chapitre 18

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Eros m’a envoyé son adresse peu de temps après m’avoir quitté à l’aéroport. Lorsque j’arrive chez lui, je me rends compte que je connais déjà l’endroit. Enfin, en tout cas, je connais une pièce avec un canapé beige. Je ne sais pas vraiment où sonner, alors je me contente de lui envoyer un message :

« je suis là »

Je vois à peine l’émoticône qui indique qu’Eros a lu mon message, qu’un grand portail s’ouvre. J’entre et je vois mon hôte arriver.

- Viens, entre, j’ai préparé à manger.

- Toi ? Un homme ? Tu as osé t’approcher d’une cuisine ?

- Tu as déjà oublié ma sauce tomate extraordinairement incroyable de la dernière fois ?

- Non, hélas, je n’ai pas pu l’oublier.

J’arrive à l’intérieur et découvre que le hall en lui-même est plus grand que la maison de ma mère. C’est assez impressionnant, mais je jure qu’on pourrait s’y habituer.

- J’ai fait une raclette. Je dois avouer que je n’avais pas le cœur de me lancer dans quelque chose de plus important.

- Et tu avais raison. Les raclettes c’est incroyable.

Nous passons à table dans une pièce plus petite.

- Sienna, tu vas trouver ça bizarre, mais je crois que je sais certaines choses sur ta grand-mère.

- Ma grand-mère ?

- Antonella.

- Comment tu la connais ?

- Je ne la connais pas. Mais j’en ai déjà entendu parler.

- Dis-moi tout.

- Eh bien, quand on était tout petits, elle avait eu une relation avec un ancien père de cette famille. Pas exactement mon grand-père, mais c’est tout comme. La famille avec qui nous sommes en principale concurrence l’avait compris, et a fini par l’enlever pour faire du chantage à mon « grand-père ». Il n’a pas craqué, alors ils ont mis leur menace à exécution et l’ont tué. Je sais que tu avais déjà des doutes sur cette histoire, mais je pensais que mes connaissances pouvaient t’aider.

- Oui merci. En réalité, je n’étais sûre de rien. Mais je savais déjà une grande partie de la vérité.

- Je peux t’avouer quelque chose Sienna ?

- Oui.

- Tu me plais beaucoup. Et j’ai vraiment envie d’avoir mes chances avec toi. Mais il est strictement hors de question que l’histoire de ta grand-mère se répète avec toi.

Je reste bouche bée face à cet aveu. Moi ? Je plais à Eros ?

- Parce que tu ferais comme ton « grand-père », tu ne craquerai pas face aux menaces ?

- Je n’en sais rien, Sienna. Je préfère te le dire honnêtement, la famille est quelque chose de tellement important que je n’ai appris qu’à la protéger.

- Je comprends.

- Mais je tenais à ce que tu saches ce que je ressens.

- Je ne sais pas vraiment quoi dire.

- J’avais remarqué.

- Eros, pour être tout à fait honnête, tu me plais aussi. Mais après ce que tu viens de me dire, j’avoue ne pas trop savoir quoi faire.

- Est-ce que tu as envie de me donner une chance malgré tout ?

Il se lève. Je ne peux pas croire ce qui est en train de se passer.

- Sienna, est-ce que tu veux me donner une chance ?

Je me lève à mon tour et m’approche de lui. Je suis dos à la table, et à seulement quelques centimètres de lui.

- Non.

Je vois son visage perdre de ses couleurs. Je reprends :

- Je ne veux pas te donner de chance. Je veux qu’ON se donne une chance.

Je le regarde dans les yeux et prends sa main dans la mienne. Mon cœur bat très vite. Je n’ai plus été proche de quelqu’un de cette manière depuis… et bien depuis le lycée. Il s’approche un peu plus de moi et m’embrasse. Un baiser tendre et simple. Mais les battements de mon cœur s’accélèrent.

Je ne suis pas du genre à être très à l’aise physiquement avec les gens en général, mais là je n’ai qu’une seule envie. Je veux le sentir contre moi. Toujours plus. Plus longtemps, plus fort, plus tout. Je crois que je ne peux pas me contenter de ce baiser. Je ne peux plus. Alors je tire sa main pour l’attirer vers moi et je l’embrasse, cette fois avec plus de passion. Ses lèvres sont chaudes et ont encore le goût de fromage. Eros se redresse un instant et me regarde dans les yeux. Sa bouche est entre-ouverte comme si il allait parler mais aucun son ne sort de lui. Tout ce qu’il arrive à faire est de rattraper ma main pour me tirer vers les escaliers. A l’étage, aucun de nous n’ose parler, mais il m’invite à entrer dans une grande pièce. Un lit de taille modeste comparé au reste de la maison est collé au mur du fond. Il y a une grande fenêtre avec des rideaux claires, un canapé couleur ciel et des grands placards.

Eros m’a amené dans sa chambre. Eros m’a amené dans sa chambre ? Mon cœur s’arrête. Qu’est-il en train d’arriver ?

A peine a-t-on franchi la porte qu’Eros la referme et se retourne face à moi. Je suis collée à la porte, je n’ai pas osé faire autre chose, et lui non plus je crois, car on ne fait que se regarder dans le blanc des yeux. Je respire vite mais je vois que lui aussi. Et c’est là qu’il ose dire quelque chose :

- Est-ce que… je peux ?

Il me regarde simplement avec toute la tendresse du monde dans les yeux.

- Fais ce que tu veux.

Il s’approche un peu plus et se retrouve presque collé à moi. Je lève la tête et il m’embrasse une nouvelle fois, mais cette fois d’un baiser passionné comme j’en avais envie. Il pose une main sur ma hanche et met son autre main sur la porte. J’enlace mes bras autour de son cou et approfondis notre baiser. Je sens sa main glisser sous mon t-shirt et je le pousse légèrement. On recule tous les deux vers son lit, il s’assoit et je me place sur lui. Je ne suis pas vierge mais j’avoue que cette sensation me parait très bizarre. Je ne sais pas jusqu’où tout ça va aller, et je ne sais pas ce qu’il attend exactement de moi, mais je suis prête. Je ne veux plus me poser de question plus longtemps.

Je n’ai couché avec un homme qu’une fois. Ma seule expérience est ici. Mais je dois dire que c’était une mauvaise expérience. J’avais trop bu et je n’étais clairement pas consentante. Alors on pourrait croire que j’ai très peur aujourd’hui, mais, au contraire, je veux oublier cette autre fois. Et ça peut paraitre très égoïste. Mais c’est comme ça que je me sens.

- Sienna ?

- Oui ?

- Tu pleures ?

C’est seulement à ce moment que je remarque une larme qui coule sur ma joue.

- Mince.

- Tu sais, si tu ne veux pas, on n’est pas obligé.

- Non, c’est pas ça.

Je me dégage de lui et m’assoit à côté. Il pose sa main sur ma cuisse.

- Ta dernière expérience était pas comme tu l’avais espéré donc tu as peur aujourd’hui ?

- On peut dire ça comme ça.

- Qu’est-ce qu’il s’est passé ?

- J’ai pas trop envie d’en parler… Comment c’était toi, la dernière fois ?

- J’ai pas trop envie de m’en souvenir…

- A ce point-là ?

Eros me regarde d’un air triste. Il baisse les yeux et j’ai l’impression de ressentir toute la douleur du monde à ce moment-là.

- Je sais que t’as sûrement vécu pire, juste par le fait que tu sois une femme, alors je n’ai pas trop envie de me plaindre.

- Raconte-moi.

- …

- Tu sais, il ne se passera rien entre nous si on n’ose pas un minimum s’ouvrir.

- C’était il y a deux ans. J’étais en prison et mon gardien avait décidé que je devais tout simplement arrêter d’être puceau. Elle disait que, de toute façon, j’allais être condamné à mort et que je devais profiter de la vie tant qu’il en était encore temps.

- Oh…

- Je n’ai jamais été consentant. Et je ne l’ai jamais cru. Mais j’ai toujours fait comme si c’était normal.

- Eros…

- Mais bref, on va s’arrêter là. Ta dernière expérience à toi ?

- Ma seule expérience en réalité. C’était au lycée. J’étais qu’une ado, je ne savais pas trop ce que je faisais. Un soir, j’étais en soirée avec mon copain, et ça a dérapé. J’avais trop bu, il avait rien bu. Je ne pense pas avoir besoin de plus détailler.

- Nos vies sont vraiment nulles.

- Je pense qu’on a juste besoin de penser à autre chose. On finira bien par oublier pas vrai ?

- J’espère.

Je me tourne vers Eros et m’approche de lui pour l’embrasser. Au final c’est lui qui fait le premier pas. Quelques larmes se mêlent à notre baiser, mais je sais qu’au fond de nous, on est heureux d’être ensemble.

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Je SURKIFF ce chapitre vraiment.

Sinon, pour changer un peu de sujet, j'ai fait une petite vidéo style bande-annonce et je l'ai posté sur mon tiktok: lucie_tomlinson (oui vous faites face à une fan de Louis Tomlinson) et sur insta: luse_off

En tout cas, j'espère que l'histoire vous plait toujours !

On en a appris un peu plus sur la grand-mère aussi.

voilà voilà

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