Chapitre 22

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Non, ce n’est pas possible !

Ma tête tourne une nouvelle fois. Je repousse la douleur. Maman ne m’aurait pas donné une clé sans but précis.

Réfléchis Alice. Elle t’as protégé de Tony. La raison de ton enfermement n’est peut-être pas anodine.

Je m’assieds cinq minutes sur mon lit et prie. Je ne l’ai pas fait depuis si longtemps. Je lève mes mains au ciel et le supplie de me faire parvenir un signe. Bien sûr, nous sommes tous en droit d’y croire ou non.

Personnellement, ce petit geste m’a permis de me motiver. Les engrenages se sont graissés et le mécanisme a recommencé à fonctionner correctement. Les rouages de mon cerveau ont repris leur jeunesse d’antan.

J’éclaire mon bureau et fouille dans chacun de mes tiroirs sans faire le moindre bruit. La première fois, j’ai pu passer à côté de quelque chose.

Je fouille partout. J’examine l’album photo une seconde fois. Je revois l’image à moitié découpée et imagine maintenant l’autre partie manquante. Mes yeux ne sont plus capables de pleurer. Trop de larmes ont déjà coulé. Il est temps de se réveiller de ce foutu cauchemar.

Je passe au crible mon meuble de télévision. À part des câbles dans tous les sens, je ne trouve rien qui puisse être ouvert avec une clé. Quelle est la signification de tout ceci maman ?

Mon regard balaie la trilogie de Narnia ainsi que celle du Seigneur des anneaux. Mes films préférés. Des souvenirs de nostalgies s’évertuent à pousser la porte de mes pensées. Sauf que celle sur laquelle je dois me concentrer est à cinq mètres de moi et m’empêche de m’évader de cet enfer.

Je fais un tour dans le tiroir et la case de rangement de ma table de chevet. Des BD de Tintin sont entreposés en pile sur des romans d’auteur dont je ne me souviens pas de tous les noms. Il serait insensé de m’y intéresser pour le moment alors que je suis actuellement en danger de mort.

Mon tiroir ne renferme pas grand-chose de suspicieux. Quelques souvenirs çà et là. Rien de plus. Mes mains moites atterrissent sur mon visage, tandis que je m’allonge sur mon lit en éteignant ma lampe de poche.

Je n’y arriverai pas.

Mes tourments reprennent. La terreur que quelqu’un actionne la poignée de la porte est exécrable. Mes pas sont lourds. Je manque cruellement de sucre. J’ai l’impression que mes forces m’abandonnent. Sans compter mon mal de crâne infernal depuis quelque temps.

Je tourne ma tête, dos à mon bureau. Et là, je la vois. Ma commode. Je l’ai totalement oubliée !

Doucement, comme si elle mordait, j’ouvre le premier tiroir. Mes habits n’ont pas bougé de place. Je sors toutes mes affaires avec une discrétion sans précédent. Parfois, j’ai la sensation que je m’apprête à découvrir la raison de mon enfermement. La serrure qui peut être ouverte par la clé que je tiens. Généralement, ce n’est qu’une paire de chaussettes ou un t-shirt mal rangé.

Après l’avoir entièrement vidée, je constate que j’en suis toujours au même point. Mon cœur bondit à chaque retournement de situation. Il va finir par lâcher.

Je décide de reculer et de replier mes vêtements. En ramassant un pantalon que j’ai balancé au sol, je vois un objet briller sous mon lit, entre les nuages de poussière.

Je crois au mirage.

Mais, lorsque je le touche, le contact est froid. Une serrure se matérialise à la lueur de la nuit.

La sortie est peut-être enfin à portée de main.

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