Chapitre VII.2

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Imalbo et lui avaient escompté que la sécurité interne de l’immeuble serait assez relâchée, à la fois pour faciliter le travail d’éventuels chercheurs et parce qu’ils devaient surtout compter sur le secret total du projet comme plus grande sécurité. Le plus grand secret et des portes solides à l’entrée, pourquoi faire plus ?

Bonne question, se dit Io. D’autant que les gardes du hall étaient mieux entraînés que ceux de l’extérieur : il n’eut que le temps de stopper sa moto et de se jeter à terre pour éviter trois tirs de laser qui se croisèrent au-dessus de sa tête. Il plongea derrière le bureau du réceptionniste tandis qu’un feu nourri se concentrait sur lui. Le bureau ne tiendrait pas longtemps. Io compta jusqu’à trois… puis il se jeta à plat ventre vers le centre de la pièce, et tout en glissant il visa calmement les trois gardes, un devant lui, les deux autres sur la droite… Il fut juste touché à la jambe par un laser perdu, mais sa combinaison absorba presque toute la chaleur du rayon, et c’est à peine s’il s’y fit un petit trou.

Les trois gardes neutralisés, il ne restait dans la salle que le pauvre réceptionniste qui se terrait derrière son bureau, tremblant comme une feuille. Ses genoux produisaient un clic-clac métallique… « Un robot sans doute, pensa Io. Peu importe, lui n’est pas dangereux. Il faut maintenant que je découvre où est localisée la salle des ordinateurs, du moins celle où ils stockent leurs données. Ah ! Une dernière chose… »

Il tourna son regard vers sa moto, et toucha son casque. Contrôlant les menus affichés sur la visière de ce dernier, il activa le verrouillage du véhicule, et celui-ci s’ancra au sol tandis que l’arrière s’ouvrait pour libérer des panneaux métalliques argentés qui formèrent un cube parfait autour de l’engin. La moto était tout bonnement imprenable.

« Comme ça, je pourrai m’en servir pour repartir. Bon… Autant commencer par aller voir en haut si je trouve un Ordinateur Central qui puisse m’être utile. »

Io se précipita donc vers les escaliers qu’il commença à gravir. La visière de son casque lui indiquait que des robots montaient derrière lui, mais il n’en avait cure. Il regardait devant lui.

Au cinquième étage, les escaliers s’arrêtèrent. Il y avait une sorte de grand hall, et les escaliers montant se trouvaient de l’autre côté. Io s’élança…

Au moment même où il atteignit l’exact centre du hall, toutes les portes s’ouvrirent, d’un coup. Quantité de robots. Pris au piège. Io voulut faire demi-tour, quand ses poursuivants débouchèrent à leur tour des escaliers : il n’y avait plus d’issue.

« Ç’aurait été trop simple, autrement. N’ai-je pas déjà dit apprécier le danger ? » se dit Io sans trop y croire. Il n’osait plus bouger, le moindre geste pouvant mener à sa désintégration totale si les robots possédaient l’arme appropriée ; et ils étaient si nombreux que la sienne en était inutile.

Les robots commencèrent à se rapprocher, des pistolets dans leurs poings de métal ; il fallait faire quelque chose, et tout de suite.

L’ascenseur… Il était à droite des escaliers montants, soit juste en face de lui. Les robots étaient sortis des pièces et des escaliers, mais pas de la cage d’ascenseur, si bien qu’il n’y en avait aucun devant, pour le moment.

Dans la main droite levée bien haut de Io, l’arme bougea lentement, un bouton fut discrètement pressé, et les portes de l’ascenseur explosèrent. Io se retourna immédiatement et tandis que les robots le visaient soigneusement pour procéder à une exécution en règle, il fit feu à pleine puissance sur ceux qui étaient montés à sa suite par les escaliers. Le coup fut tel que le recul le projeta en arrière, en plein à l’intérieur de l’ascenseur tandis que les robots faisaient feu dans les airs, se tirant les uns sur les autres dans un énorme fracas métallique.

Io passa donc à travers les portes de la cage de l’ascenseur… mais sans avoir vérifié si ce dernier était bien à l’étage. Manque de chance, il était juste au-dessus. Io tombait.

Réagissant promptement, il appuya sur un bouton de son arme et tira vers l’ascenseur. En tournoyant dans les airs, ce n’était certes pas facile, mais il réussit à accrocher un fil, mince mais à toute épreuve, au plancher de la machine. Il ne tombait plus.

Quand soudain l’ascenseur commença à bouger… Il montait. Io ne voulait pas prendre le risque de passer devant l’ouverture qu’il avait faite en explosant les portes, les robots toujours intacts pouvant très bien attendre là-haut qu’il repasse et le réduire en pièce quand il se trouverait en face d’eux. Io lâcha donc plus de fil, et descendit, descendit… Il descendit beaucoup d’étages même, jusqu’à ce que l’ascenseur ait accéléré au point d’aller aussi vite que le fil de Io pouvait se dérouler. L’humain resta donc suspendu dans le vide, immobile.

« Le fil ne va pas se dérouler indéfiniment » pensa-t-il alors qu’il était quelque peu surpris par son immobilité, « il faut vite que je sorte de là. »

Maintenant, il avait compris la méthode pour se tirer des situations délicates : il était juste au-dessus d’un étage, alors tandis que le fil continuait inexorablement de sortir de son pistolet, il modifia l’orientation de ce dernier et fit sauter la porte donnant normalement sur l’ascenseur. Puis il se balança quelque peu et lâcha le fil… Il atterrit sur le pas de la porte, ou du moins sur ce qu’il en restait.

Il se trouvait dans un couloir, quelque part dans les sous-sols. « Je voulais aller tout en haut, maintenant je suis en bas, alors autant continuer à descendre. C'est logique. »

Il prit donc l’escalier et descendit au sous-sol suivant. Là, il risqua un œil dans le couloir, à la recherche de patrouilles ou de robots de surveillance : deux hommes, en blouse blanche, étaient dans le couloir et entraient dans une pièce par une large porte métallique à deux battants. Ils ne l’avaient pas vu, et Io s’apprêtait à continuer à descendre quand la porte s’ouvrit à nouveau, cette fois pour laisser le passage à un homme et une femme en costume ; il vit qu’au-dessus de la porte trônait une petite plaque métallique portant un numéro : 227. « Cette pièce doit être importante, se dit Io : ce sont les quatre premiers travailleurs que j’aperçois, et ils passent tous par la même salle. Avec un peu de chance, j’y trouverai des plans, ou n’importe quoi qui pourrait me permettre de localiser la salle des ordinateurs. »

Io attendit attentivement, pour voir si quelqu’un n’allait pas encore sortir de la salle. Il fit bien : deux femmes, l’une en blouse bleue et l’autre en costume de ville, traversèrent à nouveau la porte. Il attendit qu’elles soient hors de vue, au détour du couloir, puis il se précipita vers la porte. « Il y a sans doute des gardes à l’intérieur : soyons prudent, et efficace. » Il préférait ne pas déclencher de nouvelle explosion, aussi utilisa-t-il certaines fonctionnalités de son arme pour ouvrir le boîtier de commande de la porte (il le fit fondre) et arranger les connexions à sa guise.

« Ça marche pas ! Tant pis pour le bruit… » Un gros trou apparut entre les deux battants de la porte qui s’écartèrent violemment dans un énorme craquement. Io sauta à l’intérieur de la salle 227, tenant son arme maintenant énorme et destructrice fermement de ses deux mains, prêt à faire feu... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ...

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