Chapitre 86 : lundi 1er août 2005

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Après un bon petit déjeuner, Mickaël et Maureen se promenèrent sur le front de mer. Il faisait beau et des nuages blancs décoraient le ciel. Puis ils rejoignirent tranquillement le terminal ferry.

- La mer est calme, fit Mickaël. La traversée se passera bien pour eux.

- Lawra n'a pas le mal de mer, dit Maureen. Mais si Kevin est malade, ça rend les choses plus compliquées. D'autant qu'elle traverse en passager simple, elle n'a pas pris de cabine. Pour le retour, par contre, elle m'a dit qu'ils en avaient réservé une. Même si le voyage n'est pas trop long, elle préférait avec le petit.

- Il va te paraître changé ! fit remarquer le jeune homme.

- Oui... Il ne marchait pas quand je suis partie... Oh, il commençait. Il avait besoin d'aide, qu'on le tienne encore. Là, c'est un vrai petit garçon qu'on va voir ! Et puis, il parle bien maintenant, m'a dit Lawra.

Au loin se dessina un léger mouvement sur la mer. Petit à petit, le ferry grossit. Maureen ressentait une vraie impatience. Elle était si heureuse de revoir Lawra et le petit Kevin ! Et elles allaient avoir tant à se dire, à partager... Et les emmener, à partir de la fin de la semaine, avec John, dans les Highlands, n'était pas le moindre des bonheurs à venir.

Mickaël devinait son impatience. Il la tenait par la taille, ils s'étaient accoudés à un muret, sur la terrasse qui dominait le port.

- Les passagers qui arrivent à pied, expliqua-t-il, sortent par l'espèce de tunnel, là. Quand le bateau aura accosté, on ira les attendre en bas.

Un vent léger soulevait les cheveux de Maureen, il se sentait heureux. C'étaient les vacances. Enfin. Ils allaient revoir - et pour lui, faire connaissance avec - des amis. Il allait emmener Maureen sur Skye, puis sur les Hébrides. Ils allaient avoir du temps, aussi, rien que pour tous les deux. Il avait déjà bien préparé leurs futurs parcours. Lui aussi sentait l'impatience le gagner, mais pas tout à fait la même.

Le grand bateau s'approchait, s'engageait dans l'embouchure de la rivière Mersey, puis manœuvra pour l'accostage. Sur les ponts, les passagers regardaient la ville. Maureen les scrutait avec attention, cherchant la silhouette élancée et assez grande de Lawra, ses longs cheveux légèrement teintés de roux.

- Elle est là-bas ! s'exclama-t-elle soudain, en désignant du doigt un point sur le deuxième pont.

Mickaël sourit. "Là-bas", pour lui, c'étaient juste des silhouettes, des tas de gens inconnus.

- Tu vois... La porte bleue, là, au deuxième pont ? lui précisa Maureen.

- Oui, répondit-il, amusé.

- Bon, sur la gauche, il y a un grand monsieur, avec une casquette...

- J'en vois au moins trois comme ça...

- Ha, tu te moques ! rit-elle. Elle nous a vus !

Maureen agita les bras et là, Mickaël vit enfin la jeune femme, avec un petit garçon aux cheveux bruns dans les bras. Lawra agita aussi la main, puis quitta le pont, pour se diriger vers la sortie. Elle ne voulait pas se retrouver bousculée dans la foule. Le ferry termina la manœuvre d'accostage ; pendant ce temps, Mickaël et Maureen se rendirent sur le quai. Ils attendirent encore un peu, les passagers piétons descendaient pendant que la grande porte s'ouvrait à l'avant du ferry, laissant passer les premiers véhicules. Au bout du tunnel, il y avait le contrôle des douanes, une formalité pour la plupart des passagers, et, bientôt, ils virent apparaître Lawra à travers les vitres légèrement teintées du tunnel. Elle présenta ses papiers, puis fit quelques pas. Elle était maintenant en Angleterre. Elle tenait toujours Kevin dans un bras et une valise à roulettes qu'elle tirait derrière elle.

- Elle est chargée comme un petit mulet ! La pauvre ! soupira Maureen avant de s'élancer vers son amie.

Lawra posa Kevin, les deux amies se tombèrent dans les bras. Souriant, d'un pas tranquille, Mickaël s'approcha à son tour.

- Te voilà, enfin ! s'écria Maureen.

- Ah, ma Maureen ! Ca va ? répondit Lawra avec un grand sourire.

- Oui, oui !

Puis Maureen s'écarta, s'accroupit pour être à la hauteur de Kevin. Le petit garçon s'accrochait aux jambes de sa mère, faisant le timide.

- Kevin, c'est ta marraine ! C'est Maureen ! lui dit Lawra pour le rassurer. Tu veux lui faire un bisou ?

- Non, pas bisou...

Puis il se cacha encore plus, mais sourit.

- Il fait le coquin..., sourit Maureen.

- C'est juste le temps qu'il se réhabitue à toi..., expliqua Lawra. Il est à l'âge où les enfants sont souvent timides... mais ça ne dure pas. Il nous a fait le coup il y a deux semaines, avec l'un des frères de John qu'il n'avait pas vu depuis Noël... mais au bout de dix minutes, il ne voulait plus le quitter !

Mickaël avait rejoint les deux jeunes femmes. Lawra dévisagea le grand jeune homme et fut frappée par son visage ouvert, son regard qu'on ne pouvait ignorer, et l'élan de sympathie qu'elle ressentit n'était pas factice.

- Bonjour, Lawra ! Bienvenue sur le continent ! la salua-t-il avant de lui faire la bise.

- Le continent, tu parles ! Juste une grande île, rit-elle en lui faisant la bise à son tour. Enchantée de te rencontrer enfin, Mickaël !

- Moi aussi. Depuis le temps que j'entends parler de toi...

- Moins que moi ! lui lança-t-elle en riant.

Il réfléchit un instant, puis dit :

- Hum, je pense que tu as raison... Alors, voilà aussi Kevin.

Il se pencha vers le petit garçon et commença à jouer avec lui, en mimant qu'il voulait l'attraper d'un côté, puis de l'autre, des jambes de sa mère. Un instant étonné, Kevin tapa dans les mains, puis éclata de rire et se prit au jeu.

- Hé, il va me faire tomber, le coquin ! s'exclama Lawra. Allez, Kevin, du calme ! Il a besoin de se dépenser un peu. Je l'ai fait jouer sur le bateau, mais il était temps d'arriver. Au retour, on voyagera de nuit, ce sera plus simple... Huit heures de traversée, de jour, ça fait un peu long pour un petit bonhomme comme lui !

- Tu ne pouvais pas partir hier soir ? demanda Maureen.

- Trop compliqué, John bossait hier, exceptionnellement... Il ne pouvait m'emmener au port que ce matin.

- On va récupérer la voiture et sortir un peu de la ville, proposa Mickaël. On trouvera un coin pour s'arrêter. Vous avez déjeuné ?

- Oui, à bord, répondit Lawra. Par contre, il faudra faire une petite pause pour son goûter.

- De toute façon, on a quatre heures de route devant nous, on se relaiera avec Maureen, dit Mickaël.

Et, sur ce, il récupéra la valise de Lawra et ils gagnèrent le parking, un peu plus loin.

- Tu as une nouvelle voiture ? s'étonna Lawra.

- Non, répondit Maureen. La maman de Mickaël nous a prêté la sienne. La mienne est petite, pour un court trajet, ça va, mais là... Un peu de confort ne fait pas de mal !

**

Le voyage retour vers Glasgow se passa dans une bonne ambiance. Mickaël conduisit au début, puis il s'installa à l'arrière, avec Kevin, assis dans l'ancien petit siège de Léony, pour que Lawra puisse profiter d'une meilleure vue à l'avant.

- Ca fait penser à l'Irlande, les paysages par ici, dit la grande jeune femme. Les collines sont douces. Je m'attendais à des paysages plus contrastés.

- Oh, mais ici, tu n'es pas encore en Ecosse ! répondit Maureen.

Lawra regarda son amie du coin de l'œil.

- Tu vas devenir une des plus ferventes partisanes de l'Ecosse indépendante, je sens ça, sourit Lawra.

- Méfie-toi, répondit son amie. Tu as un dangereux indépendantiste à l'arrière. Partisan de la grande alliance avec la France, contre l'Anglais...

- Lawra, je vais te dire une chose, intervint Mickaël. En Ecosse, il y a deux choses sacrées : le whisky...

- Ca plaira à John, ça...

- ... et le rugby. Moi, le premier, j'en prends soin. Le second, par contre... je m'en moque un peu. Mais quand se déroule le tournoi des six nations, je suis toujours déchiré quand se joue le match Ecosse / France. En même temps, je dois être le seul content : il y a toujours une de mes équipes qui gagne... Mais, ma plus grande joie, c'est quand la France fout la pâtée à l'Angleterre. Surtout quand, précédemment, les Anglais ont vaincu l'Ecosse... C'est comme une petite revanche...

- Je vois..., fit Lawra. Bon, sérieusement, Maureen, on fait comment cette semaine ? Tu as décidé de fermer quand ?

- Vendredi soir. Je n'ai pas eu de commandes pour samedi, pour le moment du moins. John arrive quel jour ?

- Il arrête le boulot vendredi midi, enfin, normalement. De toute façon, il m'a dit qu'ils n'avaient pas intérêt à le faire rester plus tard... Il a vraiment besoin de changer d'air. Il prendra la route pour l'Ulster aussitôt, pour embarquer le soir. Il arrivera samedi matin. On pourra partir dans l'après-midi.

- Il voudra peut-être souffler un peu avant de refaire de la route, non ? s'inquiéta Maureen.

- On verra, dit Lawra. Mais je pense, qu'au contraire, il voudra qu'on reparte aussitôt ! On emmène ton ami, Sam, avec nous aussi, Mickaël ?

- Normalement, oui..., répondit-il. Si ce satané zozo ne change pas d'avis d'ici là...

- Pourquoi changerait-il d'avis ? demanda Lawra. On lui ferait peur ?

Mickaël éclata de rire :

- Sam n'a pas peur de grand-chose. Non, c'est compliqué... Sam paraît simple, comme ça, et il faut bien dire qu'il est facile à vivre.

- J'ai cru comprendre qu'il avait beaucoup d'humour..., fit Lawra.

- En effet ! Mais...

Mickaël suspendit sa réponse.

- Je t'expliquerai, intervint Maureen. C'est une longue histoire...

- Ah ça... Oui, Maureen t'expliquera. Elle sera plus concise que moi, soupira le jeune homme.

Le jour commençait à décliner quand ils arrivèrent dans les faubourgs de Glasgow. En voyant un panneau de direction indiquant Lanark, Maureen sourit doucement. C'était là que Mickaël l'avait emmenée se promener, pour leur première sortie. Mais il était tard et ils étaient tous un peu las de la route, pour faire un détour. Mais en voyant lui aussi le panneau, Mickaël glissa doucement sa main dans le cou de Maureen.

- Tu t'arrêtes à la prochaine aire de repos, ma douce, fit-il. Je vais conduire sur la fin.

- On ramène la voiture à tes parents ce soir ? demanda-t-elle.

- Non, je le ferai demain, t'inquiète. Sinon, ça fait une étape supplémentaire ce soir et je pense que Lawra et Kevin ont hâte d'arriver.

- Ce n'est pas de refus, en convint Lawra. Même si la route ne m'a pas paru longue. C'est toujours comme cela quand je découvre un nouvel endroit. Je suis tellement curieuse de ce que je vois ! Ca m'a frappée de voir d'un coup moins de circulation sur l'autoroute !

- C'est vrai qu'une fois qu'on a dépassé les grandes villes, qu'on s'est éloigné de Manchester, plus on monte vers l'Ecosse, et plus c'est tranquille, dit Mickaël. Sauf en approchant de Glasgow, c'est normal.

Peu après, ils s'arrêtèrent. Maureen n'était pas mécontente de se détendre un peu les jambes, mais ils repartirent vite. Mickaël décrivait la ville au fur et à mesure qu'ils s'y avançaient.

- Voici la Clyde, dit-il. Moi, je bosse de l'autre côté, là-bas. Mes parents vivent sur les hauteurs, vers le nord. Voilà, on approche...

Lawra regardait tout avec intérêt, imaginant déjà ses amis ici, Mickaël se rendant au travail, tous les deux se promenant le long de la Clyde, car elle apercevait les quais aménagés pour la balade. Enfin, ce fut la rue qui remontait et ils s'arrêtèrent devant la boutique de Maureen.

- On dépose tes affaires, proposa Maureen, et on ira manger chez Mickaël, c'est à deux pas.

- Ok, je suis curieuse de voir ton magasin aussi ! répondit son amie. C'est joli, d'extérieur.

- C'est une petite boutique toute simple, tu sais. Tu verras demain, quand je sors les fleurs, ça te donnera une autre impression.

Ils déposèrent les affaires de la jeune femme à l'étage. Elle trouva l'intérieur très mignon, décoré simplement, et s'extasia devant les fleurs au balcon.

- Si tu as besoin de quelque chose, tu n'auras qu'à me demander..., dit Maureen. Ce sera facile.

- C'est impeccable ! Allez, on ne s'attarde pas ! J'ai hâte de dîner et de goûter à un repas du chef ! s'exclama Lawra.

**

Si Lawra était curieuse de découvrir le lieu de vie de son amie, elle l'était au moins autant, si ce n'était plus, en ce qui concernait l'appartement de Mickaël. Elle savait qu'ils vivaient autant chez l'un que chez l'autre, un peu en fonction des envies, souvent selon ce qui était le plus pratique, mais sans que cela posât le moindre problème à l'un comme à l'autre. Elle avait déjà compris - et s'en doutait après les longues conversations qu'elle avait eues avec Maureen - que Mickaël était facile à vivre.

"Vraiment rien à voir avec Brian", songea-t-elle. "Et je suis certaine que John sera d'accord avec moi ! Ils vont bien s'entendre tous les deux, c'est sûr !"

Une fois arrivés chez Mickaël, Maureen invita son amie à s'installer au salon, mais Lawra demanda la possibilité de donner une petite douche à Kevin, de le mettre en pyjama.

- Comme ça, je n'aurai qu'à le coucher en rentrant... Ce sera facile.

Pendant que Maureen aidait son amie, Mickaël prépara le repas. Il avait acheté de la viande, samedi.

- Je te préviens, Lawra ! cria-t-il pour se faire entendre jusqu'à la salle de bain. Tu vas manger français et pas écossais, au moins pour ce soir !

- Ca me va ! répondit-elle.

Une fois Kevin prêt, les deux jeunes femmes regagnèrent la cuisine. La table était mise et, dans chaque assiette, Mickaël avait disposé des tomates finement coupées avec une pâte blanche qui interpella Lawra.

- Qu'est-ce que c'est ? demanda-t-elle intriguée.

- Un fromage italien, de la mozzarella, répondit Mickaël. J'ai fait une erreur en te disant que tu mangerais français. En fait, ça va être un peu cosmopolite, ce soir... Entrée italienne, plat français et dessert... Bah, allez, on va dire, dessert normando-écossais.

Lawra sourit.

- Est-ce que Kevin va aimer ? s'inquiéta Maureen qui avait le souvenir du petit garçon mangeant uniquement des purées et des compotes.

- Je vais lui faire goûter. C'est quoi, le plat principal ?

- Des steaks avec une salade de haricots verts, froids. Mais je peux les passer rapidement à la poêle, si tu veux, fit Mickaël.

- Il les aime bien froids, ça ira. Par contre, l'entrée, je ne sais pas... On va essayer, fit Lawra.

- Tu veux une bière ? proposa Maureen.

- Volontiers !

Le repas se déroula dans une ambiance chaleureuse, Lawra posant beaucoup de questions sur Glasgow, ce qu'ils allaient pouvoir faire durant les prochains jours. Elle se dit que ces quatre journées allaient passer vite. Ils terminèrent le plat - Lawra s'était extasiée sur la cuisson de la viande -, quand le téléphone de Mickaël sonna. C'était Sam.

Il se leva et gagna le salon, pour laisser les filles discuter.

- Salut, Sam, fit-il. Ca va ?

- Ah, le fameux Sam, dit Lawra en se penchant au-dessus de la table, vers Maureen.

Son amie sourit en réponse.

- Oui, on est rentré, répondit Mickaël. Non, aucun souci. Lawra est impatiente de te connaître !

-...

- Mais bien sûr, elle va fondre...

Dans la cuisine, Lawra pouffa.

- Ok. Oui, mercredi, poursuivit Mickaël. On commence par quoi ? La machine ou le lit ? Chez toi ? Ok... Vers 10h, parfait. A mercredi, vieux. Bonne soirée !

Et il raccrocha.

- Bon, ça, c'est réglé, fit-il en reprenant place à table.

- Un déménagement ? demanda Lawra.

- Non, juste un changement de lit ici et de machine à laver chez Sam. Je dirais bien à Willy de rester manger mercredi soir, tu en dis quoi, ma douce ?

- Volontiers, répondit Maureen en souriant. Mais on pourrait aller au pub, aussi, non ? Un mercredi soir, il n'y a pas trop de monde, ça pourrait être sympa...

- Pourquoi pas..., fit-il.

Comme Kevin donnait des signes de fatigue et que Lawra préconisait de ne pas trop tarder, ils achevèrent rapidement leur repas avec une tarte fine aux pommes - et à la crème. Puis Maureen raccompagna son amie et Kevin pendant que Mickaël s'affairait au rangement.

**

- Alors ? demanda Maureen.

- Alors, quoi ? répondit Lawra, malicieuse.

- Tu en penses quoi, de Mickaël ?

- Si je te dis que je réserve mon jugement, tu ne vas pas me croire !

- Non ! rit la jeune femme.

Lawra soupira, mais eut un mince sourire :

- Le bon, Maureen. Lui, c'est le bon.

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