Chapitre 7: Quand les anges descendirent du ciel.

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Un flash de lumière lui ayant fait rater sa cible, Yanz en fut déconcerté. Marianna se tordait toujours de douleur devant lui, mais il en restait tétanisé sur place. Du halo céleste descendit alors un être immaculé, brillant de mille feux et aux ailes majestueuses. Un ange, à la crinière dorée, aux formes généreuses, s'en était venu dans un royaume des mortels en plein chaos. Ses yeux étaient braqués sur le couple démoniaque, indiquant clairement la raison de sa présence.


Elle s'envola vers eux, mais se figea alors de stupeur à mi-course. Un brasier de flamme pourpre s'était allumé à côté de Yanz et Marianna. Il en sortit une succube aux longues cornes et aux ailes semblable à celles d'un dragon. Elle traînait derrière elle une imposante faux, qui aurait semblait bien trop lourde pour elle. La démone s'approcha de Marianna, et la releva avec facilité d'une seule main en l'attrapant par la mâchoire. Elle posa alors langoureuse sa bouche sur la sienne, et en aspira la forte énergie chaotique en elle.


  • Pas mauvais, tu as bon goût mon mignon. Je ne serais pas surprise si la Marianna devenait entièrement dépendante de toi. Quel dommage, pour elle. Elle encore bien trop faible pour supporter un tel flot de puissance, et le savourer comme il se doit.

Yanz regardait et écoutait. Bien que conscient de ce qui l’entourait, il ne pouvait ni bouger ni parler. Il était bien trop intimidé par la succube devant lui. Contrairement à Marianna, elle semblait d'un tout autre niveau, mais aussi plus mature. Son regard était à présent concentré sur l'ange.


Celle-ci, une fois la surprise passée, fonçait à nouveau vers eux. Quelques mètres avant l'impact, elle fit apparaître une lance d'argent scintillant dans ses mains. La lame de l'arme ne rencontra pour toute réponse que celle de la faux. Elle et la succube se faisaient à présent face, comme si elles étaient seules dans la ville.


  • Écarte-toi Syleen, je ne suis pas pour toi aujourd'hui.

  • C'est vexant, moi qui ait fait le déplacement exprès pour tes beaux yeux, Maylise.

  • Comme si tu pouvais me vaincre ! Tu n'y es jamais parvenu en mille ans.

  • Parce que je n'ai jamais essayé.

  • Tu te moques de moi démone ?

  • Pas du tout, si je t'avais réellement combattu, j'aurais abîmé ce si joli minois qui est le tien. J'en ai besoin pour le moment où je réaliserai un exploit qu'aucune autre n'a réussi. Ni Lilith, ni Asmodée.

  • Et tu comptes faire quoi ? Je vais t'écraser comme à chacune de nos confrontations.

  • Bat toi si ça te chante, moi j'ai plutôt envie des jouer avec ton corps que de la maltraiter. Imagine-moi, la première succube depuis le commencement à réussir à coucher avec un ange, et de sexe féminin en plus. Mon nom restera dans les mémoires jusqu'à la fin des temps.

  • Encore une de tes sales plaisanteries ! Tu n'as jamais rien pris au sérieux, pourquoi j'ai pensé que ça changerait cette fois-ci ? Moi qui croyais que tu venais sauver l'une de tes protégés.

  • La sauver, elle ? Comme si j'avais que ça à faire, qu'elle se débrouille seule avec ça !

D'un geste puissant, Syleen lança un fouet en cuir à la face de Marianna qui n’eut pas le temps de le réceptionner et se le prit dans l’œil.


  • Aï, ça fait mal maîtresse !

  • Arrête de te plaindre et file d'ici.

  • Mais vous vous êtes trompé de personne à qui donner ça. Si c'est moi qui l'ait, qui va fouetter les fesses à Marianna ?

  • Mais enfin pauvre cruche! C'est fait pour combattre ça ! Si tu fais bien ton travail et que tu gardes un œil sur Yanz, alors je te donnerais un fouet fait pour les câlins sauvages.

Avec les derniers mots de Syleen, il n'en fallut pas plus pour que les yeux de Marianna se mettent à pétiller de bonheur et d'émerveillement. Le jeune homme ne pouvait s'empêcher d'avoir le regard braqué sur les deux adversaires. Mais suivant l'ordre de sa mentor, elle attrapa Yanz par le bras et l'entraîna avec elle loin de l'affrontement qui allait se dérouler.


  • Allez, mon mignon, allons chercher les clés du bonheur.

  • Mais et le combat ?

  • À ta place j'oublierais. Si on dérange maîtresse Syleen, c'est la dernière chose qu'on aura vue.

  • Elle était vraiment sérieuse quand elle parler de... enfin, tu sais, faire ça avec l'ange ?

  • Bah... Heu.....

  • Ce n’était pas une blague alors.

  • Non, en effet. C'est pour ça que faut pas rester. Laissons-lui de l'intimité pour ça, et trouvons-nous un coin pour essayer le fouet.

  • Tu veux des zombies pour tester ton arme ?

  • Marianna avoir une tout autre idée pour ça.

  • Mais on t'a dit que ça ne servait pas à ça, non ?

  • Marianna très très vilaine.

Yanz n'avait qu'une pensée en tête à ce moment-là, une diversion. Il la lui fallait immédiatement pour esquiver les idées perverses, que son nouveau fouet avait donné à Marianna. Même quand celle-ci lui tomba dessus, il en fut heureux. La présence d'une forte énergie avait fini par attirer d'autres individus. Infatigable, implacable, les morts-vivants avaient débordé les défenses de la cité et l'odeur du sang eut vite fait d'envahir les rues. Au milieu des hurlements de terreur et des démembrements, ils s'en donnaient à cœur joie pour ce festin macabre.


Yanz et Marianna partirent de la ville à l'aube après s'être frayé un chemin parmi les zombies. Si la situation avait rendu service au jeune homme, celui-ci en restait intrigué. S’ils avaient attaqué malgré la présence de l'ange et de la succube, alors lequel des deux camps était responsable ? Et si ce n'était aucun ? D'où venait le mal ou de qui ?


Étant partis vers l'aube, ils avaient dans la précipitation de leur fuite oubliés toute notion du temps. Ils ne s'étaient même pas aperçus qu'ils avaient marché toute une journée entière. Ils avaient fini par atteindre Neûtra au coucher du soleil, mais si la cité était intacte et absente de toute présence de zombie, elle était aussi vide de toute vie. Le malaise ressenti par le silence de mort qui régnait dans la ville. Ils s'étaient même payé l'audace et le culot de fouiller les bâtiments.


Marianna et Yanz profitèrent du calme, afin de se reposer de leur longue fuite, et pour se restaurer. Le noble voulut alors mettre à profit ce temps pour demander à la succube des explications. Pourquoi un ange en avait après lui ? Conscient de sa nouvelle nature démonique, il ne chercha pas plus loin. Non, c'est une autre pensée qui hantait son esprit à cet instant.


  • Pourquoi ? Cette vague de mort et de carnage n'a aucun sens. Elle ne rend service ni au ciel ni à l'enfer. Alors pourquoi ?

  • J'en sais moi. Marianna pas s'occuper de ce genre de chose. Être là juste pour les câlins.

  • On aurait pu interroger ta mentor, au lieu de partirent comme ça.

  • Mais je t'ai dit que fallait pas rester. C'est pas à Marianna de poser des questions comme ça. La maîtresse, elle me dit faire quoi, et moi je fais joujou avec le Yanz.

  • Je ne vois vraiment pas comment tu fais. Tu n'as pas envie de savoir ? De comprendre ce qui nous arrive ?

  • Ce n’est pas le rôle des Marianna. Nous, on fait les câlins, et une fois leur âme entre les mains du grand cornu, c'est les Yanz qui doivent enquêter sur ce genre de truc s'ils en ont l'ordre.

  • En gros, ça serait à moi de m'y coller et à toi de me suivre, et de m'aider ? Mais aux dernières nouvelles, je n’ai aucune raison de le faire, je n’ai pas de lien avec vous.

  • Mais tu fais déjà partie de notre camp, vu que tu as acheté une Marianna avec ton âme. Pis, le rôle des Marianna, c'est pas d'aider, mais de réconforter et de soulager.

  • Ce n’est pas ce que tu fais depuis le début ?

  • T'as enfin fini par comprendre, hein ? Parlant de ça, t'as Marianna à très très envie, et elle ne faillira pas à sa mission.

Yanz ne savait pas si cette discussion lui avait été utile ou non. Malgré tous, il ressentit un soulagement à l'idée de ne pas affronter cette énigme seul. Avant d'aller dormir, le jeune homme annonça cependant à la succube qu'il avait pris une décision concernant son destin. Mais le fait qu'il soit condamné à devenir un démon, il voulait absolument rester libre et indépendant de son futur chaotique. Il ne pouvait pas s’empêcher de penser à cette question qui ne cessait de lui torturer l'esprit. Marianna comprit aisément la situation, et agrippa tendrement le bras du jeune homme.


Elle emmena Yanz dans une maison abandonnée de la ville, puis elle le fit tomber sur un lit et se jeta sur lui. Marianna n'eut pas besoin de le pousser à bout cette nuit-là, car les instincts démoniaques du jeune homme se manifestèrent à nouveau, l'incitant à se montrer complice de la succube. Le lendemain matin, après une nuit d'ébats sauvage et intense, elle se réveilla satisfaite de cette source d'amusement. L'un comme l'autre, ils en profitèrent pour décompresser et se changer les idées. De son côté, Yanz se savait désormais responsable et consentant vis-à-vis de ces petits jeux nocturnes. Pourtant, le lendemain matin, la fatalité revint occuper son esprit: il était désespéré de devoir subir encore une menace supplémentaire : les anges.

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