Chapitre 25.3

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— Nous ne savons rien à propos de nos ennemis, et nous n’en savons guère plus sur Cottos qui est pourtant l’un des nôtres, parce que nous l’avons toujours tenu à l’écart. Nous ignorons ce qu’il a fait autrefois, et ce qu’il fait aujourd’hui. À quelles expériences il s'est adonné… À quels types de découvertes ces dernières ont abouti… Est-ce que cela sera à notre détriment ? Vers qui s’est-il tourné pour les mettre en pratique ?

Elle se tut un moment. Était-elle consciente qu’ils étaient tous captifs de sa parole trop rare ?

— Un seul d’entre nous pourrait le savoir, et nous renseigner. Peut-être... Et qui sait si Cottos n’a pas fait de Baal une arme capable de vaincre nos ennemis ?

— Ou de tous nous exterminer, jugea Priape nettement moins enclin à l'optimisme.

Personne ne sembla l’entendre.

Anat acquiesça :

— De toutes les façons, si quelqu’un qui doit avoir une idée de l’identité et de la force de notre ennemi, en plus de ce que peut trafiquer Cottos, cela ne peut être que lui… Baal… Je l'ai connu à une époque où rien de ce qui se passait dans nos galaxies ne lui était inconnu. Je doute qu'il ait tant changé malgré les siècles passés. Peut-être même qu’il pourrait nous dire ce qui nous attend…

— À vous entendre, il aurait la réponse à toutes les questions que nous nous posons, maugréa Divona.

— Parce que toutes les conclusions auxquelles nous aboutissons convergent vers lui, d’une manière ou d’une autre, directement ou indirectement, très chère, lui répondit Boann sans cacher une certaine joie.

— Et tu crois que tu pourrais lui rendre les années qu’il a perdu dans les geôles de Cottos ?

— D’accord, là-dessus, Nous n'y sommes pas pour rien, admit Erra. Supposons qu’il connaisse d’autres choses en dehors des méthodes de torture de Cottos…

— Tu devrais aller le lui demander en personne, lui suggéra Divona. Il t’en apprendrait sûrement de nouvelles.

— Personne ne les connaît mieux que lui, confirma Circé.

Erra eut un sourire en coin.

Si Baal s’était retrouvé chez Cottos, c’était qu’il l’avait mérité. À lui tout seul, il cumulait plus d’heures de présence chez ce vieux fou que tous les individus que lui, Erra, ex-dieu des guerriers sanguinaires, avait pu lui envoyer. Aucun Drægan, jusqu’ici, n’avait eu vent de ses relations avec Cottos. Il entendait que cela le reste. Ceux qui l’avaient découvert, souvent par hasard, en étaient morts ou devenus plus fous que Cottos lui-même.

Nerus avait été l’un d’eux. Il ne s’en était ni vanté, ni remis. Sa faim inextinguible avait été l’une des conséquences de son séjour, pourtant assez bref, chez Cottos.

— Rien ne dit que Baal ait eu accès à des informations de premières mains lorsqu’il était prisonnier de Cottos.

— Tu ne le connais pas, Erra. Des situations les plus désespérées, il est capable d’en extraire le moindre élément qui puisse lui être un jour utile.

— Certes, Rhadamanthe, je ne le connais sûrement pas aussi bien que toi, ou Anat. Et pour ma part, juge ou pas, je ne serai pas aussi clément que toi envers lui.

Venant d’Erra, cela n’étonna personne.

Esmelia perçut chez Enki et Anat une vague de compassion envers Baal les envahir, mais ni l’un ni l’autre ne le montra aux autres. Malgré toute leur sympathie à l’égard du Phénicien, ils préféraient de très loin que ce soit lui plutôt qu’eux à avoir effectué un séjour chez Cottos.

Baal avait fait des choix qu’aucun d’entre eux n’aurait osé faire, pris des décisions qu’il n’aurait jamais dû prendre, et cela au mépris de leurs lois et de leurs coutumes. Pour cela, et d’autres crimes, il avait payé le prix de son indépendance. Encore aujourd'hui, cela lui coûtait une partie de sa liberté.

De la leur aussi, d'une certaine manière. Ils l’avaient tous condamné, directement ou indirectement, aux pires châtiments. Mais si un seul des Drægans présents ressentait le poids de la culpabilité, alors il le cachait bien.

— Baal est un criminel, leur rappela une nouvelle fois Amaterasu, au cas où la mémoire leur ferait défaut. Pour une fois, je suis d’accord avec la Vieille peau.

Pisses i the dheth !

Quoi que cela puisse vouloir dire, ce n’était sûrement pas une déclaration d’amour de Divona à Amaterasu.

Celle-ci ne releva pas et poursuivit :

— Après ce que nous lui avons tous fait, vous pensez vraiment qu’il va nous pardonner ? À sa place, j’en profiterai pour me venger. On ne peut lui faire confiance. Il n’a plus aucun pouvoir, et vous voudriez lui en redonner ?

Enki lui fournit une confirmation qu'elle ne s’attendait pas :

— Nombreux sont ceux, ici ou dans les systèmes de la galaxie où il a mis les pieds, qui seraient prêts à le vendre au plus offrant, pourvu qu’ils en soient définitivement débarrassés.

— Et alors ? Moi, la première. Je n’en fais pas mystère depuis que je suis ici. Où est le mal ?

— Et tu offrirais combien pour l’avoir… entier… ou juste la tête ? Plus que la prime déjà offerte ?

Amaterasu posa un regard meurtrier sur Enki qui ne se départit pas.

— En commettant le crime dont il a été accusé, il savait à quoi il s’exposait, prôna-t-elle en accentuant à chaque fois qu'elle le pouvait ce il qui désignait son ennemi juré.

— Enki, tu as l’air d'en douter. Il a pourtant détruit ces deux planètes, s’étonna Horus.

— Il ne l’a jamais nié, le soutint Apollon. Même lorsque nous lui en avons donné la possibilité.

Enki haussa les épaules, et défia Apollon du regard.

— Personne n’a jamais su dire de quelles planètes il s’agissait, ni dans quels systèmes elles se trouvaient. Il a été accusé sur la foi de témoignages d’individus, auxquels nous n'aurions jamais fait confiance en d'autres circonstances, ou si cela n'avait pas été lui que nous jugions, et qui se sont empressés de disparaître avant la fin de son procès.

— Parce qu’il les a sûrement fait disparaître, supposa Esus.

Il a payé sa dette, attesta Rhadamanthe sur un ton conciliant.

Il est dangereux, le contra la déesse asiatique. Si vous le pensez faible, alors vous êtes dans l’erreur. Ça, au moins, c’est une certitude. Il vient de le prouver en tuant notre frère.

— Il n’a fait que se défendre, intervint Teutatès. Et ne nous dis pas le contraire, car j’étais présent lorsque Susanoo, Ame-No-Uzume et Omoïkané l’ont provoqué, défié et, finalement, attaqué.

Elle ne sembla pas tenir compte des paroles de Teutatès.

— Ce n’est pas parce que nous n'avons jamais vu ses pouvoirs qu’il n’en a aucun…

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