Deux comtesses pour une place

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Chapitre 2 - Deux comtesses pour une place

Ce jour de grand soleil, suite aux deux places à prendre au château en tant que Dame d'atours et Dame de compagnie de la Princesse Émérienne II, dite " La Sublime ", Hugonnette et Guillemette s'étaient aussitôt mises sur les rangs.

Les deux sœurs, qui pour des raisons différentes ambitionnaient la fonction suprême de Surintendante de la maison de la Reine Prééminente IV, voyaient ces postes comme une première étape pour accéder à leurs rêves. Il faut dire que sous le règne du Roi Émérite II et de la Reine Prééminente IV, existait un ordre d'importance et des grades entre les Dames acquises au service royal. Issues de la noblesse et choisies pour leurs bonnes mœurs, leur instruction et leur excellente éducation, beaucoup de prétendantes convoitaient ces places d'honneur qui leur garantissaient de très bons gages, des faveurs particulières, l'éventuelle promesse d'un beau mariage, une influence non-négligeable doublée d'une certaine autorité au sein de la Cour, ainsi qu'une pension coquette pour assurer leurs vieux jours.

Avant d'être Surintendante de la maison de la Reine Prééminente IV, Guillemette qui n'envisageait pas de deuxième position, briguait la place de Dame d'atour — hiérarchiquement plus élevée que celle de Dame de compagnie — de la Princesse Émérienne II. À l'époque, une Dame d'atours était l'employée ayant le plus de responsabilités. Elle était en charge de la garde-robe royale et devait administrer les femmes de chambre au service de la Dauphine d'Ocanom. Elle était en quelque sorte, une assistante personnelle. La Dame de compagnie n'étant là que pour suivre la Princesse dans ses déplacements, lui lire quelques sonnets ou faire du canevas avec elle.

L'offre d'emploi de la Princesse Émérienne II précisait qu'elle recherchait des jeunes filles de noble naissance, discrètes et loyales, qui seraient des confidentes et des amies de confiance. La sélection était sévère mais au contraire de sa sœur, inconstante, indocile et prétentieuse, Hugonnette correspondait aux exigences de la Princesse Émérienne II et avait de grandes chances d'être sélectionnée. Guillemette ne s'avouait pas vaincu. Elle comptait sur la ruse pour évincer sa sœur et lui ravir la place de Dame d'atours. Bien sûr, un grand nombre de candidates avait aussi répondu à l'annonce. Toutes étaient de bonnes familles et répondaient en partie aux critères demandés. Mais, de l'avis de Guillemette de Besson-Blois, aucune n'avait son charisme ni même l'Aura d'Hugonnette. Il faut dire que la Princesse Émérienne II, surnommée " La Sublime " était connue pour ne s'entourer que de demoiselles aux qualités exceptionnelles. Elle affirmait que cela la rendait encore plus attrayante et beaucoup plus belle. Pour Guillemette, sa sœur était donc la seule candidate sérieuse à considérer, les autres n'étant à ses yeux que d'insipides bécasses. Des prétentieuses frivoles et ennuyeuses sans attraits particuliers. Dans l'esprit de l'ambitieuse et orgueilleuse Guillemette de Besson-Blois, tous les coups seraient permis pour éliminer Hugonnette de la course à la place !

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