Chapitre 55 : La loi des beaux gosses.

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Autour d’une table de la bibliothèque de Saint-Clair, une histoire se racontait :

“Il était une fois, un beau gosse… Un prince !

Ce dernier était si beau, et doté d’un tel pouvoir de séduction, que toutes les femmes du peuple se l’arrachaient.

Oui, le prince avait du charme. Il avait un visage angélique, sans en perdre sa masculinité, et un regard auquel on ne pouvait dire non. Il était élégant, bien fait… L’homme le plus prisé du monde ! Sexy et audacieux ! Sans compter ses performances ... ”

  • Selim, le reprit Nice, les bras croisés, l’un de ses mignons sourcils levé, et un sourire en coin se dessinant dans ses pommettes roses.
  • Ahem, oui… Je reprends, toussota ce dernier dans son poing.

“Ce prince ne manquait donc pas de femmes à courtiser. Entre-elles, tous les coups étaient permis pour réussir à capturer le cœur du bel homme. Il avait dès lors le choix de prendre celles qu’il souhaitait, pour une nuit, ou pour la vie.”

  • En gros, c’était un sacré coureur, si j’ai bien compris ? s’en alla Loyd, assis en bout de table.
  • Un de mes ancêtres, sans doute, répondit Alex, d’un ton olympien.
  • Sérieusement… souffla Laure, un doigt sur la tempe.

“ Mais aucune n’avait réussi à le faire chavirer !! s’exclama le narrateur. Non, de toutes, aucune n’était parvenues à lui voler son cœur.

Au gré des batailles, que ces dames menaient férocement, le prince se rendit compte de deux vérités.

D’abord, la première. Elles auraient usé de tous les moyens pour l’avoir pour elles seules, du poison au simple crêpage de chignon… Bon, ça évidemment, comme toutes les meufs... “


  • Hey ! C’est faux ! le poussa Faye qui se reconnaissait pour sa jalousie, la crinière en pétard.
  • Et la deuxième ? demanda Kimi, happé par l’histoire.
  • Très bonne question, ma chère ! s’en alla Selim en tapant ses deux mains sur la table pour récupérer l’attention de tout le groupe.

Sky sursauta, déposant la sienne sur son torse, avant de rouler ses yeux dans leur orbite.

“ La deuxième, fut de se rendre compte que le problème ne venait pas de son propre cœur qui n’était jamais tombé amoureux, mais bien des leur, avides, mais surtout aveuglés par la beauté. Le prince avait trop d’éclat.”


Finalement, le récit interpella Sky.


“ En effet, il en eut la preuve lorsqu’une femme parmi tant d’autres finit par l’envoûter et tenta de le tuer, dans l’espoir de le conserver jeune à tout jamais.

Le prince, sauvé par ses gardes, prit alors une décision. Il fit appel aux pouvoirs d’une sorcière. Cette dernière exauça son vœu le plus cher : trouver la femme qui lui ferait battre son cœur.

Pour ce faire, la sorcière l’enferma dans le lieu où se sacralisait l’essence même de l’amour.”


  • Sa piaule ? rit doucement Alex.
  • Tout juste ! s’écria Selim, les yeux pétillants.

Le premier claqua sa paume dans celle du deuxième, sous les regards désespérés des filles.

“Sa chaaaaambre, reprit Selim de manière mystérieuse en gigotant les doigts.

A fin que le prince puisse trouver l’amour, la sorcière lui jeta un sort pour le rendre immortel, mais pas seulement... Elle lui arracha le cœur ! De sang-froid, cette salop… Hum, la fourbe, toussa-t-il. Elle l’enferma ensuite dans la pièce qu’elle scella par un sceau magique ! Une fois le prince coincé à l’intérieur, elle rit, longuement, aux éclats. Ce dernier était en fait pris au piège. La femme qui se cachait sous la capuche sombre, parce que ouais, j’ai oublié de dire, mais elle porte une cape qui fait peur, blablabla... était l’une de celles qu’il avait rejetée. Elle s’était alors vengée de l’amour qu’il ne lui avait jamais rendu et de la petite fleur qu’il lui avait volé. Si elle ne pouvait l’avoir, alors aucune autre ne l’aurait !

Mais toute magie avait un prix.

Pour réaliser son sort, il lui fallut remplir une condition. Parce que le prince ne l’aimait pas, elle ne pouvait se saisir de son cœur. Elle fut donc obligée de placer l’organe froid et dur comme de la pierre, au milieu de la porte, qui devint la clé pour accéder à la chambre du prince. Seule une femme qui serait capable de le faire battre pourrait alors le sauver et le libérer, ainsi que de le retrouver pour niquer... vivre heureux et avoir plein d’enfants.”


  • Et c’est ainsi qu’est né la loi des beaux gosses !! s’exclama le petit narrateur bronzé en s’applaudissant lui-même.
  • J’ai rien compris, lâcha Kimi, qui enfonça son poing dans sa joue, et releva ses cheveux blonds qui tombaient devant son visage d’une mine boudeuse.
  • Il n’y a rien comprendre, intervint Laure. Mis à part le fait qu’il s’agit d’une histoire complètement machiste, déclara-t-elle ensuite alors qu’elle recoiffait sa longue chevelure de ses deux mains. Il n’y a aucune morale, vraiment.

Kimi restait encore dans l’ignorance, ne voyant pas le rapport avec une quelconque loi.


  • Aaah, soupira sa meilleure amie, c’est un conte créé de toute pièce pour justifier le fait que les beaux mecs se tapent plein de filles jusqu’à ce qu’ils trouvent soi-disant la bonne.
  • En quelque sorte, la rejoint Loyd qui lui accorda un regard légèrement insistant.

Les deux Richess n’avaient pas encore révélé ce qui s’était passé entre eux. Le baiser ne s’était produit qu’une fois du moins, pour le moment.

Les garçons s’offusquèrent que leur compagnon approuve ses dires.


  • Jamais de la vie ! Cette loi existe depuis la nuit des temps chez les beaux gosses ! Nan, Kimi, ça veut simplement dire que nous les garçons tant qu’on est pas sûr qu’une fille soit la bonne, on ne l’amène pas dans notre chambre. Mais si alors on l’y emmène… C’est que c’est forcément la femme de notre vie, dit-il en lançant un regard en coin à Nice.
  • Je ne miserais pas là-dessus si j’étais toi, se vengea-t-elle, sournoisement, de sa frimousse adorable entouré de son carré noir.
  • Le sexe dehors, l’amour dedans, fit Alex en déplaçant son pouce d’un côté puis l’autre.
  • C’est pas ce dont je me rappelle dans les toilettes… grogna Faye.
  • Je t’y ai emmené plus tard, c’est que ça en valait le coup, répondit le blond en l’attrapant par l’épaule pour ensuite lui coller un baiser sur la joue.
  • Et ça… Ça vaut pour tous ? demanda Kimi d’un ton hésitant.
  • Seulement pour les beaux gosses, répondit Selim en s’adossant à sa chaise.

Le “oui” général lui fit s’arrêter sur Sky qui était dans ses pensées. Laure et Loyd partagèrent une même étincelle, se souriant discrètement. Il était bien plus facile pour eux de régler les problèmes des autres que les leurs.


  • Oh, si tu souhaites le savoir, tu as ici le parfait spécimen, rétorqua l’argenté d’un ton moqueur.
  • Je n’aurais pas dit mieux, poursuivit Laure, en lui envoyant un clin d’œil.

Le petit jeu de séduction qui s’était installé entre les deux ne passa quand même pas inaperçu aux yeux de leurs amis. Sky sortit de ses rêves, grattant ses ongles, pour regarder autour de lui, un peu perdu. Il avait ses cheveux en bataille du matin qui lui donnaient un air encore plus relâché.


  • Hum ? sortit-il doucement. Quoi ? Pourquoi vous me regardez comme ça ? demanda-t-il en les dévisageant un par un, même Kimi, avec qui il y avait toujours une tension.
  • La loi quand on couche avec une fille, tu l’appliques aussi ? lui posa la question plus clairement Selim.
  • Ah… Jamais deux fois avec la même ?
  • C’est vrai qu’il y a ça aussi, réfléchit Alex.
  • Vous êtes vraiment des trous du cul, lâcha Loyd en riant franchement.

Tous l’accablèrent d’un même regard qui lançait des “puceaux” en pleine figure qui l’obligèrent à se justifier tout en se redressant, les deux mains de part et d’autre de son siège :


  • Excusez-moi d’avoir été bien élevé…
  • C’est plutôt que tu n’as jamais eu à y emmener une fille, le charria Sky.
  • Peut-être parce que je n’ai jamais eu de doutes sur la fille qui méritait d’y rentrer, rétorqua-t-il sans regarder Laure.

Cette dernière déplaça sa chevelure derrière son épaule et appuya ses coudes sur la table. Elle regardait ailleurs en battant des cils, cachant sa timidité. Les garçons sifflèrent et firent du bruit, de bonnes humeurs, tandis que les filles se lançaient des grands sourires.


  • Cela dit, ça signifie que tu ne fais pas exception à la règle, lui fit remarquer Alex qui commença à se balancer sur deux des pieds de sa chaise.
  • Qu’est-ce que je disais, répondit Selim, d’un ton pas peu fier.
  • Ouais… lâcha Sky, c’est la base.
  • Voyez, même le roi approuve !

En effet, Sky tout particulièrement, qui avait de nombreuses conquêtes, respectait cette ligne de conduite. La seule fille qu’il avait laissé rentrer dans sa chambre d’internat, c’était Laure, et aucunement pour des raisons peu catholiques. Il tenait à son intimité, et tout au fond de lui, dans le plus profond de ses tripes, et de son inconscient, il espérait de manière assez romantique que la bonne viendrait. Celle-là aurait le droit de dormir dans les mêmes draps et dans ses bras.

Si Kimi avait dormi seule dans sa chambre familiale lors de l’échange de maison, il passa sur le fait qu’ils avaient partagé le même lit durant une nuit en Californie. Selon lui, ce n’était pas la même chose.

Tandis que le groupe s’animait de plus en plus, ils furent coupés par un raclement de gorge.

Ils se retournèrent pour découvrir la bibliothécaire, son agacement marqué par ses bras croisés. Elle tapotait du pied nerveusement contre la moquette :


  • Jeunes gens, je sais qu’il est nécessaire de discuter pour réviser ensemble vos cours, mais il me semble que vous vous soyez légèrement, appuya-t-elle en pinçant ses doigts, écartés de votre objectif premier. Si vous ne baissez pas le ton, je vais devoir vous demander de sortir.
  • Excusez-nous Madame, nous allons reprendre l’étude, la rassura Loyd de son visage angélique.

Lorsque la vieille dame retourna derrière son comptoir, gardant un œil avisé sur les ados bruyants, le groupe d’amis se regarda de manière malicieuse. Ils plongèrent ensuite leurs nez respectifs dans les cahiers, ou les ouvrirent pour certains.

La période de révision pour les examens de Noël était enfin arrivée, et à pic, pour les jeunes Richess qui devaient tous gérer les révélations concernant leurs parents. Ici, toute excuse devenait bonne pour étudier plutôt que d’avoir une franche discussion.

Il n’y avait que Faye, Selim et Kimi qui avaient les idées claires à ce sujet. Nice comme Alex n’osaient pas aborder le sujet, alors que Sky et Laure ressentaient une énorme rancœur. Loyd, lui, avait obtenu une réponse de sa mère :


“En effet, nous avons passé de bons moments à Saint-Clair entre Richess. Nous n’avions pas de réelles raisons de nous détester.”


En fait, ce fut même Eglantine qui eut du mal à lui poser des questions à propos de Laure, alors qu’elle venait de tromper son mari.

Michael ressentait précisément la même chose. Il n’osait plus regarder sa femme et sa fille dans les yeux. Cette période donc pouvait se résumer par une phase de fuite et de déni collective. Les examens tombaient donc vraiment bien pour se changer les idées ou plutôt se cramer les neurones.


Avachie à la table, Kimi s’attrapait férocement le crâne face à ses exercices de physique. Elle et les sciences ne faisaient pas la paire, tout comme sa mère à l’époque, sans qu’elle ne le sache. Elle détestait cette matière qui venait juste au-dessus des mathématiques dans sa liste des “plus horribles cours” et pour lesquels elle demandait toujours de l’aide à Nice.

La petite Richess s’amusa à chasser la fumée invisible de son cerveau en surchauffe de gestes de mains répétés.

En face, Faye était plus ou moins dans le même état. Les deux copines se jetèrent un regard complice, s’apprêtant à lancer leurs cahiers, mais Laure plaqua sa main sur celui de Kimi.


  • Non. Tu n’abandonnes pas. Autrement, tu vas rater ton examen et tu vas avoir encore plus de boulot à rattraper. Ensuite, tu vas rater ton année et tu ne pourras plus partager la même classe que nous. C’est ça que tu veux ? Alors travaille, la pointa-t-elle du doigt, stricte, quand celle-ci lui répondit non de la tête.
  • Mais, je…
  • Non ! Qu’est-ce que je vais faire sans toi, moi ?? Allez au boulot !
  • Ne sois pas si dure, gloussa Nice entre ses fins doigts. Qu’est-ce que tu ne comprends pas ? demanda-t-elle à Kimi, se penchant pour regarder ses feuilles.

La mine de la blonde se changea en une bouille adorable et presque larmoyante.


  • Rien du tout, se plaint-elle en couvrant son visage de ses deux mains.
  • Moi non plus, ajouta Faye en se grattant le sourcil.

Pris de pitié, Nice décida de s’installer entre les deux pour leur expliquer les calculs. Alors que les pièces commençaient à s’imbriquer dans la tête de la rousse, Kimi voyait encore trouble face aux formules.

Une bonne heure après où le restant du groupe s’échangeaient des conseils, cette dernière poussa un long soupir au moment de partir, les poings caler sous ses deux joues :


  • Pff, ces uns des premiers examens… Je ne sais pas si je vais y arriver. Peut-être que je devrais me focaliser sur les autres ? Je ne peux pas passer tout mon temps sur celui-là, où…

Elle stressait rarement, mais cette période avait le don de lui faire douter de tout. Toujours avec un visage qui ferait craquer même le plus froid des cœurs, Kimi s’osa à une requête :


  • Nice, hum… Ça te dérangerait, si on y regarde encore ce soir ?

Selim tendit immédiatement l’oreille tandis que sa petite amie se retrouvait bien embêtée.


  • Ah, je… Oui, enfin… bégaya-t-elle en passant une main dans ses courts cheveux noirs.
  • Désolée, ma belle, les interrompus Selim, mais on se voit ce soir !
  • Oh… lâcha-t-elle avant de se rendre compte de la culpabilité qui rongeait son amie de ne pouvoir l’aider.
  • Peut-être qu’on peut y regarder une heure de plus, et…
  • Non ! Je ne veux pas vous embêter, je comprends, mais…

Elle n’osait pas vraiment demander aux autres, Faye et Alex se retrouvant aussi le soir, et Laure étant très carrée dans les études, de peur de passer un moment interminable. Peut-être Loyd ? Quand elle se retourna vers lui, avec des yeux de chiens battus, il s’apprêtait déjà à dire “oui”, mais la chance de l’aider lui passa sous le nez :


  • Je peux te filer un coup de main, lâcha Sky qui griffonnait justement un calcul sur ses feuilles de physique.

Ce dernier ne la regardait pas vraiment, enfuyant sa gêne dans une attitude assez sérieuse. Il avait la tête légèrement baissée, des mèches volages devant ses yeux verts, quand il les remonta pour obtenir une réponse. Kimi devint revêche un instant, puis redescendit dans les étages.

Sky fit tourner son bic autour de ses doigts :


  • Tu ne veux pas ? Ça ne tient qu’à toi de vouloir rater…
  • Eh ! Je n’ai jamais dit…

Le léger sourire, un peu fade, qu’il lui octroya, la déstabilisa. Ils s’étaient évités depuis le passage chez Monsieur Xavier. Elle lui en voulait d’avoir agrippé Dossan, et il s’en voulait tout autant, sans le montrer, d’avoir été jusque-là.


  • Ok… répondit-elle, un peu mal à l’aise.
  • Nickel… Tu n’auras qu’à m’envoyer un message après souper quand tu veux qu’on y regarde.

Quand Kimi hocha simplement de la tête avant de récupérer ses affaires sur la table en même temps que tout le monde débarrassait, Laure se retint de rire. Elle appuya ses livres sur sa poitrine et se mit en retrait dans le couloir qui devenait bruyant à leur passage. Faye et Kimi sautaient à pieds joints sur le carrelage, attachées au coup de l’une et de l’autre, tandis que Selim, la main de Nice dans la sienne, faisait voler son petit bras en l’air.

Sky et Alex, eux, devaient sans doute parler de la physique qui faisait que leurs cheveux étaient, à la fois si bien rangés et en même temps si bien décoiffés.

Loyd, de manière très subtile, vint se placer auprès de Laure :


  • Je peux porter tes livres ? lui demanda-t-il en les attrapant directement.
  • Je pouvais le faire moi-mê…

Alors qu’il les avait coincés sous un de ses bras, il passa l’autre autour de sa taille. Laure rougit et tritura son petit nez, timide.


  • Comme ça, tu peux peut-être aussi me tenir, non ? la dragua-t-il ouvertement.
  • Loyd, ils…
  • Ils ne nous regardent pas, lui souffla-t-il d’un sourire ravageur. Regarde-les… Ils jouent… On a bien le droit aussi, hum ? la tenta-t-il en approchant son visage du sien.
  • Je… s’arrêta-t-elle pour pouffer et lever les yeux au ciel. Mouais, pourquoi pas, lui répondit-elle en lui tirant la langue, tout proche de ses lèvres, avant de passer sa main dans son dos pour s’accrocher à lui.

Les deux se serrèrent pour marcher côte à côte, pendant que leurs amis donnaient tout le meilleur d’eux-mêmes pour ne pas montrer qu’ils les avaient cramés. Mais ils le savaient bien autant qu'ils se doutaient qu'ils leur fallaient du temps.


***


Après le repas du soir, alors qu’un chemin assez similaire se déroulait dans les couloirs pour sortir du réfectoire, Sky passait sa veste d’hiver pour ne pas prendre froid.

Dehors, il prit le temps de respirer l’air frais pour le chasser en grosse bouffée de buée. Ce temps lui permettait de refroidir sa tête trop pleine de pensées durant cette période.

Avant de rentrer à l’internat, il marqua un temps où il réouvrit son manteau, pour constater que Kimi rigolait avec Laure devant les portes. Les deux copines se chamaillaient gentiment, puis se saluèrent chaleureusement de la main. Elles ne dormaient pas dans la même aile du bâtiment. Sky vint intercepter la blonde et lui fit un petit signe de tête, avant de se placer devant elle, les mains fourrées dans ses poches.


  • Oui… Quoi ? se mit-elle tout de suite sur ses gardes.
  • Tu veux venir maintenant ? proposa-t-il d’un coup en la fixant.
  • Venir… Euh… hésita-t-elle.
  • Pour étudier. Je t’ai dit de m’envoyer un message, mais il est déjà dix-neuf-heures donc… Si tu veux…
  • Ah oui ! Oui, on peut…

Sans rien dire, Sky emboîta alors le pas vers son bâtiment. Il se retourna quand il ne l’entendit pas la suivre. La neige commençait à tomber.


  • Tu viens ? l’obligea-t-il, encore une fois d’un mouvement de tête.
  • Mais… Mes feuilles…
  • On a le même cours, je te rappelle, ne put-il s’empêcher de la taquiner en voyant son air bête. Tu prendras des feuilles de brouillons, c’est con de faire deux fois le chemin… Go, reprit-il en s’avançant.
  • Ok, mais… on va faire ça où ? demanda-t-elle en le rattrapant, tout en frottant ses mains gelées par le froid.

Comme irrité, Sky s’arrêta d’un pied ferme, qui poussa Kimi, remontant ses épaules pour se protéger. Il la fixa, les sourcils froncés, puis claqua sa langue sur son palais.


  • On va finir en bonhomme de neige avec toi… souffla-t-il d’abord. Dans ma chambre. Logique, nan ? répondit-il enfin assez sèchement.
  • Ah… Oui, rit-elle nerveusement. Oui, c’est logique, ajouta-t-elle en baissant les yeux, un peu intimidée.
  • Bah oui… lâcha-t-il en déposant une main sur sa tête pour ébouriffer ses cheveux, mais c’est pas ta meilleure qualité.

D’un mouvement, elle chassa sa main et le devança sur le chemin qui les menait à sa chambre d’internat. Elle rigola quand il faillit glisser sur les flocons qui tombaient au sol, mais le grand sourire qu’elle portait à l’extérieur n’était qu’une façade. Kimi était devenue nerveuse. Elle n’était jamais entrée dans sa chambre, comme aucune autre fille, sauf Laure, mais ça ne comptait pas.

Pourtant, bien qu'il n'était pas un prince, Sky suivait rigoureusement le régime des beaux gosses.

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