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Je l’ai traîné sur le parking des employés de l’hôpital. Cela n’a pas été simple, car il pesait son poids le saligaud.

Heureusement que c’est une petite ville et que la sécurité n’est pas leur fort, aucun gardien ne le surveille, pas une seule caméra de surveillance, — nous n’avons pas les moyens, nous devons les concentrer sur l’essentiel —, dixit le directeur de l’établissement et une barrière qui fonctionne lorsqu’elle en a envie. Bref, cette partie n’a pas été la plus difficile à exécuter.

Désormais, je vais pouvoir m’amuser avec lui. Dans un sens, il est chanceux, car, lui, ne ressentira pas les douleurs que je souhaite transmettre aux autres.

Calmement, je tourne la tête de gauche à droite. Personne, évidemment, qui serait assez fou pour se promener à deux heures du mat sur un parking privé ? Le personnel hospitalier termine leur garde dans quelques heures. Je peux prendre tout mon temps !

Un coup de rouge sur ses lèvres pour les rendre pulpeuses. Du mascara sur ses cils, du fard sur ses joues.

Je m’éloigne de quelques pas pour admirer : j’ai un peu trop forcé sur le maquillage, il ressemble à une pin-up désormais !

Tant pis, c’est mon premier essai. Je ferais mieux la prochaine fois.

Je me rapproche de lui et m’avance vers ses doigts, raides, et lui retire son alliance. Heureusement, il en a pris une bien trop large pour lui ; ainsi même avec la rigidité cadavérique, il m’est facile de lui ôter.

Je la tourne et l’admire. Il avait du goût. Un petit rubis au centre pour preuve d’amour éternel. J’aime bien cette petite attention. Malheureusement pour lui, il n’aura guère eu le temps de montrer sa dévotion.

Je prends, le long couteau, que j’ai placé sur le trottoir avant de l’apprêter, et commence mon œuvre. Artiste je suis et resterais.

Je trace des sillons sur ses joues, de ses tempes à son menton, cela lui donne un côté écorché vif. Ensuite, j’enfonce la lame sur ses lèvres, une dizaine de petits coups, de plus en plus profonds. C’est marrant, mais c’est épuisant ; à ce rythme, je ne tiendrais pas longtemps.

Je marque une pause et admire mon travail.

Pour une première, ce n’est pas si mal.

Je décide de ne pas m’attaquer au reste de son corps, je vais y aller en douceur, en souvenir de…

Non, mais tu croyais réellement que j’allais te donner un indice si gros ?

Je sais que tu vas me lire, sale fouineur, je le sens, mais jamais tu ne t’approcheras de moi. Tu m’entends ? Jamais tu ne penseras à moi et si par miracle tu y arrives, je serais déjà loin. Si loin.

Je ne sais pas si quelqu’un lira ces lignes si je les laisse dans mon carnet, du coup, je vais détacher cette feuille pour la placer près de ma victime.

Ainsi, une policière le trouvera et le jeu commencera.

A bientôt ma justicière.

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