Chapitre 10

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Le propriétaire de l'appartement était assis dans l'une des salles d'interrogatoire du commissariat. Un agent l'y avait installé, le forçant à s'asseoir avant de le menotter à la table. Il s'apprêtait à être interrogé, comme ses amis, installés dans d'autres salles.

Deux hommes entrèrent dans la pièce. L'un portait des vêtements de civils avec une plaque métallique à la ceinture, l'autre était en treillis militaire. Puisque les suspects détenaient des contrefaçons d'armures ennemies, Ewan Robb avait en effet tenu à participer à l'interrogatoire.

— Alors... commença le lieutenant de police en regardant les papiers d'identité retrouvés sur le suspect. Edward Swifthand, vingt-huit ans, né à... Tiens... Adrièmes... Un nord-véerèmois donc. Depuis quand es-tu en territoire Impérial ?

Edward resta muet.

— Tu sais... Si tu ne nous répond pas, reprit le lieutenant, ce n'est qu'une question de temps avant que l'on obtienne l'information par nous-même.

— Deux ans, répondit le jeune homme.

— Bien, répondit le policier en s'asseyant. Et pourquoi avoir quitté le Nord-Véerème ?

— Je suis marchand. Je vend des vêtements et composants d'armures civiles.

— Sans déconner, fit le policier d'un ton ironique.

— Tout est légal, ok ? s'énerva l'interrogé.

— Assembler des armures, même fausses, pour la Force Ecarlate en territoire Impérial, est loin d'être légal, intervint Ewan Robb, toujours debout, les bras croisés.

— Nan, vous n'y êtes pas... ajouta le suspect.

— Quel est le plan de l'empereur ? demanda Robb. Envahir un pays depuis l'intérieur ? Semer la terreur en refilant des armures de la Force Ecarlate à des gamins ? Je doute que tu ait les tripes pour être commando au sein de leur Force Ecarlate.

— Je ne bosse pas avec le Efdéème ! cria le jeune homme. Ils ont ravagé la maison de mes parents quand leur... "Front de Libération Pacifique" a attaqué Adrième !

— Alors pourquoi avoir stocké de quoi équiper soixante quatorze commandos ? Et pourquoi des fausses armures ? demanda le policier.

— Il fallait que ça ait l'air réel.

Ewan Robb et le policier s'échangèrent un regard.

— Expliquez nous, lança le lieutenant .

— Il est venu me voir...

— Qui ? le coupa Robb.

Edward était tiraillé entre l'envie de dévoiler le nom du commanditaire et le désir de se taire.

— Lorage, finit par répondre le suspect craignant avoir fait la pire erreur de sa vie en dévoilant ce nom. Il voulait faire croire à une attaque du Efdéème sur le sol Impérial. L'idée c'était de terroriser la région, oui. De faire croire que le Efdéème pouvait débarquer n'importe où sans que le territoire en question ne s'en rende compte.

— C'est absurde, répondit l'officier de Police. Le Efdéème aurait démenti.

— Mais qui les aurait cru ? ajouta Robb. Dans le pire des cas, le monde aurait pensé à une nouvelle organisation pantin. Comme le Front de Libération Pacifique. Quelle était votre cible ?

Le prisonnier jeta son regard dans un coin de la pièce, esquivant la question.

— Tu as plus peur de Jack Lorage que de nous. Et ça se comprend.

— Si je vous le dis, je suis un homme mort.

Robb s'assit à son tour avant de reprendre.

— Jack Lorage est rusé. Il apprendra tôt ou tard que tu t'es retrouvé face à nous. Et comment penses-tu qu'il réagira ? Tu viens de faire capoter son plan, non ?

Le jeune homme jeta un rapide regard dans les yeux de l'officier Impérial avant de le dévier vers celui du policier, se demandant à quoi ils étaient en train de jouer.

— En revanche, si tu acceptes de parler, je m'arrangerais pour que tu purges ta peine dans la prison la plus sécurisée de l'Empire.

Le suspect pesa le pour et le contre de la proposition du militaire. Il était vrai qu'il passerait les prochaines années de sa vie en prison. Mais il était d'autant plus vrai que Jack Lorage aurait très vite vent de son échec et se mettrait à le traquer lui et ses amis pour leur faire payer. La prison était sa seule porte de sortie. Coopérer avec les Impériaux était sa seule chance de survie tout compte fait.

— Ça vaut aussi pour les autres ? demanda-t-il, en référence à ses amis.

— Evidemment.

Edward secoua la tête, se demandant s'il faisait réellement le bon choix. Après quelques secondes d'hésitation, il finit par accepter l'offre.

— Ok... Lorage voulait qu'on se déguise en types de la Force Ecarlate dans le but d'attaquer le centre de réfugiés de la ville. On devait juste tirer deux, trois roquettes et mitrailler le bâtiment en s'arrangeant pour être vu par des passants qui diraient avoir vu des commandos efdéèmois. Après ça, on devait bruler les armures pour les faire disparaître. C'est pour ça qu'elles sont en plastique. Ensuite, on devait regagner la forêt neutre et passer en territoire elfe. Personne ne nous aurait retrouvé.

— Et pour les armes ? demanda le policier. Comment vous vous les êtes procurées.

— C'est Lorage qui nous les a fournies.

— Et le garçon ? demanda Robb en parlant du corps vu par Jo dans l'ascenseur de l'immeuble. Pourquoi avoir tué un enfant ?

— Il était au courant pour les armures... Lorage... Lorage a dit qu'il ne voulait aucun témoin !

— Jack Lorage est un monstre s'énerva le policier. Ils vous a manipulé !

— Il menaçait de nous tuer !

— Où est le corps ? demanda Robb.

— J'en sait rien. Le type qui l'a tué n'était pas l'un des notres.

Robb et le policier s'échangèrent un regard.

— Je ne sais pas comment il s'appelle. Il disait venir de la part de Lorage pour constater l'avancement du plan.

— Tu pourrais nous le décrire ? demanda le policier.

— Ouais... Pas de problème, un type comme ça, je ne suis pas prêt de l'oublier. Grand, à moitié couvert d'implants bioniques, les cheveux verts et... aussi fou que Lorage. Peut-être plus. Il disait qu'il aurait bien aimé attaquer lui-même le centre de réfugiés mais que Lorage le lui avait formellement interdit.

Pour le lieutenant de Police, cette histoire était totalement folle. Mais Robb voyait très bien de qui le jeune homme parlait. Et s'il voyait juste, alors il savait qu'il était probable qu'ils ne retrouveraient jamais le corps de l'enfant.

— Bon... Et où a-t-il mis le corps du petit ?

— Mais c'est ce que j'ai essayé de vous dire... J'en sais absolument rien. Il l'a mis dans l'ascenseur et nous a dis qu'il s'en occupait. On n'a pas cherché à comprendre.

Les deux interrogateurs sortirent de la salle.

— Vous croyez à ce qu'il raconte ? demanda le lieutenant.

— Oui, répondit Robb. Le type dont il parlait... Le gars aux implants bioniques. Il a été aperçu il y a quelques temps, lorsque le Efdéème a attaqué Katalonia. Il s'agirait d'un chasseur de prime à la solde du Efdéème.

— Alors il nous a menti... Il est bien de mèche avec le Efdéème.

— C'est justement ça qui cloche. Le chasseur de prime bossait pour le Efdéème. Mais Lorage ne ferait jamais une chose pareil. Il déteste le Efdéème.

— Alors Lorage a doublé la mise du Efdéème pour s'assurer la présence du mercenaire dans ses rangs.

***

Douze heures plus tard

Comme convenu, Edward et sa bande embarquèrent à bord d'un transport de prisonniers à destination du Prisme, la prison la plus sécurisée de l'Empire. Cependant, ils n'arrivèrent jamais à destination. À peine trente minutes après leur départ, le bus fut happé par un puissant éclair qui le fit s'écraser dans un ravin. Aucun occupant ne survécut.

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