L'enseignement de la fugacité

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Attention : La scène suivante décrit un acte sexuel où la notion de consentement n’est pas toujours bien clair ainsi que plusieurs supplices corporels.

Cette petite louve lui avait volé son sire, elle ne le supportait pas. Elle était à ses côtés depuis plus de deux cents ans et n’avait jamais eu l’autorisation d’entrer dans ses quartiers. Cette petite garce a débarqué avec ses cheveux blancs et son air quelconque, elle lui a fait un regard de chienne battue et la voilà dans sa couche … Quelle pitié !

Elle éclata un verre entre ses doigts sous l’œil médusé des deux jumeaux qui lui servaient de goules. Ils lorgnaient sur la fine quantité de sang versée de sa main. Elle arracha un des bouts de verre planté dans sa paume avant de le jeter en pâture à ses goules qui se précipitèrent dessus. Elle lorgna avec dédain la face pathétique du vainqueur qui s’entaille la langue en léchant le bout de verre tranchant. Il fallait faire attention, la dernière fois il avait avalé le bout de verre et manqué de mourir, à moins que ce ne soit son imbécile de frère.

- Tu n’aurais jamais dû domestiquer ses deux idiots, fit une voix à demi enfantine dans son dos. Ils n’ont pas la moindre qualité hormis leur similitude.

Sigrid tressaillit, elle sentit la main de son sire caresser ses longs cheveux roux avant de se perdre contre sa colonne vertébrale.

- Je préfère que mes animaux de compagnie soient idiots … Au moins je suis sûre de leur idolâtrie, répondit-elle.

- Mais alors tu n’auras jamais le plaisir d’être admirée par un esprit complexe qui comprend mieux tes désirs.

- Avant que vous ne vous détourniez de moi, c’était vous l’esprit complexe qui me comprenait.

- Ma chère infante, j’ai passé plus d’un siècle dans tes bras alors que la plupart des gens me lassent dès la première nuit. Tu es belle, tu es même sublime mais au bout de tant de temps même narcisse aurait fini par se lasser de son propre reflet.

- Mon amour pour vous seigneur est éternel, moi jamais je ne me lasserai de vous …

- Petite idiote … Que sais-tu de l’éternité au juste.

Sigrid sentit ses pieds s’immobiliser, elle ne connaissait que trop bien cette sensation. Les tentacules d’ombre de son maître avaient déjà commencé à l’enserrer. Elle jeta un regard sur ses goules afin qu’ils sortent pour les laisser seul. Peut-être que la louve lui avait pris son cœur mais elle aurait son désir pour elle seule encore cette fois, car elle pouvait lui offrir des choses dont la chienne serait pour toujours incapable.

- Sigrid … Si ton amour est éternel, alors il n’a aucune valeur à mes yeux. Car on n’a pas besoin de se battre pour ce qui dure toujours. La beauté, le sublime et l’intensité se cachent dans les choses fugaces. Un diamant est d’une éternelle beauté mais il n’aura jamais le charme de la vie d’un éphémère. Voilà pourquoi je vais t’offrir un court moment, un battement de cil dans ta longue vie avant de me détourner de toi définitivement. Tu verras combien tu chériras ce moment tout en remémorant son caractère unique, cette sensation irremplaçable et inégalable.

- Je suis à vous mon maître, faites ce que vous voulez de moi …

Sigrid voulut pleurer de se savoir prochainement abandonnée mais elles savaient qu’il détestait les larmes. Elle ne voulait pas qu’il se détourne d’elle pour leur ultime ébat. Les tentacules de Loki se glissèrent dans ses vêtements. La plus fine d’entre elles s’enroula autour de sa jambe tandis que les autres se mirent à déchirer ses vêtements pour révéler la peau de porcelaine de la vampire à son maître. Pendant près de deux cents ans, Sigrid avait modifié son corps et son apparence afin de devenir un objet de désir parfait pour son maître. Un Tzimisce l’avait brisé avant de la reconstruire muscle par muscle et os par os pour en faire la beauté qu’elle était à présent. Elle avait étreint un tatoueur pour qu’il orne l’intégralité des parties cachées de son corps de runes et de dessin à la gloire de son maître. Elle s’était fait percer les deux extrémités de ses seins, la langue ainsi que le sexe parce qu’il aimait le contact du métal sur sa peau. Tout cela pour qu’il finisse par la délaisser au profit d’une louve-garou albinos.

Le fin tentacule finit par atteindre son but en se faufilant à l’intérieur du sexe humide de désir de la vampire rousse, les deux plus gros quant à eux s’enroulèrent autour de sa taille avant de commencer à tirer sur les extrémités en métal de sa poitrine. Elle tressailla mais son sire était loin d’en avoir fini avec elle. Loki plongea son regard jusqu’au plus profond de l’âme de sa captive.

- Active ton auspex maintenant, commanda-t-il !

L’auspex de Sigrid était connu de tous pour sa puissance, grâce à ses sens développés par sa discipline elle pouvait entendre un cœur battre à plusieurs kilomètres de distances. Elle aurait voulu résister mais nul ne pouvait échapper aux ordres du prince Lasombra. Elle libéra ses sens accrus et se concentra particulièrement sur son sens du toucher comme le voulait son maître. Elle pouvait suivre les ondulations de chaque bout de membre sur elle et en elle. Les sensations s’accentuèrent de plus en plus alors que d'autres tentacules émergèrent de son ombre pour l’immobiliser complètement, liant ses chevilles et ses poignets. Il y avait à présent plus d’une dizaine d’excroissances ténébreuses arpentant son corps nacré par sa propre cyprine et sa sueur d’excitation.

Après s’être correctement humidifié auprès de son entrejambe, le plus fin des tentacules céda la place à un appendice plus gros pour se diriger vers le derrière de Sigrid. Le fin bras de nuit s’immisça doucement en elle, la dilatant progressivement par un jeu de va-et-vient sous ses balbutiements de plaisir. Jamais elle n’avait ressenti autant de sensations en même temps alors que son maître refusait toujours de poser ses mains sur elle. Elle le regarda suppliant de la toucher, de la frapper, de lui faire quoi que ce soit pour établir un lien entre eux mais il s’y refusa. Elle devait comprendre que désormais le corps de son sire n’était plus pour elle, qu’elle n’aurait droit qu’au plaisir périssable de ses membres d’ombre pénétrant chacun de ses orifices.

Sa respiration s’accentua alors que les tentacules accélérèrent leur danse tout en s’épaississant progressivement. Les mélodieux gémissements de plaisir se transformèrent peu à peu en cris bestiaux qui indisposèrent le seigneur Lasombra. Il ne trouva d’autre solution pour s’épargner le supplice de ses beuglements que d’enfourner un ultime tentacule dans la bouche de son infante. La tige obscure s’engouffra dans sa gorge sans le moindre mal, ce n’était pas la première fois qu’il lui infligeait ce supplice-là.

La poitrine blanche de Sigrid avait petit à petit revêtu un manteau écarlate sous les torsions et les tensions sadiques de son maître. Le tentacule dans son fondement était à présent si gros qu’il semblait pareil à un long bras noir et musclé tandis que deux nouveaux tentacules avait pris d’assaut son sexe, l’un léchant son clitoris et l’autre rejoignant le premier dans une exploration approfondie de ses zones érogènes internes. Le sire Loki s’approcha plus prêt d’elle pour écouter le doux son de sa mâchoire se briser petit à petit alors que l’instrument de torture obscure s’aventurait de plus en plus profond dans sa gorge. Elle lui lança un ultime regard suppliant. Elle sentait l’orgasme teinté de douleur poindre en elle.

Le seigneur adolescent la regarda, il savait qu’il ne devrait pas mais c’était plus fort que lui. Elle était si parfaite à ses yeux à une époque, sculptée cela son désir. Il avait un peu pitié d’elle qui n’était plus que l’incarnation d’un fantasme aujourd’hui désuet. La culpabilité le rongeait de lui avoir imposé tant de souffrances pour ainsi la délaisser. Loki sortit ses crocs afin de les enfoncer la gorge de la vampire aux cheveux de feu au moment même où celle-ci s’apprêtait à jouir dans un long râle étouffé. Jamais elle n’avait ressenti un tel plaisir et jamais elle ne ressentirait quelque chose de comparable à cela.

Elle pleura de joie avant de s’évanouir sous la puissance des membres obscurs qui écrasaient à présent ses organes. Les ombres se dissipèrent en déposant Sigrid dans les bras de son sire qui l’allongea délicatement sur le lit de sa chambre. La vitae de Sigrid réparait déjà les importants dommages internes causés par les pratiques peu orthodoxes de son maître. Loki ne le savait pas encore mais ce mince filet de pitié qu’il avait accordé à son infante allait par la suite causer bien des soucis au nouvel objet de son désir. Sigrid n’oublierait jamais ce volatil moment de plaisir, mais surtout, elle n’oublierait jamais qu’il avait céder à ses suppliques.

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