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La démocratisation de l'écriture...

par Sonio  il y a 3 mois

On vit une époque formidable !

Au Moyen Âge l'écriture et la lecture étaient réservées à une élite restreinte ( bourgeoisie , clergé , notables...).

Le latin était enseigné par les moines copistes.

Les ouvrages rédigés en latin.

Sous la monarchie et la révolution française on tenait salons littéraires et philosophiques.

Ecrivains , philosophes , francs maçons , pouvaient débattre dans ces cercles fermés.

Aujourd'hui avec la généralisation du numérique et Internet tout le monde peut écrire , lire , éditer, partager, échanger, communiquer dans les pays démocratiques plus librement . ( plus difficilement dans les pays moins démocratiques .)

Ce cheminement a été long certes , mais cette évolution représente un grand progrès dans la communication et la démocratisation de nos écrits.

Et vous comment vivez vous au quotidien cette démocratisation de l'écriture ?

Je serais heureux de voud lire...

Merci !

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Erwan Barbedor
Plus que la démocratisation de l'écriture, le facteur clé aujourd'hui est la surabondance d'information.
Passer d'une société analphabète à une société où tout le monde sait lire est un pas, mais ce pas est minuscule, pour ne pas dire insignifiant, comparé au passage d'une société sans internet à une société avec internet.

C'est un outils formidable, mais qui dit trop de contenu dit bataille d'audience, et malheureusement les armes pour gagner cet affrontement ne sont ni la réflexion ni la pertinence...
Internet est un endroit où l'on ne discute pas, où l'on ne réfléchit pas ; les contenus les plus racoleurs s'enchaînent tandis que l'unique manière qu'ont les gens de communiquer semble être la seule expression de leur sentiment du moment...
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Oreleï
Une question, en passant. Et parce que c'est un mot qui est mis à toutes les sauces, notamment sur cette discussion, et que moi, pour vous comprendre, j'ai besoin qu'on parle de la même chose.
C'est quoi une société démocratique pour vous ?
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Erwan Barbedor
"democratie" vient des mots grecs demos (le peuple) et cratie (en lien avec le pouvoir).
A la base donc, une "société démocratique" est une société où le peuple a le pouvoir. Ce qui en soit est très vague, vu qu'il faut encore définir qui est "le peuple" - par exemples les grecques ne considéraient que les citoyens mâles - et qu'est ce que cela veut bien vouloir dire, "le peuple à le pouvoir".
Par exemple, dans une république, le peuple élit des représentant ; peut-on pour autant dire qu'il a le pouvoir, vu qu'il ne prend aucune décision? ça se discute.

Après, l'emploi du mot "démocratisation" veut, selon moi, juste dire "qui s'applique à l'ensemble de la population sans discrimination". C'est une manière jolie de dire "tout le monde".
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Oreleï
Erwan Barbedor
Personnellement, au delà de l'étymologie, j'adhère à la défini de Ricœur qui dit « est démocratique, une société qui se reconnaît divisée, c’est-à-dire traversée par des contradictions d’intérêt et qui se fixe comme modalité, d’associer à parts égales, chaque citoyen dans l’expression de ces contradictions, l’analyse de ces contradictions et la mise en délibération de ces contradictions, en vue d’arriver à un arbitrage. »
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Erwan Barbedor
Pour moi, on dépasse la définition de la démocratie ici.
Par exemple, si un citoyen:
- Met au jour un problème
- Étudie ce problème
- Propose une solution à ce problème
et que, unanimement, tout les autres citoyens sont d'accord avec lui, alors pour moi l'application de cette solution sera bien une décision démocratique.
Pourtant, ni l'expression, ni l'analyse, ni l'arbitrage n'ont été également répartis parmi les citoyens.
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Pepito Resk
"Le latin était enseigné par les moines copistes." que nenni. Les moines copistes copiaient. Parfois sans même savoir lire.

J'adore la notion de pays +/- démocratiques. ;-))

Mouha jadore le demomachin de la kriture. Jean profite(et role) tou lé jours.
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hersen
ouais, moi c'est comme toi, y a des sujets que j'aime mieux que d'autres;

l'écriture, c'est +/- la liberté.

salut Pepito; là, je suis morte de rire. Autant que toi.
Non ? tu pleures déjà ? je te croyais plus résistant.

Ah, c'est de rire !

On me dit jamais rien, à moi !
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Sonio
Petit à l'école tu copiais aussi sur ton voisin qui lui aussi ne savait pas lire et à peine écrire ...
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Pepito Resk
Pourquoi 'petit' ?
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Pepito Resk
Hello Hersen
Mais si, je te dis plein de choses. Lis bien (comme dirait Kadhafi ) : mouhahahahaha !

Sinon, ça roule ?
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hersen
Yeap.
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Castor
comment ça "pays +/- démocratiques", c'est quoi que c'est (i)allusion Pepito Resk ?
Ton gilet n'aurait-t-il pas déteint sur ton chapeau ?
Une salve de LBD ( Lien Bien Déniché) en représailles, non mais oh !
https://www.youtube.com/watch?v=UX2Kf1FlNMQ
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Pepito Resk
Quelques exemples de + de démocratie en retour :

https://www.youtube.com/watch?v=0n6FqUSi7BE

;~)
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Auteur inconnu
J'ai longtemps cru que la démocratisation de l'écriture et de la lecture était une très bonne chose. Cependant, avec les déraillements auxquels nous assistons quotidiennement, je me rend compte que l'écriture et la lecture, sans la profondeur du savoir, de la connaissance et de la réflexion ne sont souvent que des outils de propagande. De plus, quand n'importe qui peut s'exprimer n'importe où et n'importe comment, ça donne lieu à une belle foire! Les genres sont aujourd'hui totalement fluides. Il n'y a plus la fiction et le réel, il n'y a qu'une histoire... dont on ne sait jamais si elle est vraie ou pas... Je suis en Amérique alors peut-être que ça me donne un point de vue différent... plus amer... Vive les fake news quoi!
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Dldler
Et comment accèderions-nous à la profondeur du savoir sans savoir lire et écrire ? Je ne vois pas, même si je trouve que la génération montante apprend à se transmettre et partager des connaissances en se passant de plus en plus de la lecture et de l’écriture, et je trouve là une avancée peut-être majeure, mais ce sont souvent de jeunes connaissances. Pour les plus anciennes, la lecture est encore nécessaire.
Ensuite, les gens agissent, intéragissent, réagissent au monde qui les entoure, et ils le font avec leur moyens. C’est naturel, et c’est une chose de tous temps. À partir du moment où ils savent lire et écrire, oui, ils vont utiliser ces compétences pour favoriser leur choix. Et ce sont ces choix qui peuvent sembler futiles, incompréhensibles, incompatibles avec nos propres envies, nos propres choix. Mais je ne vois pas pourquoi certains auraient le droit inné d’apprendre à lire et écrire, et d’autres non.
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Auteur inconnu
Ce droit devrait venir avec la pratique de l’esprit critique. Mon propos ne vise pas à réduire un accès aux savoirs mais bien à l’élargir, car il semble qu’il a quelques lacunes depuis quelques quarante années. C’est peut-être un problème américain, l’éducation y étant un produit comme un autre et donc vendu très cher tout en offrant très peu.
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Dldler
J’ai du mal à comprendre votre idée, surtout ne m’en veuillez pas, je voudrais seulement vous la faire préciser. Vous dites je crois, qu’il faudrait n’apprendre à lire et à écrire qu’à ceux qui ont accès à la pratique de l’esprit critique ?
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Auteur inconnu
Mais où donc j'ai dit ça? Ce que je dis c'est que tout apprentissage de lecture et d'écriture devrait se faire avec la pratique de l'esprit critique. Quand on voit que des milliers de gens croient que la Terre est plate, que 62,984,825 Américains ont voté pour Trump, il y a de quoi se questionner sur le travail fait en éducation. C'est bien de le lire et de l'écrire, mais y réfléchir et tirer des conclusions adéquates est aussi un aspect important.
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Dldler
Sur cela alors nous pourrions nous rejoindre ?
—> maintenant que la lecture et l’écriture se sont fort heureusement démocratisés, ne nous arrêtons pas, c’est insuffisant. Développer l’esprit critique pourrait être une belle étape suivante puisque les outils sont en place.
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Andy Clarbann
Notons quand même qu'attribuer le désaccord politique de la moitié de la population à un problème d'éducation est une posture totalitaire. D'autant plus que les bases de l'esprit critique et de la réflexion sont bien évidemment fragiles chez l'anti-Trump moyen nourri intellectuellement à Hanouna et Barthès.
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Reidrev
C'est... Absurde^^ C'est le premier mot qui me vient a l'esprit pas absurde dans le mauvais sens du terme,bien sûr! Mais Tout part dans tout les sens sans beaucoup de contrôle. Tout et n'importe quoi peut être écrit.
Ça me donne l'impression que l'écriture a perdu l'incroyable pouvoir qu'elle avait a l'époque.
Ça me donne l'impression que les auteurs ont de plus en plus de mal a sortir du lot
Ça me donne l'impression que n'importe quoi se crée tout le temps des choses atroce et sans nom.
Ça me donne l'impression de la liberté.

C'est chaotique,c'est absurde,c'est injuste en bref : C'est Libre.

Et j'aime ça^^
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Sonio
Nous vivons dans une démocratie que beaucoup de pays nous envient ,les Chinois sont sous haute surveillance des autorités communistes , censure permanente.
Au USA, la NSA avec ses ordinateurs supers géants analyse tout et lit tout.
Alors en France , rêvons encore un peu librement.
Notre plume est encore libre !
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Reidrev
Tu est optimistes^^ Pour moi nous sommes surveiller constamment quelque sois le pays mais tu a raison.
Même surveiller nous somme libre^^
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Sonio
La preuve on communique ...
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Guillaume Roussard
Ca n'a pas sonné Reidrev ?
Si si je crois qu'on sonne à ta porte.
Pas d'inquiétude, ce doit être le facteur.

La surveillance est en soi un contrôle ( renseignes toi sur l'effet panoptique )
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Xavier Escagasse
La nsa surveille aussi l'Europe... ne reve pas. Et les notres ne doivent pas etre en reste, avec moins de moyen peut etre.
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Reidrev
Guillaume Roussard Je suis au courant ne t'en fais pas mais ce que j'entendais par libre c'est que même si nos informations sont utilisés nous avons le livre choix de nos actions sans (Du moins en France) de conséquences directes
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Guillaume Roussard
Je n'arrive pas a répondre. J'ai essayé. Trois fois. Je voulais parler des écoles druidiques qui refusaient l'écrit, des romains qui l'imposent, des monastères qui la transmettent. Du rôle des monastères et des invasions franques dans la construction de la France archaïque. Du français chez Ronsard. De la défense du latin par Budé. De l'opposition entre enseignement et réflexion à partir de la Réforme. Des placards depuis le XVIIe - pas besoin de savoir lire pour en subir les effets. De la diffusion de l'écrit par les marchands de livres ambulants au XVIIIe. De leur rôle dans la Révolution. De la négation de tout ce qui précède pour forger une République. De la franc-maçonnerie et des hussards noirs. Je voulais parler du rôle structurant de l'Encyclopédie et des journaux. De ces vieux cités par Gracq qui avaient 'leur livre'.
Je crois que je ne suis pas de ce monde où le mot démocratisation a un sens.
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Sonio
Merci !
C'est déjà une riche et belle réponse très cultivée.

Au passage la loi française défense d'afficher , loi du 24 juillet 1881 je crois de mémoire est toujours inscrite sur les murs des écoles primaires à Paris.
Une forme de censure étatique pour l'époque qu'on à laissé visible.
Étrange ?
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Guillaume Roussard
C'est pour celà que j'aime ce vieux pays. Chaque signe sur les murs, chaque pierre dans le sol relie à autre chose et donne matière à penser. Merci pour ce rappel, je crois qu'il a débloqué ce que je n'arrivais pas à exprimer. Ce 'Défense d'afficher' vient des placards, et de la longue lutte pour la liberté d'expression.
Mais quelle liberté d'expression ? A qui viendrait il l'idée d'afficher quoi que ce soit aujourd'hui ? Moins que de censure, nous avons un grave problème de contrôle social. On ne peut plus comprendre le pouvoir de l'affiche. Parole écrite, parole rare qui crée un espace où les gens se rassemblent, débattent et réagissent. Plaquée au mur, elle est un vivant défi à tous les pouvoirs. Embryon de drapeau, ferment d'émeute. Viva Verdi. US Go Home.
Qui aujourd'hui irait afficher quoi que ce soit entre des pubs pour Vuitton, et l'annonce de la prochaine nuit chauve ?
Et c'est ce qui me dérangeait dans ce concept de démocratisation de l'écriture. Moins la capacité de chacun à écrire et réfléchir pour s'élever que l'absence désormais d'un monde commun. Quel affiche retiendrait l'attention ? Moins qu'un problème de censure, nous avons désormais un problème de contrôle social. Mais c'est encore trop optimiste. Pour, être contrôlé il faut exister. Nous avons un problème d'inexistence sociale.
Ce qui nous ramène à l'écriture. On écrit pour chercher à se singulariser à tout prix, chacun cherchant sa propre voix, son propre chemin. Et nous ne produisons plus que du bruit blanc.
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Sonio
Les horribles Tags qui submergent les murs de nos villes , de nos quartiers , forme d'expression envahissante , subversive , sans respect du patrimoine historique , les quais de gares , les ponts des routes...
Est ce acceptable cette folie , cette frénésie, pour marquer un territoire illusoire.
Est ce de l'art ??? Une forme d'écriture peusdo artistique médiocre , une triste calligraphie sauvage...
Un cri de révolte, un mal être ?
Une offense urbaine ou rurale.
Cette mode made in USA !
Venue de New York...

Le street art est plus raffiné voir plus travaillé et élaboré, des fresques murales de hautes qualités sont parfois autorisées pour décorer un lieu urbain , une friche urbaine.
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korinne
Tout ce qui fait réfléchir, tout ce qui choc, dérange, gratte est de l'art... L'art n'est pas esthétique, il est subversif. Le reste c'est de la déco :)
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Guillaume Roussard
Ce n'est pas une définition très joyeuse. Surtout elle ne permet pas de distinguer le bon grain de l'ivraie, et elle pousse à l'indifférence et à la désinvolture. Quand il ne reste rien à subvertir, que fait on ? On brise les ruines, on brûle les cendres et on y plante au milieu des totems de la plus franche obscénité ?

L'art est ce qui éveille ou élève l'intelligence. Le reste, c'est de la barbarie.
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Oreleï
Sonio

C'est drôle comme lorsqu'on s'approprie un vocabulaire qui ne nous appartient pas on dit tout un tas d’âneries.

Le street art, c'est une dénomination qui regroupe plusieurs pratiques artistiques. En français, on dit l'art urbain. Dans les multiples pratiques artistiques que l'on retrouve dans la famille street art, on peut nommer :
- les affiches (JR est souvent rattaché aux affichistes avec ses collages de photos sur les murs)
- le pochoir (Blake le rat, Banksy, Miss Tic, RNST...)
- le sticker art (les autocollants collés par exemple sur les panneaux et autres mobiliers urbains)
- le yard bombing (en français, on dit "tricot graffiti" le fait d'habiller arbres et mobilier urbain de tricot)
- la mosaïque (Invader et ses mosaïques inspirées du célèbre jeu Space Invader, Ememem qui carrèle les trottoirs de Lyon...)
- le graffiti ou tag (auquel est souvent rattaché le pochoir !)

Ce que vous appelez tag et graff et que vous semblez différencier sont deux pratiques ayant la même origine. Le premier tag est identifié comme étant de "Taki 183" . Taki était coursier à New York dans les années 70, et avait pris l'habitude d'écrire au marqueur son surnom ("blaze") sur les murs des quartiers où il était passé. L'idée, comme de nombreuses pratiques des balbutiements de la culture Hip-hop (qui est bien une culture à part entière malgré ce que beaucoup de personnes pensent) était pour les jeunes du Bronx de dire au monde qu'ils existaient, qu'ils étaient là (je vous invite à faire des recherches sur le Bronx des années 60 et 70 avant de juger ces personnes). (d'ailleurs, tag et hashtag, vous le voyez le rapport à l'identité / l'identification ?) Petit à petit, Taki a été copié (surtout suite à un article dans le journal, en 71 je crois). Et comme l'humain souhaite toujours se démarquer, alors on est allé sur du plus grand, plus coloré, plus recherché.

Aujourd'hui, il ne s'agit plus seulement d'écrire son nom sur les murs. Les pratiques sont multiples, diverses, variées. Certains artistes/crew sont spécialisés dans le représentatif, d'autres dans les lettrages, les influences ont énormément évoluées, les techniques se mixent, se métissent, les fresques des années 70 et celles d'aujourd'hui n'ont plus rien à voir les unes avec les autres. Pour autant, elles sont toutes des œuvres d'art, même si elles ne vous plaisent pas (et peut-être surtout).
[particulièrement à l'époque de l'art contemporain où l'intention de l'artiste est au cœur même de l'œuvre]
Au hasard (ou pas !), regardez les œuvres de Microbo, OBAD, Psyckoze, RNST, Miss Tic, l'expo Le Tag au Grand Palais, Lasco 69, Shepard Fairey, Petite Poissone...

(Guillaume Roussard, lors de votre prochaine balade en ville, je vous invite à lever la tête, regarder les murs, les wagons, les poteaux, les bancs publics... je vous assure, vous verrez plein de choses ;) )

C'est marrant, parce que l'art pariétal, c'est à dire l'art sur les murs, c'est pas nouveau. Sans rattacher à la préhistoire, dont il est extrêmement difficile de prouver le statut des œuvres (on commence tout juste à nommer les peintures préhistoriques "œuvres" et les peintres préhistoriques "artistes"), mais dans l'histoire, cela a toujours existé. Il n'y a qu'à voir dans les vestiges de Pompéi...
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korinne
Moi j'habite à quelques kilomètres de la villa médicis du street art, et je vous assure que ça vaut le coup d'oeil. L'avantage c'est que là, les artistes qui viennent en résidence savent que leur travail sur le site ne sera pas effacé avec le bâtiment :)
https://www.street-art-city.com/

Ce que je trouve noble dans le street art, c'est qu'il est donné à voir à tout le monde, il n'y a pas que les musée (où beaucoup ne vont jamais...) que l'art a sa place, au contraire.
Après, bien sûr, il y a des gens qui vandalisent et ça ce n'est pas la même chose... que voulez-vous, le monde n'est pas parfait :)
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Sonio
Le Street Art est une forme d'expression artistique démocratique bien sûr il faut respecter certaines règles environnementalles...
Par contres les tags sauvages sont un fléau urbain et même rural...
Chacun dans les cités ou ailleurs sur les ponts , les murs des immeubles voulant marquer de sa griffe , de sa patte son territoire...
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Oreleï
Sonio, les tags sauvages sont l'essence même d'une très grande partie du street art.

korinne, la frontière entre vandalisme et œuvre d'art est très subjective. Là je suis sur mon téléphone et c'est galère, mais j'essaierai de trouver demain des exemples d'oeuvres d'art de rue qui sont du vandalisme et n'en sont pas moins des œuvres d'art :)
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korinne
Subjective, c'est vraie... Je me souviens de la seule fois de ma vie ou j'ai mis du pognon sur une voiture, c'est la seule qui c'est pris un vilain coup de bombe de peinture :D ... ça m'a bien fait râler sur le moment... et puis j'ai réfléchi et j'ai souri (j'avoue que la peinture est parti assez facilement avec je ne sais plus quel produit et de l'huile de coude)... Je n'ai plus roulé qu'avec des poubelles... Si au moins ça avait été un dessin, un mot, je l'aurai peut-être pas effacé... mais vraiment on voyait que ce n'était qu'un trait à la bombe, sans doute fait par les gamins du village... qui, va savoir; sont-ils devenus des artistes contemporains :))) C'est ce que j'appelle du vandalisme :)
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Oreleï
Oups, j'avais pas rendu aunbon ensemble quand je disait que le vandalisme étaient une question de moi de vue. Je mets des exemples demains ;-)
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Oreleï
Alors, Art ou Vandalisme ?

- Farewell « Bandes de pub »
https://vimeo.com/92609964

- Farewell « de l'ombre à la lumière »
https://vimeo.com/122499565

- Farewall « Vélibre »
https://vimeo.com/105586432

(Bon, d'accord, j'aime vraiment beaucoup le travail de Farewell ;) )

- Obey Giant
https://www.blog.stripart.com/wp-content/uploads/2013/11/street-art-Shepard-Fairey-Obey-18-Obey-Giant1.jpg

- GBR Crexw
https://www.arte.tv/fr/videos/072993-001-A/5-minutes-with-gbr-crew-1-2/
https://www.arte.tv/fr/videos/072993-002-A/5-minutes-with-gbr-crew-2-2/

- HOPE
https://www.arte.tv/fr/videos/072993-005-A/5-minutes-with-hope/

- Petite Poissone
https://payload.cargocollective.com/1/4/152814/5759877/IMG_20181204_224754_685_595_595.jpg
https://payload.cargocollective.com/1/4/152814/5759877/poeme_595.jpg
https://payload.cargocollective.com/1/4/152814/5759877/_MG_1608_retouche_595.jpg


- https://www.francetvinfo.fr/monde/europe/une-mairie-anglaise-efface-sans-le-savoir-une-oeuvre-de-banksy_1700551.html

- Cette anecdote est sans doute ma préférée :
https://www.sudouest.fr/2016/02/27/la-mairie-de-reims-commande-une-oeuvre-de-street-art-puis-l-efface-par-erreur-2285994-4776.php

Pour moi, il va sans dire que TOUTES ces œuvres sans exception sont des œuvres d'art.
Pourtant, du point de vue de JC Decaux et des publicitaires, "Bandes de pub" est du vandalisme ; Du point de vue la RATP, "de l'ombre à la lumière" peut-être considéré comme vandalisme (+ effraction !) ; "Vélibre" est aussi du vandalisme (destruction de bien) ; Du point de vue des compagnies de trains, les vidéos de Hope et GBR Crew sont également du vandalisme. On est ici dans le pur graffiti illégal, avec tous les risques que cela comporte, et cette part de risque fait aussi partie du jeu, ça fait partie de l'âme de l'œuvre, de ce qui la rend belle ; tout comme le fait qu'elle soit éphémère, et appelée à être effacée ou recouverte.
Les stickers Obey Giant de Shepard Fairey sont l'un des trucs les plus incroyables et marquants de l'histoire du street art, un mouvement qui a pris une ampleur internationale, pourtant, c'est du vandalisme ! Et sans cela, Shepard Fairey ne serait peut-être pas l'artiste si connu qu'il est aujourd'hui...

Le maire qui fait effacer un Banksy est magique. C'est du vandalisme raciste (cela montre bien le niveau de lecture de l'élu et de la population locale ^^) jusqu'à ce qu'un nom soit apposé dessus : le nom de Banksy transforme aux yeux du maire un acte de vandalisme en œuvre d'art. Paradoxe que l'artiste combat dans sa démarche artistique.

Idem avec l'anecdote de Reims : C215 fait parti des grands noms du graff', si son œuvre est commandée et légale, elle est considérée comme œuvre, si elle est illégale, elle doit être effacée. Ce qui est marrant ici, c'est que la place/le statut de l'œuvre n'est pas questionnée via le prisme de l'esthétique, du talent, de je ne sais pas quoi, mais simplement via le prisme de sa légalité ou non : la mairie demande d'effacer les tag, les agents effacent tous les tags, sans discernement.


Si j'aime le street art, c'est non seulement parce qu'il place l'art dans la rue à portée de tous, mais c'est aussi parce qu'il nous bouscule, bouscule les codes de l'œuvre d'art et remet sans cesse en question nos préjugés et nos prismes d'approche. Le street art est aussi une manière de se (ré)approprier l'espace public. Et ça aussi, je trouve ça chouette :)
Lorsque je me balade en ville, je ne peux m'empêcher de rester le nez en l'air, à la recherche du moindre coup de peinture, affiche collée, mosaïque... de m'arrêter sur le poteaux pour lire et regarder les stickers, comprendre pourquoi ils sont là, m'interroger sur la place de ces œuvres dans la rue.
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Sonio
Une œuvre d'art doit être avant tout , respectueuse du support ou elle s'impose et s'affiche , souvent sans respect du lieu existant.
Ex: Tags sur les boîtes des bouquinistes
à Paris , sur les murs des MH ? Sur les devantures des commerces ?
Paris gare de Lyon triste spectacle avant l'entrée en gare...
Le retraité qui à repeint le crepis de son pavillon de banlieue à grands frais et le lendemain voit ses murs tagués sauvagement ou est le respect du bien d'autrui et ou est l'art ?
Tag sauvage =Expression d'un mal-être , d'un cri existentiel peut-être ? d'une révolte...
On s'interroge...
Autre exemple :"
Quand on arrive sur l'autoroute à l'entrée de Grenoble , on aperçoit presque partout des tags médiocres sur les ponts , les murs cela est dévalorisant pour l'urbanisme et le coté touristique...
À l'entrée de Marseille sur A7 se sont les rochers des falaises qui sont tagués ?
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Guillaume Roussard
C'est amusant que le débat ait glissé de l'écriture vers le graphe. De l'expression construite vers la simple manifestation d'une présence ou à la posture esthétique.
En fait, la situation est la même sur la culture en général. Il y a ceux qui y participent et ceux qui s'en excluent, volontairement, et développent leur propre référentiel de codes.
J'ai toujours préféré l'ouvrier qui va peindre un train au clampin qui y mettra un coup de stylo.
Aucun de ces deux là, d'ailleurs, ne fait de l'art.
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Sonio
Alors la question qui vient à l'esprit :" qu'est ce que l'Art ? "
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Guillaume Roussard
Vous avez trois heures...
*cogite*
L'art est ce qui éveille ou élève l'intelligence. Le reste, c'est de la barbarie. ( cf supra )
*prend un air satisfait*
[Le lecteur, en apparté] prétentieux...
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Sonio
En Australie les Aborigènes qui ont peint les cavernes au temps du rêve étaient de véritables artistes...
Si on on fait un bond dans les siècles les crobs circles sont une forme d'art et d'écriture scientifique très évoluée par la portée universelle de leurs messages géométriques et codés .
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Sonio
Quand je regarde la Joconde de leonardo di Vinci , est ce que mon intelligence est plus éveillée ou plus élevée ?
Je dialogue avec la toile , le tableau, le sujet...la Joconde.
Le mystère s'installe dans un espace temps intemporel.
La Joconde me délivre des secrets que je suis seul dans cet instant unique à entendre et comprendre.
Quand je regarde un Stradivarius véritable œuvre d'art , est ce que mon intelligence est plus éveillée ?
J'admire un bel objet de musique, qui donnera toute sa magie dans les mains d'un virtuose violoniste.
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Guillaume Roussard
Alors, en ce qui concerne les temps du rêve, celà rentre complètement dans ma définition. Il s'agit d'inscrire sur le sol une philosophie mystique. Un peu de lecture sur le sujet : http://www.internetactu.net/2017/10/31/lart-de-la-memoire-hors-doccident/
On est dans une relation à l'espace qui relie l'espace mental et l'espace physique. Ce que l'on voit ramène à ce que l'on sait.
Il peut y avoir une part artistique dans le street art. L'immense majorité ne dépasse pas le stade de la simple technique. C'est joli certes. C'est parfois le porte voix d'idées politiques bien-pensantes, mais ce n'est pas de l'art. Ce n'est toutefois pas spécifique au street art, c'est le cas de toute pratique culturelle.
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Sonio
On pourrait ajouter une approche spirituelle et chamanique.
Un art chamanique en relation avec l'autre monde.
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Oreleï
@Sonio, le tag sauvage, c'est l'essence même du tag ou du graff ou des fresques, appelez ça comme vous voulez puisque c'est la même chose !! Aucun graffeur (re)connu n'a débuté sa carrière dans une galerie ou dans un atelier d'artiste.
Un exemple, le premier nom d'artiste de Jean-Michel Basquiat était SAMO et ses premières œuvres, considérées par les spécialistes comme des œuvres d'art, étaient ce que vous considérez comme du vandalisme sans aucun intérêt http://basquiatjm.free.fr/Ancien/Nouveau%20dossier/Art/1970.jpg ou encore http://basquiatjm.free.fr/Ancien/Nouveau%20dossier/Art/1979_sm.jpg

@Guillaume, c'est Sonio qui a opéré ce glissement quelques messages plus haut. Et comme c'est une question qui me tient à cœur, pas pu m'empêcher de (sur)réagir.
Pourquoi opposer l'ouvrier et l'artiste ? L'ouvrier et "le clampin" ? Le clampin et l'artiste ? Pourquoi dire qu'un ouvrier n'est pas un artiste ? Est-ce systématique ?

"On est dans une relation à l'espace qui relie l'espace mental et l'espace physique. Ce que l'on voit ramène à ce que l'on sait." Moi je vois / ressens cela dans un grand nombre d'œuvres de street art : le rapport à l'espace urbain, à l'individu au sein de cet espace, le rapport entre la personne et le collectif... Il y a beaucoup de chose qui peuvent être reliées dans les œuvres de street art et trouver raisonance/résonance avec l'observateur.
Je pense par exemple aux œuvres de Seth https://i1.wp.com/streetart360.net/wp-content/uploads/2017/11/paris-13-street-art-seth-globepainter-10.jpg?fit=3264%2C4896&ssl=1
https://seth.fr/portfolio/monterrey/

Sur ce, je suis navrée de devoir vous abandonner et retourner travailler !
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korinne
Merci Oreleï pour tous tes liens : je connaissais pas Fareweel, c'est le top (le roi des gilets jaunes en plus :D) !
Oui c'est de l'art, rien que leur démarche le prouve. L'artiste doit bousculer, déranger, sinon c'est juste un bon technicien, un artisan, et il en faut, mais c'est pas pareil. Les grapheurs sont, à mon humble avis, actuellement les seuls vrais artistes libres et ça emmerde tout le monde.

L'urbanisme Sonio moi je trouve ça moche, ça défigure la nature, alors quelques mots à la sauvage ça change pas grand-chose. Mais ça fait peur : il y en a qui se rebiffe !!!

La Joconde, moi, elle me laisse de glace, comme beaucoup d'oeuvres accrochées dans les musées et qui valent une fortune... Peut-être parce qu'elle valent une fortune d'ailleurs. Mais bon, chacun ses goûts, chacun son avis et surtout du respect. L'art, le vrai, toujours pour moi, si il élève ou éveil l'intelligence c'est avant tout par son côté "politique" (au sens noble du terme, hein) que se soit par la démarche ou sa représentation et dans une vraie démocratie l'art ne devrait rencontrer aucune limite :))
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....
Parfois ça me donne l'impression que tout le monde croit avoir des choses intéressantes à dire. Alors que non.
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Sonio
Et pourtant c'est très enrichissant de communiquer avec le monde....
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Ca dépend.
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Jasmin Kelzief
Hmm… Pas forcément très bien étant donné qu'elle manque de réel. Elle se cantonne encore beaucoup trop au virtuel. Personnellement, j'aimerais que se mettent en place de vraies associations à l'ambiance familiale ou communautarisante.
On a ça dans le théâtre et le cinéma, pourquoi ça manque à ce point dans l'écriture ? Je rêve de plein de petites communautés sur le modèle Dada moi ahah
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Sonio
Merci de ta reponse.
Il existe des petits ateliers d'écriture mais celà reste limité à un quartier ou village , internet offre d'élargir le cercle au monde entier.
De Tombouctou à Sydney , de Sydney à Tokyo , de Tokyo à Tourcoing , de Tourcoing à Isles-les -Meldeuses ..dans l'instantané et un temps record avec la fibre optique.
Les écrits les idées circulent à la vitesse de la lumière presque.
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Totoj
C'est vrai, mais contrairement au théatre ou au cinéma où il faut être à plusieurs pour le réaliser, l'écriture lui n'en a pas besoin. En tout cas, beaucoup moins que les deux autres. De plus, l'auteur a plus envie d'être dans son monde et ne pas être dérangé pendant qu'il écrit son histoire sur le papier (ou le pc).
Je pense aussi que écrire est encore un "tabou" (si on peut appeler ça comme ça) auprès des autres. Il y a donc 2 choix, soit on reste seul ou soit on rencontre d'autres auteurs. Comme dit @Sonio, c'est souvent au plus près et donc local.
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