Cauchemar éternel

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Ils restèrent immobiles, devant ce cocon où l'enfant devait reposer. Ils avaient demandé à la bonne de revenir en leur domaine et de les attendre. Silencieux, collés l'un contre l'autre, leurs regards fixaient les feuilles mortes. Le froid les laissait indifférents et rien ne pouvait apaiser leur douleur.


-Pourquoi as-tu fait cela ? Demanda Josselin d'une voix brisée par les larmes. Je ne comprends pas. Pourquoi...Pourquoi ne m'en as-tu pas parlé ?


-Jos', oh mon petit Jos'...Je ne peux pas, je ne peux pas.


-Nous prendrons le temps qu'il faudra. Je prendrais le temps de t'écouter et de savoir ce qui t'a poussé à faire cela.


-J'ai pêché Josselin, j'ai pêché ! Trembla Olivia. Tout le village le saura, tout le village le saura !


-Ne t'inquiète pas, nous trouverons une solution.


Le vent fouettait leur capuche désormais vulnérable aux gouttes de pluie. Josselin avait la gorge nouée, en feu, il ne savait que dire pour consoler sa femme. Il préparait un véritable interrogatoire et l'idée qu'il puisse la questionner sur toute cette période douloureuse lui faisait horreur. Il était croyant mais conscient des actes commis. Olivia ne pouvait faire autrement.


Son regard se posa sur la lettre qu'elle avait laissé échapper. Il l'a pris et la lut lentement.


-Je discute avec notre enfant, Dit Olivia sans attendre la question. Je...Je me sens coupable de son abandon, si tu savais comme je m'en veux. Je suis une mère assassine Josselin, indigne de mes fonctions. Ces lettres sont pour me pardonner de toute cette souffrance que je lui fais subir.


-Qu'est-il...devenu ?


-Je ne sais pas, je ne sais pas !


Elle tourna machinalement le regard et aperçut une silhouette qui marchait vers leur direction. Elle prit brusquement le bras de son mari.


-Il faut qu'on y aille, as-tu vu, il y a quelqu'un !


Elle s'apprêtait à courir lorsque Josselin s'adressa à l'inconnu.


-Hé, vous ! Approchez !


Dans le mince brouillard, ils purent voir une jeune paysanne soutenant un panier rempli de champignons. Très étonnée de la présence de deux bourgeois, elle approcha.


-Bonjour Monsieur ! Je suis navrée de vous avoir dérangé dans votre promenade, je m'en vais de ce pas.


-Non s'il vous plaît, continuez ce que vous faites.


Olivia marqua le visage gai, le sourire blanc ainsi que les beaux yeux de la paysanne. Elle s'exprimait bien, chose très surprenante dans le monde roturier. Elle sembla attirer par le papier blanc que tenait Josselin dans les mains.


-Pardonnez-moi Monsieur mais je crois reconnaître ce papier.


-Pouvez-vous vous expliquer ?


Le couple retint son souffle.


-Eh bien, Hésita la jeune femme. Je suis allée ramasser des champignons et j'ai entendu des cris. Je me suis rapprochée et j'ai vu un bébé enroulé dans un drap blanc. Je l'ai ramené à la maison, il mourrait de faim ! J'y suis revenue le lendemain puis j'ai trouvé ces feuilles-ci qui avaient été déposées. Je ne sais malheureusement pas lire mais je les ai gardées.


Olivia fondit en larmes et avoua qu'elle était la responsable de ces écrits. Très touchée, la paysanne sourit. Elle lui rendrait son enfant le lendemain, la nuit tombait et elle ne comptait pas rester à la merci des loups.


Josselin prit sa femme par la taille pour lui donner la force de répondre.


-Vous pouvez le garder, Murmura-t-elle. Je...Je ne tiens pas à m'en occuper, je ne m'en sens pas capable.


-Vous ne pouvez pas savoir à quel point cela m'attriste Madame. Nous souhaitions un enfant avec mon mari, nous en avons déjà perdu un. J'ai le sentiment de vous voler votre bébé.


-Ne vous faites pas de soucis pour cela. Je préfère qu'il soit en sécurité dans un foyer aimant.


Ils conclurent un accord. Olivia enverrait de l'argent ainsi que des vivres pour la famille. En échange, le couple de paysans s'occuperait parfaitement de l'enfant. Ils se quittèrent à la tombée de la nuit.


Olivia et Josselin marchèrent côte à côte. Ils ne pleuraient plus.


-Penses-tu qu'il m'en voudra ? Demanda la jeune femme.


-Notre fils ? Il saura bien la vérité et nous l'assumerons. Tous les deux. Je suis bête de ne pas t'avoir soutenu.


Elle mit sa tête contre son épaule.


-Qu'il ait une meilleure vie, c'est tout ce que je demande.

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