Chapitre 13

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Principauté de Mils, 30 Octobre 2000

Un petit groupe de résistants milsiens couraient dans les rues, poursuivi par un peloton de LorageBots. Le groupe venait d'asséner un violent coup à la milice et à l'envahisseur, en mettant le feu à un entrepôt de stockage de bots. Le tout sans avoir subi la moindre perte. Les rebelles pouvaient entendre les explosions en même temps qu'ils couraient. Chaque déflagration hurlait leur réussite. Mais pas le temps de fêtait ça. Il fallait d'abord échapper aux forces mécaniques qui les poursuivaient.

Holly Verner était l'une de ces résistantes. Une jeune femme de vingt-cinq ans qui, avant l'arrivée de Lorage, était vendeuse dans la boutique de son petit ami, Kalvin Konrad, qui menait aujourd'hui la la voix de l'Espoir.

Durant sa course, elle trébucha sur un pavé qui se détachait du reste du sol. Elle chuta juste devant une flaque d'eau dans laquelle elle put voir sa longue chevelure rousse et bouclée ainsi que son visage de jeune femme terrifiée par ce qui la poursuivait. Un autre résistant se retourna pour la couvrir.

— Plus vite Holly ! Ils nous rattrapent ! cria l'homme d'une quarantaine d'années avant d'effectuer des tirs de barrage, détruisant quatre bots. Dépèche toi !

— Je fais ce que je peux Enrik. Saloperie de pavés.

La jeune femme se releva et reprit la course de plus belle. Heureusement pour eux, les LB-01 n'étaient pas de très bons coureurs. Lorage le savait. Et il était fort probable que les prochaines générations de bots soient plus performant dans ce domaine.

Le petit groupe réussit à semer ses poursuivants et se rassembla dans l'un de leurs points de ralliement : la cave à vin d'un barman, sympathisant du mouvement, dans l'un des quartiers les plus populaires situé en périphérie de la principauté. Dans cette cache, il y avait des cartes de la ville et quelques fusils STAS-1 entreposés de ça et là, entre les tonneaux.

— Bon travail. On leur a mis la misère et on a porté un coup dur à Lorage, dit Kalvin, en posant son arme contre un tonneau.

— J'ai pas l'impression d'avoir avancé dans quoi que ce soit, répondit Enrik très pessimiste.

— Tu rigoles ?

— On lui a démolis combien de bots ? Quarante ? Cinquante peut-être ? Et alors ? S'il veut ils peut en renvoyer cinq-cent demain. On l'aura juste mis en rogne.

— Notre but c'est de montrer au reste de la population qu'on résiste. Qu'on peut battre Lorage. En gagnant leur soutien on sera de plus en plus forts.

— Mais on n'arrivera pas à dégager Lorage seuls, insista Enrik. Même avec le soutien de toute la population c'est perdu d'avance. Son armée est... bien plus puissante que nos moyens.

— Garde à l'esprit ce que les dalkiens ont fait il y a dix ans, lui répondit Holly. Garde toujours espoir.

— Les dalkiens, reprit Enrik, avaient de meilleurs armes et étaient plus nombreux. Et en plus, ils avaient le soutien du Véerème, de l'Empire, des Commandos MOCH et avaient Jack Lorage dans leur camp ! Nous, on a zero allié et Lorage contre nous.

Pas faux, pensa Holly. Toutes les étoiles étaient alignées lorsque Dalkia réussit à se dégager du joug du Efdéème dix ans auparavant. Seule, la voix de l'Espoir avait très peu de chance face à Lorage, pour ne pas dire aucune. Tout ce qu'elle réussirait à faire, serait d'empirer la situation de Mils. Holly réfléchit un court instant et estima que pour avoir une chance, la voix de l'Espoir devait à son tour trahir l'un des principes de la nation milsienne : sa neutralité.

— Alors il faut trouver un moyen d'attirer l'attention du Véerème, lança Holly. Eux ils pourront vaincre l'armée de Lorage et sauver Mils.

Toutes les têtes se tournèrent vers elle.

— Je sais qu'en temps normal on est neutres. Mais voyons les choses en face. Enrik a raison. On n'a aucune chance de battre Lorage si on n'a pas d'alliés. Lorage a un effectif qui surpasse très largement le notre. Je suis persuadée que seuls, on peut lui faire très mal. Mais de là à remporter la victoire... Je n'en suis pas certaine.

Les résistants pesèrent intérieurement le pour et le contre. L'idée était contraire au principe de neutralité de Mils. Principe assez récent, hérité du père de Cassius Narbor. Mais c'était sans conteste la solution la plus réaliste.

— Tu suggères donc de...

— Faire comme la Résistance dalkienne il y a dix ans, oui, répondit Holly coupant Kalvin.

— Mais... On n'a aucun moyen de les contacter. Narbor a coupé toutes les communications avec l'extérieur.

— Mais si on arrivait à faire sortir quelqu'un ? Si certains d'entre-nous arrivaient à quitter Mils pour aller porter l'information ? Ils n'auraient qu'à rejoindre les Royaumes-Unis et à solliciter leur aide et celle du Véerème.

— Ouais... ça peut marcher, dit le chef du mouvement. Mais c'est risqué. Il nous faut... un moyen de transport.

— Ouais. Sans monture, on n'ira pas loin, intervint Enrik. Il faudrait s'introduire dans les écuries pour voler des chevaux. C'est pas gagné. Mais on n'a rien à perdre. Il faut essayer.

— Il faudra aussi prendre le contrôle de l'une des grandes portes, ajouta Kalvin. Sans ça, même si on arrive à voler des chevaux, ils ne sortiront pas de la cité.

— Mais, si on décide de s'associer au Véerème, dit un résistant. Ils viendront ici et occuperont Mils. On aura juste troqué un envahisseur contre un autre vous ne pensez pas ?

Cette réflexion mit le doute au chef du mouvement qui voulait être certain de prendre la bonne décision.

— Oui, répondit Holly. C'est vrai. À ceci prêt que les véerèmois ne feront pas régner la peur dans nos rues. Et lorsque le conflit sera terminé, ils quitteront Mils. Comme ils l'ont fait avec Dalkia. Ils n'auront aucune raison de s'éterniser chez nous.

— Le Véerème et l'Empire son restés plusieurs années à Dalkia avant de partir, lança un autre résistant.

— Le temps de former la nouvelle armée dalkienne, précisa Enrik. Aujourd'hui, Dalkia dispose d'une armée de qualité. Et peut-être que ça ne nous ferait pas de mal d'être sous la tutelle militaire du Véerème.

Les autres résistants le regardaient, ne voyant pas où il voulait en venir.

— C'est vrai quoi. Il est temps qu'on sorte de nos principes. La tradition c'est bien, mais regardez l'équipement qu'ont les véerèmois et les efdéèmois. Des blindés beaucoup plus puissants que les nôtres, des avions de combats. Combien est-ce qu'on en a ? Aucun. Nous n'avons aucune force aérienne.

Les résistants se lancèrent des regards et approuvèrent l'idée de Enrik.

— Ok alors voilà ce qu'on va faire, dit Kalvin. On va former trois groupes. Le premier prendra d'assaut le palais princier afin de faire diversion et attirer le plus gros des bots et de la milice de Narbor. Le deuxième attaquera les écuries et tentera de prendre possession du plus grand nombre de chevaux possible. Enfin, le troisième prendra le contrôle de la grande porte ouest.

— La grande porte ouest ? s'étonna Holly. Mais... Les écuries sont à l'extrême opposé.

— Je sais. Mais la porte Est sera sûrement la mieux gardée, étant donné que l'on compte attaquer le palais et que les entrepôts de stockage des bots se trouvent pas très loin.

— Alors une fois les chevaux volés, on devra leur faire traverser toute la ville pour atteindre la porte ouest.

— Je sais. Mais c'est la solution la moins risquée, répondit Kalvin. Mais pour ça, il faudra mobiliser la quasi totalité de nos effectifs.

Les résistants se regardèrent. Tous pensaient à ce qui arriverait à Mils en cas d'échec.

— Mais... Si on échoue, dit l'un d'entre-eux. Qu'adviendra-t-il du mouvement ? Et de Mils ? Lorage aura gagné.

— Il a déjà gagné si on ne fait rien, répondit Kalvin. C'est notre seule chance de le battre et de regagner notre liberté. Enrik a raison. C'est pas en faisant des petits raids qu'on repoussera cette ordure.

— Et si le Véerème refuse de nous venir en aide ? demanda une résistante.

La question assombrit la lueur d'espoir qu'avaient les résistants. Qu'arriverait-il si le Véerème ne répondait pas favorablement à leur appel à l'aide ? Il en serait fini de la Résistance et de Mils qui sombrerait alors dans le chaos. Mais Kalvin savait que Jack Lorage avait orchestré des opérations contre le Véerème. Actes que les véerèmois ne comptaient sûrement pas laisser impunis.

— Ils accepteront, répondit-il. Lorage leur a causé beaucoup de tord. Ils sauteront sur n'importe quelle occasion qui leur permettront de lui porter un coup dur. J'en suis convaincu. Ils luttent à la fois contre le Efdéème et les armées robotiques de Lorage. Ils viendront.

— Ça marchera, tenta de convaincre Holly. On y arrivera.

— Il faut passer le message aux autres cellules afin de se coordonner le mieux possible. Toute la voix de l'Espoir doit se tenir prête. On doit passer à l'action le plus tôt possible.

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