25 mai - 11 heures

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Gabrielle du Plessis se languissait dans le salon du One-Two-Two. Ses jetons étaient une réussite. Elle soupçonnait M. Laroche d'être à la tête d'un véritable trafic.

L'homme possédait déjà toute la collection des jetons en argent. Il minaudait pour avoir la collection de ceux en or.

Mais la cocotte veillait jalousement sur ces derniers.

Elle les thésaurisait et en faisait des trophées difficiles à remporter.

Il allait falloir de la patience et beaucoup de gentillesse pour les posséder tous.

Quelque part, cette idée farfelue de Madame Germaine se révélait être une bonne idée.

Soudainement, Elvire vint s'asseoir sur le canapé, près de Gabrielle.

Elle arborait un sourire bienveillant qui mit aussitôt cette dernière sur ses gardes.

" Je crois que nous sommes parties du mauvais pied, toutes les deux. Cela me navre !, annonça Elvire.

- C'est dommage en effet, fit prudemment Gabrielle.

- Nous pourrions être des amies, qu'en dites-vous ?

- Pourquoi pas ? Je ne suis pas contre l'idée.

- Madame Germaine m'a beaucoup parlé de vous. Vous êtes le pilier de cet établissement. La plus ancienne pensionnaire.

- Avec Mathilde. En effet.

- Je manque terriblement d'expérience. Je l'avoue.

- Cela ne se voit pas. Rassurez-vous."

Elvire sourit plus largement. Gabrielle sentit la colère monter en elle.

" Vous êtes très gentille. Merci, Gabrielle. J'ai appris le métier auprès de Valtesse de la Bigne qui me trouvait fort agréable et très à-propos.

- C'est vrai. Vous êtes bien aimée de la plupart de nos clients.

- J'avoue avoir eu des ratés. Certains ne sont pas devenus mes favoris.

- Ce sont plus des amis que des clients. Voyez-vous, Elvire. Ils viennent voir une amie plutôt qu'une cocotte. Monsieur de Jussac adore Suzy.

- Oui. Allez savoir pourquoi ! Suzy est gentille, mais elle a la cervelle d'un moineau.

- Tant qu'elle est gentille, cela suffit à ces messieurs !"

Gabrielle en avait soupé de cette conversation qui la mettait mal à l'aise. Elvire posa sa main sur la sienne et la regarda dans les yeux.

" Soyons amies ! Vous verrez, Gabrielle ! Je n'oublie pas les bons gestes !

- Hé bien ! Soyons amies et voyons comment nous pouvons nous entraider dans ce cas !

- Parlez-moi de cet explorateur de vos amis ! Etienne de Vaudreix ! Il est célibataire, non ?

- Il l'est !, répondit Gabrielle sans sourciller.

- Un beau parti !

- Oui.

- Et riche avec ça !

- Oui. C'est un homme bien.

- Qu'aime-t-il ? Je voudrais bien faire sa connaissance."

La répartie de Gabrielle était ainsi conçue : "il m'aime moi !", mais elle rétorqua :

" La chasse. Vivre dans les bois comme un sauvage et manger des omelettes aux champignons au coin d'un feu."

Elvire respira profondément et sourit, toute à son idée.

" La chasse... Voyez-vous ça ?! Je chasse moi-même, savez-vous ?

- N'est-ce pas ?

- Je chasse l'homme.

- Ha ! Cela ne marchera pas. Etienne de Vaudreix chasse les fauves. Le ragondin jutlandais par exemple.

- J'apprendrais à chasser le ragondin, si cela m'apporte ma proie."

Elvire était jeune, elle était belle, elle se tenait assise, fine et magnifique dans son déshabillé de soie.

Elle fit très peur à Gabrielle du Plessis.

Etienne de Vaudreix pourrait-il flairer le danger ?

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