Notre dernier espoir

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Les poignets pris en tenaille par des soldats masqués, tous drapé de noir, mes yeux s'écarquillèrent de terreur et ma bouche s'ouvrit en un cri muet quand j'aperçu enfin mon amie. La tête baissée et le regard résolument tourné vers le sol, elle se tenait debout sur ses jambes frémissantes au cœur d'un inexorablement vaste amphithéâtre. Nous étions à une centaine de kilomètres sous la surface mais le sombre empereur avait réussi à construire, à l'aide de son armée, l'un des plus imposants édifice que je n'avais jamais vu. L'étendue de sable noir recouvrait un terrain qui aurait pu contenir une vingtaine de manoirs comme celui de Thorn. L'obscur brouillard qui étreignait la place s'effaça progressivement et laissa place à des gradins aussi hauts qu'une montagne, entourant sans aucune issue l'arène. Mais ce n'était pas tout. Ils étaient remplis. Des milliers et des milliers de Scrires. Chacun installé dans le calme, leurs sinistres capuches relevée sur leurs visages. Cependant, le plus terrifiant n'était pas leur nombre mais leur silence. Je n'en avais jamais entendu de tel. On aurait pu croire à une armée d'ombres, silencieuses et dangereuses comme la mort. Un sanglot se perdit dans ma gorge lorsque je pris conscience de notre situation. A onze, nous étions tout juste sortis dans griffes d'un unique Scrire je me retrouvais maintenant prisonnier de milliers d'entre eux. Alors même que je me laissais aller au désespoir, un soupir se fit entendre. Dans le silence assourdissant, il résonna, passant entre les oreilles de chaque être. Non... je ne pouvais pas abandonner maintenant, il nous restait un espoir, elle était notre dernier espoir. A l'instant même où j'eu cette révélation, tous les Scrires de l'amphithéâtre se mirent à scander des paroles en langue ancienne interdite. Ils psalmodièrent si fort que les murs s'effritèrent avant de lâcher d'énormes gravats. Puis, tout aussi soudainement, ils cessèrent. Devant mon visage effaré, ils disparurent des gradins avant de réapparaitre tout autours de notre guerrière. Malgré le fait d'être encerclée par des centaines de milliers de Scrires, sa position n'avait nullement changée. Ce fut d'un même mouvement, presque ralenti, qu'ils dégainèrent tous leurs armes. Le combat était inévitable et sa fin surement insoutenable, pourtant, j'avais confiance en elle. Ses jambes ne tremblaient plus et sa sérénité l'enveloppait. Enfin, tout aussi calmement, elle frappa le sol de sa lance. Son regard déterminé s'était dressé et  ses iris bruns étaient maintenant pourfendus d'une pupille de serpent couleur or. A cet instant, une onde chatoyante se déversa de l'impact de sa lance et du sol et enveloppa, rang par rang, les Scrires. Le silence se fit plus profond encore et d'insolents gongs résonnèrent dans l'édifice. Des battements de cœur. Un...deux...trois... L'assemblée ne bougeait plus, hypnotisée et paralysée par ce pouvoir ancestral. Puis, à l'instant même où résonna le dernier battement, tous les Scrires s'écroulèrent.

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