Chapitre 1 : GABRIEL (4)

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Et la panique s’empara de Gabriel tandis qu’il se rendit seulement compte de l’erreur qu'il commise à entrer ainsi, dans ce lieu. Erreur qu'il regrettait amèrement, trop tard, naturellement.

Il se glissa dans une vieille armoire, poussant suffisamment la porte pour voir quelque chose, espérant ne pas être découvert. Ses mains tenaient fermement son ballon sur ses genoux, tel un petit enfant blotti contre son doudou.

— Cela ne sert à rien de vous cacher. Je suis armé. Et vous ne pourrez aller loin. Tonna de nouveau cette voix, de plus en plus forte et proche.

Gabriel entendit une clé se glisser dans la serrure.

La seconde d’après, il vit la poignée s’abaisser, puis se relever.

— Je sais que vous êtes là. Sortez et je ne vous ferai aucun mal.

Gabriel, caché au milieu de vêtement plein de poussières, put apercevoir la silhouette de l’homme dont le regard dévisageait la pièce.

Le jeune garçon recula et heurta alors quelque chose de pointu. En posant sa main derrière lui, il trouva un livre. Il souffla dessus et un nuage de poussière s’envola le faisant cracher, se retenant pour ne pas tousser et ainsi attirer sur lui l'attention. A la lueur des faibles rayons de lune, ce livre lui semblait magnifique, brillant, étincelant...

Le "chien" se mit à aboyer et l’homme se rapprocha du placard, son arme tendue en avant.

Il ouvrit précipitamment la porte, s’apprêtant à tirer, le doigt sur la détente. Gabriel sursauta, son cœur battait la chamade, mais presque comme un réflexe, il cacha le livre derrière son dos, comme pris en flagrant délit.

Le jeune garçon sortit de sa cachette. Il tenait toujours le livre dans sa main, et son ballon dans l’autre. Et il tentait de ne pas tourner le dos à cet homme, tandis que le chien lui rodait autour, montrant ses crocs. Il semblait cependant davantage intrigué par ce qu’il tenait dans sa main droite que par Gabriel lui-même. Dans la pénombre, Gabriel ne distinguait que brièvement les traits de l'homme et les contours de l’arme.

— Qu’est-ce que tu m’as volé ?

– R-Rien...

Le jeune garçon vit le visage de l'homme se décomposer en entendant le son de sa voix. Sans doute avait-il comprit que ce n'était qu'un enfant. Un simple gosse sur lequel il s'apprêtait à tirer. L'homme baissa alors sa main, et sa garde, interrogeant d'un ton moins agressif :

— Qu’est-ce que tu fais là, gamin ?

Gabriel tournait autour de la pièce, sans se retourner une seconde.

— Je… je récupérais mon ballon et…

Il tremblait de tout son corps, tandis que dans ce frémissement, le ballon lui échappa des mains pour rouler sur le sol, aux pieds de l’homme qui semblait dévisager l’objet, sans guère le voir.

— Soit.

L’homme se rapprocha du jeune garçon, il avait le visage ruisselant, l’arme toujours dans sa main, prête à être utilisée.

— Dans ce cas, pourquoi trembles-tu ? pourquoi ai-je l’impression d’entendre battre brusquement ton cœur ? pourquoi caches-tu ainsi tes mains derrière ton dos ? si tu n’as rien à te reprocher, cela ne te fera rien que je les vois ?

Gabriel dévisagea l'homme, terrifié. Il aurait aimé n'avoir jamais franchi ce grillage et n'être jamais entré, ni dans cette maison, ni dans cette armoire. A cet instant, il aurait aimé disparaître, être six pieds sous terre.

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