Chapitre 8 (6/-)

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Durant tout le trajet, Talyah s'était montrée d'une infinie douceur. Bien qu'elle ne fût pas habile de ses mots, elle avait adouci la douleur de cet homme, tout en s'assurant qu'il oublie le prénom d'Elise. À maintes reprises, elle s'était excusée pour l'appel téléphonique qu'elle n'avait pourtant pas passé. Hélas, Diegory savait que cela n'évincerait ni la présence d'Elise à la morgue ni cette folie. Aussi décida-t-il de prendre les devants. Tandis que Talyah s'installait avec le suspect dans une salle au calme en attendant l'arrivée du psychologue, il enjamba les marches deux par deux jusqu'au troisième étage en direction du bureau du directeur adjoint.

« Faute avouée est à moitié pardonnée », pensait-il en atteignant le palier du deuxième étage lorsqu'il fut surpris par une voix grave et assurée.

— Trouve-moi toutes les informations relatives à cet incident. Je veux également écouter les enregistrements des bodycams.

— Bien monsieur, mais concernant les enregistrements, je doute que les offici...

— Il y en a forcément un qui, pour se rendre intéressant, l'aura activée. Je dois juste comprendre pourquoi elle est la seule à entendre ce bruit.

— Bien monsieur, je ferai comme désiré.

Après une volée de marches, Diegory tomba nez à nez avec les deux hommes. Le premier, jeune et élancé, dégageait un charisme imposant. Vêtu d'un costume trois-pièces anthracite et d'une chemise blanche, il consulta sa montre puis toisa Diegory jusqu'à ce qu'il l'eût dépassé.

Le second, plus baraqué et aux origines coréennes, s'inclina légèrement devant Diegory, réajusta ses lunettes sur son nez et reprit sa route.

Instinctivement, Diegory les suivit du regard jusqu'à ce qu'ils disparaissent de son champ de vision. Il resta quelques secondes encore, immobile, à photographier mentalement leurs visages et chercher un sens à leurs dires. Puis il se ravisa et continua son ascension.

À peine eut-il franchi le seuil du troisième étage que Gareth leva la tête dans sa direction. Lorsqu'il se pencha sur sa chaise afin de voir si quelqu'un se tenait dans son dos et qu'il secoua la tête, consterné, Diegory comprit que les ennuis lui pendaient au nez. Ce sentiment s'intensifia quand l'agent se rua vers lui et qu'il formula d'une voix à peine audible :

— Dis-moi qu'Elise est quelque part dans le bâtiment et que, bêtement, tu ne l'as pas laissée là-bas.

— Elise est...

— Dans le bâtiment, le coupa Gareth en hochant la tête. Elle ne peut être que dans le bâtiment.

— Elle est restée là-bas, continua Diegory, confus.

Déconfit, Gareth se massa les tempes et reprit :

— Évidemment... tu l'as menottée à son lit, histoire qu'elle soit bien là où elle doit être lorsque le directeur adjoint arrivera...

Tous deux devinrent livides. Et, comme si le destin entrait en jeu, le signal sonore de SMS entrants détourna l'attention de Diegory au moment où il s'apprêtait à lui demander pourquoi il ne l'avait pas prévenu.

Gareth Sleam :

Le chef arrive ! Replis stratégiques : rentrez au bureau !

Gareth Sleam :

Vous êtes en route ?! Ils viennent de partir.

Gareth Sleam :

???

Gareth Sleam :

??

— Ok, je vais faire mes cartons, soupira Gareth. À tous les coups, elle est retournée à la morgue, marmonna-t-il en direction de son bureau. Pourquoi elle aime tant les morts ? Elle ne peut pas aimer les vivants comme tout le monde ?!

Mais quel con ! se maudissait Diegory tandis qu'il composait le numéro d'Elise. La tonalité de rappel pulsait à ses tympans. Il se revoyait clairement lui demander de rester dans sa chambre et stipuler que Lucien passerait probablement la voir. À n'en point douter, elle l'avait écouté... Bien sûr, elle l'avait écouté. Il ne pouvait en être autrement. Alors, pourquoi ne décrochait-elle pas ce fichu téléphone malgré sa sixième tentative ?

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