Chapitre 101 : lundi 15 août 2005

12 minutes de lecture

Le jour éclaira bien vite l'intérieur de la tente, mais ils prirent le temps de se lever. Le ciel était très clair ce matin-là, le vent s'était calmé au cours de la nuit et Mickaël leur prépara un petit déjeuner délicieux en faisant frire les œufs frais au grand air, les accompagnant de bacon et de grandes tasses de thé. Ils étaient aussi partis avec des provisions, car il n'était pas aisé de trouver des épiceries sur l'île. Mickaël avait prévenu Maureen que Lewis et Harris étaient très sauvages, voire désertiques par endroit.

Ils rangèrent ensuite leurs affaires, saluèrent leurs hôtes et repartirent en empruntant la route occidentale de l'île. Mickaël fit un premier arrêt dans l'ancien village d'Arnol où Maureen découvrit l'habitat traditionnel de l'île, puis de même dans l'autre village de Garenin. Ces petites maisons impressionnèrent beaucoup la jeune femme et ne furent pas sans lui rappeler l'habitat rural irlandais.

Puis il la mena jusqu'à la ruine de Dun Carloway où ils pique-niquèrent. De là, ils entamèrent une belle randonnée le long de la côte et des falaises. Le vent s'était relevé, mais il faisait beau. Ils étaient en pleine nature, seuls, sans autre présence humaine. Main dans la main, ils avançaient ainsi à travers la lande et la tourbe.

En retournant vers la voiture, Mickaël proposa à Maureen de revenir un peu sur leurs pas, pour dormir près de la plage de Dalbeg, il savait l'endroit bien abrité, même si la plage faisait face à l'ouest. Elle accepta avec joie.

**

Ils installèrent leur tente dans un creux de terrain, bien à l'abri du vent. Mickaël réchauffa une soupe qu'il avait préparée chez Mummy, avant de partir. Pour le reste du séjour, ils devraient manger du "tout fait" ou trouver un pub, au moins pour le repas du soir.

- Je regrette de ne pas pouvoir te préparer de bons petits plats le soir, dit-il en surveillant la casserole.

- Ce n'est pas grave ! C'est difficile avec juste un petit réchaud, dit Maureen. Mais je reconnais que je vais trouver étrange d'ouvrir une brique de soupe industrielle !

- Et encore, c'est de la semi-artisanale, dit-il. En bouteille et juste pasteurisée...

- Bon, on ne fera pas trop d'entorses à ton régime, alors, plaisanta-t-elle.

- Très juste. Mais c'est vraiment pour dépanner. Demain soir, je pense qu'on pourra manger dans un pub.

Après leur repas, ils descendirent jusqu'à la plage. Le vent était tombé, la soirée s'étirait longuement. La plage était déserte et Mickaël estima qu'ils auraient droit à un beau coucher de soleil et Maureen se demanda déjà s'il allait se terminer comme celui auquel ils avaient assisté la semaine passée, sur Skye. La plage était belle. Par endroits, elle était maculée de taches sombres, des algues amenées par la marée, qui formaient des dessins originaux, tranchant avec le sable clair. Main dans la main, ils avançaient tranquillement le long de la grève, évitant quelques rochers. Lentement, le soleil descendait vers la mer.

- As-tu déjà vu le soleil de minuit ? demanda Maureen soudain.

- Non, répondit Mickaël. Il faut aller plus au nord encore. Mais ici, en plein mois de juin, au moment du solstice, on s'en approche vraiment. Un jour, il faudra qu'on aille aux Shetland ou aux Féroé, là-bas, on peut y voir le soleil de minuit.

- L'été prochain ?

- On verra, sourit Mickaël. J'aimerais bien retourner en France, aussi. Ca te plairait ?

- Et comment ! dit Maureen. Tu m'en parles si souvent...

Ils marchèrent encore un peu, puis ils s'installèrent sur le sable, côte à côte, pour admirer le coucher du soleil. Mickaël passa son bras autour des épaules de Maureen et elle vint s'appuyer naturellement contre la sienne. Le ciel se teintait des couleurs magnifiques qu'on ne trouvait que sur les îles. Le bleu encore clair était très pur, les rouges, jaunes, orangés des nuages éclatants. Certains prenaient des tons rosés, violets. C'était somptueux. Comme toujours, Maureen eut le sentiment d'assister à un événement rare et précieux que la nature leur offrait. Elle se demandait pourquoi il n'y avait pas plus de gens à avoir envie d'en profiter. "Parce qu'ils ne savent pas voir", songea-t-elle. "Parce qu'ils n'ont pas la curiosité de voir, de sentir, de toucher, de goûter... Parce qu'ils n'ont pas forcément la chance non plus d'avoir dans leur entourage quelqu'un comme Mickaël. Mais même... Cela ne suffit pas toujours. Je pense que cela laisserait Véra quasiment indifférente. Et, pourtant, ils sont frère et sœur!"

- C'est vraiment toujours aussi beau, soupira-t-elle à voix haute.

- N'est-ce pas ? répondit-il en l'embrassant tendrement dans les cheveux.

- Je pensais à ta sœur... Est-ce qu'elle saurait apprécier quand même ?

- Oui, mais cela la lasserait vite. Elle n'aurait pas la patience de rester comme nous, tranquillement assis sur le sable. Mais cela ne l'aiderait pas pour autant à trouver des harmonies, si tu vois ce que je veux dire...

- Oui, sourit-elle amusée, en repensant au bouquet qu'elle avait composé pour elle.

Mickaël bougea un peu, s'allongea sur le flanc, la tête soutenue par son bras gauche plié. Maureen resta assise. De sa main droite, il caressa doucement sa hanche. Le ciel se reflétait dans ses yeux, leur apportant une teinte gris perle très douce. Il dit :

- Tu sais, c'est vraiment formidable de pouvoir être là avec toi. J'étais venu l'an passé, seul, à peu près à la même période. J'avais passé une super semaine. Je m'étais beaucoup baladé, j'avais fait de belles randonnées, sur le littoral, dans les vallées vers l'intérieur de l'île. J'avais pris de grandes bolées d'air frais et sauvage. C'était enivrant. Un soir, je me suis arrêté là, j'ai regardé le coucher du soleil, comme ce soir. C'était presque aussi beau, j'étais presque aussi bien. Mais j'étais seul. Il n'y avait personne avec moi pour partager cet instant. Cela donne le vertige, parfois, cette solitude, face au monde.

- Tu te sentais triste ? D'être seul pour apprécier cela ? demanda Maureen doucement.

- Non, pas vraiment. Je ne regrettais pas d'avoir fait certains choix, ils étaient plus que nécessaires. J'avais aussi le sentiment de reprendre possession de moi-même. De me retrouver. Pas seulement de refaire le plein d'énergie, de couleurs, d'images, de grand air. C'était un peu... oui... me ressourcer. Ce que je veux dire, c'est qu'aujourd'hui, je suis heureux que tu sois là et de pouvoir partager cela avec toi.

Elle le regarda avec tendresse.

- Le partage, Maureen, c'est essentiel pour moi.

Elle se pencha vers lui, posa sa main sur sa joue, caressa doucement ses cheveux dont le soleil rasant soulignait la teinte rousse :

- Je sais. Pour moi, aussi.

Et elle effleura ses lèvres d'un baiser, puis reprit :

- Tu te souviens de ton dessert à la pomme ? Le premier que tu m'as fait goûter ?

- Comme si je pouvais oublier ce jour-là..., répondit-il amusé.

- Tu m'avais dit : "Tout est affaire d'équilibre...". C'est pareil, non ? Le partage, c'est un équilibre, n'est-ce pas ?

- Bien entendu, répondit-il en attirant son visage plus près du sien.

Et tout en plongeant son regard dans le sien, il vint chercher ses lèvres pour un baiser qu'il fit durer.

Il sentit les mains de Maureen se poser sur ses épaules, il se laissa aller complètement sur le dos, l'entraînant avec lui en passant ses bras autour de sa taille. Leur baiser se prolongea et il fit glisser ses mains sous la veste de la jeune femme, soulevant le petit pull qu'elle avait revêtu pour la soirée. Les yeux fermés, il apprécia tout autant le baiser que sa peau, ce velouté.

Une main resta sur ses reins, l'autre s'aventura déjà à se frayer un chemin sous la toile de ses jeans, pour caresser ses fesses. Il ne savait pas quels dessous elle avait choisis pour cette soirée. Il essaya de le deviner rien qu'au dessin et à la finesse de la dentelle qu'il sentait sous ses doigts. "Le vert", imagina-t-il. "Je pense que c'est le vert".

Et il se décida à vérifier sans tarder. Sa main abandonna les fesses de la jeune femme pour lui faire rejoindre l'autre sous le petit pull, jusqu'à l'attache de son soutien-gorge. Il le dégrafa et Maureen arrêta son baiser, s'écarta et le regarda un peu surprise. Il sourit simplement en réponse, ne dit rien, mais en profita pour faire repasser ses mains sur sa poitrine et prendre ses seins maintenant libérés dans ses paumes. Il laissa échapper un soupir de bonheur à en éprouver ainsi la douceur. Ses pouces remontèrent vers ses tétons qui réagirent aussitôt à la caresse. Maureen gémit faiblement en réponse, mais son regard vira légèrement au bleuté, ce qui eut pour effet de rendre celui de Mickaël plus sombre.

- Tu ne crois pas qu'on est un peu loin de la tente ? demanda-t-elle un rien coquine.

- Depuis quand tu n'apprécies plus l'amour en pleine nature ? répondit-il, direct.

- Je n'ai pas envie de me retrouver avec des grains de sable dans ma petite culotte, fit-elle avec humour.

- Oh, mais s'il n'y a que cela... Je vais la mettre dans ma poche, elle y sera bien protégée...

Elle rit, puis l'embrassa fougueusement avant de faire remarquer :

- Tu crois qu'on ne sera pas dérangé ?

- Et par qui, bon sang ? Il n'y a personne ici... On est loin de tout.

- On pourrait être dérangé par des promeneurs venus apprécier le coucher de soleil, suggéra-t-elle.

- D'autres amoureux ? Bah, ils iront plus loin.

Et Mickaël se fit plus insistant dans ses caresses sur sa poitrine. Maureen soupira. Il savait qu'elle ne résisterait pas longtemps et lui sourit, de ce petit sourire en coin plein de charme qui ne faisait qu'ajouter de l'effet à ses caresses.

- Tu es un incorrigible profiteur, souffla-t-elle à son oreille. Tu penses pouvoir abuser de moi sur cette plage, sans que je proteste, en profitant de mes faiblesses.

- Bien entendu... mais je t'autorise à protester. Ou à refuser, dit-il. Si tu veux, on retourne sous la tente, ajouta-t-il en retirant prestement ses mains de dessous son pull.

Un éclat de protestation s'alluma dans les yeux de Maureen et elle pencha son visage bien au-dessus de celui de Mickaël, ses cheveux retombèrent alors sur les côtés, formant comme un écran autour d'eux.

- Sauf que... Je n'ai pas l'intention de protester, conclut-elle en faisant descendre ses mains vers la ceinture du pantalon de Mickaël qu'elle s'empressa de défaire.

- Alors, c'est parfait, dit-il. Je vais pouvoir continuer ce que j'avais entrepris.

Il glissa à nouveau ses mains sous le petit pull, mais, cette fois, avec la ferme intention de le lui ôter. Le pull s'échappa des bras de la jeune femme, s'envola un instant dans l'air pour atterrir mollement sur le sable, sans que ni l'un, ni l'autre n'y portent attention. Les seins ronds et blancs de Maureen formèrent une tache claire sur le ciel encore chargé des lueurs flamboyantes du couchant. Leurs pointes dressées provoquèrent Mickaël et sa bouche s'en empara aussitôt. Un coup de langue sur chacun, puis il se consacra au gauche, alors que ses mains maintenaient fermement Maureen plaquée contre son bas-ventre.

Mais elle n'avait pas l'intention de rester immobile pour autant et ses mains s'activèrent à le déshabiller, commençant à courir sous son t-shirt pour le faire remonter sur son torse. Elle aussi insista sur ses mamelons, avec douceur car elle les savait particulièrement sensibles. Il gémit, se redressa pour l'aider à le lui enlever. Ils se retrouvèrent alors assis, elle sur lui, et à demi-nus, car Mickaël en avait profité pour débarrasser Maureen de son soutien-gorge.

- Hum, j'avais bien deviné, fit-il remarquer.

- Deviné quoi ? demanda-t-elle.

- Que c'était le vert que tu avais choisi de porter ce soir...

- Je l'aime beaucoup, expliqua-t-elle.

- Moi aussi, sourit Mickaël.

- Tu sais pourquoi ?

- Parce qu'il te va bien et est agréable à porter ?

- Non, dit elle. Il est cela, en effet, mais si je l'aime beaucoup, c'est parce c'est le premier que je me suis offert après t'avoir rencontré, car ses couleurs me faisaient penser à celles de tes yeux.

- Il possède alors en plus une valeur sentimentale... Cela ne lui en donne que plus de prix et m'oblige à en prendre encore plus soin. Mais ce n'est pas un problème, ajouta-t-il. Je déteste malmener les jolies choses.

Elle noua les bras autour de son cou, resta un moment ainsi, le visage tourné vers la mer. Elle aussi prenait des teintes vives. Puis elle se redressa, fit glisser son pantalon tout en regardant Mickaël. Son regard qui changeait, dans ces moments-là, l'émouvait toujours autant. Elle n'aimait rien tant que ce regard qui s'assombrissait. Toujours aussi expressif et quand c'était le désir qui s'y reflétait... Il la troublait intensément. Elle resta immobile, le vent frais fit courir un frisson sur sa peau que les derniers rayons du soleil rendaient dorée. A son tour, il se leva, finit de se déshabiller avant de l'enlacer.

- Mademoiselle Maureen, je bénis le jour où ma sœur m'a tiré du lit pour m'obliger à aller acheter quelques roses pour notre chère maman, car c'est ainsi que je vous ai rencontrée. Mademoiselle Maureen, vous êtes la femme de ma vie et je tiens à ce que vous le sachiez. Je tiens aussi à ce que vous sachiez que j'ai l'intention de vous faire l'amour sur cette plage, que je veux voir des frissons courir sur votre peau éclairée par cette lumière fabuleuse. Je veux entendre votre cri de plaisir que vous lancerez vers les premières étoiles. Et je veux me perdre en vous comme l'amoureux fou de vous que je suis depuis ce jour.

Et il reprit ses lèvres, alors que ses mains parcouraient ses reins, effleurant le slip qu'elle portait encore. Les pieds enfoncés dans le sable, elle répondit à son baiser. Contre son ventre, le sexe dressé du jeune homme éveilla son désir. Elle soupira :

- Je ne peux rien dire de plus... Aime-moi... Mickaël... Aime-moi aussi fort que ce soir est beau.

Il s'agenouilla devant elle, laissant glisser ses mains le long de ses jambes, jusqu'à caresser ses chevilles. Elle se retint à ses épaules, puis il la fit tourner lentement sur elle-même de manière à ce qu'elle se retrouvât face au couchant, qu'elle puisse admirer la vue. Ses mains s'attardèrent ensuite derrière ses genoux, ses cuisses, jusqu'à la dentelle qui ourlait ses fesses.

Puis il se remit face à elle, mais en demeurant agenouillé. Il glissa un doigt vers sa fente déjà humide, déposa un baiser sur sa toison bouclée à travers une fleur de dentelle. Elle gémit.

- Enlève-le..., supplia-t-elle.

- Quoi ?

- Enlève-moi ce slip...

- Hum, déjà ? dit-il d'un ton coquin. Il est merveilleux pourtant... Tu n'aimes pas ?

- Si... Si !

- Alors, rien ne presse...

Il reprit ses baisers à travers le tissu. Maureen laissa échapper une nouvelle plainte ce qui l'incita, presque à regrets, à faire glisser le petit slip le long de ses jambes. Il voulait respecter sa promesse d'en prendre soin. Un peu tâtonnant, il chercha le tas de leurs vêtements pour l'y déposer soigneusement. Il se sentit alors seulement tout à fait prêt à s'occuper totalement d'elle. Ses baisers se firent tendres, coquins, aventureux. Les plaintes de Maureen devinrent cris et elle se dit qu'il allait encore la faire jouir ainsi.

Elle rouvrit alors les yeux : la mer, le ciel étaient somptueux. Le soleil avait disparu sur l'horizon, mais il restait le chatoiement des couleurs.

- Mickaël..., gémit-elle. Je... Je veux... avec toi... Pas toute seule... Pas... ce soir...

Sans abandonner son petit bouton qu'il goûtait avec délectation, il leva les yeux vers elle. Un peu cambrée, le corps nu dans la douce lumière, les cheveux repoussés en arrière par le vent léger, elle était terriblement belle et sensuelle, attirante et désirable. Il comprit instantanément et calma le rythme de ses caresses intimes. Lentement, il chercha pour lui aussi une position plus confortable, se rassit en tailleur et l'accompagna jusqu'à ses jambes repliées pour qu'elle puisse venir s'asseoir sur lui.

Ce fut tout naturellement qu'elle le recouvrît de sa chaleur et il la pénétra avec bonheur. Il creusa les reins pour être plus encore en elle. Elle avait passé ses bras autour de sa nuque, le regardait intensément. Ses yeux verts étaient si sombres qu'ils paraissaient, dans le contre-jour, presque noirs. Il prit ses lèvres avec douceur, elle y savoura son goût intime avec gourmandise. Ses caresses allumèrent un incendie dans son corps, à l'image de celui qui s'était emparé du ciel. Elle s'accrocha à Mickaël, brûlante, et la puissance de son orgasme les fit chavirer tous les deux en retombant sur le sable.

Ils restèrent un moment étendus ainsi, reprenant lentement leur souffle, calmant le rythme fou de leurs deux cœurs. De ses bras, Mickaël lui entourait le dos, et il fallut un moment à Maureen pour prendre conscience qu'il faisait maintenant assez froid. Elle frissonna, regretta de ne pas avoir de quoi se couvrir un peu. Et se dit que, les prochains jours, s'ils dormaient encore dehors, il faudrait vraiment qu'ils prennent une couverture quand ils partaient ainsi.

- Tu as froid, ma douce ? demanda-t-il à son oreille.

- Plus très chaud, non, soupira-t-elle avec une pointe de tristesse dans la voix. Même contre toi.

- On va rentrer, avant qu'il ne fasse totalement nuit et que ce soit un peu compliqué de retrouver notre chemin.

Il l'aida à remettre ses vêtements et, en lui tendant sa culotte, il lui dit malicieusement :

- Tu vois, pas un grain de sable...

Annotations

Versions

Ce chapitre compte 2 versions.

Recommandations

Défi
Elea1006

" J'étais à l'entrée d'une ruelle. Tout était gris et bleuté. Ça sentait fort la friture et le poisson. Les panneaux étaient écrits en chinois, je ne comprenais rien. Il fallait que je traverse mais mes jambes étaient paralysées. Et puis je t'ai vu au fond du couloir, j'ai tendu les bras pour t'attraper mais tu as disparu.
C'est là que j'ai hurlé "Maman".
- C'est fini, ma chérie, c'était juste un cauchemar. "
7
6
1
0
Guillaume Conpte

Le blanc. Couleur de vertu, vertu du temps froid
Où tu couvres les monts, les cimes des arbres.
Que j'aime ces instants où ton luisant éclat
Apréhende le temps et te change en marbre.

C'est d'éternité que tu gèles les saisons
Comme le peintre au sommet de son art,
Et tu figes la faune et la flore, et tu pares
De ta longue trainée les boutiques et maisons.

Mais j'ai peur de ta faux, impitoyable amie,
Qui du corps des égarés ôte la chaleur
Et dans leur coeur transi y enfouit la terreur.

Le blanc. Couleur de vertu, vertu du temps froid
Où les corps s'endorment, où les âmes s'échappent,
Car c'est de marbre aussi que les défunts se drapent.
4
0
0
1

Vous aimez lire Pom&pomme ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à Scribay !
Sur Scribay, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de Scribay !
0