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Les langues régionales

par Sonio  il y a 3 semaines

Les langues regionales sont une richesse culturelle de la France.

Avant que la langue française monopolise tout notre territoire hexagonal , chaque region avait son patois , son dialecte , sa parlure.

Langue bretonne, basque , corse , d'occitanie...

En 1806 mr Charles Coquebert de Montbret directeur du ministere de l'intérieur en fit le recensement ( ref: Essai sur la géographie de la langue française )

Quand j'etais enfant en Vacances dans le Finistère sud du côté de Plonevez Porzay , j' entendais les accents melodieux de la langue Bretonne.

Quand j'allais en Corse aussi ...

Ces langues régionales m'ont toujours fascinées et imprégnées de sonorités différentes et belles.

Chaque region à son histoire populaire et culturelle.

Avec ses accents du nord au sud , de l'est à l' ouest.

" Eul Emile , epipapu , dans mon prat , je m'en vas tailler la bouchture , noublie pas de fermer la bouinotte !" ( Patois Berrichon )

J'aime ces langues regionales si riches , pas vous ?

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Sonio
Historique :" Ce sont les lois Jules Ferry 1880 , qui ont fait du Français la seule langue officielle enseignée à l'école.
La loi Deixonne 1951 offre une option L.R.
1977 création des écoles DIWAN en Bretagne.
1982 .lois Savary. Option bilingue L.R.
En 2018 on comptait environ 207000 locuteurs en Breton
La DGLFLF est une mission officielle qui défend les langues régionales avec la langue Française.
(Pour infos : Samedi 25 mai , à 14h30 à la mairie du 75014. Un conférence sur les L.R. )
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Romane de Joriis
Avant de me faire confronter mes écrits par des Français, j'étais loin d'imaginer que des mots / des tournures / des aspects de la grammaire, ne pouvaient pas être comprise alors que j'ai toujours identifier comme faisant partie de la langue française.

Puis, avec un peu de curiosité, je me suis aperçue qu'en fait, c'était surtout du régionalisme. Mais comme je les emploie tout le temps, cela me semblait logique que cela soit du français "standard". x)
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Sonio
Je te comprends jorane...
Tu as bien raison !
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Romane de Joriis
par contre, je regrette d'avoir souvent un "ça n'existe pas" en guise de réponse...
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Sonio
En effet la formule est redondante et un peu facile voir légère !
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Sonio
Pour les fourmis , est ce que les hommes existent ?
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Xavier Escagasse
quand ils leur marchent dessus, oui ;-)
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Sonio
Les fourmis rouges dans la jungle , se vengent parfois et l homme perd la partie...
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Xavier Escagasse
même pas peur, je me deplace toujours avec mon fourmilier !!!!
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Eros Walker
Insérer un peu de "régionalisme", voire quelques mots d'une langue locale (ou étrangère) ne pose pas de problème lorsque cela vient "naturellement" dans la narration ou le dialogue. Par contre mettre un "peuchère" dans la bouche d'un ch'ti poserait sans doute problème (sauf si c'est un facteur muté dans le nord !).

Bien sûr, on peut écrire un roman en breton ou en occitan, mais c'est une autre langue.

Si on choisit décrire en français, il faut en accepter les règles.
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Sonio
Oui c'est vrai...

Le français à des racines latines.
C.V.
Curriculum vitae
P.S.
Post scriptum
ALGÈBRE vient de l'arabe Algebroun.
ALCHIMIE De Al- Chemia
CHOCOLAT De l'azteque .
Marseille de Massilia
Paris de Par- Isis.
Wasisdas de l'allemand. Fenêtre
Ping-pong du chinois
Tongs aussi.
TRAMWAY De l'anglais.
Kway aussi
Tea SHIRT .
Cake .
Hot dog.
Sandwich.
Ma belle mère Rosita , du Portugal. Humour !
Etc...
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Eros Walker
Il faut lire Werber ;-)
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Romane de Joriis
après... je distingue clairement le "régionalisme", issu du patois d'antan, des spécificités du français selon le pays (je pense par exemple à la Suisse ou la Belgique).

Pour mon texte, je fais très attention et essaye de mettre la langue régionale (donc imprimé du patois) dans les dialogues et pour la narration, je reste dans un français plus standard.
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Sonio
Bon équilibre...
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Andy Clarbann
Non, vraiment pas.
J'essaie très fort mais rien n'y fait, je ne trouve ça ni riche, ni beau, ni particulièrement intéressant.
C'est au mieux un souvenir de repas de famille, quelque chose qui touche à la nostalgie et assombrit le jugement.
Un doudou pas beau qui sent mauvais, et un doudou malgré tout, avec ce quelque chose d'un peu fascinant, d'un peu nostalgique.

Ce sont des langues peu complexes à cause de la tradition orale, de la normalisation très faible, et du statut social des locuteurs d'origine. Elles ne véhiculent pas grand chose de profond parce qu'elles sont adaptées à leur milieu et leur époque. Ce manque de profondeur les empêche de nous faire vraiment changer de paradigme quand on les connaît, contrairement aux langues écrites et officielles, quoiqu'on pense du phénomène d'élimination des langues.

Du coup... je sais pas, je préfère apprendre une langue étrangère qui va couvrir tous les domaines plutôt qu'une tradition orale qui sera une énième variation du Français qui consistera à dire "Bonjour" ou "Passe-moi le sel" différemment, entre deux ou trois expression potaches pour parler de fesses.

Evidemment ces questions touchent vite au politique/philosophique, et comme j'ai tendance à mettre beaucoup des maux que nous connaissons dans l'incapacité des hommes à se comprendre, j'ai rien contre l'idée de leur donner, s'ils vivent ensemble, au moins les mêmes standards linguistiques, et si possible d'une certaine qualité. ça leur fait une raison de moins de se foutre dessus. Quand quelqu'un d'aussi proche que mon propre demi-frère doit parfois répéter sa phrase trois ou quatre fois à cause d'un simple résidu d'accent régional pour que je comprenne de quoi il parle, je me dis qu'il faudrait bien peu de choses pour déclencher le malentendu et, évidemment, le conflit entre des locuteurs trop différents. L'idée même du "barbare" vient d'ailleurs de la différence linguistique.

En fait paradoxalement tout ça m'était égal avant de tomber sur des profs très militants, très forceurs sur la question et en croisade contre l'Académie. Leurs arguments ne tenaient pas la route une seconde et puisqu'ils voulaient absolument me faire prendre position je l'ai fait contre eux, comme je le fais de tous les militants zélés qui ont un raisonnement fragile. Si le phénomène d'élimination des langues apporte plus d'intelligence et de compréhension aux locuteurs, peu importe qu'on n'aime pas Paris, il faut savoir accepter humblement ce qui est bon. La guerre linguistique a été menée, puis perdue par un certain nombre de régionalismes, c'est comme ça, c'est le passé.

Bref, pour moi le patois c'est une histoire et ça doit être regardé comme tel. C'est intéressant d'y revenir ou de l'observer par nostalgie ou en tant que linguiste, mais je ne vois pas d'intérêt particulier à lui donner une place d'honneur chez les locuteurs dans le présent.

Je pense que la lutte régionale appartient à l'époque de la centralisation nationale, et qu'à l'époque de la centralisation continentale voire mondiale, c'est la lutte nationale qui est au goût du jour. L'échelle a changé mais les enjeux sont les mêmes, donc plutôt que de pleurer les langues d'il y a 100, 200, 300 ans, autant essayer de faire en sorte de ne pas avoir à pleurer les actuelles d'ici 100, 200, 300 ans.
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Sonio
Analyse et réflexion intéressantes.
Pour la nostalgie du passé, ces langues regionales font parties de notre patrimoine culturel. Elles étaient parlées avant la langue française, voir en parallèle... Elles sont toujours vivantes dans certaines régions. EX : Bretagne, Corse...etc...) Les anciens en ont gardés l'usage et les jeunes peuvent l'apprendre à l'école s'ils le souhaitent.
Par contre dans les années antérieures , ils étaient interdits de parler en langues regionales à l'école sous peine de punitions. Mais les temps changent...
Les panneaux routiers à l'entrée des villages comportent les deux langues du nom du village . ( Langue française et régionale cohabitent )
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Xavier Escagasse
Je veux juste réagir sur le "peu complexe". Pour les "patois" d'oil, c'est possible, je n'en sais strictement rien, mais essayez-vous à décortiquer la grammaire du basque ou du breton... Quand à l'occitan, il utilise encore normalement le passé simple ou l'imparfait du subjonctif. Après il est clair que si une langue est minorisée pendant des siècles, sans enseignement, elle perd du vocabulaire et s'appauvrit, prends tous les nouveaux mots dans la langue dominante, etc... Il suffit de comparer le catalan roussillonais et le catalan du Sud des Pyrénées. Mais le français est une langue comme les autres et il peut lui arriver la même chose, il suffit d'entendre parler un Cajun de Louisiane ou certaines variétés de Québecois... Et vu ce que j'entends parfois dans la bouche de certains jeunes francais de France, je ne suis pas persuadé que celà ne va pas arriver un jour en France métropolitaine (je parle de jeunes normalement cultivés, pas des banlieues...)
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Xavier Escagasse
Pour la conclusion de monsieur Clarbann, il faut être réaliste, que l'on aime cette situation ou pas, mais les langues minoritaires de France ne seront plus, laissons encore passer une génération, que des deuxième langues d'une minorité cultivée (je ne parle que de celles qui aujourd'hui ont déjà la chance de disposer d'une littérature au sens large). Les langues régionales comme langues populaires, c#est mort, (à part peut-être ppour les créoles d'outre-mer). Je vois le phénomène dans plusieurs régions que je connais. Et ce n'est pas propre à la France, il s'agit d'une phénomène générale. Je ne sais plus qui a dit "un homme peut avoir plusieurs langues, un peuple n'en a besoin que d'une seule"
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Xavier Escagasse
Combien de langues minoritaires seront encore parlées dans 50 ou 100 ans en France ? Je ne suis pas très optimiste. Le basque et le catalan, peut-être, mais ils ont la chance d'avoir une communauté linguistique beaucoup plus nombreuse au Sud, où ces langues sont officielles, avec une forte vitalitité culturelle, médiatique, éditoriale, etc... Pour les autres, il sera interessant de voir l'évolution pour le corse et le breton. Pour les autres, c'est mort.Il faut entendre parler des élèves, déjà ultraminoritaires, des écoles bilingues occitanes et même certains de leurs professeurs , pour comprendre qu'ils ne sauveront pas la langue, et si cEst pour parler un occitan qui ne serait plus qu'un calque du français, je ne vois pas l'interet... Monsieur Clarbann parlait d'accent, parler occitan avec l'accent et les intonations du français, autant parler francais.
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Sonio
Xavier Escagase , Oui je te rassure la langue corse est toujours vivante et pratiquée par les anciens et par la jeune génération .De plus elle est enseignée dans les petites classes en Corse.
On notera des nuances de la langue corse selon la situation géographique de Bastia ,Corte ou Ajaccio voir Bonifacio.
Le" peuple" Corse est très attaché à sa langue ,comme à sa terre et ses traditions.
Napoléon Bonaparte parlait corse et avait un bel accent quand il parlait et apprenait le français à l'école militaire de Brienne.
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Xavier Escagasse
un reportage et débat très interessant.
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Xavier Escagasse
Je n'ai jamais dit le contraire, c'est pourquoi j'ai dit qu'il sera interessant de voir l'évolution linguistique en Corse. Tout reste ouvert, mais la Corse a la chance d'avoir une conscience culturelle assez forte, et c'est important. Ce n'est pas suffisant, mais sans ça, le reste, par exemple l'école, n'est pas suffisant. Les cas occitan et irlandais en sont de bons exemples.
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Sonio
Dans le journal Corse matin de nombreux sujets et articles sont écrits en Corse.
La chaîne de TV régionale les journalistes parlent en Corse en présentant les informations locales et nationales.
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Xavier Escagasse
Oui oui mais j"etais parti sur le futur à 50 ou 100 ans
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Sonio
Dans 50 ou 100 ans on parlera avec les anges , la langue des anges...☆☆☆☆
Une langue de lumière angélique !
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Xavier Escagasse
Plutot celle des vers de terre, mais ils n'ont pas trop de conversation
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Andy Clarbann
Ah oui effectivement je connais surtout le francoprovençal. C'est à nuancer selon la situation géographique (surtout les îles), la "survie" des locuteurs et l'origine/l'évolution de la langue en elle-même, mais à part dans l'éventualité d'une victoire d'indépendantistes de tout bord (et encore) je ne vois pas vraiment de raison pour qu'on n'aille pas peu à peu vers une disparition des locuteurs.
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Sonio
L'âme est immortelle !
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Xavier Escagasse
Je connais la situation du franco-provençal, ma mère est savoyarde et je suis né et ai grandi dans le Dauphiné, et je me suis de plus beaucoup intéressé au sujet.
Le franco-provençal cumule en fait tous les handicaps possibles pour une langue minoritaire. Absence historique d’unité politique, présence précoce du français, morcellement linguistique extrême dû en grande partie au relief, et de là, quasi impossibilité d’une langue standard, et pour finir, conséquence logique, absence d’une littérature de qualité, malgré quelques belles œuvres.
Vu sous cet angle, la situation est quasiment désespérée, je le regrette mais je ne vois pas de solution pour la survie de la langue, à de très très rares exceptions près, la Val d’Aoste, peut-être le canton de Fribourg, avec la Gruyère, mais même là, je ne vois pas comment ça peut tenir à long terme.
D’ailleurs cette question d’une langue standard, normative, au-dessus et en fait contre les variantes locales, est un point central de la survie d’une langue minorisée, pour de multiples raisons, mais cette question est en fait souvent escamotée, passée sous silence, voire niée, alors qu’elle est primordiale.
Il y a longtemps que ça me titille d’écrire un jour un essai sur cette question, en essayant de présenter honnêtement pourquoi elle est si importante, pourquoi elle est si controversée, pourquoi s’affrontent à son sujet deux visions opposée de ce qu’est ou devrait être une langue, et comment cette question a été résolue ou pas, et si oui, dans quelles conditions, parfois par choix délibéré, parfois par génération plus ou moins spontanée.
En fait, les seules langues qui ont un espoir de survie sont celles qui ont réussi à créer une version standard de leur langue. Ce n’est pas le seul critère de survie d’une langue, mais sans cela, le reste ne sert à rien. C’est en partie le drame de l’occitan, et ce qui condamne, comme je l’ai écrit au début, le franco-provençal.
Par passion, j’ai une connaissance directe ou indirecte de la plupart des langues d’Europe occidentale et de leur situation, et je pense avoir les connaissances nécessaires pour écrire un essai dessus, mais n’étant pas linguiste, je ne suis qu’un informaticien, je ne sais pas si le temps de travail nécessaire pour écrire un tel essai serait vraiment judicieusement employé. Peut-être un jour…
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Andy Clarbann
Je pense que ce qui se joue à l'échelle des langues est un reflet d'un phénomène naturel qui se joue à toutes les échelles de notre existence, qu'elles soient économiques, sociales, humaines.

C'est une lutte de pouvoir. Les petits luttent pour s'imposer et un grand est né, qui finira par annexer les autres. Les grands ainsi formés seront de nouveau en concurrence les uns avec les autres, afin de les annexer ou d'être annexés par eux. C'est par ce phénomène étalé sur des millénaires qu'on est passés d'individus isolés ou de petites tribus à superpuissances mondiales, en confrontant les conquérants et en vassalisant les perdants.

L'écriture et la standardisation sont des lois à l'échelle linguistique. Chaque langue en vie actuellement en a vraisemblablement assimilé plusieurs autres, chaque langue porte en elle, par la créolisation, l'histoire de celles avec lesquelles elle s'est trouvée en contact, qu'elles vivent encore ou non. On peut retrouver chaque régionalisme dans le français lui-même.

Je ne sais pas si le phénomène est dramatique ou non, mais il est au moins important de noter qu'il est, et surtout qu'il est naturel. Ce qui le rend d'autant plus compliqué à rejeter. Il ne s'agit pas simplement, comme dans le paradigme marxiste, de ne voir qu'une lutte opportuniste de pouvoir, particulière et dépassable ; il s'agit aussi de voir la nature à l'oeuvre, d'observer tout ça comme phénomène, indépendamment des considérations morales. Il y a dans les heurts linguistiques quelque chose de pas fondamentalement différent de la loi de la gravitation universelle. Les corps s'attirent et s'agglutinent, les petits disparaissent absorbés par les gros, même lorsqu'ils n'ont aucune ambition, même lorsqu'ils se contentent de flotter pacifiquement.

En somme, il serait incohérent de défendre "les" langues, "les" régionalismes, la diversité linguistique, etc. Les lois du monde elles-mêmes poussent à l'assimilation et la disparition du faible, tout comme l'évolution fait de l'eugénisme sur le long terme et ne retient que les plus aptes.

Il n'est cohérent que de défendre la suprématie de la langue qui s'est imposée, ou bien de rêver d'établir la suprématie d'une des autres. La pluralité est une illusion, c'est l'outil de conquête malhonnête du perdant. Si le français de Paris ne s'était pas imposé, un autre l'aurait fait, et il serait devenu le pouvoir détestable occultant ses vassaux.

C'est peut-être pour ça que je suis "sans rancune" sur cette question une fois que l'eau a coulé sous les ponts, le perdant n'est pas plus vertueux que le gagnant, il en a simplement l'illusion par lot de consolation. Les régionalismes ont lutté, un seul a gagné. C'est l'histoire dans l'Histoire. Le franco-provençal est à ma langue ce que sont à mon pays les Francs, les Romains ou les Gaulois. Une histoire déjà jouée, le sacrifice pluriel nécessaire à l'émergence unique.
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Sonio
Analyse et réflexion très enrichissantes.
MERCI !
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Xavier Escagasse
Je suis d'accord sur l'analyse, juste l'expression "phénomène naturel" me fait un peu tiquer. Quand, juste un exemple, des peuples nomades se déplacent, se mélangent, et que certaines langues prennent le dessus sur d'autres, oui. Quand un état décide qu'une seule langue a le droit de vivre et que les autres doivent mourir, nous ne sommes plus dans un phénomène naturel.
une langue n'a pas d'existence en soi, elle n'est que ce qu'en font ses locuteurs. Des expressions comme "le francais a assassiné l'occitan" ou "l'anglais menace le francais", les langues elles-mêmes n'y sont pour rien. Tu parles de rancune, j'en ai, je l'avoue sans problème, mais pas contre le francais en tant que langue, mais contre l'état, le systeme politique et l'état d'esprit qui a permis ceci, ou a décidé ceci.
Après, c'est clair, pleurer sur son sort n'a jamais résolu aucun problème, et ce qui est fait est fait, ce qui est passé est passé. J'essaie de voir la réalité en face.
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Xavier Escagasse
pour en revenir au phénomène naturel, beaucoup de langues officielles n#ont pas grand chose de naturel. Le francais n'est pas le francais de Paris, c'est une langue artificielle inventée au debut du XVIIème siècle pour la cour du roi, qui est passée à la bourgeoisie parisienne, etc... L'allemand standard est une création des chanceleries des états d'Allemagne centrale, reprise ensuite par Luther. Le latin classique es tune langue littéraire créée pour la classe dirigeante de Rome, etc...
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Andy Clarbann
Oui, c'est le problème des échelles je pense. Puisque nous sommes à la fois libres et déterminés, on peut d'une part observer l'échelle globale ; le mouvement naturel, historique, des langues, des hommes, des corps, etc, qui lui semble bien posséder ses propres lois indépendamment des gouvernements. Les gouvernements ne sont que des pantins des lois qui agitent l'homme. Que les peuples nomades se déplacent ou que les dirigeants érigent des décrets, si le phénomène est constant à l'échelle des millénaires et à travers les cultures, il est naturel quoiqu'il en soit.

Le problème c'est que, bien que déterminés, nous avons une forme de liberté (ou d'illusion de cette dernière). Nous pouvons bien voir que quand le gouvernement décide contre nous, ce n'est pas forcément une fatalité, que nous pouvons nous battre et que nous pouvons, par notre liberté, faire gagner notre volonté plutôt qu'une autre. Dans le présent, l'observation générale du monde ne peut pas justifier à elle seule une quelconque décision politique, qui est particulière et libre. On ne pourrait pas décréter que, selon l'unification naturelle des langues il faudrait annihiler tout ce qui n'est pas l'anglais, ni que selon le Darwinisme il faudrait stériliser les personnes en situation de handicap, ni que selon l'accumulation des peuples il faudrait détruire arbitrairement les frontières de certains pays.

C'est pour ça que mon critère est le passage du temps. "Une fois que l'eau a coulé sous les ponts", on peut se permettre d'observer la fatalité à l'oeuvre. Je considère (mais c'est évidemment selon la préférence de chacun) que l'eau a coulé sous les ponts depuis les langues régionales (c'est peut-être plus facile, moins actuel pour un franco-provençal), et que la guerre n'a plus lieu d'être.

Cependant je ne prendrais pas la défense d'un gouvernement qui irait contre mon intérêt dans le présent ( contre l'intérêt du français par exemple), parce que là, contrairement au passé qui est presque immuable, les choses pourraient être autrement. Les langues s'agglutinent naturellement, oui, mais le temps n'a pas encore décidé que l'anglais plutôt qu'une autre doit absorber le reste, le futur, lui, n'est pas joué. Les siècles, les millénaires nous diront. Pas des siècles d'observation passive, des siècles de décisions libres, morales et politiques.
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Xavier Escagasse
Si j'essaie à mon niveau de faire quelque chose pour une de ces langues, en l'occurence le catalan, ce n#est pas contre le français. Je vis en allemagne. Mes enfants parlent allemand avec leur mère, et français avec moi. C'est pour celà que je disais que si j'ai une certaine "rancune", ce n'est pas contre la langue elle-même qui n'y peut rien. Avec mon ainé, qui a quatre ans et demi, j#ai commencé aussi à lui apprendre le catalan. On se fait des moments de la journée en catalan, pour l'instant il me repond en francais. mais il comprend de mieux en mieux. Et j'ai commencé à écrire en catalan aussi (je ne vais pas le mettre sur scribay) et j'ai l#intention de publier dans quelques mois un recueil de nouvelles en francais et une version en catalan. Ce n'est sûrement qu'une minuscule goutte d'eau dans un océan, je fais juste ce que je peux ;-)
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Andy Clarbann
Bien sûr que c'est "artificiel", mais l'homme est un animal, un fragment de la nature. L'araignée pense peut-être que sa toile est "artificielle", il n'y a, pour l'homme, entre l'artificiel et le naturel de différence que dans le temps et l'espace.

Si l'homme décide "artificiellement" de se lever sur ses deux jambes parce que quelqu'un a réussi à manipuler les autres pour le faire, et s'il le fait sur tous les continents, et ce pour les millénaires à venir, alors la frontière entre artificiel et naturel devient floue. Est-ce que le manipulateur originel était vraiment la cause ? Son ambition personnelle, artificielle ? Est-ce qu'il a influencé à lui seul tous les autres au travers des continents et des époques, est-ce qu'il nous domine aujourd'hui encore ? Ou bien est-ce que son acte égoïste était soumis à l'évolution de l'espèce, qui serait arrivée avec ou sans lui ?

De la même manière, ce que décide la cour d'UN roi peut être artificiel, mais ce que décident dans la même direction la plupart des cours de la plupart des pays à la plupart des époques relève, malgré l'illusion de liberté humaine, de la loi naturelle qui s'impose.
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Xavier Escagasse
Ah l'anglais, c'est un peu le point godwin des discussions sur les langues ;-)
non, rien n'est encore joué, mais dans un monde de plus en plus globalisé, dans une Europe où les pays qui la composent perdent petit à petit leur souveraineté (je constate juste), dans un monde où les technologies de la communication se jouent des frontières, qui contrôle encore quoi ? qui décide encore quoi ? je ne connais pas l#avenir mais je peux facilement imaginer que petit à petit l'anglais va prendre une place dans le système éducatif, et que vont se développer les classes bilingues, pas tout de suite, mais ça va venir. Je ne le vivrai sûrement pas, peut être dans 20 ans, peut être dans 50, mais une fois le doigt dans l'engrenage, ça peut aller très vite. Surtout avec l'omniprésence de la culture anglophone dans les médias.

Si ça peut vous rassurer, c'est encore pire en Allemagne. Je me fais caguer à dire "Entschuldigung" et les Allemands disent "sorry". Des exemples comme celui-ci, je pourrais en donner des centaines. en allemand, aujourd'hui, vous êtes happy dans la family avec les kids quand vous chantez des songs avec eux. Je n'exagère pas, je le vis tous les jours. J'entends des fois des trucs à la radio, j'hallucine.
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Xavier Escagasse
Et je parle d'Allemands correctement cultivés ! Mais en fait, quand je leur fais des remarques à ce sujet, ils ne comprennent même pas pourquoi ça me choque...
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Sonio
La BCE (Banque Centrale Européenne ne pratique que la langue Anglaise )
Dans l'UE il ya en principe 24 langues officielles.
Les langues les plus usitees en commissions (Anglais, Français , Allemand.)
Bien sûr il y a un organisme de traductions.
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Andy Clarbann
Ah mais je n'étais pas en train de sous-entendre que l'anglais n'allait pas s'imposer, loin de là. La situation actuelle pointe évidemment dans cette direction. Ce que je dis, c'est qu'à l'inverse de l'observation des langues régionales qui appartient à un problème passé, celui-ci est présent et futur, donc encore malléable, et donc, à mes yeux, plus important que des considérations sur les régionalismes.
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Sonio
Avec le Brexit , il faudra repenser à cette "suprématie "de la langue Anglaise ce serait logique.
Si l'Angleterre quitte définitivement le club Europe.
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Andy Clarbann
Je ne pense pas que le Brexit y change grand chose dans la mesure où le sentiment de fraternité européenne est indépendant de l'UE (et même menacé par elle) d'une part, et dans la mesure où la langue ne suit pas forcément les aléas politiques.

Le français rayonne même dans l'Afrique décolonisée, y compris si elle est hostile (on peut compter beaucoup d'auteurs haineux de la France aujourd'hui qui entendent pourtant s'instaurer comme auteurs de la francophonie)
L'anglais est autant établi en Angleterre qu'en Amérique ou en Australie, sans compter son influence dans les Indes et anciennes colonies, pays d'europe, le japon ou même des pays touchés indirectement par l'influence des nouveaux médias.

La langue entretient des liens avec la politique, surtout quand on parle d'invasions/migrations, mais pour ce qui est du reste ce qui se joue entre les locuteurs a une certaine indépendance vis-à-vis de ce qui se joue entre les états.
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Xavier Escagasse
entièrement d'accord, le brexit ne changera rien du tout. que l'anglais soit omniprésent en Europe n'a rien À voir avec le fait que la GB soit membre de l'UE ou pas. Les banquiers de Frankfort ne vont pas se mettre à parler francais. Et d'ailleurs, le brexit, j'y croirai quand je le verrai ;-)
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Xavier Escagasse
tu as bien choisi ton pseudonyme ;-)
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Oreleï
Bonjour,

Je trouve ta manière de poser la question étrange ; cette approche d'aimer ou non une langue.
Qu'elle soit régionale ou non, une langue, ce n'est pas seulement des mots, ce n'est pas qu'un moyen de communication ; c'est aussi une manière de penser et d'appréhender le monde. Dire j'aime les langues régionales, cela me semble un parisianisme a propos d'un folklore. Une langue, ce n'est pas un accent, c'est bien plus que cela.

Lorsque Bob Marley fait le choix de chanter en patwa (créole jamaïcain), c'est la revendication d'une histoire, d'une culture, d'une origine ; c'est un acte de décentralisation et d'émancipation vis à vis d'un pouvoir en place qui impose sa culture. Ce n'est pas parce que ça fait joli.

Lorsque Félix Castan défend la culture et la langue occitanes, ce ne sont pas juste une culture et une langue qu'il défend, et ce n'est certainement pas parce qu'il y trouve de belles sonorités. Il défend l'idée de la décentralisation culturelle, le refus d'une culture descendante d'une élite parisienne. Il revendique l'histoire d'un pays occitan, d'un peuple.

C'est aussi ce que font des artistes contemporains, comme Massilia Sound Systeme (qui revendiquent autant l'influence/l'héritage de Castan que de Marley d'ailleurs dans le choix de cette langue ; le membre fondateur du groupe étant parisien d'origine et Marseillais de cœur il s'agit d'un réel choix) ; Dupain lorsqu'il porte des chants ouvriers occitans ; Claude Sicre que j'aurais dû citer en premier avec Les Fabulous Troubador et qui est réellement un militant occitaniste...
C'est aussi, je crois, ce que dit un artiste comme le rappeur D de Kabal lorsqu'il dit à propos du créole "La langue que parle ma grand­-mère a été cousue à mon palais, pour que je ne puisse la parler. Ils ont fait passer une langue pour un dialecte ou un baragouin. Ce sont des peuples sans mémoire, donc sans futur que l’on obtient."

Je ne parle aucune langue régionale.
Je comprends un peu l'occitan ; il faudrait dire les occitans ! Un peu le provençal parce que j'ai beaucoup écouté Massilia sound systeme et Moussu T e lei jovents ; un peu le limousin et un peu le gascon parce que le patois de chez moi est à la frontière entre les deux et que mes grands-parents ne se parlaient entre eux qu'en patois. Je ne sais pas les écrire, mais je parviens à les lire, enfin pour être exacte, je devrais dire "déchiffrer" (je les lis comme un élève de CE1 lit le français ^^). Enfant, mes grands-parents me parlaient parfois en patois et je leur répondais en français ; il doit en rester des traces :)

Je ne sais pas si cette réponse t'est utile, ni si elle correspond à ce que tu attendais, mais c'est exactement ce que je pense :)
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Sonio
A Francia un ha micca firmatu à carta Europea di e lingue Reguinali ?
Mi piace e lingue regionali.
RICHEZZE e patrimoniu culturale di una regione.
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Xavier Escagasse
Je ne sais pas si je suis bête mais je n'ai toujours pas compris le but de cette discussion.. et je rejoins orelei sur ta question de depart...
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Oreleï
Non non, tu n'es pas bête, je ne comprends pas vraiment non plus le but de la discussion, si ce n'est répéter que la France n'a pas signé la charte européenne des langues régionales.
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Xavier Escagasse
Question curieuse : en parles-tu une ? Écris-tu aussi dans une ?
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Sonio
Yes I speak English ! ( Humour )
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XAVIER ESCAGASSE , Non la question n'est pas curieuse , les langues régionales existent bien et sont une richesse de notre patrimoine culturel de la France .
La France n'a toujours pas signée la charte européenne des langues regionales par frilosité" constitutionnelle et réticences obsolètes. "
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Xavier Escagasse
Je pense être au courant, j'en parle ou lis plusieurs. C"est juste je ne vois pas trop où tu veux en venir avec ce sujet. D'où ma question...
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Xavier Escagasse
Et un accent n'est pas une langue, c'est souvent helas juste ce qui reste après la mort de la langue..
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Sonio
L'accent est la cerise sur le gâteau de la langue.
J'aime les accents divers.
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Sonio
Quelles langues regionales parles tu ?
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Xavier Escagasse
Je parle le catalan, comprends et lis l'occitan (provençal, languedocien, moins bien le gascon), comprends l'alsacien et comprends et lis bien le breton
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Xavier Escagasse
Je lis assez bien le corse aussi
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Sonio
Pace e salute "
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Sonio
Compliments ta culture est riche...
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Xavier Escagasse
Pace e salute ne s'utilise qu'en janvier pour souhaiter la bonne année ;-)
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Sonio
La paix et la santé , dans l'idéal c'est pour les 365 jours de l'année...
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