Dylan (1)

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Dans cette famille nombreuse, Dylan, le troisième se sentait coincé et pas à sa place. Une remarque perdue de sa mère lui avait appris qu’il n’était pas désiré, arrivé trop tôt, malgré ces moyens de contrôle préconisés par l’Église. Il n’avait jamais connu de mots gentils, de gestes tendres, qui semblaient bannis par une éducation stricte et sévère. Vif et intelligent, il s’était fait remettre plusieurs fois à sa place, en famille ou à l’école. Il avait compris alors qu’il n’était rien et avait développé une vie intérieure de rêve qu’on ne manquait pas de lui reprocher. Petit, il disait s’appeler Rayan, le nom d’un héros d’un de ses livres, orphelin adopté par cette famille. C’était sans importance, car jamais personne ne lui parlait.

Il avait pris l’habitude de se tenir à l’écart, de se fondre dans un groupe sans se faire remarquer. Son physique malingre et ses traits quelconques le protégeaient, trop insignifiant pour qu’on s’intéresse à lui, trop invisible pour être harcelé. Être solitaire et ignoré fut son lot.

Au collège, il se mit à admirer ces beaux garçons, forts de leur gueule et de leur corps, ces petits leaders que tout le monde suivait. Il développa un savoir-faire pour se rapprocher d’eux, sachant suggérer une idée que l’autre reprenait en se l’appropriant. Il était accepté en restant délaissé.

Il redoutait les heures de sport, une torture qui le ridiculisait, mais il les attendait avec délectation. Il se coinçait dans le coin le plus sombre pour pouvoir admirer ces corps tellement mieux faits que le sien dans cette touffeur odorante.

Aux louveteaux, il pouvait voir ces jambes si bien dessinées, sans pouvoir éviter de poser le regard plus haut. Il fuyait les jeux de corps à corps qui le troublaient. Du reste, il était toujours le dernier choisi quand on constituait les équipes, puis envoyé dans un coin du jeu où il ne se passerait rien. Il avait honte de lui, honte de son corps, honte de ses rêves.

Quand, vers treize ans, lors d’un camp, un camarade l’attira en dehors du groupe, il devina instantanément que ce serait un moment fort. Il n’aimait pas ce garçon trouble au regard fuyant. Un peu à l’écart, David passa sa main sur son entrejambe, déclenchant des éclairs dans sa chair. C’était donc ça !

David fit tomber short et slip sur ces pieds, dévoilant un sexe dressé. Dylan regardait cette beauté. Jamais il n’avait vu un pénis dans cet état, se gardant bien de voir ou de toucher le sien quand il le sentait tendu. On lui avait tant répété que cet endroit de son corps, comme ses fesses, était une zone de danger. Il n’y touchait jamais, se gardant de les laver.

David lui fit signe. Sortant de sa torpeur, Dylan imita son camarade qui ne put retenir une petite exclamation : celui de Dylan, autant dressé, était beaucoup plus gros. Sans rien demander, David fit un pas en avant pour saisir cet objet. Dylan, à ce contact physique, eut un choc. La première caresse reçue de sa vie se portait sur cette partie ignoble dont il sentait la tension dans tout son corps. La sensation de plaisir lui fit oublier toute retenue. Il poussa son membre vers son camarade qui le frottait vigoureusement. Chaque recul le faisait un peu souffrir, David tirant inutilement sur le frein. Une plénitude montait de ses entrailles, l’envahissant d’un bonheur infini. C’était trop rapide, il posa sa main sur celle de David pour le ralentir. L’autre accéléra. Une décharge d’une violence incroyable assomma Dylan, en des coups répétés et violents. David continuait ses mouvements qui devenaient douloureux. Dylan écarta sa main et reprit doucement son souffle. Quelle merveilleuse puissance !

David ne lui laissa pas le temps de réfléchir. Il lui prit la main pour la poser sur son sexe. Il voulait la répartie. Dylan fut surpris par la douceur de la peau et la dureté du membre : un bout de bois. Avant d’imiter son camarade, il explora ce qu’il avait en main. Un petit sac en dessous, contenait deux petites boucles, agréables à faire rouler sous les doigts. Contrairement à lui, cette partie du corps de David était couverte de petits poils doux comme de la soie. La main de Dylan se promenait avec délectation, tirant le prépuce pour promener le doigt sur un gland d’un beau rouge foncé. David se laissait faire, émettant de petits gémissements. Dylan continuait cette agréable découverte. La première caresse qu’il prodiguait portait sur des merveilles. Il ne voyait aucun danger possible. Ce devait être ailleurs, réellement terrible. En manipulant cet organe, si agréable, l’image du monstre surgissant pour le dépecer s’estompa. Peu importait !

Il finit par de petits mouvements sur la peau, lentement. Puis il serra fortement cette dureté et entreprit un va-et-vient. Il percevait parfaitement le ressenti de son camarade, accélérant ou ralentissant, pour faire durer ce plaisir partagé. Il sentit monter la sève et se cala sur ce rythme, achevant sur les derniers soubresauts.

— Putain, on ne me l’a jamais fait comme ça !

Dylan ne sut quoi répondre. Ils se rhabillèrent et rejoignirent les autres. Il venait d’explorer une forêt vierge pleine de monstres et avait découvert un trésor, sans se faire dévorer. Même si le trésor recelait un sort néfaste, il se sentait heureux d’avoir osé affronter cette zone d’ombres. Le soir, discrètement, Dylan renouvela ces gestes sur lui. Se saisir lui fit un choc, mais le faire à son rythme lui apporta une plénitude extraordinaire. Même si son pyjama était trempé maintenant, il savait que ce ressenti serait le centre de sa vie.

Le lendemain, sans mot et sans geste, David s’éloigna. Une vague de chaleur parcourut Dylan qui s’empressa de le rejoindre. Ils tombèrent immédiatement leurs vêtements pour se retrouver. David empoigna immédiatement Dylan pour reprendre ses mouvements comme la veille. Dylan était déçu de cette mécanique sans âme, mais il se laissa emporter : une main étrangère est toujours meilleure que la sienne !

Quand vint son tour, il s’agenouilla pour avoir les yeux sur ce tabernacle. Le voir et le toucher en même temps doublait le plaisir de cet échange. Alors qu’il sentait son camarade venir, ce dernier se tourna brutalement pour éjaculer sur le visage de Dylan qui reçut avec surprise ses jets chauds. C’était une souillure pleine de mépris, il le ressentit. Dylan s’essuya, surpris du goût agréable de ce produit. Il n’osa aucun reproche, même s’il était meurtri de voir cet échange si beau se terminer ainsi. La honte arriva quand, à son retour,un autre camarade lui demanda ce qu’il avait dans les cheveux.

Pourtant, le lendemain, il suivit encore David. Il avait besoin de sentir cette fermeté, d’être pris en main. Le plaisir dépassait les brimades. Il reprit la même position, mais quand il sentit David monter, il ferma sa bouche sur son sexe, le tenant fermement jusqu’à la dernière goutte qu’il provoqua d’un subtil et instinctif mouvement de langue sur le méat. David avait poussé un petit cri de plaisir. Dylan se releva, la bouche pleine de ce liquide savoureux. N’osant pas le recracher et, en ayant profondément envie, il l’avala avec délice.

— T’es un vrai pédé, toi ! Tu me dégoûtes !

Ce qui ne les empêcha pas de recommencer ! Sauf que maintenant, David exigeait la bouche dès le début. Dylan avait trop de plaisir à travailler ce membre de sa langue et de ses lèvres pour se rebeller. Il en profitait, sous prétexte de stabilité, de saisir à pleine main le petit derrière de David. Avoir la bouche remplie de cette dure douceur était un délice. Surtout ne pas se précipiter, faire durer, même si le nectar était une savoureuse récompense.

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