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Les quêtes

par Stéph Loup'tout  il y a 4 mois

Bien le bonjour à vous ! :)

Comme vous le savez déjà, les quêtes font partie intégrante d'un récit de fantasy (ou même des contes), si bien qu'il est presque impossible de lire un roman de fantasy sans qu'une quête ne montre le bout de son museau, à un moment ou à autre du récit. Généralement la quête sert d'enjeu principal à l'histoire mais, parfois, elle ne vient qu'après, comme un élément secondaire qui doit permettre au(x) héros d'atteindre son/leur but principal.

Or donc, ces fameuses quêtes peuvent être multiples :

- Recherche d'un objet/d'une arme magique

- Recherche d'une personne ou d'un peuple (magicien, déesse, elfes etc.)

- Recherche d'un lieu

- Recherche d'un animal (légendaire ou non)

- Recherche d'une vérité (sur l'origine du monde, de la magie, de la vie, sur l'identité d'un personnage historique mystérieux...)

- Découvrir de nouveaux territoires, cultures

- Recherche d'une connaissance précise (immortalité, jeunesse éternelle, intelligence suprême, magie ancienne, vieux langage à reconstituer, danse, prière pour apaiser un dieu oublié...)

- Recherche d'un passage vers un autre monde/pays

- Recherche d'un remède/d'un sort de guérison

- Recherche d'une fin (bout du monde, bout du ciel, bout de l'horizon, de l'autre côté de montagnes/océans infranchissables...)

- Recherche de différents ingrédients/reliques pour une potion/un rituel particulier

- Recherche de différents éléments pour un livre de plantes, compléter une biographie, une carte...

- Recherche d'une force disparue (magie, feu, divinité, alchimie...)

Ces quêtes peuvent avoir plusieurs raisons/buts :

- Sauver le village/pays/monde du héros, menacé par une catastrophe, une armée, un seigneur des ténèbres

- Sauver une personne ou des personnes proche(s) du héros (son roi, son ami, sa fille, sa soeur, son cousin, son oncle, les habitants de son village, son peuple etc.)

- S'enrichir (dans le cas où le/les héros cherche(nt) un objet/arme magique/peuple rare comme dragons ou elfes/personne recherchée par une autorité dans le but d'obtenir une récompense...)

- Protéger une personne dont le héros à la charge (prince, noble, dernier représentant d'une espèce, roi, magicien au pouvoir pas encore maîtrisé...) (le héros peut donc décider que le meilleur moyen pour protéger cette personne est de se rendre dans un lieu précis ou de retrouver un peuple ou un arme capable de les défendre contre leurs ennemis)

- Satisfaction personnelle (on ne la retrouve presque jamais, cette raison-là, sauf pour les personnages secondaires, qui accompagnent le héros parce qu'ils n'ont rien de mieux à faire et que ça les amuse... perso, je pense qu'un héros peut aussi se lancer dans une quête parce qu'il s'ennuie et qu'il veut s'amuser un peu ^^)

- Gloire et honneur (afin de laisser son nom dans l'histoire, d'avoir de la reconnaissance, être digne d'accéder au trône ou à un rang prestigieux etc.)

- Écrire une histoire du monde/pays/cartographier le monde/pays/lister toutes les plantes/pierres/nuages existants, ce qui fait que le/les héros voyage(nt) dans le monde/pays entier afin de rassembler toutes ces connaissances

- Obtenir l'immortalité/la jeunesse éternelle/vaincre sa propre mort

- Ramener une personne ou plusieurs personnes à la vie

- Découvrir un secret précis/une vérité sur l'identité du héros ou sur le monde en général ou encore la magie

- Obéissance et loyauté à une personne que le héros admire/sert (genre si son roi lui demande d'aller trouver la licorne à cinq pattes et trois fesses, bat le héros, même s'il ne croit pas aux licornes, va y aller quand même car c'est un ordre XD de même si c'est un dieu ou tout autre entité surpuissante)

- Vengeance (à ne jamais sous-estimer celle-là ! ^^ un héros peut donc très bien aller chercher un ancien dieu, un dragon ou une arme surpuissante juste pour réduire en miette son ennemi, reprendre son trône ou la fille/le garçon qu'il aime ^^ (à noter que depuis tout à l'heure je parle du héros au sens large, ça peut donc aussi être une héroïne, hein ! :p)

- Remonter le Temps pour revenir à une époque, réparer une erreur...

- Guérir de sa propre infirmité (aveugle, muet, sourd, bras en moins, sans magie etc.)

- Soumettre un peuple à son joug (bah oui, une quête, ça concerne aussi les anti-héros ^^)

- Détruire le monde (parce que ça peut être cool, de vouloir détruire le monde, juste pour être le premier à le faire ! :p )

Bref, il y a plein de quêtes possibles et de raisons possibles à ces quêtes. Seulement, dans les livres de fantasy, on retrouve souvent les mêmes quêtes entreprises pour les mêmes raisons (la fameuse quête de l'arme magie, souvent une épée du reste, qui doit sauver le royaume, la quête du peuple disparu qu'il faut retrouver car eux seuls peuvent aider/sauver le pays/le roi/le héros lui-même...). Et vous, quelle quête aimeriez-vous suivre dans un livre ? Quelle quête écrivez-vous ou aimeriez-vous écrire ? Et à part toutes celles que j'ai déjà citées, vous en voyez d'autres des quêtes et des raisons à ces quêtes ?

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Auteur inconnu
Il semble (selon ce que j’ai vu, du moins) que la plupart des gens qui lisent de la Fantasy sont bien contents avec la même vieille rengaine. Qu’ils viennent à la Fantasy pour le confort, la nostalgie, pour s’évader de l’horrible et épouvantable réalité qu’ils sont incapables de digérer. Si on en juge que par le succès des œuvres dites mainstream, ce n’est pas l’originalité que la majorité du lectorat recherche, encore moins la variété.

Mais si on s’attarde sur les types de quêtes, je crains qu’on se concentre sur le mauvais aspect. Ce n’est pas la structure et le but qui importent, c’est la façon dont l’histoire est racontée. La quête la plus banale sur papier peut être réécrite et paraître nouvelle et innovatrice, entre les mains d’un bon écrivain. Et selon moi et mes préférences, ce n’est pas la quête qui importe, mais les personnages qui y participent, et le fait que tu pousses le lecteur à croire que c’est réellement le personnage qui décide et qui agit de sa propre volonté, et non pas car il doit suivre un format préétabli dans le genre. Puis si tu te sens vraiment intrépide, tu peux créer une histoire entièrement basée sur l’indépendance des personnages, qui ne suit aucune réelle quête définie et qui n’adhère pas à la structure des trois actes.
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Stéph Loup'tout
En effet, et je déplore ce manque d'engouement des lecteurs pour l'originalité en fantasy. ^^

Après, il est évident qu'un bon écrivain pourra toujours écrire d'une manière nouvelle une quête et que l'important dans le fond, ce sont les personnages. Mais la quête, tout comme la prophétie ou encore le combat final avec le méchant, est l'une des marques de la fantasy. Alors oui, on peut créer des chemins et des évolutions de personnages, on peut les faire s'émanciper de leur quête... mais pour cela, il faut bien qu'il y ait une quête à la base, non ? :) Après, je parle de quête dans le sens le plus large, le héros qui va aller chercher une potion à perpette les oins pour guérir sa grand-mère d'une mauvaise toux, bah c'est une quête aussi, et en chemin il peut rencontrer des personnages qui lui donne envie (ou pas) de sortir un peu de sa campagne ou de s'engager pour une cause ou de voyager etc.
Alors oui, si je tombe sur un roman avec des héros étranges et farfelus qui doivent trouver une épée magique pour que le seigneur troll arrête de pisser sur les tomates du potager royal, je risque de l'acheter pour le lire.
D'un autre côté, si je tombe sur ce même groupe de héros farfelus qui partent de leur plein gré à la recherche de la magie qui a déserté leur cœur/pays, je l’achèterai aussi, car ce n'est pas un but que l'on retrouve souvent. Le plus important, c'est bien sûr le message que l'auteur fait passer à travers son histoire et ses personnages, mais par exemple, partir à la recherche du Roi Nuage ou d'un château invisible, cela apporte une autre dimension à l'histoire que juste l'épée magique. C'est poétique, je trouve, beau, magique. Perso, j'ai tellement lu d'histoires où les héros trouvaient des épées magiques et surpuissantes que moi ça ne me donne même plus envie d'aller en chercher une, même si un vieux magicien débarquait dans ma cuisine et m'affirmait que c'était mon destin. Mais partir en quête d'un château invisible, pour reprendre mon exemple, cela me tenterai, car je n'ai pas lu d'histoires sur une telle quête, j'aurai l'impression de partir avec les personnages pour une quête inédite. Peu importe dans le fond qu'ils la réussissent ou pas, que finalement ils décident de l'abandonner ou bien de persévérer jusqu'au bout... L'impulsion de départ est là, c'est beau, un château invisible, ça change, et comme c'est invisible, on se demande comment ils vont le trouver, dans quel but etc.
Et puis après, ça peut, comme tu l'as dit, être une non-quête aussi. Genre un personnage qui refuse de se soumettre à la requête (haha) de son roi ou d'une prophétie et décide de suivre sa propre voie. Je me souviens avoir inventé une petite nouvelle où un prince des ténèbres très maléfique se voyait désigné par une prophétie pour être le héros qui sauverait le monde du prince des ténèbres... autrement dit lui-même, et qui passe toute l'histoire à essayer de démentir cette fichue prophétie tout en essayant de se convaincre qu'il est vraiment maléfique et qu'il ne sera donc jamais un héros... xD
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Auteur inconnu
« Alors oui, on peut créer des chemins et des évolutions de personnages, on peut les faire s'émanciper de leur quête... mais pour cela, il faut bien qu'il y ait une quête à la base, non ? »

Ça dépend. Dans ce cas, quête est synonyme de trame narrative, ce qui englobe la vaste majorité des histoires de Fantasy. Mais il existe des récits plus axées vers le picaresque, qui sont surtout l’étude de quelques personnages et leurs interactions, et qui par manque de trame s’appuient surtout sur une psychologie forte, une prose dense et des thèmes importants et approfondis. Ils sont l’exception à la règle, le plus populaire étant sans doute Gormenghast. Même ceux-ci, cependant, ont souvent un semblant d’histoire, tout comme la vie réelle, à bien y penser, mais ils le gardent au strict minimum.

« Alors oui, si je tombe sur un roman avec des héros étranges et farfelus qui doivent trouver une épée magique pour que le seigneur troll arrête de pisser sur les tomates du potager royal, je risque de l'acheter pour le lire. »

Je l’achèterais aussi, en toute honnêteté. Ça sonne comme une excellente parodie.

« Le plus important, c'est bien sûr le message que l'auteur fait passer à travers son histoire et ses personnages, mais par exemple, partir à la recherche du Roi Nuage ou d'un château invisible, cela apporte une autre dimension à l'histoire que juste l'épée magique. »

Tout à fait d’accord. Moi aussi je me lasse de l’épée magique. Je n’ai rien contre sa présence, mais tout contre son usage trop souvent botché. L’épée magique est, comme n’importe quel autre objet enchanté d’importance dans une histoire, un symbole. Ce symbole doit être intégral au personnage qui la manie, et doit faire partie de la narrative et des thèmes abordés.

Si le protagoniste est un sociopathe qui tue sans pitié avec son épée nommée « Justice », et que pourtant la narration s’efforce de me dire qu’il est bon et moralement sain, j’ai un problème. Ça créée une vraie dissonance, au sens où si un personnage la manie, ça les rend automatiquement « corrects », toutes leurs actions justifiées, et ça permet à l’auteur d’être paresseux et maladroit avec son texte.

J’ai aussi un problème à cause de la répétitivité de ce cliché. On dirait que ce sont toujours les mêmes épées, les mêmes tombes anciennes, la même sorte de cérémonie où des armes magiques sont données aux personnages. L’épée est magique parce que, parce que, et elle fait des choses magiques (trop souvent pour faciliter l’histoire, un « plot device »).

L’usage de ce cliché est donc très risqué, mais il est possible de le rendre intéressant. Par exemple, d’un livre dont j’ai oublié le nom (je le jure), l’épée est un réceptacle qui absorbe les âmes. Si tu tues une horde de gobelins, tu dois t’assurer de tuer une horde de personnes ou de créatures bienveillantes, sinon quoi l’épée deviendra maudite et se tournera contre son propriétaire. Et cette histoire avait un Seigneur des Ténèbres qui devait être tué. Le conflit et le drame s’écrivaient d’eux-mêmes.

« L'impulsion de départ est là, c'est beau, un château invisible, ça change, et comme c'est invisible, on se demande comment ils vont le trouver, dans quel but etc. »

C’est vrai que c’est plus intrigant et titillant comme concept que « Va chercher un bout de métal enchanté, quelque part ». Ça permet beaucoup plus de spéculations : à quoi ressemble le château? À quoi servait-il? Qui l’habitait? Quand a-t-il été bâti? Qu’est-ce qui se trouve à l’intérieur? Pourquoi a-t-il été abandonné?

C’est un peu une épée à double-tranchant, cependant, car si tu laisses les attentes du lecteur monter au plafond, et que tu livres quelque chose à la hauteur du plancher, tu déçois.
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Vis9vies
Les quêtes que je préfère sont celles qui sont à la recherche d'un moyen de s'en sortir ;)
OK, c'est vaste ;)
Mais ça s'adapte à la fantasy, au polar, aux contes, aux biographies, à toute littérature en fait ;)

En réalité nous menons tous la même quête de fond : comment sortir vivant de sa vie. Dur, dur, sachant que personne n'y est jusque là arrivé ^^
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Auteur inconnu
Sortir vivant de sa vie? Quelle drôle d’idée. Évidemment que personne n’y est arrivé, si tu ne considères pas la mort comme une partie intégrale de la vie.
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Stéph Loup'tout
Moi je trouve que c'est beau et intriguant comme formulation :) Peut-être parce qu'au final, nous mourrons avant de mourir, étouffé par les regrets, le manque de temps, le désir de vivre encore plus longtemps ? Qui peut jurer que sur son lit de mort, il fermera les yeux en souriant, car il aura vécu tout ce qu'il voulait vivre et partira sans regret aucun ? On pense toujours que c'est trop tôt, encore un peu plus... et du coup ça mène à la quête de l 'immortalité, de la jeunesse éternelle. J'aimerai beaucoup sortir vivante de ma vie :) à voir si je réussirai là où tant d'autres ont échoué ! ;)
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Auteur inconnu
Je pourrais mourir maintenant sans regret, personnellement. Juste à voir l’état pitoyable de Dracula dans ma jeunesse, j’ai vite compris que l’immortalité est une malédiction. Il ne faut pas craindre la mort ni gaspiller son temps à regretter; il faut accepter la nature des choses et apprendre de ses erreurs. Il est naïf de croire que l’immortalité est bonne ou valide, car d’être immortel va à l’encontre des fondements mêmes de tout ce qu’on connaît et comprend de ce monde. Ça viole le cycle de naissance et de mort.

Tu peux vivre longtemps, plus longtemps que tous les humains sur la terre, mais un jour ou l’autre, le soleil s’éteindra, la terre frappera un astéroïde immense, toute vie sur notre galaxie cessera. Ou peut-être que l’univers cessera soudainement d’exister, pour aucune raison, car il n’avait pas de raison pour commencer à exister non plus. La mort viendra toujours, sans exception. Certains peuvent trouver un certain plaisir à l’éviter, mais c’est un plaisir éphémère, temporaire, qui n’a de réelle valeur qu’aux casse-cous.

Puis ce n’est pas une question de vivre tout ce qu’on veut vivre, parce qu’un tel choix n’existe pas. On vit ce que l’on vit, point. Et on se souvient des bons moments, tout en aspirant à meilleur. Si on atteignait ce « meilleur », ça deviendrait pire, car on n’aurait plus rien à atteindre. Poursuivre un rêve est plus plaisant que de le réaliser. Ceux qui le réalisent ne peuvent qu’espérer en avoir un autre à suivre, le temps que le compteur s’écoule et que vienne le moment de dormir sous terre.
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