
  • Le quoi ? demanda Édouard en sortant de ses pensées.
  • Les moldus ne connaissent que 20 arrondissements à Paris, monsieur, or ils ignorent qu’il en existe un 21ème. Celui là est uniquement réservé aux sorciers.

Édouard était de plus en plus fasciné par tout ce que Monky lui révélait. Et dire qu’il y avait un quartier aussi grand qu’une ville qui était caché à la vue de tous les parisiens !

Le brouhaha assourdissant que provoquaient tous ces gens massés devant le quai se calma un peu lorsqu’apparut une longue rame de métro d’un vert étincelant sous les torches de la station. Les portes à doubles battants s’ouvrirent et laissèrent un flot de sorciers descendre de la rame pour en faire rentrer d’autres.

L’intérieur dépassa tout ce qu’Édouard aurait pu imaginer. Il y avait des canapés moelleux, des tables basses et même des lustres en cristal. C’était un véritable petit salon qui s’étalait sur toute la longueur de la rame. Il y avait de la place pour tout le monde et Édouard, ainsi que Monky, s’installèrent sur un des canapés confortables en velours rouge.

Il s’imaginait vivre dans un rêve fabuleux. Tout ceci ne pouvait pas être réel, comment un monde magique pouvait exister sans que personne ne s’en aperçoive ? Il avait le sentiment d’être comme Alice découvrant le pays des merveilles.

Édouard jeta un œil sur la pancarte indiquant les différentes stations que desservait le métropolitamagie. Il y avait entre autre, le musée de la magie, la clinique Marie-Rose Pattefolle, le gouvernement de la magie et même la banque Gringotts.

  • Il y a une banque chez les sorciers ? demanda Édouard.
  • Oui, répondit Monky. C’est le seul établissement financier du monde magique, monsieur. Ce sont les gobelins, d’autres créatures magiques, qui se chargent de protéger l’argent des sorciers.

Le métropolitamagie démarra enfin après une petite secousse. Il filait dans les souterrains en émergeant parfois à la surface. Parfois, Édouard crut voir les pyramides égyptiennes, puis quelques secondes plus tard c’était un paysage tropical et finalement il se retrouva dans un nouveau tunnel.

  • On descend où ? demanda Édouard en regardant la pancarte.
  • Au marché des sorciers, monsieur, lui répondit Monky. Il est situé en plein cœur du 21ème arrondissement.

Le trajet continua sereinement, Édouard cru apercevoir la tour Eiffel juste avant que le métropolitamagie ne s’engouffre à nouveau dans un souterrain. Puis le son d’une clochette résonna dans toute la rame, suivit par une douce voix féminine.

  • Prochain arrêt : Boulevard des cheminées, annonça-t-elle tandis que le métro ralentissait.

Là, une grosse sorcière couverte de bijoux descendit de la rame et le voyage reprit son court. En mettant la main dans sa poche, Édouard sentit la lettre que Monky lui avait donnée un peu plus tôt. Il la sortit de nouveau pour la contempler en se disant que cette lettre était son passeport pour la liberté. Mais, un second papier lui échappa des mains. Un papier qu’il n’avait pas remarqué avant. C’était aussi un parchemin jauni tapé à la machine à écrire.

LISTE DES FOURNITURES

Tenue réglementaire

L’uniforme scolaire n’est plus obligatoire dans l’établissement depuis le décret d’éducation numéro 18 du code de régulation des affaires internes. Cependant, ils doivent tout de même se munir :

1) Une cape noire portant l’écusson de l’Académie

2) Un chapeau pointu noir

3) Une paire de gants protecteur en cuir de peau de dragon (ou autre matière semblable)

4) Une tenue de soirée en soie bleue pour les cérémonies officielles ou les réceptions (notamment la rentrée !)

Livres et manuels

Chaque élève devra se procurer un exemplaire des ouvrages suivants (en cas de pertes ou de vol, l’Académie ne sera pas responsable, voir le décret d’éducation numéro 24)

« Français, Maths, Anglais : encyclopédie des cours moldus » par Molière, Pythagore et Shakespeare

« Histoire de la magie » par Bathilda Tourdesac

« Confection des potions, poisons et leur remède » par Justine Titgoute

« Pratiques défensives contre la magie noire, volume 1 » par Simon Queurlache

« Maniement de la baguette magique, sortilèges et enchantement de base » par Daniel Coudemain

« Manuel de métamorphose à l’usage des débutants » par Emeric G. Changé

« La carte du ciel, niveau 1 » par Sylvina Nébuleuse

« Mille herbes et champignons magiques » par Phyllida Augirolle

Matériel nécessaire :

1 baguette magique

1 chaudron en étain modèle standard

1 boîte de 10 fioles en verre (ou en cristal)

1 télescope avec trépied

1 balance à doubles plateaux en cuivres

1 boîte de calligraphie complète (plumes, encriers et rouleaux de parchemins.)

Les élèves peuvent également apporter, s’ils le désirent, un animal de leur choix ne dépassant pas les critères du décret d’éducation numéro 3 du code de régulation des créatures et espèces magiques :

- L’animal doit être répertorié dans la liste des animaux inoffensifs de la catégorie 5 du service de protection et de classification des créatures et espèces magiques

- Il est interdit aux élèves d’apporter leur propre elfe de maison

- L’animal ne doit pas dépasser les 40 kg

- L’animal doit être apprivoisé.

Il est bon de rappeler aux élèves de 6ème qu’ils ne sont pas autorisés à posséder leur propre balai.

Édouard se demanda alors dans quel genre d’endroit extraordinaire pouvait-on trouver toutes ces fournitures. C’est alors qu’une question essentiel lui vint à l’esprit tandis que la voix du métropolitamagie annonçait l’arrêt du gouvernement de la magie.

  • Mais au fait, commença-t-il tandis que plus de la moitié des sorciers descendirent à la station précédemment annoncée. Vous avez parlez d’une banque des sorciers mais, je n’ai pas d’argent ? Comment on va…
  • Édouard Vittel ne doit pas s’inquiéter, rassura Monky avant qu’Édouard ne finisse sa phrase. Comme ils l’ont indiqué dans votre lettre d’inscription, le service d’administration de l’Académie prend en charge les frais de scolarité ainsi que les fournitures, expliqua l’elfe. Ils ont donné à Monky de quoi vous procurer tout ceci.

Il sortit de sous sa chemise une bourse en cuire qu’il tendit à Édouard. Pendant un instant, il se demanda ce que l’elfe pouvait bien cacher d’autres sous cette chemise crasseuse, puis il regarda à l’intérieur de la bourse pour voir avec émerveillement les grosses pièces en ors, en argents et en bronzes qu’elle contenait.

Tandis que le métropolitamagie continua son voyage, Monky expliqua à Édouard le fonctionnement du système monétaire des sorciers.

  • Les pièces en bronzes sont des Noises, fit l’elfe tandis qu’Édouard observait un de ses exemplaire dans sa main. Celles en argents sont les Mornilles et les grosses en ors sont les Gallions. Il y a 29 Noises dans une Mornille et 17 de celles-ci dans un Gallion, d’or monsieur.

Édouard avait hâte de dépenser tout cet argent pour découvrir le vrai monde magique. Mais à ce moment là, la douce voix féminine de la rame annonça une nouvelle station.

  • Prochain arrêt : Marché des sorciers

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