Chapitre 84 : dimanche 31 juillet 2005 (1ère partie)

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- Et bien, je ne dirai plus qu'une chose : bonnes vacances à tous !

Toute l'équipe était rassemblée autour d'Harris et de Lisbeth. Ils avaient assuré le dernier service la veille et, comme c'était d'usage avant de fermer pour une longue période, ils s'étaient retrouvés, à titre exceptionnel, ce dimanche après-midi. Tout était maintenant en ordre, rangé, nettoyé, que ce soit dans la salle ou en cuisine. Les placards étaient vides, les réfrigérateurs aussi, sauf la cave. Oh, chacun se doutait bien que le patron et sa femme feraient une dernière petite inspection avant de quitter Glasgow pour Arran où ils possédaient une maison de vacances.

Si, d'habitude, à cette même période de l'année, chacun était heureux de voir arriver les vacances, cette année, c'était en plus un vrai soulagement. La dernière semaine s'était bien passée, mais la fatigue s'était accumulée et ils n'étaient pas fâchés de lever le pied. Harris avait même hésité, un temps, à fermer quelques jours plus tôt, mais des réservations étaient tombées pour la fin de semaine et toute l'équipe l'avait encouragé à maintenir l'établissement ouvert jusqu'à la date prévue.

Ils avaient reçu des nouvelles de Dan. Il ne pourrait pas reprendre en septembre, mais espérait le faire dans le courant de l'automne. Harris l'avait assuré de son soutien et du plaisir qu'ils auraient tous à le revoir parmi eux. Mais que l'important était qu'il se soignât comme il convenait. Harris avait de toute façon une solution : la dernière semaine d'août, ils reprenaient avec un seul service, comme lors de la dernière semaine de juillet, histoire de se recaler et aussi de faire rentrer des approvisionnements. Ils ne retrouveraient le rythme habituel que début septembre. Il avait proposé à Jonathan de travailler avec eux jusqu'au retour de Dan, le jeune homme devant passer ses derniers examens début septembre. S'il les obtenait, il pourrait commencer à chercher du travail, alors, autant continuer avec eux...

- Merci à vous, patron, et bonnes vacances à vous aussi !

Et toute l'équipe applaudit aux mots de Vincent. Puis ils sortirent, comme d'habitude, dans la ruelle. Ann fut la première à s'éloigner, son petit ami était venu la chercher et après les avoir tous salués, ils partirent. Vincent les suivit de peu, puis Jonathan qui remercia encore tous les présents pour l'avoir si bien entouré durant ses mois de formation.

- Au plaisir de te retrouver en septembre, complètement opérationnel, dit Sam. Et puis, ramène-nous une dent de Nessie... et une écaille, aussi ! Comme preuves !

- Je n'y manquerai pas, Sam ! Promis ! dit le jeune homme en serrant la main du second avec chaleur.

Puis il se tourna vers Mickaël qui l'encouragea d'une tape sur l'épaule.

- Bonnes vacances, Jonathan, repose-toi bien, ça sert à ça, les vacances. Pas seulement à pêcher Nessie...

- Merci pour tout, chef. Et bonnes vacances à toi aussi !

- Ca, on va s'en donner, t'inquiète ! dit Sam.

Puis les deux amis saluèrent les patrons et s'éloignèrent dans la ruelle, Mickaël marchant en poussant son vélo, pour rester à la hauteur de Sam. Celui-ci demanda :

- Alors, on commence par quoi, vieux ? La machine ou le lit ? Quel est le plus urgent ?

- A ton avis ? dit Mickaël avec un sourire. Si ma grand-mère te voit arriver avec une valise de caleçons et de chaussettes sales, elle va t'envoyer direct à la décontamination...

- Ouais, mais si Maureen se fait un tour de reins à cause de ton sommier..., répliqua Sam avec un air malicieux.

- Bon, j'appelle Willy tout à l'heure et je te tiens au courant. On voit ça dans la semaine, ok ?

- Ok, répondit Sam. De toute façon, demain, je suis pris.

- Ah oui ? demanda Mickaël, un peu goguenard.

- Ouais, je dors.

- Nous, on descend à Liverpool pour chercher Lawra et Kevin. D'ailleurs, faut pas que je m'attarde : on doit passer récupérer la voiture de ma mère... Ce sera plus confortable.

- Vous partez demain ? demanda Sam.

- Non, tout à l'heure, répondit Mickaël. Ce sera moins fatiguant pour Maureen de faire l'aller-retour sur deux jours. Elle bosse encore cette semaine, je te le rappelle.

- Tu veux que je m'occupe d'appeler Willy ? proposa Sam. Ce dernier est déjà en vacances...

- Ca m'arrange. On dit mercredi ?

- Ok.

Ils étaient arrivés au bout du boulevard. Sam se dirigea vers le plus proche arrêt de bus, Mickaël remonta à vélo. Ils se saluèrent d'un dernier signe de la main, puis le jeune homme s'engagea en direction de la Clyde, franchit le pont. La ville s'assoupissait sous la douce chaleur de l'été écossais.

Maureen l'attendait chez elle. Elle avait passé son début d'après-midi, après le départ de Mickaël pour le restaurant, à ranger et à nettoyer. Ils avaient convenu d'héberger Lawra et Kevin chez elle, ainsi, si son amie avait besoin de quelque chose dans la journée, Maureen serait à côté pour la dépanner. Cela n'aurait pas dérangé Mickaël de laisser son appartement à la jeune femme, mais Maureen avait fait remarquer qu'avec le déménagement du lit, cela compliquerait un peu les choses pour le début de la semaine.

Elle avait aussi préparé son petit sac de voyage. Mickaël entra dans l'appartement, alors qu'elle achevait le ménage dans la salle de bain.

- Tu es prête ? demanda-t-il.

- Oui, presque, répondit Maureen. Je termine avec un coup de serpillière, là, et c'est bon. Ca finira de sécher tout seul... Mon sac est dans l'entrée, à côté du tien.

- Ok, je les descends. Tu me retrouves à la voiture ou tu as besoin de moi ?

- Tu peux descendre, j'en ai pour cinq minutes. J'arrive.

Elle le rejoignit peu après et ils se rendirent chez les parents de Mickaël. Ils ne s'attardèrent pas : quatre heures de route les attendaient. A cette heure, en plein dimanche estival, il était aisé de quitter Glasgow et ils se retrouvèrent rapidement sur l'autoroute qui descendait jusqu'au sud de l'Angleterre. Mickaël avait pris le volant pour le début du trajet, mais Maureen le relaya bien vite. Le jeune homme ressentait encore la fatigue du mois de juillet intense, sans compter qu'ils n'avaient pas chômé depuis le début d'après-midi pour tout mettre en ordre au restaurant. La veille, Maureen lui avait proposé de faire la route seule, mais il avait refusé. Il était impatient de faire la connaissance de Lawra.

En approchant de Manchester, il reprit le volant. La circulation s'intensifiait, surtout entre les deux grandes villes. Sur les conseils du jeune homme, Maureen avait réservé un B&B en-dehors de Liverpool, mais d'où il serait aisé de se rendre au terminal ferry. Lawra devait arriver le lendemain, en début d'après-midi.

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