Chapitre XVII : Un cheveu dans l'assiette, Partie 2

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 Je ne savais pas trop ce qu'allait faire cet étrange personnage. Mais maintenant, je le tenais là, fermement dans ma main. Peut-être avais-je surréagi, mais dans le doute, il éveillait bien trop mes soupçons pour le laisser agir à sa guise. Et s'il n'avait pas d'arme sur lui, c'est qu'il s'agissait là d'un magicien.


 "Ton histoire ne tient pas debout. Lui lançais-je. Si ce que dit Gna' est avéré, tu n'aurais pu en aucun cas te trouver ici avant nous. Premièrement, car nous sommes revenus sans détour, et que si tu nous avais dépassé, je t'aurais vu. Tant la méfiance que l'impatience, me faisaient bouillir. Alors, il va bien falloir que tu craches le morceau, sinon ce sont tes tripes que je vais te faire cracher. J'avais haussé le ton, et je le sentais déglutir sous la pression de ma main.

- Puis les tripes c'est un peu sale de les voir sorties. Surenchérissait Gnas à mon propos.

- Je.. Je veux bien parler... Mais lâche-moi, je ne m'enfuirai pas ! Dit le petit homme. J'eus un instant de réflexion, je n'avais pas envie de me battre ici, mais quand bien même il tentait quoi que ce soit, nous étions trois et lui seul.

- Tente quoi que ce soit, et je promets que tu finis dans le mur derrière toi. Soufflais-je.

- Ou dans la cheminée ! Gloussait Gna'.

- Ou dans la cheminée, oui...

- Je ne veux pas finir en miette, merci. Je me tiendrai sage. Rétorquait-il, se sentant menacé.

- C'est souvent ce que dit Tne aussi, il ne se tient pas bien pour autant, hein. Réagissait Gna', en soufflant.

- Hé la brute, je te signale que c'est de moi que tu parles, alors doucement ou...

- Oui oui, tu vas sortir des grillons de ton sac et nous dire que ceux-là nous transforment en lézard. Le coupait Gna'. Les interventions stupides de Gnas commençaient à me monter à la tête. J'allais les congédier de toute façon.

- Avant que des tables ne volent, et entre nous. Je regardais Tne'. Prends Gnas avec toi, et demandez à l'aubergiste ce qu'il sait du bonhomme.

- Je suis pas une enfant ! Et tu n'es pas ma gino.. géni... Ma mère ! Râlait Gna'. Je peux très bien être monotone !

- Autonome Gna', autonome. Lui lâchait Tne'. Très bien, nous y allons de ce pas, viens. Tne' s'approchait de Gna', lui tapotant l'épaule et ils se dirigeaient vers l'office.

- Tsss, c'est toujours les mêmes qui peuvent s'amuser. Grognait-elle, frappant du poing sur la table et le suivant. J'allais enfin pouvoir le relâcher.

- Bon, maintenant que nous sommes au calme...
- Je t'ai entendue ! Braillait Gnas.

- Tais-toi, bon sang. Qu'elle savait être agaçante quand elle le voulait. Je me re-focalisais, relâchant mon étreinte manuelle. Ça va mieux ? Tu vas parler maintenant ? Garde quand même les mains sur la table, je n'aimerais pas avoir à faire un geste inconsidéré en ta direction, armée d'une chaise. Lui disais-je.

- Je suis pas d'accord ! Si tu dois le cogner à coup de chaise, c'est moi qui veux le faire ! Une autre interruption de Gna', je ne la relevais même pas, ça la fera peut-être se taire. C'est ça, ignore-moi. Pfff.

- Je vais te dire alors. Il avait l'air déconcerté de devoir parler. Il n'y a pas mille solutions de toute façon, je ne suis pas en état de lutter..."

 Je m'assis en face de lui. Il se présenta à moi ; j'en fis tout autant, puis il commença alors une explication toute aussi farfelue qu'intéressante. Il se mit à me parler de la chronologie des événements durant une vie, des flux qui nous entouraient, la naissance, la mort, le monde, le temps et l'espace.

 La façon dont tout cela s'imbriquait ensemble, les conséquences des uns sur les autres. La causalité d'un acte passé sur le futur. Jusque là, tout me semblait bien clair, même si j'étais moi-même perdue face à ma propre histoire, et mon passé ; son explication "temporelle" avait du sens, après tout, nous naissons bien petits et finissons par grandir, vieillir, mourir - prématurément même pour certains.

 Cependant, son récit se troublait quant à sa présence dans cette continuité, il me parlait d'événements dont seuls d'anciens écrits, dont m'avait parlés Tne', pouvaient témoigner, seuls eux, car ces péripéties s'étaient déroulées il y a bien trop longtemps pour un contemporain. L'espérance de vie maximale d'une personne dans cet univers se limitant à deux ou trois cents ans, on pouvait en voir des choses, mais tout avait une fin. Lui se servait d'exemples plus que concrets, remontant historiquement à plusieurs siècles ! Ou il mentait ou alors son explication n'était pas du tout achevée.


 Son récit se poursuivait, Gna' et Tne' étaient partis se coucher, je voulais commander de la bière, cette boisson que j'avais tant appréciée malgré l'avoir gâchée puis m'être enfuie la dernière fois que j'en avais bue. Je faisais signe à l'aubergiste qui revenait quelques secondes plus tard les mains occupées par deux chopes en acier, dont un col de mousse blanche dépassait du récipient. Nous reprenions notre conversion, mon interlocuteur, Eruxul abordait maintenant, la déformation de ce que l'histoire avait connu, mais qui pouvait donc être remodelée.

 Je ne comprenais plus, comment pouvait-il parler de modification du passé, alors qu'il venait de me tenir un discours sur l'inscription d'un événement et sa finalité... Nous pouvons toujours nous excuser envers une personne si nous l'avons froissée, ou même guérir d'une plaie avec la guérison. Mais, lui avait l'air de dire qu'il était possible de retourner en arrière et de changer les choses. Je lui riais au nez.



 "Ne me fais pas croire l'impossible Eruxul, ce que tu dis là en plus s'oppose complètement à la notion de causalité. Si tout peut-être modifié, le monde perdrait la tête. Plus rien n'aurait de sens et... Il me coupait.

- Tu ne me crois pas ? Alors ouvre grand les yeux. Hé patron ! Le tavernier venait à nous, l'air endormi ; quant à lui, il avait l'air de réciter quelque chose.

- Pas la peine de me faire le coup des mains, hein. Lui soufflais-je, méfiante. L'homme d'âge mûr se tenait devant nous, Eru' se leva et le toucha. Tous deux disparurent immédiatement.

- Mais c'est pas vrai ça ! Je suis trop bête, je savais qu'il allait me fai... Seul Eru' réapparut, assit en face de moi, comme quelques instants auparavant. Je, euh, tu m'expliques ce qu'il s'est passé ? Il est où le tavernier ? J'étais abasourdie. Je ne comprenais plus rien du tout.

- Sois patiente. Il était désespérément calme.

- Patiente, non mais tu plaisantes ? Tu viens de faire disparaître quelqu'un là ! Et je devrais me cal...

- Et voici les bières que vous m'aviez commandées jeune dame. Le tavernier arrivait vers nous, avec deux chopes supplémentaires. Ah, mais ? Je vous les avais déjà servies ?

- Tournée précédente mon cher ! Emboîtait immédiatement Eru'.

- Comment ça tournée précédente ? Mais elles sont pleines vos chopes. Mais je ne me souviens en aucun cas, vous en avoir déjà amenées ! Le vieil homme avait l'air de se questionner intérieurement. Hébété.

- Vous avez dû oublier, cela peut parfois se produire, à votre âge. Lui répondait le bonhomme. Je restais coite, perdue, autant que le tavernier. Quelque chose m'échappait, et je n'étais donc pas la seule ainsi troublée.

- Vous devez avoir raison, c'est que je ne me fais plus tout jeune et...Il se passait la main sur le visage, dubitatif. Bon tant pis, on va mettre ça sur l'âge. Trinquez bien. Il parlait à voix basse. Et repartait, les deux premiers récipients vides en main.

- Qu'as tu fait ? Lui demandais-je soulevant mon godet. Je ne lui ai pas commandé de bières, enfin si, mais cela remonte quand même à quelques minutes.. Et nous les avions déjà reçues.

- Je n'ai fait que le renvoyer dans le passé, juste après que tu lui ais, en effet, commandé des bières. Pour toi cela remonte, pour lui, c'est comme si ta demande ne datait que d'une minute, voire moins. Il me regardait, levait sa chope et en buvait une grosse gorgée. Je ne manipule pas d'élément pour ma part. Je suis un mage du temps, un chronomancien, pour être exact. Lâchait-il tranquillement. Je scrutais, le regard flou, ma chope, me disant qu'il était quand même reparti avec nos deux premières en main, et que moi j'étais restée là et... Tu as l'air pensive, tu te demandes si tu as toi aussi voyagé dans le temps ? Et les verres avec ? Non bien sûr que non, seul le tavernier et moi avons voyagé, et dans les grandes lignes, je suis le seul à avoir traversé le temps, je n'ai fait que "déplacer" l'aubergiste. Répondait-il à ma question sans que je la lui pose.

- Mais, attends, tu es en train de me dire que tu peux remonter le temps sans cesse ? Je me rendais compte de la puissance de son pouvoir, légèrement inquiétée.

- Sans arrêt c'est un grand mot, la chair a ses limites, tu sais. Que cela soit en nombre d'utilisation ou en époque, je dois procéder avec modération. Il retroussait sa manche et me laissait apparaître son bras, des lambeaux de peau s'en détachait, et une sale odeur en émanait.

- Ça pue ! Mais qu'est ce que c'est que ça ? Puis qui te l'a fait ? Lui disais-je en me bouchant le nez.

- Ça ? C'est ce qu'a senti Gna', et ce sont là, les usages du temps. Fatalement, je vieillis, et les voyages dans le temps ne m'aident en rien. Ma chair pourrit, et lentement, moi avec. Se renfrognait-il. J'en ai vu des choses, j'en ai suivi des héros, des prophéties, des exploits. Essuyé de nombreuses batailles et guerres. J'ai vu mes amis, de toute époque, mourir avant moi. Sans être éternel, j'ai déjà presque six siècles à mon actif. Six siècles... Et moi qui ne connaît pas même un cycle de ma vie. Je sentais des larmes me monter aux yeux. Tu en fais une tête, ça ne va pas ? Me lançait-il d'un ton compatissant.

- Écoute, tu ne vas peut-être pas le croire, mais si toi, tu connais des siècles d'histoire, moi je ne sais même pas d'où je viens, ni quel âge j'ai. Je ne sais même pas ce qu'il s'est passé il y a plus de dix mois, avant que Tnemesnap, le petit à ailes que tu as vu tout à l'heure, ne me retrouve sur une plage, je ne connais rien sur ma vie. Alors le temps m'est une notion très très abstraite. Lui répondais-je en me ressaisissant.

- Et tu aimerais le découvrir ? Les corps ne voyagent pas très loin, mais les esprits et les songes eux, traversent les temps, sans se soucier de la décomposition. L'âme est éternelle, bien que son enveloppe éphémère. Il faut juste se poser et...

- Serais-tu en train de me dire que tu peux me faire voir ce que j'ai vécu avant ? D'où je viens, par exemple ? Je le coupais.

- Je pourrais faire voyager ton esprit oui, lui faire revoir ce que tu as vécu, cependant, je préfère te le dire d'avance, l'esprit oublie facilement ce qui l'a blessé, traumatisé. Ton passé est peut-être terrible. Et je dois aussi te prévenir, que dans ce voyage, si tu veux le faire, j'y serai obligatoirement, tu ne peux pas fouiller ton passé sans que j'en sois la torche. Les quelques réminiscences que j'avais eu, par-ci par-là ne m'aidaient pas vraiment. J'avais sûrement dû faire quelques bêtises, pour avoir en tête l'image de ce cachot et du pain pourri, mais du reste, je n'en savais rien. Quand bien même je "savais" ça, cela ne représentait du moins rien d'autre qu'un flou immense.

- Tu saurais dire mon âge comme ça ? Lui demandais-je, préoccupée.

- Tu ne dois même pas avoir une vingtaine de cycles à peine ! Riait-il. Mais je peux interroger ton corps, si tu veux. Je le regardais de travers.

- Et tu comptes t'y prendre comment ? Lui soufflais-je, comme agacée d'avance de la réponse que j'allais entendre. J'étais habituée aux réflexions salaces de Tne'. Il ne dit rien, et me saisit le poignet. Ses yeux s'ouvrirent en grand.

- Quelque chose m'étonne. Il me reprit le poignet, encore une fois sans me prévenir.

- Hé, non mais ça va, tu ne veux pas non pl...

- Pas de doute, la première fois il pouvait s'agir d'une erreur mais...

- Mais ? Je le regardais encore plus de travers qu'avant.

- Ton corps semble avoir plus de cent-cinquante cycles. C'était désormais lui, qui me regardait bizarrement.

- Quoi ? Plus d'un siècle ? Hurlais-je complètement ébahie. Encore le tour de passe-passe et la disparition, c'était très crédible, et même plutôt agréable. Je levais ma pinte. Mais là, tu délires. C'est impossible. Je buvais mon verre, me disant que j'avais juste perdu mon temps à écouter un fou. Comment pouvais-je être si vieille et ne me souvenir de RIEN ?

- Quels sont tes plus vieux souvenirs ? Me demandait-il, sans même avoir réagi à mon accusation.

- Je te l'ai déjà dit : je suis évanouie sur une plage et Tne' me sauve. De la noyade sûrement. Puisqu'il m'a réanimée.

- Oui, mais de quand date-t-il ce souvenir ?

- Je te l'ai dit, même pas une dizaine de mois. Grognais-je.

- Nous allons avoir du travail alors... Si tu veux vraiment te souvenir de ton passé. Tu n'as pas d'effet personnel avec toi ? Il avait l'air de tenir à m'aider, peut-être n'était-il pas si fou que je le croyais.

- Non, le chaperon noir que je portais plus tôt, c'est l'aubergiste qui me l'a donné et la tunique que je porte actuellement, c'est Tne' qui me l'a offerte, il m'a retrouvée nue sur la plage et mon arme... Mon arme... Je l'ai trouvée sur un cadavre.

- Et ton arme ? Je doute qu'il n'y ait que ça à savoir à propos de cette lame. Me questionnait-il d'un air suspicieux.

- Bon, en effet je n'ai pas que ce sabre. Enfin, de matériel si. Bon, tu as l'air de vouloir m'aider alors... Je me concentrais, tendais la main, et faisais apparaître dans un éclair de lumière une épée scintillant d'un éclat nacré. Durant l'apparition ses yeux s'étaient à nouveau ouverts en grand.

- Incroyable !! Même de connaissance... Seuls quelques guerriers, et pas des moindres peuvent avoir recours à ce genre de pouvoir ! Puis, si encore ils étaient vivants, je comprendrais.

- Comment ça ? Lui disais-je, subjuguée.

- Je ne me souviens vraiment que d'une poignée de personnes capables de faire ça. Son visage se marqua d'une expression que je n'avais pas encore lu sur son visage, même durant ses récits. Quelque chose entre la fascination et le doute. Il se clarifia la voix et se lança. Il y a de cela quatre siècles, les deux grandes cités furent érigées. On les nomma Ilyohelm la Sainte et Teysandrul la Sombre. Toutes deux étaient dirigées par deux reines. Se distinguant l'une pour son amour du juste et l'autre pour son goût du sang et de la nécromancie.

 Telles deux Déesses, elles eurent chacune leurs adeptes. Tu te doutes bien que ce n'est pas pour jouer aux cartes que leurs disciples se retrouvaient. Ce fut une période de guerres et de massacres perpétuels. Nombreux furent les clans qui souhaitaient que la paix soit, mais tout aussi divers étaient les groupuscules qui ne voulaient qu'une chose : voir le monde à feu et à sang. C'est dans l'âme ça aussi, de façon éternelle ; ou nous avançons pour que le Bien triomphe, ou nous nous laissons emporter par nos coups de sang, et alors le Mal progresse.

 Cette confrontation de plusieurs centaines de cycles se conclut de la manière suivante. Les deux reines, épuisées de voir leurs adeptes échouer peu importe leur affiliation, siècle après siècle, se résignèrent à mener un combat singulier. Une contre une. Elles se défièrent dans un désert, par une journée magnifique.

 Cependant, cela ne dura pas. Aussitôt leur combat entamé, leurs forces au-delà de toute imagination ne firent que provoquer un déluge d'éléments, tuant la plupart des malheureux venus les voir se battre. Autour d'elles, tempêtes de foudre, tremblements de terre, soleil cuisant, pluies diluviennes, blizzards stridents, tous vinrent sillonner leur lieu de combat. Après plusieurs jours de lutte acharnée, profitant d'une perte d'attention, Hérylisandre embrocha sur sa lame funeste Teïnelyore, tandis que cette dernière dans son ultime souffle, décapita la Reine Sombre. Leurs rares adeptes ayant survécu au spectacle, récupérèrent leurs dépouilles, et s'en retournèrent dans leur cité respective.

 Ces deux grandes reines, auraient pu être sœurs, issues d'une fratrie de redoutables guerriers désintéressés des conflits entre humains, mais finalement, tout les opposa, absolument tout. Cependant tous avaient en commun ceci : ils savaient comment matérialiser leurs armes et donner à leur puissance, une forme. Au nombre de Treize, ils étaient l'égal de ce que l'on pourrait nommer des Dieux, certains fondateurs de cités ou de peuples, combattants ou stratèges hors pair...

 Si la sagesse de certains a pu et su se transmettre, la plupart des disciples respectifs à ces treize personnes hors norme, se sont à leur tour ligués les uns contre les autres, ou sont malheureusement devenus des tueurs hors pair, ils ont même fini par tous s'entre-déchirer, laissant un tel savoir-faire se perdre dans des flaques de sang, tout ça par souci d'ego. N'étant pas éternels, les membres de cette fratrie sont venus à mourir les uns après les autres, jour après jour, cycle après cycle, siècle après siècle. Laissant croître une nouvelle ère de guerre, toujours opposant le Bien au Mal.

 Et voici où nous en sommes. Il se raclait la gorge, buvait une gorgée de bière. Son récit m'avait passionné, jamais on avait parlé de cela avec Tne', et durant mon temps de conscience, je n'avais pu lire une telle précision d'un quelconque événement. Un détail me troublait.

- Attends, qu'est-ce que je suis censée en comprendre de tout ça finalement ? Sautais-je sur place.

- C'est bien la question que je me pose aussi maintenant."

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