Fleur humide

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D'un sourire angélique et figé il m'observe. Nous sommes nombreux et pourtant je sens ses yeux, son être, son souffle, rivés sur moi. Il ne dit rien. Il ne bouge pas, se contentant de me faire transpirer d'un regard vide et accusateur.

Je me sens mal, j'ai chaud... Comme dévoré de l'intérieur par des milliers d'insectes. Ils sont là, en moi ! Je les sens parcourir mon être, me piquer, me mordre et me saigner !

Lui me fixe toujours. Me donnant presque l'impression de le voir basculer d'avant en arrière lentement, pour mieux me déstabiliser.

J'ai envie de crier, de secouer les gens autour de moi, de les réveiller, pourtant ils restent là à rire et applaudir la scène. Mais je ne suis pas fou ! Je le vois bien qu'il me transperce de ces yeux misérables. Je le sens bien qu'il me veut du mal !

Je sue à grosses gouttes. Elles perlent et dégoulinent le long de mon visage telle la putréfaction de mon corps en action. Il est maléfique ! Il est diabolique, il est...

Pourquoi personne ne réagit ? Pourquoi personne ne stoppe ce monstre ? Pourquoi ?

Je suis tétanisé tandis qu'il s'approche de moi. J'ai l'impression que le temps se ralentit à chacun de ses pas. Mon cœur se resserre de plus en plus, comme si sa main l’étreignait pour le voir exploser.

Je n'en peux plus. Il est là, devant moi, toujours avec ce rictus atroce. Je pleure, les gens me fixent à présent, comme s'ils ne comprenaient pas la réalité.

Il me tend une fleur. Dans un hurlement incontrôlé, je me lève et le repousse tout en fuyant. Je trébuche et tombe au sol. On m'aide à me relever et lorsque mes yeux se posent sur cette salvation, je ne vois que son sourire monstrueux. Tout autour de moi, ils sont là, me fixant de leurs masques hideux.

Ils rigolent. Mon cœur bat à cent à l'heure, il me fait très mal. Je n'en peux plus, je sens que je vais vomir. Des picotements, comme des aiguilles immenses me lacèrent de part en part. Je suis perdu, Il a gagné...

Je lâche prise, sombrant dans le vide de son être, dans le néant de sa pensée. Son rire arrache ce qui me restait de sérénité et je le vois l'exhiber aux yeux de tous.

Je ferme les yeux...

Les ouvrant à nouveau, je me retrouve à ma place initiale, comme si rien de tout cela n'avait eu lieu. Je suis toujours assis à mon siège, les gens continuent de regarder la scène et de rire ; le spectacle, lui, continue son chemin laissant disparaitre le clown dans les vestiges de mon cirque incertain.

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