Chapitre 6

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Les jours suivants se déroulent sans anicroche.

Un mercredi de début novembre, j’arrive devant le bahut et me dirige vers Ben qui est déjà là dans un coin. En m’approchant de lui, je remarque tout de suite qu’il a les yeux rouges et gonflés comme si il avait pleuré.

T: Qu’est ce qu’il y a mon cœur? Pourquoi tu pleures? Il y a un problème?

B: articulant difficilement Ma mère a perdu son travail et j’ai trouvé une lettre du propriétaire de l’appartement hier qui nous indique qu’il nous expulse dans quelques jours à cause de loyers impayés depuis quelques mois. Ma mère ne m’avait pas parlé de ces problèmes. Et il se mit à pleurer dans des sanglots qui n’en finissent pas.

Je ne sais pas quoi dire. J’essaye de le calmer comme je peux.

À la sonnerie, on va en cours en remettant à plus tard la discussion. Ben m’informe qu’il voulait rester l’après-midi avec sa mère, ce que je comprends tout à fait. Le soir après être rentré et avoir fais mes devoirs, j’ai essaye de l'appeler mais il ne répond pas et je commence vraiment à m’inquiéter.

Le jeudi et le vendredi, Ben n’est pas venu en cours et répond à peine à mes SMS. Je vais donc chez lui le vendredi après-midi après les cours. Je sonne à l’interphone de l’immeuble et c’est Ben qui m’ouvre. Arrivé devant sa porte, il m’attend, les yeux encore gonflés, il me fait entrer et on va dans sa chambre.

Alors que l’on était en train de s’embrasser, la porte de la chambre s’ouvre en grand sans que l’on ai pu se séparer de notre étreinte.

S: Ben, qui a sonné? Ça va mi....

Après quelques secondes qui paraissent interminables, la mère de Ben referme la porte de la chambre, et on entend par la suite la porte de l’entrée claquer.

Ben et moi restons assis sans réagir pendant de longues minutes, ne sachant quoi dire, quoi faire...

Au bout d’un quart d’heure dans un silence de plomb je me lève dans le but de partir, mais Ben me retient par le bras:

B: Ne me laisse pas stp, reste avec moi pour l’affronter...

T: Si tu veux....

B: Heuu..... je pense qu’il faut que tu saches quelque chose avant....

T: Quoi? Sur un ton inquiet.

B: L’année dernière j’ai été harcelé dans mon ancien lycée, un mec que je pensais être mon ami est venu bosser chez moi pour un devoir. Et en fouillant mon portable alors que je m’étais absenté au toilettes, il est tombé sur des site gay que j’avais consultés et donc en regardant dans l’historique du navigateur de mon téléphone il a compris mes préférences. Sur le moment il a rien dit et à fait comme si de rien était, on a fini notre devoir. Mais le lendemain il a dit à tout le monde au lycée que j’étais une tarlouze, une tapette, et autres insultes aussi poétique les une que les autres....

T: .....

B: Ça a duré plusieurs jours, et les insultes, menaces et moqueries ont continué, tout le monde m’a tourné le dos, je restais tout le temps seul..... En pleure

T: Tu n’as rien dis à ta mère?

B: Ça été très dur, ma mère l’a su mais j’ai nié tout et elle m’a plutôt cru.... je crois.... Je n’étais pas prêt à assumer ce que j’étais...

T: Là ça va être difficile de nier....

B: Oui!

On entendit à ce moment la porte de l’entrée claquer à nouveau, preuve que sa mère est rentrée. On sort donc de la chambre et on l’aperçoit de dos assise dans la cuisine.

B: Maman?

S: Oui, asseyez-vous! D’un ton plutôt ferme.

On s’assit donc en face d’elle, elle a les yeux rouges et gonflés.

B: Maman, je suis désolé.

Je reste à coté de Ben lui tenant la main sous la table mais ne dis rien.

S: Tu..... Donc c’était vrai?

B: Oui... Mais j’étais pas totalement sûr l’année dernière.

S: Et toi....Thomas? T’es sûr ou c’est juste une passade?

T: Heuu non non je suis sûre et j’aime Ben!!

S: Vous êtes heureux?

B et T: OUI!!!

S: Mais Ben... tu lui as dis pour ....

B: Non, on a pas eu le temps....en coupant la parole à sa mère.

T: Heuuu me dire quoi? Demandais-je inquiet

Après avoir prit son courage, il m’annonce que sa mère et lui vont déménager. Son oncle venant de racheter une entreprise d’enseigne, à proposé une place de secrétaire à sa mère. Et il leur met à disposition un appartement au-dessus de l’usine et son oncle ayant déjà une maison pour lui et sa famille. N’ayant pas d’autre solution, ils ont dû accepter.

T: Donc tu m’abandonnes?! Commençant à pleurer

B: On va continuer à se voir pendant les vacances et peut-être certains week-ends. C’est à 2h30 de route, près de Lyon. Avec les larmes aux yeux

T: J’ai de la famille là-bas. Je peux partir aussi!

B: Ne dis pas de bêtises, comment tu le justifierais à tes parents?

T: Je sais pas. Complètement en pleurs

Sophie nous laissa, ne sachant quoi dire et surtout ne pouvant rien faire.

On continue à discuter pendant 1h avant que je reparte.

Une fois rentré chez moi le soir, je me suis enfermé dans ma chambre, indiquant que je suis malade. Le départ de Ben est prévu pour les prochains jours.

On s’est donné rdv avec le groupe dans un parc le mercredi suivant la veille du départ de Ben pour qu’il puisse leur dire au revoir. C’est plus simple pour eux, étant moins attaché à Ben que moi. Ils ne le connaissent que depuis quelques semaines. On s’est mis dans un coin du parc pour parler pendant au moins 2/3h. Nos amis étant maintenant au courant de notre relation avec Ben, on ne se cache pas pour s’embrasser ou se donner la main devant nos amis et en pensant être suffisamment éloigné des passages du parc pour ne pas être vus par les promeneurs.

En fin d’après-midi, on se sépare afin que Ben puisse terminer ses valises et ses cartons.

Moi je rentre chez moi anéanti, je me dis que peut-être je ne le reverrais jamais, peut-être va-t’il me remplacer une fois dans son nouveau lycée, peut-être va-t’il tout simplement m’oublier....

Arrivé dans ma chambre je m’écroule sur le lit dans des sanglots interminables, heureusement que personne n’est à la maison, j’ai laissé un mot sur la table pour dire que j’étais malade et que je dormirais quand ils rentreront pour ne pas être dérangé.

Ben part donc avec sa mère le vendredi après-midi. Ils ont attendu que je finisse les cours pour pouvoir me dire au revoir donc je les ai rejoints à leur appartement. Quand j’arrive les derniers cartons sont entrain d’être chargés dans un camion. Après que j’ai pu faire un câlin dans les bras de Ben, on se dit au revoir et je regarde le camion partir. Je m’effondre dès que le camion à tourné au coin de la rue.

A suivre.....

Ce départ n'est pas le Grand Changement mais c'est un élément déclencheur.

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