CHAPITRE 2

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RYAN


— Salut, tu t’es bien levé si tôt ce matin ? me demande David en entrant dans la cuisine.

Il dépose un baiser sur mes lèvres et se serrer une tasse de café.

— J’avais un truc à faire avant de partir au poste.

Il remue le liquide et s’assoir en face de moi.

— Et qu’est-ce que s’est au juste ?

— Des recherches sur un suspect dans une affaire, je mens.

Ces derniers temps je ne fais que ça, lui mentir encore et encore. Je n’ai pas envie qu’il s’inquiète, qu’il se mette en danger ou pire qu’il me demande d’arrêter tout ça. Je veux l’impliquer le moins possible dans mon enquête sur Drew Lire. Pour l’instant je me concentre sur mon nouveau l’équipier, l’officier Josh Golling. Je pourrais demander à Eliott cela prendrais moins de temps, mais il dirait tout à son meilleur ami et s’est hors de question. Par mes propres moyens, j’essaye de savoir où mon coéquipier a étudié, dans quel partit de la ville il a grandi et autres, j’ai l’impression d’être David, mais pas pour les mêmes raisons. Lui fait des recherches pour nourrir sa curiosité qui ne cesse d’être affamé, de mon côté s’est pour notre sécurité que je fais ça.

David prend ses affaires et un en-cas :

— J’y vais, passe une bonne journée.

Il passe la porte et j’ai à peine entendu ce qu’il m’a dit, je crois que je n’ai même pas répondu. Je suis concentré comme jamais, tapant à toute vitesse sur le clavier. Il n’y a rien d’anormal dans son dossier, rien qui prouve qu’il ne travaille pas pour l’ennemi. Je prends en note la moindre information, lui poser des questions et le seul moyen de vérifier ses renseignements. La sonnerie du téléphone me fait sursaute, sans regarder le numéro je décroche :

— Ici l’officier McKainny, qui est à l’appareil ?

— C’est Golling, t’es en retard. Je peux savoir où tu es ?

Ma main se crispe sur le combiné et je regarde l’heure, merde avec ces conneries je n’ai pas vu le temps passer.

— Qui t’a donné mon numéro ? je demande froidement

— Eh du calme, c’est le commandent. Il a dit que tu ne répondais pas quand il t’appeler alors il m’a dit d’essayer.

— Dis-lui que j’arrive.

Je m'empresse de me rendre au poste, une fois là-bas je me change et rentre dans le bureau du commandant.

— Vous voilà enfin, dit-il les bras croisés sur le torse et les sourcils froncés.

Je vais me faire passer un savon, mais j’ai l’habitude, quoi qu’il puisse dire, je ne dois pas perds le contrôle, ne pas lui donne une raison de me virer.

— Bonjour à vous commandent McCoy, est-ce que vous avez quelque chose d’important à me dire ou je peux rejoindre mon coéquipier.

— Des choses importantes à vous dire j’en ai des tonnes, assieds vous.

J’obéis :

— Il va falloir changer de comportant officier, arrêter d’arriver en retard et ne me sortait pas une de vos excuses bidons. Je sais que vous faites des recherches sur Drew Lire et que vous continuez cette stupide enquête. Alors, écoutez-moi bien, vous allez arrête immédiatement tout ça. Est-ce que je me suis bien fait comprendre ?

Je serre les poings de rage, enfonçant mes ongles dans ma peau pour éviter de plus foutre un coup. Il ne peut pas me faire ça, Drew est une menace pour ma famille et j’ai le devoir de l’arrêter parce qu’apparemment personne d’autre ne veut le faire. Même son frère a peur de lui.

— C’est une menace, vous préviendrez Drew dès que j’aurais le dos tourner pour qu’il m’élimine de la partie. Jamais je n’arrêterai, rentrez-vous ça dans le crâne commandant.

Je me lève et me dirige vers la porte. Il faut que je sorte d’ici avant que mes nerfs lâchent pour de bon.

— McKainny, vous me reparlez encore une fois comme ça et je vous vire. Sachez que c’est un conseil, pour votre santé mentale, mais aussi pour votre survie. Vous aurez du mal à terminer cette enquête si vous avez un pied dans la tombe. Et vous devriez savoir qu’on ne m’achète pas.

Je ne le regarde même pas et sors du bureau. Josh m’attend, détendu les bras posés sur le toit de la voiture, le sourire scotcher sur les lèvres. Rien que de le voir de bonne humeur m’énerve :

— À ce que je vois, ça ne sait pas bien passer avec le patron, me dit-il

— Monte et ferme là ou bien c’est moi qui m’en charge.

Il lève les mains en signe d’apaisement. Dans un même geste, nous nous installons sur les sièges avant. Je démarre le moteur et commence notre ronde dans le quartier. L’ambiance est tendue et froide, mes mains sont crispées sur le volant et je n’arrive pas à détendre mes sourcils. Le doigt de Josh s’approche de l’auto radio :

— Si tu appuies sur ce bouton, tu dégages de la voiture, dis-je le regard fixé sur la route.

Il soupire avant de me demander :

— Pourquoi tu me détestes ?

— Je ne te déteste pas je suis juste sur les nerfs.

J’essaye de me détendre et de ne pas me montrer bourru, mais aujourd’hui j’ai du mal. Il faut que je sois sympathique avec lui et non méfiant. Je dois le mener à faire une erreur.

La ronde se passe bien, on règle quelques problèmes de voisinage, on arrête quelques jeunes qui trafic et on a stoppé une bagarre.

— Patrouille 110 vous êtes rappelé au poste de police.

— OK on arrive, dit Josh dans le talkie walkie.

Je fais demi-tour et me gare de nouveau sur le parking. Quelques minutes après nous sommes de retour dans la voiture, une mission en poche. On doit surveiller un mec qui serait impliqué dans un vol. Le commandant attend de nous qu’on l’arrête. On est devant son immeuble à attendre qu’il rentre chez lui. Josh joue sur son portable, faisant une danse ridicule chaque fois qu’il gagne une partie. De mon côté, je ne cesse de fixer cette porte espérant qu’il revient et que je puisse enfin rentrer chez moi.

— T’as grandi où ? je fini par demander.

Tant qu’on est tous les deux, autant vérifier mes infos.

— A Chicago au Nord dans le quartier de Near North Side.

Il a grandi dans un quartier huppé dans la partie dirigée par Ghost. Il ait peut probable que Drew les recruté à cette époque. Les deux gangs ont passé un accord, ils n’ont pas le droit d’engager d’hommes, ni de corrompre ou d’acheter quelqu’un sur le territoire de l’autre. Mais ça c’est en théorie, je ne sais pas si l’accord est respecté ou pas, voir s’il tient toujours. De plus, le poste de police est dans la zone de Drew, il a tous les pouvoirs et il aurait pu l’acheter facilement. Quand il y a de l’argent à la clef tout le monde est corruptible, tout le monde est près à faire les pires horreurs pour toucher ne serait ce qu’un centime. Les gens s’étonnent après qu’il y ait tant de violence dans nos rues.

— Pourquoi tu as quitté le Nord ? On sait tous les deux qu’ici tout est plus violent.

— Parce que le Sud a plus besoin de policier, de policiers qui respectent la loi et non celle de Drew. À moi te poser une question, pourquoi tu as cette cicatrice ?

Je l’ignore et j’en repose une autre. Je ne vais pas me confier à lui, voir sympathiser ou être son ami tant que je n’ai pas confiance en lui, et pour l’instant il ne fait rien pour me rassurer.

— Tu as déjà tué quelqu’un en service ?

— Stop avec les questions, j’ai l’impression de subir un interrogatoire. Qu’est-ce qui t’arrive ? me répond-t-il.

— Le suspect arrive, il faut qu’on aille.

Nous descendons de la voiture et après une brève course poursuite il est arrêté. Nous le ramenons au poste, je remplis la paperasse et quand la nuit est tombée je quitte enfin le bureau.

Enfermé dans ma voiture, mon ordinateur ouvert sur mes genoux et le casque sur les oreilles, j’écoute ce que raconte mon coéquipier. Pendant qu’il s’était absenté pour parler au commandant j’en ai profiter pour mettre un micro. Je passe une heure à l’écouter, il juré en rédigeant ses rapports, parlé avec les autres flics, manger, je commence à somnoler sur mon siège, son téléphone finit par sonner :

— Salut qu’est-ce qu’il y a ? Ouais t’inquiètes je ne le quitte pas des yeux. Je sais ce que j’ai à faire s’il découvre tout. Tu veux savoir ce qu’il en ait, pour l’instant il est méfiant et il commence à poser des questions. OK je m’en occuperais, Ryan ne sait pas dans quoi il sait en embarqué, a plus.

Puis il raccroche. Je balance mon casque et tape des poings sur le volant :

— C’est pas vrai !

J’espérais que je me trompais, que je me faisais des illusions, que toute cette histoire me monter à la tête. Mais non, Drew cherche à me tuer et mon coéquipier s’en chargera si je découvre tout. Il faut que je rentre chez moi, David est en danger, on doit le surveiller aussi. C’est à toute vitesse que je rentre à l’appartement.

DAVID

Il est dix-neuf heures quand je suis enfin libre de mes fonctions. Je me dirige vers la sortie, je vais enfin pouvoir me détendre, me sentir en sécurité chez moi et retrouver Ryan.

— Eh David, m’interpelle Thomas

Je me retourne, m’arrête et attends qu’il me rejoigne.

— Salut, j’allais rentrer, tu voulais me parler.

— Je me demander si tu voulais boire un verre avec Darren et mon meilleur ami Raven, histoire qu’on fasse un peu plus connaisse.

La sonnerie de mon téléphone m’empêche de répondre.

— Il faut que je décroche. Ryan, est-ce que tout va bien ?

— Ouais je voulais juste entendre ta voix.

C’est bizarre il a l’air rassuré et soulagé de m’entendre, je n’aime pas ça.

— D’accord j’ai fini là et…

— Tu veux que je vienne te chercher.

Le ton de sa voix avait soudain changé, son inquiétude avait de nouveau pris le dessus, mais qu’est-ce qu’il lui arrive bon sens ?

— Non ça va allait. J’arrive. (Je raccroche et me tourne vers Thomas) Désoler il faut que je rentre, mais une prochaine fois.

Je monte dans ma voiture et m’empresse de rentrer chez moi. Ryan fait les cent pas dans le salon quand je rentre dans l’appartement, il relève la tête au bruit de la porte, il m’aperçoit et se précipite vers moi, me prenant dans ses bras. Je reste immobile, les bras ballants, j’ai toujours eu du mal avec les câlins. Mais je le serre à mon tour, je dois avouer que ça fait du bien, c’est réconfortant même.

— Est-ce qui t’arrive ? je demande en l’éloignant gentiment de moi.

On s’assoit sur le canapé et il prend une grande inspiration.

— J’ai eu peur qu’il te soit arrivé quelque chose. Je crois… j’en suis sur même mon coéquipier travaille pour Drew. Je dois intervenir avant qu’ils ne nous fassent du mal.

— Ryan écoute moi, te précipité n’aidera en rien. Tu dois prendre du recul, te poser les bonnes questions avant de foncé tête baisser.

— Ne joue pas les psys avec moi.

— D'accord, mais je t’aurais prévenu.

Il ne m’écoutera pas, il est guidé par ses impulsions, par sa colère. Il va finir par se faire tuer et je ne veux pas que ça arrive. J’ai failli le perdre une fois, je ne pourrais pas une deuxième. J’ai envie de le secouer, qu’il réalise que ces actes auront des conséquences sur notre monde. Mais je n’ai pas envie de me disputer avec lui, je veux juste être là au moment où il réalisera qu’il a besoin d’aide. Être prêt de lui c’est tout ce qu’il me laisse faire…

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