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Catherine Meurisse: La légèreté...

par jean-alain Baudry  il y a 3 ans
CATHERINE MEURISSE : LA LÉGÈRETÉ…
J’ajoute sans autorisation : « ou l’errance d’un survivant » … En fait d’une survivante de la tuerie de Charly Hebdo. Mon épouse avait vu l’interview de Catherine dans une émission télé. Elle avait décidé d’acheter son « livre » qui est un mixte de BD et de récit. Un récit en grande partie dessiné. Début juillet, en remplissant son panier de lectures pour l’été elle y ajoute « La Légèreté » en me disant : « ce sera pour nous deux, je suis sûre qu’il te plaira aussi. » Je l’ai lu un peu avant CE 14 juillet, encore une fois sous le signe des tueurs.
Deux premières pages d’aquarelles puis, déception, j’ai l’impression que c’est moi qui ait tenu la plume pour un graphisme simplissime. Je ne sais pas dessiner mais je caricature en deux ou trois coup de crayon une action ou un personnage que tous reconnaissent au premier coup d’œil. Au début, il y a des tas de décennies, je crayonnais sur des cartons d’emballages, le verso des feuillets mon imprimés. C’était les années du grand gaspillage que certains ont baptisé « les trente glorieuses ». Ensuite j’ai exercé mon talent sur le tableau blanc « pense-bête » de la cuisine que toute la maisonnée consulte en rentrant du travail ou de l’école. Bref, en ouvrant « la Légèreté » j’étais en pays de connaissance mais négativement.
Je continue, j’ai, depuis que je sais lire, l’habitude de commencer toujours par la première page sans « feuilleter ». Donc, je persiste. J’ai eu raison, Catherine diffuse petit à petit, comme une tisane bienfaisante, une philosophie, une culture artistique tant livresque que picturale et architecturale, sans compter les reproductions dessinées de statues antiques. Aussi une distanciation fine avec les réactions tout azimut. Une intelligence aigüe de la situation, hélas répétitive. Une recherche de ce que les psys appellent « la résilience », mot horrible à mon sens dans son « phrasé ». J’ai ce défaut, il y a des mots que je n’aime pas ! Ils ne me parlent pas, ce sont comme des idiomes étrangers. Et que Catherine nomme si joliment : « la légèreté » …
Au début donc, j’avais l’impression qu’elle ne « savait » pas dessiner. Erreur ! La suite laisse éclater son talent. Je m’aperçois que son trait « amateur » est une manière d’exprimer sa perception de notre insignifiance face à la beauté. Beauté qu’elle transcrit avec une exactitude quasi photographique. Du grand art !
J’aimerai qu’elle trouve une grande quantité de « lecteurs » sensibles à sa poésie, à la finesse de sa philosophie et la qualité de son graphisme et de ses aquarelles à l’encre de chine.
Jab, juillet 2006.


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