Victime tu seras

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Catherine regarda Monsieur K , par en dessous :


- Franchement, vous ne voyez pas ?

- Non, Madame ?

- Pas d'attentat, d'erreur judiciaire, d'erreur médicale ?

- Non, Madame.

- Pas d'accident de la route ?

- Une plaque de verglas .

- Quand ?

- J'avais 20 ans .

- C'est très vieux , mais…

- Une plaque de verglas, c'est personne !


Catherine soupira, décidément Monsieur K n'était pas un client facile !

Elle choisit l'attaque frontale :


- Tout va bien ?

- Je ne dirai pas.

- Surtout après une tentative de suicide ?

- Je m'en suis sorti.

- C'est donc votre femme qui…

- Non, Madame.

- Non ?

- C'est une relation de couple.

- Oui, et alors ?

- Je ne suis pas une victime…


Catherine décida de changer de tactique, et déboutonna, légèrement, son corsage :


- Si vous êtes victime, vous aurez de l'argent .

- Je n'en ai pas besoin.

- Pouvez-vous payer les études de vos enfants ?

- Non, Madame.

- Alors qui vous dit que vous n'êtes pas une victime ?

- Je pense , comme Sartre, qu'il faut sortir de la mauvaise foi.

- J'ai trouvé : nous allons faire un procès aux ayants droit de Sartre, car vous êtes victime d'une philosophie qui vous empêche de faire valoir vos droits de victime !


Bouche bée, Monsieur K signa la demande de procès.

Radieuse, Catherine regarda la devise du cabinet d'avocats :

Victime tu seras...


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L'amour, c'est comme regarder le ciel par une belle nuit d'été.
Au début, on scrute les étoiles jusqu'à trouver celle qui nous attire le plus. On ne regarde plus qu'elle et à force de la fixer, toutes les autres autour finissent par disparaître. Tout le reste s'assombrit, comme si les autres s'effaçaient une à une pour ne pas perturber l'éclat de celle que nous avons choisi de chérir. Et puis un beau jour, toutes ces autres réapparaissent, comme des tentations, comme des options, mais même si on les voit, on ne les regarde pas vraiment. Elles sont là, mais la nôtre brille toujours bien plus et leurs maigres efforts pour se faire remarquer ne mènent à rien au bout du compte. Bien sûr, elles existent encore, bien sûr il est agréable de les voir, mais notre attention se reporte toujours sur celle qui fait battre notre cœur comme elle seule sait le faire. On l'aime et la déteste à la fois. Elle nous attendrit et nous énerve en même temps. Parfois elle disparaît derrière un nuage et on se régale de pouvoir souffler un instant hors de sa contemplation, mais très rapidement, plus rien ne nous ravit, elle nous manque et l'on guette inlassablement le moment de son retour pour pouvoir de nouveau nous délecter de la chance que nous avons de lui appartenir et de partager un petit morceau de sa vie.
Bientôt, l'étoile créera sa constellation. Son petit monde à elle, une famille indestructible malgré les disputes et les désaccords. Parfois les nuages cacheront une partie du groupe, mais elles seront toujours l'une à côté de l'autre. Elles ne se sépareront jamais même si souvent les rêves et les envies de chacune entreront en conflit. Une confrontation nécessaire pour que chacune puisse continuer d'exister en tant qu'unité. Des identités différentes qui trouveront forcément le meilleur des compromis pour que toutes puissent respirer le même volume d'air. Une répartition équitable de la lumière et de l'espace pour n'étouffer aucune d'entre elles.
Un peu plus loin, le reste des étoiles forment leur cercle et gravitent autour de ce noyau unique. Ce sont des amis, des collègues, des connaissances ainsi que des jaloux, des opportunistes, des inconnus... Celles-ci sont tout ce qui sépare notre constellation de la Lune. Le projet commun, l'avenir heureux, le but ultime qu'elle fixe et qui se trouve à portée de son rayonnement malgré les obstacles sur leur trajectoire. La Lune représente leur Paradis à eux, leur Eden, leur Bonheur de se retrouver et de vivre ensemble pour une éternité délicieuse. Comme une promesse de jours heureux et paisibles. Comme un avenir indéniablement baigné de lumière et de chaleur.
L'amour, c'est comme trouver le bateau parfait pour traverser les océans.
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L'amour, c'est comme avoir déniché l'équipement idéal pour gravir la plus belle des montagnes.
L'ascension n'est pas aisée et avant de devenir un randonneur confirmé, il y en a eu des échecs et des abandons. On a tellement de fois fait marche arrière, parfois même oublié de se donner un peu la peine de souffrir pour découvrir quelque chose de merveilleux. On a souvent trouvé la neige en chemin. Souvent le terrain était accidenté, mais cette fois-ci, les vêtements n'ont pas été enfilés au hasard. Le piolet, les cordes et les crochets ont été choisis avec soin. Tout a été fait de sorte que nous atteignons le sommet malgré les craintes et les embuches en travers de notre route. L'enjeu est de taille ! La vue magnifique qui nous attend au bout de notre excursion vaut largement le prix de tous nos efforts. Une fois arrivés à destination, le panorama est splendide. Le soleil se couche à peine. Même la fraîcheur de la nuit tombante est une douce caresse sur nos joues rougies par l'émotion et la fatigue. Il nous reste juste assez de forces pour installer le campement et embraser le petit tas de feuilles et de branches que nous avons réunis avant qu'il ne fasse trop noir.
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