Inscrivez-vous sur Scribay...

...et retrouvez une communauté soudée par l'amour de l'écriture, le partage et l’entraide entre auteurs.

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de Scribay !
Image de profil de Gruik

Show do not tell ! OK, mais comment ?

par Gruik  il y a 1 semaine

Suite au commentaire (pertinent, merci) de @DLD@ sur mon texte dans le jeu du genre et de la plume, j'ai surfé un peu pour avoir quelques pistes sur la manière de faire.

Mais franchement je ne trouve pas ça si évident. Si vous avez des astuces ou des sites qui proposent des exemples ou des exercices, je suis preneur. Même en anglais.

Image de profil de Castor
Castor
je ne sais si cela peut t'être utile, mais l'une des astuces que j'utilise est d'essayer en me relisant de me demander comment est ce que le narrateur sait que...
par exemple :
"Christophe se mit à pleurer le dos tourné" (comment le narrateur sait qu'il pleure ?)
et je remplace par
"Christophe, immobile, dos tourné, demeurait muet. Des mouvements saccadés animaient ses épaules (...)"
ou par exemple :
"Christophe leva le nez vers moi. la timidité me submergea " (comment le narrateur sait que la timidité me submergea ? )
"Christophe leva le nez vers moi. Un mouvement irrépressible me poussa à tourner la tête pour ne pas affronter son regard. Le souffle coupé, j’essayai de faire entrer l’air dans ma gorge qui semblait enserrée dans un étau."
Image de profil de Gruik
Gruik
Intéressant, je vais essayer.
Image de profil de Stéph Loup'tout
Stéph Loup'tout
C'est vrai que montrer sans raconter n'est pas facile... d'autant qu'en vrai, dans un roman, on ne peut pas tout montrer, parfois il faut raconter ou faire raconter certaines actions à ses personnages, sinon l'histoire s'étalerait trop. De même, si une fois on décrit le reflet des rayons de lune oscillant dans des flaques d'eau, on peut imaginer que, dans un autre passage de l'histoire, on peut se contenter d'un "la lune brillait, nimbant les rues d'une lumière voilée" ou un truc du genre ^^".
Je pense qu'un exercice tout simple est de prendre une phrase banale qui décrit une action ou état (exemple : la lune brille, le bus démarre, il fait froid, elle a peur etc.) et de s'amuser à développer en se posant des questions. Si je prends l'exemple de la lune qui brille, je peux déjà me demander où le perso/narrateur regarde pour savoir si elle brille (au sol, voit son reflet dans les vitres des maisons, regarde dans le ciel et constate que la lune est haute etc.), qu'est-ce que cela lui fait (est-il triste, nostalgique, indifférent ?), l'ambiance et l'environnement (lumière qui a du mal à passer à cause du feuillage des arbres, nuages passagers, lumière qui éclaire un lac, des cadavres d'un champ de bataille, qui se réfléchit sur la lame d'une épée...). :) Dans l'exemple de "elle a peur" (et pour toute émotion/sensation en général), penser au fonctionnement physique du corps ; quand on a peur, on a tendance a avoir les entrailles qui se nouent, l'impression de se liquéfier sur place, on a des sueurs froides, des tremblements, du mal à respirer, le coeur qui s'affole, les larmes qui viennent, l'envie de fuir, on peut être paralysé, ne pas réussir à bouger, avoir les cheveux qui se dressent, une boule dans la gorge, la vision qui devient floue, les pensées qui s'embrouillent, ne sont plus cohérentes, on bredouille, les mots veulent plus sortir, on a parfois plus de voix... Tous ces indices qui montrent que le personnage a peur, tu peux les disséminer sur une, deux, trois pages en fonction de ton passage, faisant durer la peur justement, l'installant par petite touche. Le but est de faire ressentir cette peur au lecteur, en jouant sur les ressentis du perso, mais on peut aussi jouer sur l'ambiance (par une nuit sombre d'orage, dans une ruelle où plusieurs meurtres ont été commis, une flaque de sang par terre, des pas qui se rapprochent...). Alors qu'écrire "il fait nuit, il pleut, elle a peur", bah, c'est informatif, mais ça ne nous fait pas éprouver cette peur ^^" De même, s'il pleut, il faut décrire les bruits de la pluie, les odeurs que cela fait remonter, la sensation de froid et d'humidité que cela provoque etc. :)
En fait, à chaque fois, demande-toi comment tu pourrais distiller l'action/la sensation. La phrase informative peut être ta base, en gros la petite graine que tu dois ensuite arroser pour la faire devenir arbre. ;) Pour faire simple, interroge-toi sur le sujet de ta phrase informative (si je reprends l'exemple de la lune : elle est comment, croissant, demi, pleine ? elle est où dans le ciel ? est-ce qu'il y a des nuages ?), l'endroit où est ton perso/narrateur (s'il est dans un marais ou vers l'océan, la lune se reflétera dans l'eau, s'il est en train de s'entraîner à l'épée, la lune se reflétera sur sa lame, s'il est dans une ville, la lune pourra se refléter sur les fenêtres, éclairera les pavés, s'il est au milieu d'une forêt, la lumière lunaire passera difficilement, les ombres ondulantes des feuillages seront mouchetés d'éclats argentés etc.), et aussi interroge-toi sur le verbe (briller, d'accord, mais comment rendre compte de cet éclat ? le montrer se refléter sur une surface, faire que le personnage, en levant la tête, plisse les yeux ?).
Voilà, j'espère t'avoir un peu aider ^^"
Image de profil de Gruik
Gruik
Merci de ton aide. Je vais essayer tout ça.
Image de profil de Stéph Loup'tout
Stéph Loup'tout
Pas de quoi ! ;)
Image de profil de Gigi Fro
Gigi Fro
Sans exemple, c'est dur d'expliquer :) et bon je n'ai pas les billes non plus, mais je pense que c'est surtout de ne pas "dire au lecteur" ce qu'il doit penser/ressentir, mais de le transmettre via ton écriture. (Show, don't tell :P tiens, trouvé !). A titre d'exemple, ça avait été abordé dans la discussion sur le "méchant intelligent". Si ton narrateur dit "X était très méchant, et très intelligent" le lecteur va dire "OK, et donc ?" puis si la narration ne suit pas (les actions sont fades) le lecteur va se dire qu'on l'a pris pour un con (j'exagère). Tandis que si tu ne dis pas que X est méchant et intelligent, mais tu écris que X a volé la glace à un enfant qui s'est mis à pleurer et a attiré l'attention de Y et comme ça il a pu s'emparer des plans savamment gardés par Y. Bref, tu vois la chose ? Ton lecteur va se dire, ah ouais, le mec assure et n'hésite pas à faire du mal à un enfant (donc très méchant et très intelligent. Bon, vite fait vite dit XD
Image de profil de Gruik
Gruik
Haha, j'adore l'exemple, merci. ;-)
Image de profil de izuchux
izuchux
mais ce méchant de bac-à-sable ! XD j'adore.
Image de profil de Salaij
Salaij
Le podcast Procrastination a fait un épisode sur le sujet !
https://soundcloud.com/elbakin-net/s01e08-show-dont-tell?in=elbakin-net/sets/procrastination
J'espère que ça pourra t'aider :)
Personnellement, j'essaye de visualiser la scène par les yeux du personnage. Quand on entre dans une pièce par exemple, on ne liste pas tous les meubles mais les yeux vont en premier vers ce pourquoi on est entré dans la pièce. J'essaye d'appliquer ça à mes descriptions et d'avoir des descriptions qui suivent l'action, et pas qui l'encadrent (je ne sais pas si c'est très clair haha)
Image de profil de Ghost Hildly
Ghost Hildly
Toute la série des Procastinations d'Elbakin est à recommander. A travers leurs points de vue, on perçoit des conseils utiles quel que soit le genre, même si c'est un site spécialisé dans la fantasy.
Image de profil de Gruik
Gruik
Salaij Merci, j'y vais de ce clic.

Ghost Hildly je ne manquerai d'aller voir alors.
Image de profil de TeddieSage
TeddieSage
Mon astuce personnelle est de faire 20% d'exposition dans un chapitre, 40% d'actions et 40% de dialogues. Je sais que ça peut paraître simple, mais ce ne l'est pas vraiment parce qu'on doit souvent se relire au début et effacer ce qui n'est pas essentiel. Après un certain temps, on s'habitue. Enfin, pour mon cas, c'est ce qui est arrivé. Le moins d'éléments du contexte qu'il y a, moins les lecteurs s'ennuient lors de la lecture. Du coup, l'action en cours est beaucoup plus importante et les dialogues ajoutent au dynamisme d'une histoire. Quant au contexte, rien ne t'empêche de le répandre un peu partout à travers les chapitres qui suivront.
Image de profil de Cléo
Cléo
Hello Gruik et TeddieSage ! Ce sujet m'intéresse parce que j'ai un peu le même problème actuellement.

J'écris un univers relativement dense, et j'avais pris le parti de ne pas forcément expliquer TOUT dès les premiers chapitres pour éviter un effet Seigneur des Anneaux (vous savez, les 100 premières pages qui expliquent tout et qu'on saute parce que bon, nous on attend la bagarre avec les Nazgûls).

Sauf qu'au final, après retours des scribayens, j'ai l'impression de ne pas en dire assez pour la bonne compréhension du lecteur. Difficile à doser, tout ça !
Image de profil de TeddieSage
TeddieSage
Rien ne t'empêche d'écrire une encyclopédie avec le background, par contre et de le poster à part sur Scribay. Un livre qui se voudrait purement académique, alors que ton roman raconterait toute l'action de tes personnages principaux. Certaines personnes font ça.
Image de profil de Cléo
Cléo
Je pourrais peut-être faire ça oui, un résumé des familles et un glossaire, au moins haha. Merci pour le conseil !
Image de profil de TeddieSage
TeddieSage
Aucun problème. :)
Image de profil de Gruik
Gruik
TeddieSage Carrément tu prévois, je 'en suis pas là ;-) pour le moment je fonctionne plutôt au pif.

Cléo ça me rassure de ne pas être le seul ;-)
Image de profil de TeddieSage
TeddieSage
J'ai passé une décennie à jouer avec mon univers, du coup la prochaine fois, je prévois me préparer davantage. x_x;
0