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Débat 8 : La littérature est-elle une marchandise comme les autres ?

par Marion Tmp  il y a 2 ans
Un samedi ensoleillé et un débat : tout pour commencer une bonne journée !

Aujourd'hui, je donne la parole à Nog Luisne, un débateur (?) professionnel qui ne cesse de participer à ces discussions enrichissantes du mercredi et samedi. Bien sur, il n'est pas le seul, je peux en compter et nommer plusieurs mais là n'est pas la question mais plutôt :

La littérature est-elle une marchandise comme les autres ?

Cette question, Nog l'a eue en donnant une réponse à une discussion dans la communauté "Entraide scribayenne" concernant l'autoédition :

"Pourquoi ne parle-t-on que prix, vente, profit, perte... ?
La littérature est-elle une marchandise comme les autres?
L'autoédition flatte l'ego, fait plaisir à la famille, comme les photos ou les vidéos de vacances ou de noël.... Pour le reste c'est quelque chose qui me met mal à l'aise, qui me parait loin de notre tâche qui est d'écrire, non de se vendre... Mais je dois être trop idéaliste! "

Qu'en pensez-vous ?
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Et je complétais en lui répondant :
"Après ça ne concerne pas que l'autoédition. L'édition tout court. Elle nous paye pour ce qu'on écrit mais écrivons-nous pour être payer ?"

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Le débat de mercredi a fait réagir, d'ailleurs Rosa Carmon (autre débatrice professionnelle), Nocmyst et Kiel Kinimo en y répondant étaient partis vers le sujet de l'autoédition.

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Ce qui participent aux jeux ParaOulipiques, je suis touchée autant que vous par la disparition soudaine de Jean-Patrick... mais la vie continue et croisons les doigts afin qu'il retrouve le chemin qui mène jusqu'à nous, et ScribayTV. https://www.scribay.com/communities/community/124/les-jeux-paraoulipiques-de-scribay/talk/6980/communique-exceptionnel-du-14-octobre

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A bientôt !
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phillechat
Hélas oui !
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Miki Edenbird
C'est intéressant comme question et je rejoins un peu ce qui a été dit sur la société.

Pour moi, la littérature c'est un art comme un autre que ce soit la peinture, la musique ou le cinéma. Et du coup, cet art a ses déviances comme pour le cinéma ou la musique.

Là où la littérature est plus délicate, c'est qu'écrire parait plus facile que jouer d'un instrument et je suis parfois étonné de voir des livres écrits par des "non-écrivains" qui se vendent plus à cause de la personnalité connue que de la qualité de l'auteur.

Quand je vois le choix de certains éditeurs, je pense que l'auto-édition reste une bonne alternative.

Un peu à l'image d'Internet, la littérature est aussi une marchandise mais comme pour la musique, il existe encore des personnes passionnées qui écrivent de très beaux récits à but non mercantile et en ça la littérature reste une manière de s'exprimer et de partager. Il n'y a qu'à comparer les réseaux sociaux littéraires pour se rendre compte de cette différence. Certains d'entre eux proposent des œuvres au top truffées de fautes alors que sur d'autres, on trouve des perles et je me demande même pourquoi ce ne sont pas de genre d’œuvres qui sont édités plutôt qu'un énième vidéaste ou un énième sportif...
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Sara Horchani
Je ne pense pas que la littérature est une marchandise comme une autre.
Certes il y a fabrication commercialisation vente d'un livre. Mais je ne rentre pas du tout dans une librairie comme je rentrerai dans un supermarché.
Je rentre dans une librairie car c'est un lieu indispensable pour la démocratie. La littérature est indispensable pour les idées , les visions. Se divertir, apprendre, découvrir.
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jean-alain Baudry
on écrit, soit pour être lu, soit parce qu'on est poussé par son désir de dire même sans interlocuteur. obligation de dire, de parler, qui suinte des neurones. alors un pas de plus et on veut être entendu/lu. et là on rentre dans la fabrication technique.
les sites Web qui vous permettent de publier gratis sont en fait un ersatz du profond désir d'avoir des lecteurs "engagés" donc payants...
qui dit payant dit "échange", "commerce", bref mercantilisme (mot actuellement péjoratif).
l'état en 81 a baissé la TVA des bouquins. bon pour les libraires (mon épouse en était). cela ne change rien au problème. beaucoup lisent pour se distraire, ce qui met le livre au niveau de n'importe quel loisir...
de n'importe quelle marchandise...
pessimiste moi ?
bye, jab...
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NM Lysias
Je pense que la littérature à une certaine époque avait une valeur d'enseignement... mais comme tout elle s'est transformée en argent et en profit...Avec la modernité et la société actuelle, il ne faut pas aller chercher autre chose que les billet vert ou la reconnaissance.
Il suffit juste de regarder la marchandise littéraire... Youtubeur, politiques révélatrices, romans et histoires qui se calquent...
Je ne veux pas généraliser... mais maintenant ça marche comme ça... c'est triste mais l'auteur est un Homme (pas seulement lui.. éditeur...ect..) est l'homme vie d'argent. La réussite est devenu un besoin vital et chacun est prés à se vendre.Le bonheur d'être auteur ne passe plus qu'a des lignes et des mots mûrement réfléchis, ça passe par l'argent et la popularité..
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Max-Louis
Bon jour NM Lysias
Tu écris : "La réussite est devenue un besoin vital et chacun est prés à se vendre". Je ne suis pas d'accord. Je ne vends rien, même si j'édite (une dizaine d'exemplaire) tous les ans. L'essentiel que je puisse réunir tous mes textes qui forme un livre.
Bon, il est vrai, je "parle" pour moi :)
Max-Louis
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NM Lysias
j'ai dis que "je ne veux pas généraliser" ...Chacun ne signifie pas " tout le monde" et bien heureusement!! ^^
Mais il est vrai que la littérature, de mon avis, a perdue de sa pureté dans ce domaine commercial.
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Rosa Carmon
"Je pense que la littérature à une certaine époque avait une valeur d'enseignement... mais comme tout elle s'est transformée en argent et en profit...":
je suis d'accord avec toi sur une évolution néfaste de la société.
Mais quand on sait que Sénèque déjà se lamentait sur le nombre considérable d'ouvrages qui circulaient à son époque et que forcément cela allait altérer la qualité de la réflexion et que les "vieux ringards" des années 1850 fustigeaient cette jeunesse qui lisait Flaubert, il ne faut pas tomber non plus dans l’exaltation excessive du "avant", nous ne faisons que suivre une évolution.
Mais c'est clair que cette philosophie de la littérature comme source d'enseignement, qu'un courant littéraire espagnol avait associé au plaisir avec le "deleitar aprovechando", a complètement disparu pour ne laisser place qu'au plaisir et à la consommation.
Après effectivement, il ne faut pas généraliser et des pôles de résistance existent.
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Max-Louis
Bon jour,
Quand je vois la fortune (estimée) de Mme Rowling (20 milliards de dollars) et Mr Jean-Paul Klée poète à l'oeuvre originale, hors norme et prolifique, (rencontré il y a déjà une vingtaine d'année et qui m'avait fait l'honneur de s'attarder sur quelques uns de mes modestes poèmes), il y a un écart qui n'est pas nommable.

Après on me dira, il y a littérature et Littérature. Et sa marchandisation n'est qu'une question de lecteur(rice).

Max-Louis
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JPierre
Bonjour, je vais plutôt rejoindre tout ce qui s’est dit ici. En y apportant un élément, clef, très malheureusement, significatif de notre société « mondialisée » et trop représentative d’un cliché de la France prise entre la grandiloquence de quelques individus menteurs, voleurs, escrocs et la mesquinerie du résultat des actions de ces dits personnages ; c’est un phénomène qui n’est pas cantonné qu’au monde politique. En commun, ils ont tous de diriger, d’une manière ou d’une autre. Ou le croient ? Affectent de le croire ? Ce point, c’est le Net et son usage.
Rappelons-nous soigneusement que les grosses usines à gaz de ce secteur, dont je n’estime pas utile de rappeler les noms ici, ont une devise : « La vache à lait, c’est les utilisateurs ! » Internet est l’illustration du monde, la capacité d’une minorité a pollué tout ce qu’elle touche grâce à un virus nommé « gros sous ».
Si c’est une minorité, vous pourriez me rétorquer que… Mais non, la majorité n’est qu’un concept pratique pour justifier tout et n’importe quoi. Elle n’existe pas en tant que telle. Elle nait systématiquement d’une marge ; qui alimente un noyau ; qui approvisionne une minorité ; qui crie plus fort, sans aucun difficulté, puisque la « majorité » se tait la plupart du temps.
On en vient donc à, pour revenir au coeur du débat, à demander à un écrivain, et plus globalement à tous les artistes, autoproclamés puisqu’il resterait quand même à déterminer en quoi un chanteur, acteur, poète sont plus artistes qu’un ferronnier, cuisinier, plombier. Ce qui pourrait être un sujet de débat d’ailleurs ; donc disais-je dans ma phrase bancale à rallonge, pour des éditeurs bien dans l’air du temps, leur seule demande : « dis-moi ce que tu rapportes, je te dirais si je t’édite ! » C’est schématique, peut-être, quoique ! Tout le reste n’est que paravent ou discours oiseux, ou argument superfétatoire. A un degré tel qu’il est difficile de savoir, reconnaître, détecter un talent. Je gage qu’un auteur classique, reconnu comme Balzac ne serait pas édité de nos jours.
Dans un monde idéal, la culture se devrait d’être entièrement gratuite. Utopie certaine qui révolutionnerait ? J’assume sans me faire d’illusion.

Pourtant nous avons un exemple sous les yeux d’un dévoiement menant à un monde catastrophique. L’Education Nationale connaît le même syndrome. Les manuels scolaires sont devenus des produits à l’identique d’une voiture ou le nouveau « best saleur » de la rentrée, ils changent presque tous les ans, deux ans, trois ans. De couverture, rarement de contenu… A part me tromper gravement, il n’y a pas de découvertes annuelles révolutionnant tout en matière de tables de multiplications ou de B + A se prononçant autrement que BA. Je force un peu le trait mais à peine. Auparavant l’école était peu ou prou gratuite. Nous en sommes maintenant très loin. Résultat final, un taux de (dés)instruction en hausse constante ; l’ignorance définitive du moindre des respects, à commencer par le sien propre.

Pour contrebalancer une vision assez noire, je dirais qu’il reste une marge. Qu’il ne faut pas hésiter à la prendre. Qu’Internet nous permet, encore et pour combien de temps (?), de libérer paroles et écrits. En produisant un fatras d’inepties, de nullités, d’ennuis, de contrefaçons parfois bonnes et plus souvent mauvaises. Est-ce cher payé, sans jeu de mots, pour un zeste de liberté ? A nous de l’investir, sans, si possible et probablement comme enjeu ultime, reproduire un schéma existant.

Pour conclure, la question ne devrait pas être. Elle n’existe que par le fait du « consommateur ». Que la cause, en l’occurence le profit à toutes forces, en soit factice, ou pas, n’y change rien. Reste aussi la question : écrit-on pour être lu ? Si la réponse peut sembler évidente, le comment du « lu » devient le déterminant du comment/pourquoi on écrit !
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Marion Tmp
Concernant l'Education Nationale, dans mon établissement, tant que la réforme ne change pas, les livres restent les mêmes. En physique-chimie, nous avons des livres datant de 2006, 10 ans quand même. Je ne te dis pas l'état dans lequel ils sont, c'est cruel de voir d'en voir avec les pages arrachées ou recollées à la fin alors que c'était le début ou inversement.

Ton avis est très pertinent. Merci.
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Rosa Carmon
Par rapport au monde de l'édition dans l’Éducation Nationale, dans lequel j'ai collaboré à deux reprises, autant la première occasion (mais qui était juste un ouvrage périscolaire non conditionné au calendrier scolaire) a été plutôt positive et le résultat probant (après ses utilisateurs et utilisatrices pourront en dire plus:p), autant la deuxième occasion, qui était un travail sur un manuel scolaire de 2nde s'est vite révélée "un monde de la jungle en miniature". Bon, j'ai été virée au bout de quelques mois, pour mon plus grand soulagement, et je suis tombée sur des personnes honnêtes qui ont quand même fait figurer mon nom sur l'ouvrage en question (il faut dire que j'avais très activement participé à sa genèse, même si le produit fini n'a plus rien à voir, parce que tout simplement les impératifs économiques ont primé sur les objectifs que "nous" nous étions fixés) et j'ai touché un dividende qui n'était pas anodin finalement, mais bon, L'HORREUR!
Et c'est vrai que de la même façon que tous les ans, Zara sort sa nouvelle collection, les livres scolaires inondent les casiers des enseignants "pour vendre" (et là, les ventes sont conséquentes, 1200 élèves dans mon lycée X tous les lycées potentiellement acheteurs), c'est rentable.
Alors que effectivement, comme tu le soulignes Blakkat, aucun n'apporte une réelle nouveauté pédagogique, parce qu'à part le travail, il n'y a pas de solution miracle et le résultat est celui que tu énonces.
J'ai eu le malheur de dire ça à mon inspectrice, cela a été le début de ma fin, enfin la suite de ma fin, si tu veux en savoir plus (mais tu as l'air de bien connaître le sujet), je te conseille mes textes Dérive Nationale, présents sur ce site.

Marion, ton collège a l'air d'être un micro-climat et cela fait du bien de le savoir .... D'un autre côté, je comprends que vous ayez envie de travailler avec des livres neufs et du matériel en bon état.
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Marion Tmp
Ce n'est pas parce que les livres ne sont pas neufs que nous ne pouvons pas travailler. De toute façon, les élèves sont irrespectueux des matériels qu'on leur prête. Après ce que je dis précédemment n'est qu'applicable à la physique-chimie. Mon collège n'est pas affreux, juste quelques livres ne sont pas neufs c'est tout. Je préfère avoir des profs intelligents (et qui n'envoient pas une simple carte signée juste de l'Amicale (Rosa, tu comprendras)) que des livres neufs.
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Rosa Carmon
Oui, alors quand des profs intelligents te font bénéficier de livres neufs, alors,là, c'est le Paradis, ma petite Marion! :p
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Marion Tmp
Effectivement :p
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Rosa Carmon
Mais oui, j'aime bien cette phrase: "Je préfère avoir des profs intelligents que des livres neufs", un jour, on comprendra que les mystères du monde sont dans les vieux livres poussiéreux que personne ne lit, et effectivement, il faudra des gens intelligents et compétents pour savoir les lire.
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Rosa Carmon
"détourné par toute une élite snobinarde qui prétend s'y connaitre en art et qui pour dissimuler son ignorance favorise la médiocrité":
OUI! Nous sommes effectivement à l'ère de la médiocratie!

" pour jouer les experts érudits ils préfèrent publier des torchons que personne ne lira jamais que les bons auteurs, qui eux doivent se faire publier a l'étranger pour espérer être un jour lus dans leur propre pays":
OUI! Idem avec la recherche universitaire, nos intellectuels sont dénigrés (alors que la liberté d'expression est invoquée pour justifier la première connerie venue), tous nos cerveaux se barrent, voir René Girard par exemple que la France semble découvrir une fois qu'il est mort (comme toujours je dirais), et lorsque j'ai vécu il y a une vingtaine d'années à l'étranger, tout le monde me parlait de lui, j'avais presque honte de ne pas le connaître, je l'ai donc lu, la première fois, en langue étrangère (en espagnol en l’occurrence).

Merci Luc, pour ton intervention très pertinente!
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Luc Witz
tu as raison, mais c'est également ce genre d'argument qui mal utilisé pourrit le paysage .
mal utilisé mais également détourné par toute une élite snobinarde qui prétend s'y connaitre en art et qui pour dissimuler son ignorance favorise la médiocrité.
je suis d'accord avec ton idée de communautarisme artistique et j'apprécie vraiment scribay pour le fantastique espace qu'il représente et il y a beaucoup de bons voir de très auteurs ici...susceptibles de se vendre mais que le système rejette visiblement.
vendre ne doit pas être la quête en soi mais ca reste la reconnaissance d'un travail,
je n'ai écrit qu'un livre qui soit pour l'instant totalement achevé et potentiellement vendable , les autres sont encore en chantier, etc....mais c'est comme un fils, je l'ai nourri, je l'ai vu grandir et j'aimerai qu'il réussisse dans la vie, pas pour moi mais pour lui.
si je le garde enfermé a la maison ou ne le présente qu'a mes amis, alors il ne vivra pas.
tout le paradoxe est la : si nous n'écrivons que pour écrire, nos écrits meurent et si nous voulons juste espérer qu'ils puissent vraiment vivre il faut alors entrer dans un système malsain et incompétent.
le problème n'est pas que l'art soit marchandise, c'est plutôt que ceux qui tirent les ficelles de ce marché prétendent pas hypocrisie que ca n'en est pas , en France les seules vraies ventes sont les romans étrangers, les éditeurs font tout leur fric avec les traductions et pour jouer les experts érudits ils préfèrent publier des torchons que personne ne lira jamais que les bons auteurs, qui eux doivent se faire publier a l'étranger pour espérer être un jour lus dans leur propre pays.
pour finir je dirai que pour un auteur ,être considéré comme une marchandise est la meilleur chance qu'il aura jamais d'être vraiment lu, un peu comme ces races bovines que seule la boucherie a sauvé de l'extinction.
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Luc Witz
la littérature est un art...et aussi une marchandise
si a l'aube des civilisations un gars n'avait pas eu le fric pour se payer son argile, il n'aurait jamais pu transcrire l'épopée de Gilgamesh.
et si des milliers d'années plus tard, le texte n'avait pas eu de valeur marchande, il serait resté gravé dans l'argile et nous ne l'aurions pas lu.
on écrit d'abord pour le plaisir, personnellement je n'attends pas d'argent pour ce que j'écris, mais si j'en reçois un jour , ca sera par ce qu'on me lit et alors je ne le refuserai pas.
et puis si écrire ne coute rien, écrire pour être lu coute et coute a tout le monde.
indépendamment de toute considération marchande, imprimer un livre, ou juste l'héberger sur internet a un coût, coût qui se répercute tôt ou tard sur le lecteur ,etc....

en Islande, les écrivains touchent un petit salaire de l'état a la condition de proposer chaque année un livre aux éditeurs (sauf si ca a changé), en hollande de nombreux artistes touchent également des indemnités afin de pouvoir créer sans trop se soucier des factures.
par ici, c'est différent, l'art est une marchandise, l'écriture aussi.
je dirai qu'il serait normal qu'un éditeur, donc un investisseur espère un retour sur investissement, il n'y a nul mal a cela, ca n'est pas immoral.
en France ,la logique m'échappe toujours, la plupart des écrivains a réel succès ne sont pas respectés, par ce que trop vendre est suspect et ceux qui reçoivent le plus d'éloges ne sont souvent que d'infâmes scribouillards qui polluent de leurs torchons insipides.
un écrivain doit il être lu?( et prendre le risque d'être vendu lol)
je dirai oui, soit j'écris pour moi et je garde mes écrits secrets soit je les partage et si je les partage c'est que j'ai bon espoir de trouver des lecteurs qui apprécient mon travail.
personnellement ,j'ai fait le choix d'être underground, même si un jour un éditeur aime ce que je fais et m'offre un tirage papier, que j'ai des lecteurs pour acheter mes livres, je n'en vendrai pas beaucoup.
mais je comprends ceux qui font de "l'alimentaire" comme dan Brown ou Gérard de Villier.
si on a un vrai talent d'auteur et qu'on est prêt a ravaler sa fierté pour plaire a tout le monde (et donc a personne) quel mal y a t'il?
il est par contre dommage que l'on ne puisse être publié plus facilement sans avoir a plaire aux cons.
rien que sur ce site ,il y a plein d'auteurs de talent qui par ce que peut être trop confidentiels ne seront jamais imprimés et dont les écrits se perdront un jour dans les méandres de la matrice alors que les 30 derniers Goncourt ne méritent même pas d'être recycles en papier hygiénique.
il ne faut pas écrire pour être payé, mais il ne faut pas se sous estimer.
ne pas attendre d'argent, mais donner une valeur a son travail.
et puis si les torchons rapportent, pourquoi pas les bons livres
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Kiel Kinimo
J'ai envie de mettre la tête dans le sable et répondre "non", mais bon... on sait bien que la société répondra "oui" quoi qu'on dise ;)

On est pas différent des chanteurs, des humoristes, du cinéma, pour qui la réponse serait plus évidente. Même nos amis de youtube sont devenu une marchandise depuis bien longtemps.

Alors, est-ce une bonne ou une mauvaise chose ? Ca dépend. D'un côté, le plus aimé va avoir plus de succès et une meilleure rançon, ce qui parait logique. D'un autre, ce n'est pas parce qu'il a plus de succès que c'est un travail de meilleur qualité, peut-être qu'il a eu une meilleur visibilité, ou que la masse est plus attirée par son contenu...
De même, on peut dire que ça motive les gens à faire mieux pour pouvoir percer dans le milieu, alors que ça démotive autant de personnes qui se diront "je n'y arriverais jamais".
Dans tous les cas, c'est un fait : dans notre société actuelle, l'écriture est une marchandise (sous forme de livre, ou de speech, de script, ou autre...), libre à chacun de suivre le mouvement ou de jouer dans son coin.

Maintenant, j'ai envie de répondre à la question de Nog (qui semble très motivé par le débat ^^) et que Marion a posée "Pourquoi ne parle-t-on que de prix, vente, profit, perte... ?" ?
De la même façon qu'un cuisinier qui ouvre un restaurant va apprendre à fixer des prix pour le remplir tout en faisant vivre sa famille, un écrivain espère pouvoir vivre un jour de sa passion.
Pour reprendre l'idée de Rosa, pourquoi perdre la moitié de ses journées dans un travail ennuyeux quand on pourrait les passer à écrire avec passion ? Malheureusement, tout le monde a besoin de manger et de se loger, et pour ça, il faut quelque chose qui rapporte, d'où l'idée d'essayer de se vendre au plus offrant. Evidemment, c'est presque impossible aujourd'hui, même pas 1% des écrivains peuvent vivre de leurs oeuvres, les autres ont un travail à côté.

Toutefois, beaucoup d'écrivains jouent en marge du système. Ceux-là différencient "travail" et "passion", car si la passion devient un travail, elle risque de dépérir sous l'effet du stress de devoir toujours fournir plus. Du coup, jamais ils n'abandonneront leur véritable travail en échange de leur passion, même si elle devenait plus prolifique.
Dans ce cas, pourquoi publient-ils quand même ? Ils ne cherchent pas spécialement l'argent, mais la reconnaissance (même si on crache pas sur quelques billets de plus, ça fait toujours du bien :P ).
C'est bien beau d'être lu par la famille, par les amis, ce qui est facile en auto édition. Mais eux, ils diront presque toujours "bravo, tu es génial", qu'ils le pensent ou non (d'ailleurs, qu'ils l'aient lu ou non). Par contre, quand un parfait inconnu vient à vous de lui-même pour vous dire "j'adore ce que vous faites", le sentiment de fierté est décuplé.
Pour l'avoir vécu dans d'autres domaines (lors d'un concert de musique live amateur), je peux affirmer qu'on ressent à ce moment quelque chose d'exceptionnel.

Je me suis remis à faire des pavés apparemment ;)
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Rosa Carmon
"Dans notre monde mondialisé le travail n'est hélas pas du "troc". Tout au contraire! Le travail est la valeur d'ajustement des profits capitalistes.":
parce que les gens acceptent de se vendre pour bien peu et croient aux discours ambiants de "si t'acceptes pas ce travail, tu n'en trouveras pas un autre". Les gens acceptent cet échange, mais c'est bien un échange: je travaille pour ton profit et je l'accepte en signant ce contrat de travail.
Le jour où les gens prennent conscience de leurs talents et travaillent POUR EUX et en fonction de leurs besoins, cela change la donne.
C'est le fondateur d'Apple qui disait je crois que si on ne réalise pas ses propres rêves, d'autres se chargent de nous employer pour réaliser les leurs et il était bien placé pour savoir comment ces choses fonctionnent.
Et s'il n'y avait pas d'abus et de protection excessive, presque exclusive, de la corporation, prenons les taxis pour exemple, vu que tu cites UBER, UBER ne serait jamais apparu, idem avec le co-voiturage, pourquoi conduire ne serait que le privilège de certains alors que d'autres aussi savent le faire?
Idem avec le tourisme et Airbnb qui est en train de devenir lui-même un business, donc maintenant, il y a des alternatives à Airbnb qui sont en train de naître, etc etc ...
Idem avec le monopole autour de l'industrie pharmaceutique qui verrouille l'accès à des médecines alternatives qui fonctionnent, qui ne sont pas "alternatives" justement, il y a juste qu'on les cache au grand public qui ne manque pas de se les réapproprier.
Idem avec l'édition.

"Dans ce monde mondialisé si l'objet culturel est une marchandise comme les autres, un produit marketing qui fait fructifier les dividendes chez Amazon, Virgin ou la Fnac, comment pouvons-nous réagir, nous, écrivant, écriveurs - écrivains peut-être pour certainEs - si nous avons encore une conscience de classe?"

C'est une excellente question.
As-tu une réponse?
Moi, finalement, après avoir testé la conscience de classe du service public, du syndicalisme, etc etc ... et dont je sors détruite (parce que ce sont finalement les mêmes valeurs marchandes qui règnent que dans le privé, sous couvert de mots bien pensants et hypocrites), je ne vois pas trop de solutions à part la réappropriation personnelle de son propre destin et de ce que l'on veut pour soi, alors oui, cela peut passer par l'auto-(entreprenariat/édition), cultiver son jardin, vivre en autosuffisance et faire vivre les petites entreprises qui restent à taille et philosophie humaine, et qui souvent ont démarré en entreprises individuelles et qui ont décidé de l'étendre à d'autres personnes qui partagent les mêmes valeurs, sur la base de SCOP, etc, les modalités abondent, il "suffit" de les chercher.
Moi-même suis en réflexion par rapport à ces thèmes, devant trouver une nouvelle situation professionnelle (j'ai beau tourner le problème dans tous les sens, j'en arrive toujours à la même conclusion: j'ai besoin d'argent pour vivre et j'ai besoin que mon activité fasse sens pour moi, tant au niveau éthique que politique ou philosophique).

Après, Nog, si toi, tu ne crois pas à l'auto-édition, cela ne doit pas empêcher ceux qui y croient au moins d'essayer, après, réussir, c'est autre chose qui bien souvent ne dépend pas de la modalité de l'activité mais de bien d'autres facteurs.
Comme tu le dis toi-même, il y a de nombreux auteurs de qualité qui ne sont pas publiés, les bibliothèques regorgent de cartons de manuscrits laissés à l'état de manuscrits, certains blogs, gratuits pour la plupart, proposent des textes d'une réflexion inégalable, l’interaction autour de ces textes n'a jamais été aussi simple, aussi aisée que grâce aux nouvelles technologies qui me permettent de sortir de mon milieu, que je n'ai pas toujours choisi, de savoir ce qui se passe ailleurs.

Enfin, en principe, la pessimiste de service, c'est moi, mais là, je ne partage pas celui que tu exprimes Nog.
La littérature est immortelle, cela rejoint l'autre conversation, l'être humain aura toujours un truc à dire, toujours et il y aura toujours quelqu'un pour réagir, ça, sur ça, sur la communication, j'ai confiance.

Après, savoir ce que l'on appelle "bonne" et "mauvaise" littérature, c'est un autre sujet. Et de la même façon que la FNAC vend de "bons" et de "mauvais" livres, que ton petit éditeur préféré vend des livres que tu aimes majoritairement (mais il se pourrait qu'un jour, un de leurs livres te plaise moins, voire pas du tout), c'est pareil pour l'auto-édition, il y a de bonnes et de mauvaises choses.
La seule différence, c'est que c'est plus la FNAC qui me dit: "achète, achète, c'est la FNAC, c'est bien la FNAC", c'est plus l'éditeur que j'aime bien, là, c'est moi (mon libre-arbitre!) qui choisis ce que je veux lire, ce que je veux acheter.
Après, je suis d'accord avec toi, il faut conserver nos dits "petits métiers", éditeur, c'est un métier avec un savoir-faire, idem pour photographe et la question s'est aussi posée avec le numérique, et juste une anecdote, j'ai fait éditer certaines de mes photos en cartes postales, comme ça pour le fun, pour changer un peu des traditionnelles cartes de vœux, ben, certaines personnes dans mon entourage sont "bluffées" par le résultat. Je n'ai pas d'ambition dans ce domaine, et la question n'est pas d'être meilleure ou pas meilleure que Cartier-Bresson, mais la technologie nous permet de mettre en valeur nos talents? Pourquoi on s'en priverait?
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Rosa Carmon
"Pourquoi ne parle-t-on que prix, vente, profit, perte... ?
La littérature est-elle une marchandise comme les autres?
L'autoédition flatte l'ego, fait plaisir à la famille, comme les photos ou les vidéos de vacances ou de noël.... Pour le reste c'est quelque chose qui me met mal à l'aise, qui me parait loin de notre tâche qui est d'écrire, non de se vendre... Mais je dois être trop idéaliste! "


Je n'avais pas lu cette réflexion de Nog.
Pendant longtemps, j'ai culpabilisé autour de ça.
A présent, j'arrive à un moment où je me dis que flatter son ego fait du bien et que c'est même nécessaire, avec, comme pour tout, la modération qui s'impose, dans son besoin légitime de reconnaissance, et deuxièmement que il faut bien vivre.
Alors, si ton talent, c'est d'écrire, d'autres, c'est la pêche, d'autres, c'est cultiver les légumes, d'autres, c'est de fabriquer des meubles, alors oui, pourquoi pas, et "se vendre" fait partie de cet échange tacite sur lequel repose notre société (qui relève plus du troc, tu vends ta force de travail ou le fruit de ton travail et tu gagnes ton salaire en échange).
Pour moi, faire coïncider ses talents avec son activité professionnelle est une idée phare qui m'occupe depuis pas mal d'années à plusieurs niveaux et qui, selon moi, résout ce problème (l'idée de "se vendre" disparaît lorsqu'on fait "juste"ce que l'on aime et ce que l'on sait faire), et la limite entre "en vivre" et "se vendre" (avec l'idée d'excès qu'il y a derrière) se situera au niveau d'une réflexion autour des besoins. De quoi ai-je besoin? Concrètement, de combien (d'argent, de livres, de nourriture) ai-je besoin par mois pour vivre?

Donc oui, la littérature est une marchandise comme les autres, et oui, je suis d'accord avec Nog, l'évolution des goûts de la société vers des marchandises autres que celle-ci est assez parlant sur ce qu'elle est. Et la réflexion sur l'auto-édition s'y inscrit totalement: si aucune maison d'édition ne veut de mon manuscrit (parce que non rentable, parce que cela ne correspond pas aux goûts du marché, c'est ça l'idée qu'il y a derrière), et bien, je vais m'éditer moi-même, en plus, cela comporte l'avantage de limiter les intermédiaires (combien gagne un écrivain pour un livre vendu 20 euros?) et de re-responsabiliser et le producteur et le consommateur dans leurs choix (et le même débat se pose par rapport à la nourriture par exemple) et dans le processus de fabrication à tous les niveaux.
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