Chapitre 7 : La "pièce secrète"

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Pour ce chapitre on vous propose un solo ; où guitare et batterie sont mit à l'oeuvre :

Layla d'Eric Clapton/ Derek and the Dominos

Je trempe les lèvres dans le breuvage qu’Alan semble avoir confectionné avec soin, il arrive alors dans mon esprit une multitude de sensations et de saveurs qui explosent comme un feu d’artifice de bonheur. Je commence alors à imaginer le pire, aurait-il mis quelque chose de plus que simplement de la menthe et du rhum ? Non, ça doit être encore mon esprit tordu qui me joue des tours, il faut que j’arrête, il n’a pas l’air si terrible que ça… il est simplement un peu étrange. Après qu’on ait un chacun profiter de notre boisson, il m’invite à rejoindre sa « pièce secrète » comme il se plaît à l’appeler, ce qui ne fait que renforcer ma peur et mon stress, mais lorsqu’il ouvre la porte coulissante, je suis soudain beaucoup plus intéressé. Il ne mentait pas, c’est vraiment une salle de musique toute équipée avec mur acoustique, quatre guitares, un synthé et surtout une batterie, une Pearl en plus ! Alors que j’observe chaque instrument avec satisfaction, Alan me coupe dans ma contemplation en posant sa main sur mon épaule et lance :

— ­Alors t’en penses quoi ?

— C’est encore mieux que ce que j’imaginais ! T’as une Pearl en plus !

— Bah ouais ! Tu veux que j’aie quoi d’autres, c’est vraiment celles qui ont le meilleur son.

— Ouais sûrement, je dois t’avouer que j’ai pas assez d’expérience pour reconnaître les différents sons de batterie. Mais tu utilises tous les instruments qu’il y a dans cette pièce, enfin tu sais jouer de tout ?

— Ouais, disons que je touche un peu tout, mais je préfère la guitare comme tu peux le voir. J’ai un peu de tout, une Fender, une Gibson, une Benton Folk électro acoustique et là t’as une Ibanez et même une basse, mais c’est celle de Roger mon meilleur pote, tu devrais le voir tout à l’heure, mais là il a cours, il essaye de faire le mec sérieux !

Il finit sa phrase en se tapant un fou rire, alors que je commence à paniquer légèrement ; son meilleur pote ? Si il est comme lui, je ne suis pas prêt de m’en sortir et je risque peut être gros, je ferais peut être mieux de fuir dès maintenant… mais je lui ai promis de voir sa salle de musique et il faut dire que de voir cette batterie donne quand même bien envie… Bon allez Léo, calme toi, il te l’a dit, il veut simplement faire de toi un membre de son groupe.

— Bon alors, ce que je te propose c’est que tu fasses le rythme que tu veux à la batterie et je t'accompagne à la guitare, enfin je trouve une impro qui colle bien !

— T’es capable de faire de l’impro ?

— Bah tu sais j’ai commencé le solfège quand j’avais 6 ans alors, bon ! J’ai arrêté quand j’en ai eu 7, mais depuis, je n'ai jamais lâché la guitare.

— Ah ouais ! T’es vraiment un passionné toi.

— Yes ! Allez, va t’installer à la batterie, beau gosse !

Je prends les baguettes en main et commence à faire ce fameux « Bam Bim Badam Bam Boum » qui imprègne mon esprit depuis hier. J’ai souvent rêvé de pouvoir exprimer mon âme de batteur, sans me soucier des autres, pas comme dans un magasin, où la retenue est de mise. Là, il n’y a que Alan et moi, et avec les murs acoustiques je suis sûr que les voisins ne vont pas trop nous entendre !

Je sens qu’Alan ne demande qu’une chose, que j’y aille à fond, alors pourquoi pas se lâcher ? Alors que je prends un pied de fou à maintenir ce rythme endiablé, je vois Alan se retourner vers moi tout en ayant déjà improvisé un morceau qui colle parfaitement. Il me regarde avec un immense sourire, m’observe de ses yeux d’un violet intense, je me demande si c’est naturel mais en tout cas ça lui va super bien, il en serait presque craquant … je vois son regard qui change, voyant presque une ampoule de cartoon s’allumer au-dessus de sa tête, il semble avoir une idée. Il s’arrête de jouer et confirme ma pensée en me félicitant :

— Mec ! T’es impressionnant pour quelqu’un qui n’a jamais touché à une batterie, tu gères ! Mais essaye de désynchroniser un peu ton pied et de faire une meilleure rythmique, du genre bam 1 2 bam bam, 1 2 bam 1 2 bam bam, dit-il en accordant les gestes à la parole, et en tapant son pied droit contre le sol.

— Comme ça ? dis-je en essayant au mieux d’imiter le rythme qu’il me conseille.

— Ouais c’est nickel ! s’exclame-t-il en se lançant dans un solo à la Eric Clapton.

Les minutes passent sans que je ne m’en rende compte, tellement je suis pris dans la musique, c’est alors que j’entends mon téléphone vibrer et sonner « Ah mince ! Mamie !! » Il est 15h15, je demande donc à Alan de me laisser un moment pour que je puisse appeler ma Grand-mère, mais ce drôle d’énergumène étant incapable de rester sans rien faire n’arrête pas de me toucher, il me touche d’abord la joue avec son doigt comme si j’étais un petit enfant, puis me caresse le bras, puis les cheveux “qu’est-ce qu’il fou? “ Je ne fais pas plus attention que ça, tentant de me concentrer sur ma conversation téléphonique, mais lorsqu’il me caresse légèrement la cuisse en s'approchant de mon entre-jambe qui étrangement ne reste pas totalement indifférent, je m’empresse alors de mettre fin à mon appel pour l’engueuler, il m’a énervé à un point que je ne me connaissais pas :

— Putain ! Mais c’est quoi ton problème ! Je ne suis pas comme toi moi ! Je suis pas un PD !

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