Chapitre 16 ~ Raphaël 

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Toujours assis sur cette fichue chaise, au milieu de cette satanée pièce sans meuble et aux murs blancs, j'essaie à nouveau de bouger mes mains pour tenter de me détacher. Mais rien n'y fait les noeuds sont toujours trop serrer. Découragé, je baisse la tête en soupirant et ferme les yeux, et espère m'endormir le plus rapidement possible.

J'ai l'impression que ça fait une éternité que je suis ici, j'ai mal aux fesses, ainsi qu'aux épaules. Mais je suis certains que ça ne fait que deux ou trois heures peut-être que je suis ici, car il fait sombre dehors. Je n'ai pas mangé, ni bu depuis que je suis ici. J'entends des personnes, peut-être trois ou quatre, parler dans la pièce à côté, mais je ne comprends pas ce qu'ils disent car ils chuchotent ensembles. Les murs doivent être fins, comme chez moi...

Quand je repense à ce que ce Paul m'a dit tout à l'heure de la mère de Sasha, je comprends à présent ses réactions face à une possibilité de bonheur dans une famille aimante... Et pourtant, je ne connais seulement que des bribes de son enfance. J'aimerais le serrer dans mes bras, lui dire que je l'aime et que je serais toujours là pour lui quoiqu'il se passe entre nous, le rassure comme j'ai essayé de le faire toute cette semaine.

Je me souviens encore son dernier cauchemar, il était en nage et tout tremblant. Il répétait sans cesse « Non, non ! Je ne veux pas voir ça... » et quand je lui demandais, après être enfin arrivé à le réveiller, s'il voulait m'en parler, il m'avait répondu :

Ce n'est rien d'extra. Il avait laissé un petit blanc puis avec continuer. Je revivais juste un jour ou ma mère voulais de la drogue, et qu'elle en demandais à son fournisseur...

Je sais qu'il ne m'avait pas dit entièrement la vérité, qu'il m'avait dit qu'un bref résumé de cet horrible souvenir qu'il a revécu dans son sommeil. Et je sais qu'il n'était et qu'il n'est toujours pas prêt en m'en dire plus, voilà pourquoi j'avais abdiqué... encore. Mais, pourtant, je comprends, aussi, maintenant qu'il parlait de son beau-père : Paul. Cet homme est un connard de première. Mais l'adolescent que je suis avec mon pouf plume comparé à lui, je ne peux rien faire. Tout ce que j'espère, c'est que Sacha n'essaie pas de me sauver. Et même s'il essaie de le faire, qu'il ne le fait pas seul et que mes parents seront la avec lui pour le soutenir dans cette épreuve.

Je relève la tête en comprenant que je n'arriverais pas à dormir de suite. C'est à ce moment-là, aussi, que la porte de la pièce s'ouvre sur Paul tout sourire.

— Hey bien, il se pourrait que ton petit ami t'aime vraiment tout compte fait... ricane-t-il. Allez p'tit mec, demain à 18h se sera terminé pour toi, dit-il avec un sourire mesquin aux lèvres.

— Vous ne nous laisserez pas partir vivant c'est ça ?

Je laisse un blanc entre nous pour observer sa réaction face à ma question et là je sais...

— J'ai raison, c'est ça. Vous allez lui tendre un piège et le prendre lui aussi.

Il m'observe un moment, avant de lever les épaules, se retourner et partir me laissant à nouveau seul. Mais au moment où il ferme la porte, il se retourne pour me regarder dans les yeux l'air sérieux.

— Tu n'es vraiment si débile que ça en fin de compte, je vais peut-être te garder auprès de moi, après avoir éliminé cette merde de Sacha, dit-il avant de claquer la porte.

—NON ! LAISSEZ-LE TRANQUILLE ! S'IL VOUS PLAÎT ! S'IL VOUS PLAÎT, j'hurle de toute mes forces, en bougeant dans tout les sens.

Je continue de bouger et hurler encore et encore pendant un moment jusqu'à ce que je fasse tomber la chaise et que je me fracasse la tête contre le parquet. Bloqué dans cette position, avec un mal de tête encore plus intense que tout à l'heure, je me mets à pleurer et à le supplier de laisser tranquille Sacha jusqu'à ce que je m'endorme d'épuisement.

***

Allongé sur le ventre, vêtu d'un simple caleçon noir, les draps couvrant seulement mes mollet, je déguste avec plaisir les caresses que Sacha me fait. A l'aide d'un seul de ses doigts, qu'il fait monté de haut en bas sur mon dos, il effleure ma peau avec une si grande douceur, que j'en ai la chair de poule. Mais j'aime ça.

— Humm j'adore quand tu fais ça...

— Et moi j'aime te toucher, rétorque-t-il avec sensualité.

Je soupire de bien-être, me positionne de manière à ce que mon visage, orienté dans sa direction, soit posé confortablement sur le coussin que j'ai entouré de mes bras. Je ferme les yeux, je me rends compte des mots qui voulais sortir de ma bouche. Et moi je t'aime, voilà ces mots qui sont sur le bout de ma langue et qui n'attendent qu'une chose, et prononcer. Je prends conscience que je suis réellement amoureux de lui.

— Ah quoi tu pense ? me demande-t-il doucement.

J'ouvre les yeux et le regarde un petit sourire narquois aux lèvres histoire qu'il ne remarque pas mon trouble.

— Oh fait que tu devrais me faire un vrai massage, je lui réponds en souriant.

Il éclate de rire et me fait une petite claque sur les fesses. Puis me chevauche pour s'assoir sur mon derrière et commence à me faire un véritable massage du dos. J'en gémis de plaisir...

— Réveil-toi ! Me hurle-t-on d'un coup.

Je me réveille en sursaut, après avoir entendu crier quelqu'un, et je prends conscience que je ne faisais qu'un rêve. Simplement le rêve d'un souvenir passé au côté de Sacha. En observant l'homme fasse à moi, tout me revient en tête, mon enlèvement, son beau-père, cette chaise, cette pièce, mon mal de crâne insupportable, ma douleur aux épaules et au bras et ma chute a cause des dernières paroles prononcer par mon ravisseur.

— Alors La Belle aux Bois Dormant, bien dormis ? ricane-t-il en me redressant violemment.

— Est-ce je pourrais aller aux toilettes au moins ? je demande ne prenant pas la peine de répondre à sa question ridicule.

— Je vais même être cool avec toi, tu as le droit de pisser et de bouffer...

Il me contourne et prends mes liens.

— Mais je te préviens, je ne suis pas seul dans cette baraque, donc si tu tente quoique ce soit, mes hommes sont prêt à tirer si besoin, m'informe-t-il avant de, enfin, me détacher.

Au moment où mes mains sont libres, mes bras tombent et une douleur vive se fait fortement ressentir de mes épaules jusqu'au bout de mes doigts. N'essaie tant bien que mal de me mettre debout en me massant mes membres douloureux en finissant par mes poignets.

— Suis moi ! grogne-t-il en avançant sans prendre le temps de vérifier si ou non je le suis.

J'avance derrière lui et observe les lieux lorsque je passe la porte. Nous sommes dans un couloir à 4 portes en comptant la pièce où je suis retenus. Celui-ci est seulement éclairé par la lumière électrique il n'y a pas un rayon de soleil qui passe par là.

— Hey ! Dépêche toi de pisser, m'ordonne-t-il en m'ouvrant l'accès aux toilettes. Tu as deux minutes.

J'entre et ferme derrière moi afin d'avoir un peut d'intimité pour faire mon affaire dans ces wc sans fenêtre, sans décoration aux murs jaunâtres. Après seulement deux minutes à me soulager, je tire la chasse et sors. Paul m'attend adosser contre le mur d'en face, les bras et chevilles croisés avec dans une de ses mains un petit sandwich.

Sans m'adresser un mot, il se met en mouvement et me demande d'un signe de la tête, et d'un regard mauvais, de le suivre. Nous retournons dans cette pièce blanche qui est devenue ma cellule depuis hier.

— Pose ton cul sur cette chaise !

Je m'installe anxieux de me retrouver encore une fois attaché les mains dans le dos. Mais non, une assis, il me lance mon repas et s'en va m'en fermant à clé. Quitte à rester seul dans une pièce longtemps, je préfère m'asseoir au sol que sur ce fichus truc en bois, donc je me lève et je vais me poser dans un coin au fond.

Au bout de je ne sais combien de temps a être resté seul assis au sol dos et la tête contre le mur, j'entends le bruit de la serrure m'informant que la porte ne va pas tarder à s'ouvrir. Mon ravisseur se positionne devant moi et me demande de me lever car c'est l'heure pour nous partir au rendez-vous avec Sacha. Il me met un bandeau sur les yeux pour me cacher la vue et me dirige en me faisant avancer. Je sais que je suis dehors lorsque je sens la fraîcheur s'infiltrer en moi.

Durant le trajet, il m'a ôter le bandeau après une assez bonne distance effectué à pied. Lorsque ne arrivons devant l'entrée des Bains Romain du Jardin de la Fontaine, mais nous n'entrons pas, et nous continuons d'avancer sur le trottoir. Je regarde de partout pour essayer de trouver Sacha, je ne sais pas où exactement est leur point de rendez-vous. Je suis stressé, j'ai peur pour Sacha.

Lorsque nous atteignons le Portail du Jardin, et que nous le dépassons pour entrer dans ce Parc avec de sublimes ruines romaines, jardins botaniques, étangs et sculptures. Et c'est à ce moment là, que je le vois sur ma droite. Je commence à vouloir le rejoindre, mais je suis immédiatement arrêté par le bras de Paul.

— Tu compte aller où là ? grogne-t-il.

Je regarde Sacha avec désespoir et je sais qu'il nous a vu lorsque je le vois avancer vers nous. Lorsqu'il arrive à notre hauteur, il a l'air très sérieux malgré la peur que je lis dans ses yeux.

— Tout va bien se passer Raphaël, je te le promets, affirme Sacha en me regardant droit dans les yeux avec une tel sérénité que je ne peux que le croire.

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