Leonardo Giordano

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Long Beach Harbour, Californie

La Lamborghini Revuelto s’engagea sur Seaside Freeway dans le hurlement de ses douze cylindres. Le conducteur ralentit pour quitter l’autoroute et prendre Pier T Avenue afin de pénétrer dans l’enceinte portuaire. Se faufilant entre les semi-remorques en attente de contrôle, il franchit les portiques avec fracas. Le bolide jaune s’engagea entre les ilots de containers, évitant les chariots élévateurs et les camions chargés. L’homme au volant s’offrit un dernier drift avant de pénétrer dans un hangar et d’arrêter le véhicule au milieu des palettes. La portière en élytre s’ouvrit pour permettre à Leonardo Giordano de quitter la voiture, laissant le soin à l’un de ses employés d’aller la parquer.

Dans un vaste bureau, au sommet d’un escalier métallique, deux hommes attendaient depuis un moment. Ils posèrent leurs cafés quand le patron entra.

« Alors ? demanda le nouveau venu, comment ça s’est passé. Vous l’avez retrouvé ce type ?

— Oui patron, répondit Jack, le plus grand des deux. On a attendu la fermeture du club et on est allé lui parler.

— Enfin, on a transmis votre message, compléta Lino, le plus petit.

— Vous l’avez esquinté ?

— On a fait comme vous aviez demandé, on n’a pas touché ses mains, mais il ne doit pas être très présentable ce matin.

— C’est bien. Si on l’avait trop abîmé, il aurait disparu dans la nature et mon fric avec. Vous retournerez vous montrer au club ce soir, juste pour lui mettre la pression, mais vous ne faites rien. Je veux juste qu’il vous voie, et ensuite vous vous barrez.

— Vous croyez qu’il va rendre le pognon ? demanda Lino.

— On verra bien, c’est pas pour la somme, c’est pour le principe.

— Vous ne craignez pas qu’il aille parler aux flics ? s’inquiéta Jack.

— Ça m’étonnerait, les flics d’Hollywood ont autre chose à foutre que s’occuper d’une bagarre à la sortie d’un bar. Bon, assez parlé de ça, qu’est-ce qu’on a d’autre aujourd’hui ?

— Les containers en provenance de Shangaï ont été déchargés hier. Ils sont en cours de dédouanement. On devrait les recevoir dans l’après-midi.

— Voyez avec Franck, il faut livrer la marchandise au plus vite. Les clients attendent depuis une semaine.

— On n’y peut rien, c’est la pénurie pour les caisses, déclara Lino.

— Mon cul ! c’est encore une combine pour faire monter les tarifs, s’emporta Leonardo. Que Franck se démerde, il faut que tout soit parti demain.

— Sinon, vous êtes content de votre nouvelle voiture, se hasarda Jack ?

— Je ne suis pas sûr que ça justifie les six cents mille dollars qu’il m’a fallu débourser. Je crois que je préférais l’Aston Martin. La Lamborghini, c’est juste un moteur. L’Aston Martin, c’est la classe. »

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