Chapitre 3 : Soirées intenses en perspective

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Pour ce chapitre, nous vous proposons un morceau aux sonorités légèrement orientales, Kangashkan de Tony Junior et Dimatik, vous découvrirez pourquoi ;)

Je m’installe à mon bureau, sort le polycopié de cours de macroéconomie, et entreprends de chercher des références intéressantes pour ma dissertation, avant de compléter le tout par quelques recherches internet.

Mon téléphone vibre alors sur mon bureau, avec affiché sur l’écran “Louane <3” sur l’écran : je réponds instantanément…je l’avais complètement oubliée aujourd’hui avec cette rencontre pour le moins inattendue et perturbante.

— Allo ! Salut mon coeur, ça va ?

— Oui, et toi mon petit Léo ?

— Yes, ça va plutôt bien, répondis-je d’un air peu rassuré.

— T’es sûr, trésor, j’ai l’impression que quelque chose te tracasse?

— Euh bah j’ai juste rencontré un type étrange aujourd'hui, il voulait que je rejoigne son soi-disant groupe de musique… Il m’intrigue un peu. Là j’étais concentré sur une dissertation traitant des liens entre innovation et monopole. J’ai commencé à parler du fait que selon l’économiste Schumpeter, le monopole des entreprises permet une volonté d'innovation dans la mesure où celle-ci est protégée de la concurrence. Mais ce n’est pas si simple…

— Léo ! Je t’aime énormément mais je ne comprends rien quand tu commences à partir dans tes explications économiques.

— Ah oui, désolé mon cœur, c’est que je suis à fond dedans là.

— Je vois, mais du coup, c’est quoi cette histoire de mec étrange ?

— Bah je sais pas, c’est un type, Alan, qui m’a abordé à la fin du cours de théorisation de la macroéconomie, parce que je faisais du hand drumming sur ma table, enfin comme d’habitude quand je m'ennuie quoi ? Et puis du coup à la fin du cours, il est venu pour me demander de rejoindre son groupe, ultra direct !

— Ah ouais, ok et du coup tu vas le faire ?

— Je n’en sais trop rien, il m’a proposé de venir chez lui, mais je ne lui ai pas encore donné de réponse.

— Okay bébé ! Bon je vais te laisser finir ta dissertation. Moi aussi, il faut que je travaille un peu. Je t’aime, à plus !

— Yes !! Moi aussi je t’aime, à plus, Louane !

Je raccroche et me replonge rapidement dans mes définitions et mes comptes-rendus économiques. Comme à mon habitude, je soigne mon style, et n’hésite pas à reprendre des paragraphes entiers quand l’enchaînement des idées ne me paraît pas optimal. Après avoir terminé la deuxième partie de mon argumentation, je profite d’une petite pause pour me préparer une tasse de thé, et ranger quelques feuilles qui traînent sur mon bureau, souhaitant conserver mon appartement dans un état absolument impeccable. Je compte bien récupérer l’ensemble de ma caution à la fin de l’année, ça ne serait pas du luxe !

Une heure plus tard, il ne me reste plus qu’une conclusion à taper ! Déjà huit heures et quart, qu’est-ce que le temps passe vite ! Tiens, je pourrais peut-être passer chez Alan finalement… Je sors mon téléphone et me rend compte que je n’ai pas son numéro. Je me rappelle alors qu’en partant, il m’a tapé le cul, serait-il possible que ? Non… c’est trop cliché et vraiment... trop engageant ? Je vérifie quand même dans ma poche arrière et tombe sur un papier sur lequel un numéro est bel est bien indiqué, accompagné d’un dessin de cœur et de deux baguettes de batteur. Je réfléchis quelques minutes à quoi écrire, et change finalement d’avis :

« Salut, c’est Léo (le mec de macro qui tripote sa table). Je suis vraiment désolé pour ce soir, mais je préfère terminer la dissertation, comme ça, j’aurai encore le temps de reprendre ça avant de devoir la rendre après-demain. »

Sa réponse ne tarde pas à arriver :

« Comme tu veux, mon cher ! Mais quand j’aurais trouvé quelqu’un d’autre pour le groupe, ça sera sûrement trop tard ! :P »

Pdv Alan :

Quel lâcheur ! Bon, tant pis, je change d’application et consulte mes coups de cœur de la journée. Ce petit blond vénitien, avec son prénom d’origine russe, m’a l’air tout à fait craquant ! Du haut de ma longue expérience, j’arrive assez rapidement à le convaincre de me rejoindre, vers neuf heures et quart dans mon bar de prédilection. Il faut dire que l’autre idiot de la nuit dernière ne m’a pas donné entière satisfaction, et que je reste par conséquent un peu sur ma faim. Il était moins entreprenant une fois dans le lit qu’avant de se retrouver chez moi…

Bien évidemment je ne peux sortir avec les mêmes habits que la journée, ce serait un crime contre l’humanité de faire une chose pareille ! Je me dirige donc vers ma salle de bain afin de prendre une nouvelle douche ressourçante après cette journée de cours éprouvante, puis y recoiffer mes cheveux, toujours de la même façon, les cheveux longs sur le dessus en une sorte de volume sur le haut du crâne, mettant bien en évidence mes quelques mèches blondes. Je remets bien évidemment mes boucles d’oreilles et opte cette fois-ci pour des lentilles de contacts jaunes. Enfin, direction ma garde robe pour choisir ma tenue de soirée, je choisi une chemise bleue mouchetée et un jean noir, de quoi faire craquer mon petit mec de ce soir.

J’arrive un peu en avance au dénommé « Bar’char Al Assad », et n’ai qu’à franchir la porte pour qu’Hichem, le patron, d’une humeur invariablement excellente, me salue :

—Salam Alan, content de te voir ! Je te sers ta Leffe comme d’habitude ?

Je lui réponds d’un check propre à notre amitié, qui s’est construite au cours des derniers mois, depuis que j’ai commencé à fréquenter son établissement quelque peu improbable, mais incroyablement sympathique.

— On a des restes du couscous royal de ce midi, tu veux une part ?

— Merci, j’ai déjà mangé ce soir. Et puis je me garde un peu de place pour le dessert ! terminé-je avec un clin d’œil appuyé.

— Wallah t’as raison frère alors, en plus il était bien épicé celui d’aujourd’hui !

Je lui tends un billet de 10 euros, qu’il me refuse, pour payer ma bière, me chuchotant à l’oreille :

— Attends, t’es de la famille, je t’en mettrai deux pour le prix d’une !

— T’es trop sympa ! Ah, mon mec arrive enfin, on dirait ! C’est le blond là-bas, avec sa veste en jean, t’en penses quoi ?

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