Oh dear..

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J'allumais ma cigarette, regardant brièvement le corps à mes pieds, d'où le sang de cette victime s'écoulait de son torse. J'ai tiré un coup sur cette drogue avant d'expirer la fumée, regardant dans la direction que lui dictait le vent.

Tout en fumant, je posais mon regard dans les yeux vides de la femme que je venais de tuer, un léger sourire se formant sur mes lèvres. Je savais que tôt ou tard, je devrais m'en aller au plus vite, mais pour le moment, je n'avais rien à craindre. Après tout, elle n'avait pas eu le temps d'hurler. Un coup de poignard dans le coeur et un autre dans la nuque pour être sûre qu'elle soit morte, et le tour est joué. Aucun témoin, je m'en étais assuré.

J'ai examiné longuement le ciel, mon regard se perdant dans la voûte céleste. Que le ciel est beau la nuit.

Je suis sorti de cette arrière-ruelle, déboulant dans une autre ruelle avant d'atterir enfin dans la rue. Je me mêlais assez bien dans la foule même si mes cheveux teints ne passait pas inaperçu. Après tout, des cheveux blancs retombant jusqu'au milieu du dos, sur le corps légèrement tané d'un homme aux yeux verts, ça attirait vite l'oeil. J'ai jeté un regard furtif autour de moi avant de tomber enfin sur une vitrine, m'en approchant pour m'observer un peu.

En rencontrant les yeux brillants et emplient d'émotions de mon reflet, je me rendis compte que j'avais bien changé après que tu sois mort. Car oui, le jour où j'ai appris à vivre est le jour où je t'ai tué.

C'était un soir comme celui-ci. Je t'attendais au restaurant, je t'y avais invité pour t'annoncer enfin que je souhaitais adopter un enfant malgré les infamies que tu me faisais vivre. Mais tu n'ai jamais venu. Je t'attendais désespérément. J'avais finis par errer dans les rues, rentrant à notre appartement. J'étais triste, je pensais que tu avais simplement oublié alors je voulais te pardonner. Mais non. Tu n'avais pas oublié. Tu avais juste d'autres projets pour cette soirée. Quand je suis arrivé chez nous, j'entendais un bruit que seul moi avait entendu. Et il provenait de notre chambre. Je suis arrivé là-dedans, et le coeur qui était déjà incapable de ressentir un seul sentiment connu enfin des émotions.

Tout d'abord, la trahison. J'avais mal de voir que tu donnais du plaisir à une femme que je ne connaissais pas et dont tu prenais plaisir à lui enfoncer ton sexe gorgé de plaisir au fond d'elle. Ensuite, j'ai goûté à la déception, à la honte. Je venais de me rendre compte que je n'avais jamais remarqué à quel point tu ne faisais que jouer avec moi, que tu ne lui faisais pas du mal à elle. Apparement, j'étais le seul que tu aimais frapper, me laisser des cicatrices faites avec ton couteau-suisse. Que j'étais le seul à avoir des bleus sur mes bras et mes cuisses.

Et un dont je me souviendrais toute ma vie. La colère. Vous ne m'aviez pas remarqué. Moi et mon regard vide. Mon regard vide qui s'était embrasé par la haine. J'étais reparti aussi discrètement que j'étais arrivé, partant me saisir du poignard que tu cachais sous le canapé, sous les coussins noirs. Je m'en étais muni et je suis revenu dans la chambre, mes mains tremblantes. Une seule chose me venait à l'esprit. Vous tuez. Vous tuez toi et ta compagne de nuit pour l'humiliation que vous me faisiez.

J'avais vu son regard à cette belle blonde. Il était remplit de terreur et avant que tu ne comprenne quoi que ce soit, je plantais en toi le poignard que tu chérissais tant. En plein dans ton coeur. Je l'enfonçais dans ton coeur de pierre. Je n'ai pas perdu de temps, mes cheveux bruns me tombaient devant mes yeux mais j'ai tout de même réussi à tuer celle qui était dans notre lit.

En voyant vos corps sans vie, j'ai éclaté de rire avant de mutiler tout votre corps, déchirant votre chair, créant une magnifique flaque de sang et un sublime tableau. J'avais fait une oeuvre d'art.

Mais si j'avais su avant que te tuer me ferais commencer ma vie, je l'aurais fait bien avant. En voyant ton corps baigné dans le sang qui se répandait sur le lit, j'ai souri pour la première fois de ma vie. Je suis parti prendre ma douche, prit le peu d'affaires personelles que j'avais et je suis parti d'ici.

J'avais finit par me teindre les cheveux, hésitant à cacher le grain de beauté que j'avais sous l'oeil, celui que tu répétais sans cesse qu'il faisait tout mon charme. Alors j'ai compris que je ferais de lui mon appât pour tout les gens de ton espèce. Pour tout ces trompeurs, tout ces briseurs de coeurs. Tout ces coeurs de pierre comme le tien.

Je m'étais laissé poussé mes cheveux, attirant n'importe qui. Quand la personne était célibataire, je la laissais en vie. Mais quand c'était un fils de pute ou une fille de pute comme toi, je n'avais aucune pitié. Je l'emmenais loin de la foule et faisais mon affaire. Toujours dans la discrétion. Les poignardant toujours dans le dos, visant le coeur puis après la nuque. Et parfois, quand je jugeais cela nécessaire, je brûlais leur corps.

Je sortais toujours avec des vêtements à la mode, qui sentait le fric. Car oui, j'avais finit par me remarier enfoiré. Mon nouveau mari, le nouvel homme de ma vie, n'était pas au courant de mes vulgaires occupations. Occupation qui m'avait enfin fait vivre. On avait adopté et heureusement pour moi, notre fille était heureuse et magnifique. Je savais exactement où mon époux était, ce qu'il faisait et qui il fréquentait.

Je m'étais marié à un riche, mais je l'aimais vraiment et lui aussi. Mais comme je te l'ai dit, malgré le fait que je savais son amour pour moi, j'avais peur qu'il ne refasse comme toi. Du coup, j'étais informé de ces moindres faits et gestes, des personnes qu'il fréquentait. Je le suivais partout quand il sortait, discrètement quand la petite était à l'école. Et quand elle était à la maison, on était ensemble alors pas besoin.

Que veux-tu ? Tu as engendré un psychopathe, mon cher. Un psychopathe et un stalker.

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