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Rythme d'un récit : jongler entre description et action

par Ukrysis  il y a 1 an

Le rythme d'un texte est ce qui me pose le plus problème : comment faire en sorte qu'un lecteur ait suffisamment d'informations sur les personnages (pour s'y attacher, s'en éloigner), l'univers (pour se le visualiser, en découvrir les richesses) sans que cela nuise au rythme narratif, au bon cheminement de l'histoire ?

Je me trouve bien trop évasive, et je peine à discerner quand décrire et quand me concentrer sur l'avancée. J'ai aussi tendance à vouloir créer des effets (par exemple, dans mon projet, j'essaye de très peu décrire le physique de mon personnage pour marquer la perte de son identité mais j'ai peur que le lecteur se fasse une image de lui et soit totalement déboussolé lorsque je lui offrirai ma version).

Finalement, comment procédez-vous ? Vous contentez-vous d'écrire le squelette (un enchaînement d'actions en vous attardant brièvement sur les parties descriptives) puis d'étoffer lors de votre correction et relecture ? Notez-vous vos idées pour les incorporer à la "base" le moment venu ? Je suis ouverte à toute astuce sur le sujet.

Note : Je m'attèle à la conception d'une oeuvre high/dark fantasy.

Au plaisir de vous lire !

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Stéph Loup'tout
L'un des écueils les plus courants en écriture c'est de vouloir tout mettre dans les premiers chapitres, car on a peur que le lecteur n'arrive pas à se représenter l'univers et les personnages tel que nous nous les voyons. Souvent, on les a tellement en tête, qu'on voudrait les montrer tel qu'ils sont... sauf que chaque lecteur a sa propre sensibilité et appréhendera l'univers et les persos différemment de nous. :) (Par exemple, dans un roman, je suivais un personnage blond, c'était répété plusieurs fois dans l'histoire qu'il était blond mais impossible, moi je le voyais brun ^^").

Le seul vrai conseil que je peux te donner c'est "préfère montrer que raconter". Un personnage est arrogant mais parce qu'il a un grand complexe d'infériorité dû à une enfance malheureuse où son père le rabaissait sans cesse ? Montre-le dans plusieurs scènes où il est méprisant, puis dans des souvenirs/rêves/cauchemars où il se rappelle son passé ou bien tu peux le faire se confier à un autre perso à un moment de l'histoire ou encore le laisser entendre par ses rapports avec son père, la peur du ridicule qui le prend parfois, le faire dire dans un moment critique/difficile pour lui des phrases du type "je ne mérite pas d'être sauvé" ou "je ne suis bon à rien"... D'une les lecteurs s'attacheront plus à ce personnage car ils le découvriront au fur et à mesure et, s'ils le détestaient au départ à cause de son arrogance, ils pourrait arriver à l'aimer une fois son passé dévoilé. De deux, cela donne plus de matière et de profondeur à ce personnage que si tu avais simplement écrit "il est arrogant à cause de son père qui le rabaissait". Généralement, dans la vraie vie, on ne voit que ce que les gens nous montrent et on ne sait que ce qu'on ressent et ce qu'on entend.
Pour l'univers, pareil, montre-le petit à petit. Pour un petit exemple, dans le premier tome de la Passe-Miroir de Christelle Dabos, (attention spoil, si tu comptes lire le livre un jour, saute le paragraphe qui va suivre ! ^^), ça commence avec le ressenti d'un bâtiment. Info 1 : les bâtiments ont des émotions et sont vivants. Ensuite, on voit l'héroïne arriver en traversant un miroir. Info 2 : WTF elle peut traverser les miroirs ! Après, elle retrouve son oncle pour discuter avec lui et ils font la vaisselle ensemble, sauf qu'elle est tellement maladroite qu'elle casse les assiettes et que son oncle les répare en passant la main dessus. Info 3 : y a un sérieux souci avec les choses inanimées dans ce roman ! Plus tard, ils discutent à propos d'une autre arche et on apprend ainsi qu'il existe plusieurs îles volant dans les airs...
Bref, avec un premier chapitre, on a déjà une vague idée de l'univers, alors que l'auteur ne s'est pas arrêter dans son intrigue pour détailler tel ou tel point de l'univers ou des personnages. :)
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GEO
Bonjour,

Cela ne concerne que ma méthode, mais lorsque je commence un paragraphe, j'ai une sorte de petite caméra intérieure dans laquelle je vois le film de ma scène.
Je ne décrit que ce qui est "à l'écran" et tente de trouver le bon curseur en imaginant la scène par rapport à des situation vécues ou des films dans lesquels des scènes similaires se déroulent.
Concernant le vécu : je l'utilise principalement pour les promenades ou les scènes d'action. j'ai pratiqué les arts martiaux pendant 10 ans et je m'inspire de mes entrainement pour percevoir ce dont on se souvient réellement lors d'un combat, je peux dire que je ne mémorise pas du tout la couleur du Kimono de mon adversaire, et donc je ne le décrirai pas.
Pour les scènes de promenade, je ne note que les détails qui répondent à la question : que veux-je transmettre ?
Par exemple : si je décris une promenade en forêt, si je veux transmettre la peur de se perdre alors je décrierais l'absence de repères, de sentier, l'uniformité des couleurs, l'inquiétude que procure chaque bruit.
Si au contraire la promenade est apaisante pour les protagonistes, j’adoucirais la lumière, je décrirai l'odeur fraîche de la mousse, les fleurettes, les caresses des feuilles les unes sur les autres au gré du vent.
Je pense que tout cela est fonction du message à passer, quand il est bien défini et bien visualisé, la répartition description/ action vient d'elle même.
A+
GEO
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Ukrysis
Bonjour GEO et merci pour tes deux interventions ! Je partage plus ou moins ce point de vue, et c'est ce qui est à l'origine de mon souci : il m'est compliqué de me dire "Bon ! Là, le message j'ai réussi à le faire passer, la répartition entre description et action est cohérente." (il faudrait peut-être que je consulte des personnes de mon entourage pour m'en assurer, mais là encore, le ressenti diffère selon le lecteur). :(
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GEO
Je vais m'attarder sur la dernière partie de ta réponse :
Oui le ressenti diffère d'un lecteur à l'autre, c'est normal, le lecteur s'approprie la scène et la redessine dans son esprit.
Un exemple que je donne souvent :
contexte : une comédie romantique .
Scène : le personnage séduisant entre dans la pièce, je le décrit en disant : un Apolon entre dans la pièce.
Réponse de mes lectrices à la question quel acteur ressemble à cet Apolon :
- Ma fille de douze ans : Johnny Depp
- Ma femme : benedict cumberbatch
- Ma belle mère : Cary Grant
- Ma tante : Harrison Ford
Je pense que l'appropriation des scènes est plus importante que la perception de l'auteur...
le texte cesse de nous appartenir dès qu'il est lu, le vécu de chacun permet de se l'approprier et d'en faire sa propre image.
Est-ce que tu as un texte en particulier sur lequel tu souhaiterais un retour spécifique ?
A+
GEO
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Gobbolino
Alors, déjà, je te conseillerais de partir de ton ressenti : pourquoi te penses-tu trop évasive ? Quelle serait la quantité d'informations idéales selon toi ?
Ensuite, tu peux te demander : quelles informations sont nécessaires ? Par exemple, on a toujours envie d'expliquer comment nos mondes fonctionnent dans les moindre détails, mais est-ce que c'est utile à l'histoire ? Est-ce que pour une aventure de pirates en plein milieu de la Mer des Confins, tu as besoin d'expliquer que l'un d'entre-eux vient de l'Empire d'Eldar, au milieu des terre, sans aucun accès à la mer, et que la religion dominante y est l'apogrysme ?
C'est une question d'équilibre, et cela change de roman en roman, je dirais, en fonction de 1) ce qui est nécessaire pour que le lecteur comprenne, 2) ce qui est naturel, 3) ce qui est utile (mais pas forcément nécessaire, donc). La grande question est : qu'est-ce que cette description ajoute à mon propos ?
Pour une oeuvre, j'ai commencé par ne RIEN expliqué, puis j'ai sorti tout ce que je pouvais de sous le tapis pour ainsi dire, et maintenant je vais retailler pour ne garder que ce qui est vital, mais si je peux te donner un conseil : c'est plus simple d'enlever que de rajouter, à mon sens. On pet toujours tailler plus court et restaurer un peu si besoin que l'inverse. J'espère que cela t'aidera.
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Ukrysis
Je te remercie pour tes conseils avisés, Gobbolino ! (Un pseudo très joli, tiens !)
Ton exemple du pirate d'Eldar, je le comprends bien. Et, heureusement, ce n'est pas encore aussi désastreux, haha.
Par contre, qu'entends-tu par "2) ce qui est naturel" ?
Je note ton dernier conseil ainsi que les questions que tu te poses pour chaque description. Elles ont l'air de couler de source mais je n'ai jamais pris la peine de vraiment me les poser. :(
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Gobbolino
C'est normal, après, il faut un certain recul pour arriver à se les poser. Ce n'est pas venu tout seul pour moi non plus. J'ai commencé à me poser la question sur cette fameuse histoire où j'avais décidé de ne rien expliqué, parce que je sentais mon envie de rajouter des paragraphes et à chaque fois j'étais en mode "noooope, on a dit que non".
Ce qui est naturel : ce qu'il est naturel que le personnage que tu suis pense et s'explique à lui-même. Il y a, dans les descriptions, ce que j'appelle du "bourrage à destination du lecteur", l'auteur fait expliquer à ses personnages des règles évidentes de leur monde, alors même bah, comme elles sont évidentes, le personnage ne devrait pas y penser.
Imaginons cette scène

Arbian la pirate sans peur, se tenait au-dessus du passager qu'elle venait d'empêcher de s'échapper. Soudain, un mouvement rapide de l'homme la mit en alerte. Un geste d'incantation. Elle avait attrapé un mage ! La magie fonctionnaire, grâce à l'énergie mana issue de la terre, attenuée par son passage dans le corps des humains. Il leur était donc nécessaire de faire des gestes pour la libérer.

Dans ce monde, TOUT LE MONDE sait comment la magie marche. Le mage sait, il est mage. Arbian sait, elle appartient à ce monde. Or, on est à la narration interne. Donc c'est Arbian qui pense. Pourquoi irait-elle réciter un lieu commun éculer ? Pourquoi se faire un petit encart sur la nature de la magie alors qu'elle est en danger ?
Réponse : c'est l'auteur qui "bourre" son explication pour le lecteur. Ce n'est pas naturel que cette information apparaisse là.

J'espère que ça explique un peu.
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vivikakashi
Intéressante comme approche. Juste une petite interrogation. Supposons que tu développes une magie particulière qui sort du cadre du "commun" pour le lecteur. Il est nécessaire de lui expliquer, à un moment, comment elle fonctionne.

Quelle serait ton approche pour expliquer quelque chose au lecteur indépendamment de l'évidence pour le contexte de tes personnages ?
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Gobbolino
Il n'y a pas de solution miracle, mais tu as tout un sac à malice de tricheries. Par exemple, mettre un personnage jeune et inexpérimenté dans la mêlée comme ça c'est à lui que le monde est expliqué et pas au lecteur directement.

"Arbian étouffa un juron. Le commis de cuisine restait immobile, le pistolet braqué sur le mage, alors même que celui-ci remuait les mains. Elle lui flanqua un bon coup de pied dans les côtes, et écrasa son poignet droit sur le pont pour faire bonne mesure.
- Tes parents t'ont rien appris, gamin ? tonna-t-elle ? Ne jamais laisser un mage agiter les mains, c'est comme ça qu'ils canalisent la magie ! Dans le doute, tu tires d'abord, tu vérifie s'il a la plante des pieds brûlée par le mana ensuite, compris ? "

TU apprends peut-être un peu moins de choses, mais ça passe déjà mieux, je trouve (après, je précise, je n'ai pas la science infuse, et j'ai pas une solution pour tout, mais j'ai déjà triché plusieurs fois).

Sinon, si tu es en narration omnisciente tu t'en fous, tu peux même prendre le lecteur à partie.
"Vous vous demandez, chers lecteurs, pourquoi le mage, malgré le fait qu'il était tenu en joue par le commis, agitait fébrilement les doigts. Eh bien figurez-vous que les mages de l'Empire utilisent de tels mouvements pour canaliser leur magie. Très primaire, vous en conviendrez, rien à voir avec les cristaux incantatoire des terres Australe, ou les délicats tissages magiques des veilleurs" (petite dédidace à Lynkha au passage XD).
Après, ton imagination est la limite. Il y a mille façons de le faire. Tu peux aussi faire un tit passage dans la tête du mage, etc.
C'est pour ça qu'il faut toujours (enfin, selon moi) se demander ce qui est utile et ce qui est naturel et essayer de trouver ce qui coexiste entre les deux.
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Vicomte Bidon
"La magie fonctionnaire"
c'est joli ;-)
les fonctionnaires sont magiques c'est bien connu
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Gobbolino
Donc elle bosse de neuf à cinq du lundi au vendredi XD. Imagine ça un peu "Ah ! Non, un monstre, je vais le cramer !... Mais pourquoi ça marche plus ? ........ Meeeeeeeeeeeeeerde, il est 5h10 !"
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AlexandraKean
Salut! Personnellement Pour la description, j’opte généralement pour quelque chose de simple et rapide, au travers des actes du hero (s’il se voit dans un miroir’ un reflet, ou alors s’il passe sa main dans ses cheveux, ou s’il enfile un vetement, je precise les adjectifs afin de donner un aspect premier au spectateur) pour la presentation de l’univers je vascille souvent entre deux choix: presenter l’univers dans un preface, style conte de fees, ou presenter ce meme univers au fur et a mesure. Lorsque l’heroine passe devant tel ou tel personnage, boutique, lieu, evenements, tu peux les decrire, ou decrire l’ambiance et ainsi cela te conduit naturellement, ex: je marchais dans les decombres. Encore une fois, il y avait eu une explosion, encore des mort. Ceux ci se multipliaient de jour en jour depuis des dizaines d’années, la guerre faisait rage. Les sorciers tentaient vainement de repousser les attaquants vikings, mais ceux ci etaient, quoique rares, tellement puissant qu’ils en etaiét invincibles.

Tu fais cette technique par petit bout et ça coule tout seul. Pour sortir de la description, tu peux utiliser la fameuse technique de la voix qui appelle le hero et le sort de ses pensees, ou tout simplement, l’heroine fais une actio;n. Ex : je soupirais et sortis mon carnet de ma poche.
Bref voila, j’espere que j’ai été clair hih, et désolé pour les fauttes de frappe, je suis sur tablette et ce n’est pas evident hihi
J’espere t’avoir aidée!!!
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Ukrysis
J'utilise ces "mini-descriptions" spontanément, mais lorsqu'elles sont plus longues, je manque de "souffle".
L'idée de l'annexe façon conte de fées est une bonne alternative, je n'y avais pas pensé et ça peut être très sympathique ! Même si je préfère disséminer les informations dans le texte, pour ne pas l'isoler de l'histoire. En tout cas je te remercie de ton commentaire détaillé et du partage de tes idées. :D (Pas de souci pour les fautes de frappe, je compatis !)
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GEO
Bonjour
Comme le dit justement Gobolino, la dissémination des infos doit rester naturelle pour le lecteur. Par exemple, dans un récit de space-opéra, il est malvenu d'expliquer comment fonctionne la propulsion Ionique, elle fonctionne, c'est tout ce qui intéresse les lecteurs.
Dans une de mes histoires, le policier prend son arme de service, elle lui est familière, j'aurais pu être tenté de dire, l'inspecteur prit son Beretta 84 et le glissa à sa ceinture dans son étui quickdraw, mais est-ce que dans ce cas, si cela m'arrivait, est-ce que je me dirais que je prend tel modèle ? Non, je le prendrais, un point c'est tout.
Tout ce qui appartient au vécu des personnage ne doit probablement pas être décrit en détail, juste ce qu'il faut pour que ce soit compris et ne pas rompre avec le rythme de l'histoire.
En forçant un peu le trait je te propose deux façons de décrire la même scène :
Au détour du couloir plongé de la pénombre, un homme jaillit. Une longue épée bâtarde à la main. Il portait une armure finement cisélée qui témoignait de son appartenance à l’ordre des officiers. Sa longue chevelure blonde ramenée en tresses épaisses pour le protéger des chocs sur son casque indiquaient sa fonction de cavalier. Il profita de l’effet de surprise pour se jeter sur Johan qui eut juste le temps de l’esquiver maladroitement.
Et
Au détour du couloir plongé de la pénombre, une épée fusa devant le nez de Johan qui eut juste le temps de l’esquiver maladroitement.
A+
GEO
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