Chapitre 24 : dimanche 17 avril 2005

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Mickaël ouvrit un œil, puis un autre. Il faisait clair dans sa chambre. "Beau temps", pensa-t-il. Il étendit le bras, cherchant Maureen, mais la place à côté de lui était vide. Il soupira. On était dimanche matin et elle travaillait. Il referma les yeux, se disant qu'il allait peut-être se rendormir, mais, au bout de quelques minutes, il les rouvrit. Il était 14h passées. Il s'étira, passa la main sur son visage. "J'ai besoin d'une bonne douche pour me réveiller. Et d'un bon petit déjeuner aussi."

Il se leva, pas un bruit dans l'appartement. Il gagna directement la salle de bain, sans remarquer que Maureen était dans le salon, assise sur le canapé, et qu'elle lisait tranquillement. Elle leva la tête en entendant le bruit provenir du couloir, puis l'eau couler dans la douche. Elle espéra ne pas avoir réveillé Mickaël en arrivant un peu auparavant. Elle avait veillé au mieux à ne pas faire de bruit pour le laisser dormir.

Elle se replongea dans sa lecture, mais abandonna bien vite. Elle n'avait plus envie de lire. Elle aurait aimé lui préparer le petit déjeuner, mais elle ne voulait pas ouvrir le placard des thés, pour que celui-ci puisse toujours cacher ses petits secrets, que Mickaël prenait plaisir à lui faire découvrir et qu'elle prenait plaisir à découvrir, en fonction du temps, de leur humeur, des circonstances. Elle avait ainsi goûté à Boisé, Chaleureux, Doux, Oriental, en plus de Marin, Subtil, Corsé et Lumineux. Et bien sûr, d'Envoûtant. Mais ce dernier garderait toujours pour elle un petit quelque chose de bien particulier, un petit plus qu'aucun autre ne pourrait posséder.

Elle quitta cependant le canapé, entendant toujours l'eau couler sous la douche. Il lui vint alors une idée. Elle rougit un peu, hésita. Elle n'avait encore jamais fait cela. Jamais osé faire une surprise de ce genre-là. Mais elle était tentée. Très tentée. Elle entra alors dans la chambre, fit glisser sa robe, ses bas, et, pieds nus, juste en dessous, elle poussa la porte de la salle de bain.

Debout, sous la douche, le visage couvert de mousse, Mickaël était en train de se laver. Le savon lui échappa des mains en la voyant, mais ses yeux passèrent rapidement de la surprise à la joie, puis au désir.

Elle s'avança, un peu intimidée, s'approcha de lui. Il avait coupé l'eau et de longues traînées de mousse descendaient sur son ventre, ses cuisses. Il ne bougeait plus et la regardait à travers la vitre embuée de la paroi de douche. Elle entrouvrit la porte, un nuage de vapeur et le parfum du savon l'accueillirent.

- Je peux t'aider ? demanda-t-elle d'un ton un peu mutin.

- Avec grand plaisir..., répondit-il en l'attirant vers lui, sans que l'un et l'autre se préoccupent qu'elle allait mouiller ses dessous.

Et il l'embrassa profondément. D'un baiser au goût de savon. Puis l'enlaça, l'attirant contre lui. Il s'attendait si peu à ce qu'elle soit là ! Mais il était heureux de sa présence, presque plus encore que de cette surprise. Quand il rompit leur baiser, il lui dit, un peu goguenard :

- Tu as quelque chose en trop, et il y a quelque chose que tu n'as pas.

Elle le regarda, interrogative :

- Et quoi donc ?

- Ceci, d'abord, dit-il en dégrafant son soutien-gorge, puis en faisant glisser son slip.

Les dessous tombèrent dans le bac de la douche, au milieu de la mousse.

- Ca, c'était pour le "en trop". Maintenant, le "ce que tu n'as pas".

Et il récupéra le savon qui lui avait échappé des mains quand elle était entrée. Il le frotta vigoureusement, pour bien le faire mousser, puis il commença par étaler la mousse sur son dos, ses fesses, avant de revenir vers son ventre, sa poitrine, puis ses jambes. Il prit bien le temps de la couvrir entièrement et soigneusement de savon, hormis son visage.

- Te voilà toute blanche, maintenant, sourit-il.

- Hum, mais toi... Tu n'en as pas partout, répondit-elle en lui prenant le savon des mains et en l'imitant.

Il se laissa faire avec plaisir, se disant qu'il aurait alors là peut-être droit à des caresses qu'il espérait et attendait secrètement. Une lueur amusée s'était allumée dans ses yeux et, encore une fois, Maureen se dit qu'elle n'avait jamais vu quelqu'un avec un regard comme celui de Mickaël. Certes, la couleur de ses yeux était particulière, mais en Irlande aussi, les yeux verts n'étaient pas rares. Mais les siens s'assombrissaient dans l'amour et il s'y allumait parfois une étrange lueur bleutée. Non, ce que Mickaël avait vraiment de différent, d'unique, c'était tout ce que son regard exprimait. Une profonde joie de vivre, une grande sensibilité et du goût, de la générosité, de la curiosité pour tout ce qui l'entourait.

Plus lentement, mais tout aussi délicatement que lui, Maureen se mit à étaler la mousse sur tout le corps de Mickaël, commençant par son torse, puis son dos, ses épaules. Elle s'agenouilla alors pour lui couvrir les jambes. Il ne lui resta bientôt plus que son bas-ventre et son sexe à recouvrir et elle sentit le sang cogner dans ses veines. Elle voulait le faire. Elle voulait pouvoir rendre à Mickaël des caresses aussi intimes que celles que le jeune homme lui prodiguait, sans aucune hésitation, sans aucun dégoût, avec même gourmandise et plaisir. Les mains de la jeune femme se posèrent alors sur le sexe de Mickaël, l'enduisant lentement de savon, mais elle ne put s'empêcher de rougir légèrement. Il le vit et ne voulut pas qu'elle en soit gênée, aussi la releva-t-il et l'attira-t-il contre lui, plongeant son regard dans le sien, comme s'il avait voulu l'y vriller.

- Tu me fais de l'effet, Mademoiselle Maureen..., dit-il d'un ton grave, mais le regard pétillant.

- Et toi, tu crois que tu ne m'en fais pas ? répondit-elle dans un souffle.

Puis elle noua les bras autour de son cou, se colla contre lui et l'embrassa. Les mains de Mickaël se refermèrent dans son dos, commençant à la caresser de façon de plus en plus suggestive. En s'appuyant contre le carrelage, il déclencha l'ouverture de la douche et l'eau jaillit sur eux, faisant déjà s'écouler le savon de leurs corps. Elle poussa un petit cri qui se transforma très vite en rire. Il se saisit de la pomme, se mit à la rincer, avant de la reprendre contre lui.

- Tu es en train de m'en remettre partout ! rit-elle.

- Mais non, tu vas voir... Viens plus près.

Elle se rapprocha de lui, mais il dit encore :

- Viens, te dis-je. Encore plus près.

Maureen se colla alors contre lui, il la fit tourner pour l'appuyer contre le mur. Et ce fut lui qui se colla à elle. Un peu surprise, Maureen le laissa faire, se demandant bien comment les choses allaient se passer désormais. Allait-il lui faire l'amour debout, sous la douche ? A cette idée, elle se sentit très tentée.

- Ce n'est pas trop froid ? lui demanda-t-il à l'oreille alors que sa bouche s'emparait de son lobe et le suçotait tendrement.

- Non...

- Appuie-toi contre moi... Relève ta jambe... Tiens-toi à mes épaules...

Elle fit comme il lui demandait, Mickaël saisit sa cuisse pour la faire remonter jusqu'à sa propre hanche. Il la pénétra alors avec douceur. Maureen laissa échapper un petit soupir de plaisir. Il continua pour être totalement en elle. Les gouttes d'eau ruisselaient sur leurs corps, emportant les dernières bulles de savon. Maureen rejeta la tête en arrière, laissant échapper une plainte plus marquée.

- Ca va ? s'inquiéta-t-il un instant. Tu es bien ?

- Oui... Oh ! Oui !

Alors, instinctivement, il accéléra la cadence. Il ne la quittait pas des yeux, fou de bonheur de la voir si belle, si abandonnée au plaisir qui montait en eux, jusqu'à l'explosion.

**

- Tu as faim ? demanda-t-il alors qu'ils reposaient dans le lit, elle à demi couchée sur lui.

- Oui…

- Moi aussi. Il faut que je prenne un sérieux petit déjeuner. Je ne vais pas tenir, sinon.

Maureen sourit, se laissa glisser sur le côté pour qu'il puisse se lever. Mais il se tourna vers elle, son regard dans le sien. Une nouvelle fois, ce qu'elle y lut la bouleversa. Elle hésita, les mots montaient de son cœur, mais elle se retint encore de les prononcer. Car elle l'avait déjà fait par le passé et elle s'était terriblement trompée. Alors, elle ne voulait plus les dire.

Mickaël ressentait une forte émotion. Il laissa glisser ses doigts sur sa tempe, puis sa joue, et dessina le contour de ses lèvres. Soyeuses. Il fallait qu'il trouve un mélange digne d'elles. Lui aussi lut dans les yeux de Maureen comme dans un livre ouvert, ce sentiment qui le touchait profondément et le ravissait, mais aussi l'hésitation, la crainte. Alors il se tut, une nouvelle fois, pour ne pas la bousculer. Mais la prit tendrement contre lui et lui murmura à l'oreille :

- Je te propose Joyeux, pour ce matin…

Elle rit légèrement et lui répondit :

- Plutôt pour ce début d'après-midi…

- Raison de plus pour ne pas traîner au lit !

- C'est de ta faute si nous y sommes retournés ! lança-t-elle.

- Hein ? Non, mais c'est incroyable, ça ! dit-il d'un air faussement offusqué. Dois-je te rappeler qui est venue me chercher sous la douche ?

- Parce que j'avais faim et que tu faisais ta grosse flemme !

- J'le crois pas !

Et il éclata de rire, elle aussi. Il la fit rouler sur le lit, s'appuya sur ses mains qu'il posa de chaque côté de son visage, la fixa mi-sérieux, mi-amusé. Puis l'embrassa avec fougue. Elle lui répondit tout aussi passionnément, tout en caressant son torse. Ses mains descendirent un peu, mais il l'arrêta, releva la tête.

- Manger, d'abord. Et puis ensuite, on sort. Aujourd'hui, je t'emmène à Edimbourg.

- J'y suis déjà allée, fit-elle remarquer.

- Oui, mais pas avec moi ! Alors, debout ! Le premier dans la cuisine a gagné !

- A gagné quoi ? demanda-t-elle alors qu'il se tenait devant ses étagères et qu'il s'était saisi rapidement d'un t-shirt.

- Le droit de revenir en deuxième semaine ! lui répondit-il en le passant, puis en enfilant tout aussi rapidement un caleçon.

Un instant surprise, Maureen mit une ou deux secondes à réagir, avant de se lever d'un bond, d'enfiler sa robe et de se précipiter dans la cuisine.

- J'ai gagné !

- Non, mais je rêve ! s'exclama-t-il à nouveau, en la suivant de peu et en trébuchant à moitié en tentant d'enfiler ses jeans. En plus, tu triches !

- Je n'ai pas triché. Je suis habillée, là, non ?

- Mouais… Juste une robe, c'est trop facile. Rien dessous… même pas des socquettes !

- Les dessous… Ils ont besoin d'être séchés. Je n'en ai pas d'autres ici, fit-elle remarquer.

- Ah, t'es bien embêtée maintenant ! Comment tu vas faire ?

Il avait terminé d'enfiler son pantalon et de le boutonner, et il l'enlaça. Elle ne répondit pas, réfléchit.

- Il y a bien une solution, lui murmura-t-il tendrement, mais d'un ton sérieux.

- Laquelle ? demanda-t-elle en levant les yeux vers lui.

- Que j'aille en chercher chez toi pendant que tu finiras de déjeuner. Et puis, tu pourrais laisser quelques affaires ici, même si tu n'habites pas loin, pour dépanner.

- D'accord, répondit-elle.

Il avait senti sa légère hésitation, mais se sentit soulagé : elle acceptait qu'il aille seul, chez elle, juste pour lui ramener quelques vêtements. Il était en train de vraiment gagner sa confiance. Et c'était plus important que le fait qu'elle veuille bien laisser quelques affaires chez lui.

**

Le reste de leur journée fut à l'image de ce réveil. Joyeux. Joyeux, le thé. Joyeux, le copieux petit déjeuner. Il lui fit goûter une marmelade de pommes dans laquelle il avait ajouté des zestes d'oranges et un peu de cannelle. Elle fut très fière car elle avait trouvé les trois ingrédients.

Alors qu'elle rangeait les affaires du petit déjeuner, il fit un saut chez elle. Elle lui avait confié la clé avec un rien de gravité. Il avait juste souri, pour ne pas s'appesantir sur la symbolique de l'instant. Mais ce fut un peu tendu qu'il ouvrit sa porte, puis entra dans la chambre de la jeune femme. Seul.

Mais puisque Mickaël avait proposé qu'elle laisse quelques affaires chez lui, ils firent une autre petite étape à son appartement avant de prendre la route d'Edimbourg. Maureen pensait qu'ils rentreraient le soir-même, mais Mickaël lui réservait encore bien des surprises pour cette escapade.

Joyeuse fut la route jusqu'à la capitale. Joyeuse, la promenade à travers le jardin botanique. Puis la visite du Scotch Whisky Heritage Center les occupa jusqu'au soir.

En sortant du bâtiment dont les différentes pièces avaient fortement impressionné Maureen, elle demanda :

- On mange ici avant de rentrer ?

- On mange ici, mais on rentre demain.

- Hein ? fit Maureen.

- Oui, répondit Mickaël. On a encore plein de choses à voir… Le château, les vues sur la ville depuis les collines… Rien ne presse ! Personne ne nous attend à Glasgow…

Il l'entraîna alors dans un petit restaurant qu'il connaissait, puis ils passèrent la nuit dans un B&B où il avait réservé une chambre.

**

En entrant dans la pièce, spacieuse et décorée avec goût, le regard de Maureen en fit le tour, puis elle se dirigea vers la fenêtre qui donnait sur une ruelle, calme, de la capitale écossaise. Cet après-midi de promenade avait été un vrai plaisir et elle avait beaucoup aimé la visite du Scotch Whisky Heritage Center. Parcourir cet endroit étonnant avec Mickaël, c'était tout sauf une visite classique de musée. Il connaissait nombre d'anecdotes originales sur les différents crus, certaines émouvantes, d'autres drôles. Il lui avait aussi raconté deux ou trois de ses frasques avec Sam et Willy.

Un bruit sourd dans son dos, c'était Mickaël qui ôtait ses chaussures. Puis il s'approcha d'elle, l'enlaça.

- C'est calme, ici, fit remarquer la jeune femme.

- C'est parfait pour bien dormir, répondit-il en souriant.

- Je ne m'attendais pas à dormir à Edimbourg ce soir, précisa-t-elle.

- C'est pour pouvoir en profiter demain. Il y a tant à visiter... Nous n'y parviendrons pas en deux jours. Mais tu verras, demain, je te réserve quelques beaux points de vue sur la ville. On va beaucoup marcher, par contre.

- Ca ne me fait pas peur.

Il appuya son menton sur son épaule, la regarda un peu de côté. Il repensa à la question qu'il lui avait posée. De quoi avait-elle peur ? Il ne le savait toujours pas. Il l'embrassa doucement près de l'oreille, souffla légèrement dans son cou. Il vit un frisson courir sur sa peau, de sa mâchoire à l'échancrure de son corsage. Le sang battait un peu plus vite dans ses veines. Il avait envie de lui offrir une belle nuit d'amour. Il ne rentrait pas entre minuit et deux heures, elle n'avait pas à se lever tôt, lui non plus. Ils pouvaient profiter l'un de l'autre. C'était la seule nuit de la semaine où c'était le cas.

Maureen leva les bras pour tirer l'épais rideau et refermer ainsi le cocon de leur nuit. Puis elle se tourna lentement vers Mickaël, l'embrassa, puis s'écarta en laissant glisser ses mains le long de ses bras, jusqu'à en effleurer les doigts du jeune homme. Puis elle commença à se déshabiller. Le cœur battant, le regard plus sombre, il la laissait faire. C'était la première fois qu'elle s'offrait ainsi et s'il vit un temps le combat qui se déroulait en elle se refléter dans ses yeux, il vit aussi s'y dessiner la victoire : elle osait. Le désir affluait dans ses reins et il ne put réprimer la vague d'amour qu'il sentit naître dans son cœur. Il l'aimait. Et même s'il ne le lui avait pas encore avoué, il voulait au moins le lui montrer.

Lentement, Maureen dégrafa chacun des boutons de son chemisier, lui dévoilant un soutien-gorge qu'il ne lui avait encore jamais vu : il était en dentelle - visiblement, c'était ce qu'elle préférait et cela tombait bien, lui aussi -, et dans une harmonie de tons allant du vert sombre pour les bretelles et l'armature de soutien, jusqu'au vert tendre sur les bords. Une petite fleur dorée décorait son centre. Même s'il était un peu plus cher que ce qu'elle pouvait se permettre pour un dessous, Maureen n'avait pas hésité en le voyant : il lui faisait bien trop penser à la couleur des yeux de Mickaël.

Elle n'ôta pas encore son chemisier, le laissa pendre sur son flanc. Mais elle fit glisser la fermeture éclair de sa jupe, dans son dos. De ce fait, elle se cambra très légèrement et Mickaël vit pointer ses seins vers l'avant, sous l'étoffe fleurie. Il soupira et lui sourit, ce qu'elle prit pour un encouragement à continuer. La jupe tomba au sol, frôlant ses jambes et révélant le slip de coupe italienne qui enserrait ses fesses dans la dentelle.

Il ne put s'empêcher de tomber à genoux devant elle, de l'enlacer en déposant un long baiser sur son ventre :

- Tu es ravissante, murmura-t-il. C'est si joli... Il te va à ravir, cet ensemble !

Et il laissa ses doigts effleurer les dentelles sur le haut de ses cuisses. "Tu es belle, mon amour. Tu es si belle... Ce que tu les cachais bien, tes trésors...", songea-t-il.

La main de Maureen vint se poser dans ses cheveux, il ferma les yeux pour apprécier au plus haut point cette caresse délicate. Il frémit quand elle effleura la base de son cou, mais elle ne s'y attarda pas. Pas encore. Ses doigts remontaient sur les joues, puis les tempes du jeune homme pour revenir vers ses propres épaules et faire tomber son chemisier. Elle plia une de ses jambes, appuya son genou sur l'épaule de Mickaël, pour ôter la boucle de sa chaussure. Elle fit de même avec l'autre jambe, ce qui amena le jeune homme à respirer l'effluve savoureux de son intimité. Il voulut faire glisser ses bas, mais elle s'éloigna avec un sourire, après une légère hésitation. Elle aimait beaucoup sentir les mains de Mickaël caresser ses jambes en lui enlevant ses bas, mais là, elle voulait le faire elle-même. Elle voulait aller jusqu'au bout de sa révélation.

Elle s'approcha du lit, il resta agenouillé, la suivant du regard. Elle posa sa jambe sur le bord, puis fit glisser son bas, sans le regarder. Pour le deuxième, elle tourna la tête vers lui. Le regard de Mickaël l'enveloppait, lui donnait chaud. Quand elle se redressa, elle se mordit légèrement la lèvre inférieure, puis déglutit. Elle se demandait si elle allait trouver assez de courage pour enlever maintenant ses dessous, et resta immobile un moment, debout près du lit. Instinctivement, Mickaël perçut son hésitation, il se releva alors sans hâte et vint s'asseoir près d'elle.

- Sais-tu que ta peau est plus douce que douce ? dit-il en l'entourant de ses bras.

L'étonnement se peignit sur le visage de Maureen.

- Elle est un velouté, dit-il avec un rien de gourmandise.

- Tu chipotes sur les mots, répondit-elle avec un petit rire.

- Non... Je suis précis, c'est tout.

Puis il reposa sa tête sur son ventre, comme l'instant d'avant, huma son parfum, les lèvres sur son nombril. Ses mains la parcoururent, s'arrêtant au creux de ses reins et elle se cambra aussitôt. Il poursuivit ses caresses, lentement, la faisant déjà gémir. Elle s'accrocha à ses épaules, ne parvint pas à s'écarter quand il commença à faire glisser son slip sur ses cuisses.

- Tu triches, gémit-elle.

- Non ? souffla-t-il. Pourquoi ?

- Je... Je voudrais le faire.

- Alors... Fais-le, sourit-il tendrement en arrêtant son geste et en écartant son visage de son ventre doux.

Elle respira assez rapidement, posa ses mains sur ses hanches et termina le mouvement qu'il avait entamé. La dentelle tomba à ses pieds, en une lente caresse tout le long de sa jambe. Puis, comme s'il lui fallait aller vite, soudain, elle porta ses mains dans son dos et dégrafa son soutien-gorge pour libérer ses deux seins ronds de leur carcan de dentelle. Mickaël se saisit aussitôt de l'un pour le sucer avec fougue, lui arrachant un premier cri. Sa main gauche poursuivait ses lentes rotations dans le creux des reins de Maureen, pendant que la droite s'aventurait entre ses cuisses. Maureen l'enlaça, se collant contre lui, appuyant maintenant d'elle-même la tête du jeune homme contre son ventre. Il sentit ses seins reposer sur son crâne et, par moments, leurs pointes caresser ses tempes, son front. Il aurait pu s'en saisir aisément, mais ses mains ne voulaient pas abandonner ce qu'elles avaient entrepris : l'exploration plus précise de son intimité. Sa main gauche s'était arrêtée sur sa dernière vertèbre, déclenchant de petits soubresauts dans son corps. La droite... s'aventurait un peu plus encore.

Mickaël leva les yeux vers le visage de Maureen. La sueur perlait à son front, la bouche ouverte sur des plaintes qu'elle ne retenait plus, les yeux fermés, elle s'abandonnait totalement aux sensations qu'il déclenchait en elle. Elle était si belle, qu'elle le rendait fou.

Fou amoureux.

- Oh.... Mickaël... Oui... !!!

Le plaisir l'inonda. Elle retomba, sans force, nue entre ses bras.

Mickaël la retint avec tendresse, l'embrassa dans le cou, sur les lèvres, sur ses yeux toujours fermés, ses tempes humides de la sueur qui avait perlé à la racine de ses cheveux. Puis lentement, il ouvrit le lit et l'aida à s'y étendre. Il la recouvrit du drap, pour qu'elle ne prenne pas froid, caressa son visage, repoussant ses cheveux sur l'oreiller. Il s'écarta pour la regarder. Il aimait tant la voir ainsi ! Etre spectateur du plaisir qu'il lui avait donné, qu'elle avait accepté.

Il se releva et se pencha d'abord pour ramasser les vêtements de Maureen, les reposa soigneusement sur le dossier d'un fauteuil. Il sourit en prenant les dessous et s'attarda un instant à en apprécier la texture de la dentelle. Ils étaient vraiment jolis, et la forme du slip lui allait à ravir, enveloppant et soulignant à la fois la rondeur de ses fesses. Ce n'étaient pas ceux qu'il lui avait ramenés de chez elle le matin-même et il se dit qu'elle avait dû se changer alors qu'il l'attendait dans la voiture, sans doute parce qu'elle voulait lui réserver pour cette soirée une petite surprise. Rien que cette intention l'émut et le rendit heureux. Puis il se déshabilla à son tour. Dans le lit, Maureen avait rouvert les yeux et le regardait faire. Ce geste rapide pour retirer son pull, puis son t-shirt, révéler ses épaules et son dos. Il passa une main dans ses cheveux, machinalement, pour les repousser un peu en arrière. Puis il fit glisser la boucle de sa ceinture, déboutonna ses jeans. Le pantalon tomba à ses pieds, laissant apparaître des jambes musclées. Le regard de Maureen descendit, se posa sur les chevilles de Mickaël dont le petit os rond se dessinait bien nettement. Elle n'aurait su dire pourquoi, mais la vision de ses jambes l'émouvait. Puis les chevilles furent recouvertes le temps d'un instant par le tissu du boxer. Il rejoignit les vêtements de Mickaël sur le fauteuil, et le jeune homme se retourna pour la rejoindre dans le lit. Elle s'emplit les yeux de la vision de son corps nu, juste avant qu'il ne s'allonge à ses côtés, face à elle.

- Ca va ? demanda-t-il avec un petit sourire.

- Oui..., soupira-t-elle. Viens contre moi...

Elle avait envie de le sentir tout contre elle, de refermer ses bras autour de son torse, de sentir ses jambes se mêler aux siennes. Il se rapprocha un peu, l'étreignit et caressa lentement son dos, allant et venant de ses épaules à ses fesses. Elle ferma les yeux, savoura ce prolongement de son premier orgasme. Elle appréciait vraiment ces moments avec lui, car si le désir les animait et qu'ils recherchaient leur plaisir, Mickaël savait aussi partager et créer des moments simplement tendres. Jamais Brian ne prenait le temps pour cela. La tendresse était toujours absente de leurs relations.

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— On me reproche toujours ma maladresse, au château, soupira Ceti après un instant. Même ici, ma gaucherie ne me lâche pas d'une semelle.
 Cole se souvint de la première fois qu'ils s'étaient rencontrés, du vase inestimable qu'elle avait brisé en le poussant du coude, et du geste de grande bonté de la jeune princesse Asena, évitant à Ceti une vie entière de servitude. La domestique était sans conteste l'une des personnes les plus malhabiles qu'il avait rencontré.
 Elle arrangea sa tenue et s'inclina devant Cole pour le remercier. Il était chevalier depuis plusieurs mois, mais il ne se faisait toujours pas aux courbettes de tous les serviteurs qu'il croisait. Il avait vécu jusque là dans la modestie et le don de soi, alors voir tous ces gens se pencher vers lui à chaque fois qu'ils le voyaient le dérangeait profondément.
— Redressez-vous enfin ! insista Cole. Nous ne sommes ici qu'entre nous, personne ne vous tiendra rigueur d'un manque au protocole.
— La loi est la même partout, monsieur, récita la jeune femme, une touche de sarcasme dans la voix.
 La plaisanterie tira un sourire au chevalier. Les deux amants poursuivirent leur route, côte à côte, en direction du sud, longeant lentement l'océan. Dans le ciel d'un bleu presque estival, le soleil donnait des reflets d'or aux vagues. Ils ne marchèrent que peu de temps avant que Ceti ne reprenne la parole.
— Vous venez souvent ici ? demanda Ceti après un instant.
— J'ai découvert cet endroit peu de temps après mon arrivée à Dhilia, il y a cinq ans.
— Il existe des jardins bien plus beaux près du château, fit remarquer Ceti avant de se rattraper. Non pas que je trouve le paysage désagréable !
 Le soldat laissa s'échapper un rire.
— Je ne suis pas vexé. Au contraire, je suis plutôt d'accord avec vous. Mais... (Cole désigna le décor d'un geste ample de la main) Il n'existe aucun autre endroit près de la capitale qui me rappelle autant ma ville natale.
— Et d'où venez-vous exactement ?
— De l'Oblihati.
 Ceti s'exclama d'apprendre les origines de Cole. Elle n'avait encore jamais rencontré personne venant du sommet du monde. Les seuls gens en provenance du Temple de l'Oracle étaient des marchands itinérants et des forains, que la jeune femme n'avait jamais eu l'occasion de voir. Sa tête se mit à bouilloner de questions.
— Est-ce vrai qu'il y neige la moitié de l'année ?
— Plus encore. Il n'y a qu'en été que la neige fond. La végétation est très absente en dehors de la ville. J'aimais beaucoup m'asseoir sur un rempart pour observer les plaines complètement blanches. J'essayais de repérer des traces avec des jumelles. Mon ami Oscar était bien meilleur que moi à ce petit jeu.
— J'aimerais beaucoup que vous me montriez à quoi ça ressemble, souhaita Ceti.
— Si l'occasion se présente, pourquoi pas.
 Ceti se retourna pour observer le paysage. Elle imagina à quoi pouvait ressembler les grandes plaines enneigées des montagnes, les hautes murailles de la ville et le Temple, célèbre lieu de pélerinnage. Dans sa vie, elle n'avait quitté Dhilia qu'à trois reprises, sans jamais voyager plus d'une demie journée. Elle n'arrivait tout simplement pas à concevoir le panorama de l'Oblihati. De ce fait, elle s'aidait des marguerites pour recouvrir son point de vue actuel d'un épais manteau blanc. Un léger sourire apparut sur son visage.
— Puis-je vous poser une question, Cole ? demanda la jeune femme après un bref silence. Elle pourrait vous sembler déplacée.
— Dîtes toujours, je jugerais moi-même.
— M'aimez-vous ?
 Le chevalier accusa la surprise. La servante de la princesse se retourna pour lui faire face et le regarder dans les yeux. Cole la considéra d'un regard interdit, bouchée bée. Les secondes s'écoulèrent lentement, et l'espace d'un instant, il pensa avoir compris de travers. Mais la jeune femme poursuivit.
— Les chevaliers qui jouent de leur position ne se cantonne rarement qu'à une seule servante. Et maintenant que nous sommes ici, ensemble... J'ai pensé que, peut-être, vous...
— Vous avez raison, coupa le soldat.
 Une main dans les cheveux, le chevalier se rendait compte des efforts qu'il avait produit pour cette journée, notamment le temps qu'il avait passé à se toiletter et à s'habiller. Il ne l'avait jamais fait auparavant, et il constata que cela lui était venu naturellement. Devant la stupeur que sa réponse avait provoqué, Cole enchaîna.
— Vous commencez à me connaître, Ceti. Maintenant que vous posez le doigt dessus, je vous considère bien plus que comme une simple domestique.
 La servante se remit à jouer avec ses doigts. Le chevalier la regarda faire un instant avant de lui tendre sa main. Ceti hésita puis y glissa la sienne. Ils se rapprochèrent l'un de l'autre lentement, jusqu'à ce que leurs lèvres se touchent. Pour la première fois, Cole n'avait envie de rien de plus que ce simple baiser.
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Défi
HemlocK
Tout le monde fait des cauchemars et notre héro sans emploi, Maxwell Green, ne fait pas exception à la règle: Voici donc un petit aperçu d'une de ses nuit quelque peu agitée.

Si les différents protagonistes de cette histoire ne vous sont pas encore familier, je vous suggère de consulter le premier chapitre de "The Green House" où tout vous sera révélé, cher lecteur !

N.B: j'espère avoir au mieux respecté les termes de ce défi et l'on me pardonnera, je l'espère, de tempérer quelque peu l'horreur par l'humour, et ce n'est certes pas Max Green qui s'en plaindra.
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