Chapitre 10

8 minutes de lecture

Neven

Mon sang boue, j’ai vu Alev partir de la boutique au loin, je l’ai suivi car cela fait quelques jours que je la trouve étrange. Je sais que cela ne me regarde pas mais je n’arrive pas à être loin d’elle trop longtemps. Elle me tient à distance, le fait elle exprès ?

Lorsqu’elle s’arrête au parc je me gare dans une rue un peu plus loin, je remarque une autre moto. Pete. Il est là pour elle et elle l’a rejoint. Mais qu’est- ce que c’est que cette merde ? Je l’observe de loin, j’aimerai comprendre mais rien que de le voir si proche d’elle me colle une nausée d’enfer. Il reste là, à discuter. Elle a l’air en colère.

Lorsqu’il remonte sur sa moto quelque minutes plus tard, j’attend, j’observe Alev. Elle ne bouge pas pendant un long moment. Je me décide à la rejoindre. Elle m’a vu. Son regard devient vide et froid. Je sais d’avance que cette discussion va mal finir, et je ne peux rien faire pour l’éviter.

_ Tu m’as suivi Neven ? Me dit elle en faisant mine de remettre ses gants pour partir.

_ Tu discutais avec qui au juste ? J’attrape ses gants pour qu’elle me regarde.

_ Ça ne te concerne pas.

_ et c’est la que tu te trompes. Qu’est ce qu’il te voulait ?!

Elle a un mouvement de recule lorsque j’hausse le ton. Je le sais, mon contrôle ne tient qu’à un fil. Mais avec elle, je ne perdrai pas mon sang froid.

_ Laisse moi. Je sais ce que je fais. Me dit elle sans me regarder.

_ Alev ! J’attrape son bras. Il va te faire du mal, tu ne sais pas dans quoi tu t’embarque.

_ Lâche moi Neven ! Elle se débat mais je ressers ma prise. Tu me fais mal !

_ Tu crois que lui il ne te fera rien ? Explique moi ce qu’il se passe bon sang.

Elle recule lorsque je la lâche. Des larmes remplissent ses grands yeux émeraude et je me sens minable. Lorsqu’elle me regarde enfin, je vois toute la colère que je lui inspire. Sans un mot, elle remet son casque, ses gants et monte sur sa moto. Je la laisse partir. Mais c’est fini. Je ne la quitterai plus des yeux. Et je vais me faire ce fils de pute dès que l’occasion se présentera. En attendant, je dois avoir une discussion avec Folk. Sa fille vire complètement folle.

J’ai missionné deux gars du club pour veiller sur Alev chaque jours. Je ne lui laisserai aucun répit. Elle me déteste, je le sais, mais je m’en fou. Tant qu’elle respire ça me convient. Et si son souffle doit lui servir à me haïr je m’en contenterai.

Folk ne m’a rien dit. Mais cela fait trois jours qu’il s’enferme dans son bureau avec Frank. Je sens que quelque chose ne va pas et je ne peux rien faire.

Je retrouve Alev a sa boutique, elle est rayonnante lorsqu’elle parle à ses clients. En revanche, dès que j’ai franchis de seuil de la librairie je ressens ses foudres s’abattre sur moi.

Je la toise de loin lorsqu’elle décide d’aller dans sa remise. Je la suis, je ne peux pas la laisser me détester plus longtemps.

_ Alev s’il te plais. Parle moi. Je m’inquiète pour toi. Dis je d’un ton doux et calme.

_ Non. Je ne veux pas te parler. Laisse moi. Elle me tourne le dos.

_ ça suffit arrête ! Je l’oblige à me faire face. Tu ne va pas t’en tirer comme ça. Pete t’a dit quelque chose. Et depuis tu m’évite.

_ Et qu’est-ce que ça peut te faire ? Ça fait des jours que tu m’évite aussi, tu me fais suivre, tu m'espionne, je ne veux pas de toi !

Son ton est glaçant, je sens mon cœur se serrer. Je reverrai de la prendre contre moi, caresser ses cheveux, la rassurer. Je sens qu’elle est terrifiée et je ne sais pas si c’est par moi ou autre chose. Elle ne veut pas me voir, ni me parler.

Je la laisse donc dans la remise, les garçons la raccompagnerons quand elle fermera ce soir. Je dois aller me défouler. La boxe a toujours été mon défouloir. Ma soupape de sécurité.

Je frappe depuis des heures. Mon sang boue dans mes veines et pourtant, toute mes pensées sont pour Alev. Demain je lui parlerais.

Je me réveille avec le soleil. Il doit être un peu moins de huit heure. Je vais dans la cuisine pour prendre mon café, je regarde négligemment dehors et quelque chose frappe. La moto d’Alev n’est pas dans l’allée. Elle a dû partir tôt au travail. Je vais appeler Lenon pour savoir s’il y est.

_ Allo ? Lebon me répond, la voix endormit.

_ Ou es tu ? Dis je subitement.

_ euh… chez moi. Pourquoi Neven ?

_ qui est avec Alev ?

_ Elle nous a dit que tu l’accompagnais aujourd’hui …

_ putain… je vais la tuer. Rejoins moi au magasin.

Je raccroche et vais mettre un t-shirt rapidement par-dessus mon jogging. Mon casque a la main je déboule dans l’allée, je pourrais partir à pied mais j’ai besoin de rouler, même pendant deux minutes.

Mon sang se glace lorsque j’arrive devant la vitrine, pas de lumière, la pancarte toujours tourné sur « closes » et Véli attendant appuyer contre la façade les mains dans les poches.

_ Véli, tu as vu Alev ? Je demande sans descendre de ma moto.

_ j’allais te demander où elle était mon grand. Il me dit l’air inquiet. Elle n’est jamais en retard.

_ Tu peux attendre ici et m’appelé si tu la vois ? Les garçons vont arriver… je vais demander aux filles d’ouvrir.

Je repars. Sur la route qui va au club j’appel Folk. Il est sûrement déjà là bas mais je préfère ne pas prendre ses foudres de face.

_ Oui fils. Me répond il au bout de trois sonneries.

_ Alev est au club ?

_ Non. Elle devrait être avec toi a l’heure qu’il est. Que s’est il passé ?

_ J’arrive.

Je ne peux pas me concentrer. Je suis inquiet et sur les nerfs. On s’est engueulés hier, mais pour autant je sais qu’elle n’aura pas abandonné sa boutique. Elle aurait été capable de m’en interdire l’accès a la rigueur, mais elle devrait y être. Je fonce jusqu’au club, lorsque j’entre, Folk est déjà en train de m’attendre avec Alec. Ils me regardent, pas un mots ne sort. Je toise mon président et ses rides se creusent de secondes en secondes. Alec est impassible, comme a son habitude.

_ J’ai essayé de l’appeler, son téléphone est coupé. Me dit Folk.

_ elle n’a pas ouvert ce matin. Véli attendait devant la boutique. Répondis je en passant une main dans ma nuque tendue.

_ Les gars sont déjà là bas, ils ont ouvert avec Evy et Amanda. S’ils la voient ils appelleront. Dit Alec a mon intention. Va chez elle, peut être qu’elle a juste décider de partir quelques jours.

_ non, elle aurait prévenu. Je dis en partant pour rejoindre la maison.

Sur la route, mille scénarios tournent dans mon esprit. Elle aura prévenu. C’est sur. Et pourtant je me dis que vu son comportement de ces derniers temps, rien ne m’étonne.

Devant sa porte je me dis que je n’ai pas sa clef, je baisse la tête et soupire. Je penche la tête en regardant le sol et remarque que son tapis est de travers, la maniaque de l’ordre qu’elle est aurai remarquer ça. Je souris et me baisse pour le remettre droit et vois une clef dépasser du coin. Je la prends, l’insère dans la serrure et par miracle la porte s’ouvre.

Lorsque j’entre, rien n’a l’air en désordre. C’est même carrément clean. Mais venant d’elle, rien ne me choque. J’avance, pose mon casque et sa clef sur la table. Je regarde partout, a la recherche de quoi ? Je ne sais pas.

J’avance jusqu’à sa chambre, le lit est fait, le dressing est en ordre. Ses affaires sont toujours là. Je me retourne pour sortir et mes yeux sont attiré par un bout de papier sur sa table de chevet.

Une lettre, brève. Quelques phrases sur un morceau d’agenda arraché ont la va vite. A l’air ou tout le monde possède un smartphone elle décide de laisser un mot. Je le déplie pour en lire le contenue.

« Neven, je sais d’avance que c’est toi qui vas venir ici. J’ai pris des congés, tu avais raison, toute cette histoire m’a changé. Je vais surement aller à Paris, j’en rêve depuis que tu m’en as parlé. Je ne sais pas quand je vais rentrer, j’ai préféré éteindre mon téléphone. Ne t’inquiète pas pour moi, j’ai retenu tes cours de self défense. Même si je doute d’en avoir besoin là où je vais.

Je vais essayer de continuer à respirer. »

Je referme ce morceau de papier et hurle de rage. Je le met dans la poche. Ça n’a pas de sens. Hier elle me hurle dessus et aujourd’hui elle part à Paris ? Je tourne en rond dans son appartement. Je ne peux pas rester ici. Je dois partir.

Je sors de son appartement, en descendant les marches je décide de retourner à sa boutique. A pied cette fois. Je retrouve Lenon, Frank, Spencer et Folk assis au comptoir avec Véli. Ils me regardent de haut en bas lorsque je franchis la porte. Folk sait que je n’apporte pas de bonne nouvelles. Je lui tends le papier. Il le lit avec attention et relève les yeux vers moi, pleins d’incompréhension.

_ Je n’y comprends rien Neven. Pourquoi partir en voyage sans même envoyer un message ? Me dit Folk en tendant le papier à Frank.

_ Folk je vais être clair. Elle n’est pas partie en voyage. Je soupçonne que Pete soit lié à son départ. Dis je d’un ton sec. Mais maintenant si vous avez quelque chose à dire, dite le et vite. Tout ce qui peux nous aider à la trouver.

Folk et Frank me regarde, se regardent et finissent par soupirer en cœur. Je sens que cette discussion ne va pas me plaire. Folk me tend un verre de whisky, je ne savais pas que Alev en avait ici, il me regarde lourdement et m’intime de m’asseoir.

Ce qu’il me confiera par la suite va déclencher en moi une guerre qui ne prendra jamais fin, je ne sais pas si un jour je pourrais pardonner à cet homme ces mensonges. Et Alev ne le fera peut-être jamais.

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