Nostalgie musicale

2 minutes de lecture

*^> Elle
^°> Lui

*^> Il prête toujours attention au chant des oiseaux, lui. Je le regarde, comme toujours. On marche à la recherche de... De quoi déjà ? Celaa fait des heures qu'on marche. Je n'en ai pas marre de mettre un pied devant l'autre, de devoir me baisser toutes les deux minutes pour éviter les branches ou de devoir supporter cette chaleur, non, et ce, parce qu'il est là. De temps à autre il se retourne pour vérifier que je le suis toujours. Habituellement, ça m'aurait énervé mais j'ai fini par accepter l'idée de prendre soin de l'autre et heureusement car j'ai appris que c'est ainsi qu'on doit agir pour que la notion de vivre "ensemble" ait un sens. La semaine dernière, nous ne faisions que vivre l'un à côté de l'autre, ou plutôt, survivre...

^°> "Hé !" Vraisemblablement, je viens de lui faire peur. "Fais attention où tu marches ! Tu ne vois pas qu'il y a des orties ?"

*^> "Heu... Ah. Ben... Ouais, non mais je les évitais, t'inquiète." Pas crédible.

^°> "A quoi pensais-tu donc ?"

*^> "Tu écoutes encore le chant des oiseaux tandis que pour moi, il rentre dans une oreille et sort par l'autre."

^°> "J'y prête moins attention que ce que tu crois."

*^> La musique me manque.

^°> "Lorsque j'étais petit, j'appréciais ce chant lorsque mon père et moi sortions prendre l'air sur la terrasse. Il n'était pas bavard, et je n'avais pas grand-chose à lui raconter. Alors plutôt que d'écou..."

*^> "La musique me manque." Je me sentais obligée de le couper dans son histoire. J'aurai apprécié qu'il me la conte un autre moment. Là, j'ai besoin de penser, et il parle trop.

^°> "Ah ?"

*^> Je m'excuserais et lui demanderais la suite ce soir, il comprendra.

^°> "Quel genre de musique écoutais-tu ?"

*^> "De tout. Absolument de tout. Et toi ?" C'est ainsi que l'on parla de musique tout en continuant de marcher, marcher et encore marcher. La chaleur s'estompait petit à petit, sans doute dû à la fin de l'après-midi.

^°> "Pas de découverte de nouvelle clairière pour aujourd'hui. Il est temps de faire demi-tour, j'ai bien peur qu'un orage nous tombe dessus."

^°> Lorsque l'on arriva à notre petit abri, je me mis à fredonner une chanson très calme aux abords tristes car réalistes. J'aimais beaucoup écouter les compositeurs français engagés. Elle aussi semble apprécier, son visage s'apaise, on pourrait presque y voir un sourire sincère se dessiner. C'est un début.

*^> "Notre vie avait quand même ses lieux de poésie - celle-ci ne s'évade de toute façon jamais - le sourire d'un enfant, le rire d'une conne ou l'écriture d'un poète."

Annotations

Versions

Ce chapitre compte 1 versions.

Vous aimez lire Lucas Dalva ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à l'Atelier des auteurs !
Sur l'Atelier des auteurs, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscription

En rejoignant l'Atelier des auteurs, vous acceptez nos Conditions Générales d'Utilisation.

Déjà membre de l'Atelier des auteurs ? Connexion

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de l'Atelier des auteurs !
0