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Infanticide

par Youg  il y a 8 mois

Salut les choux de Bruxelles,

Bon alors je vous préviens, cette publication ne va pas être élue "topic le plus poilant de l'année"...

Je sais que ça ne concerne pas QUE l'écriture, mais nous sommes des créateurs d'histoires, donc je voudrais vous en parler.

Je remarque, que ce soit dans les livres, dans les séries ou dans les films, qu'on utilise souvent l'infanticide pour choquer, montrer la folie d'un homme ou expliquer le choc qu'un personnage subit.

Personnellement, je trouve ce procédé vraiment... révoltant. Parce que ça marche sur moi. Ca marche même beaucoup trop. En tant que papa, je suis naturellement choqué de voir des bébés se faire tuer, même dans une "simple" fiction, et ça a même tendance à me perturber plusieurs jours, vraiment.

C'est d'ailleurs un peu trop facile, à mon sens. Vous voulez choquer ? Tuez un bébé, vous allez voir, ça fonctionne à tous les coups. C'est comme les blagues de cul pour l'humour, il y a toujours un public !

En fait, j'ai l'impression de ne voir que ça, partout. Dans Games of Thrones, Happy (la pire mort de bébé du monde), Mother, et énormément d'aurtres oeuvres que j'oublie beaucoup.

Je ne sais même pas comment un auteur se sent quand il écrit ce type de scène. La violence ne me gène pas, jusqu'à un certain point, en fait. Et je trouve ça en général bien plus violent que la plupart des scènes "gores".

Je sais que ce topic ressemble plus à un état d'âme qu'autre chose, mais vous, qu'en pensez-vous ? Est-ce que ça vous met en colère vous aussi ? Vous pensez que ces scènes sont souvent justifiées ? Qu'on va peut-être un peu trop loin dans la violence ?

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Tocca
Je savais pas trop quoi répondre à ce fil jusqu'à aujourd'hui. Je viens de finir un deuxième bouquin centré autour d'une mort d'enfant. Bouquins achetés parce que tout me monde en disait du bien, et commencés sans savoir de quoi ça parlait. Juste avant le bonheur, et Les gens heureux lisent et boivent du café.
Dans les 2 cas, la seule émotion véhiculée par le bouquin est celle de l'action décrite : un gamin meurt. Mais dans les 2 cas, j'ai trouvé l'écriture tellement mauvaise que ça a complètement dilué l'émotion. C'est traité de façon tellement lourde et niaise que je n'ai ressenti que de l'agacement en lisant. Faire mourir un gamin (ou qui que ce soit) n'est pas suffisant pour émouvoir un lecteur, ça ne peut pas dispenser de savoir écrire. C'est juste bon à faire vendre de la lecture de plage pour des gens qui lisent 3 romans par an...
A côté de ça, j'ai chialé en lisant des bouquins ou personne ne meurt ni ne souffre atrocement, juste parce que c'était bien écrit.
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JPierre
Pour prolonger et réaffirmer ce que j’évoquais auparavant et ce qu’aborde DLD, je mets sur la même ligne la mort d’un enfant et d’un vieux. Répétition encore, une société et son état se mesurent uniquement à la protection de son avenir, les enfants, et à l’entretien de son passé, les vieux.
À partir de là, y a-t-il une hiérarchie émotionnelle dans le meurtre. Globalement, en tant qu’humain, non. Particulièrement en tant que père ou petit-fils, oui. C’est purement significatif de la contradiction humaine mais un aspect dont nous ne pouvons absolument aucunement nous départir.
Un point essentiel aussi : Le mal fait à un enfant et le mal fait à notre enfant !
Confronté au mal fait à un enfant ou un vieux, mon âme se révulse mais mon humanisme (à ne pas confondre avec mon humanité) va prendre le dessus et retenir mon instinct de justice dogmatique simplifié.
Confronté au mal fait à mon enfant ou mon parent âgé, quid de mon humanisme, facilement remplacé alors par mon humanité dans tout ce qu’il peut avoir de caricatural et grégaire. Il est trop simple de réduire cette dernière à ses aspects bienveillants, tolérants ou sensibles. Personnellement, en une telle situation, je ne suis pas certain du tout que je ne glisserais pas sur une pente nommée vengeance, qui, quoique je dise, pense, ne serait que boueuse.
D’un cas ciblé, je ne peux m’empêcher de l’élargir et de poser la question suivante en corrélation avec d’autres aspects sordides. La pédophilie n’est-elle pas une forme d’infanticide ? L’esclavage (encore bien présent au 21° siècle) ? La servitude du travail pas cher (quand il est rémunéré…) ? La prostitution infantile (encore bien présente au 21° siècle) ? L’abandon en mouroir rémunéré de nos anciens (encore bien présent et en expansion croissante) ? L’ignorance indifférente de ces anciens après une vie de labeur ? La liste n’est pas exhaustive. Malheureusement…
Je dirais en une formule lapidaire qu’être choqué c’est se sentir vivant. Malheureusement dans cette société où l’argent et l’intérêt financier n’est plus roi mais bible, nous en sommes réduits à sélectionner et hiérarchiser nos « chocs ». Sous peine d’en mourir, noyé dans la masse.
Car au fin du fond, un meurtre est ignoble. Qu’elle qu’en soit la victime…
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GoM
Je pense qu'il y a aussi dans le meurtre quelque chose de l'ordre de l'acceptation par le tueur, du meurtre «utile» ou pour une «cause».
C'est tout l'intérêt de ne pas oublier les génocides et meurtres de masses. L'aspect mécanique des camps d'extermination est particulièrement réfléchi pour diminuer les interactions entre humains. Les enfants et les vieux étaient gazés en premier, dès leurs arrivées, car ils apportaient trop de hasard.
La déshumanisation commence quand on tue le plus rapidement possible les seuls facteurs naturels de sympathie.
Cette vision si froide à contribuer à un meurtre de masse si efficace que s'en est effrayant. L'homme tue l'homme quand il n'a pas besoin de le regarder en face.
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GoM
Je suis assez fan d'humour noir, pourtant je rejoints Youg sur un point. Être papa à changer beaucoup ma vision de l'infanticide dans les fictions. Avant j'en comprenais la gravité mais pas le sentiment.
Je me suis aperçu avec mon fils que l'une des premières communications dirigées est le sourire. Comme dernière défense face à l'énervement et la colère. On s'aperçoit de cette fragilité touchante, cette petite chose qui ne peut que pleurer ou sourire.
Je pense que tuer des enfants dans les fictions et leurs propres enfants révèlent une horreur profonde, celle de tuer au delà des différences, celles de tuer l'innocence même.
Mais l'infanticide est une triste réalité, des massacres organisées génocidaires ou tristes faits divers c'est une réalité humaine que l'on doit retrouver dans l'écrit.
Mais à regarder dans les yeux de mon fils, je ne peux m'imaginer faire du mal à une chose si innocente, sans défense et qui vous aime sans jugement. Et c'est devenu un terrible choc, car mon coeur de parents parle. Et la douleur même fictive d'un enfant me renvoie à mon fils.
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hersen
Je suis d'accord avec toi jusqu'à un certain point, GoM. S'il est vrai qu'avoir nos pitchouns dans nos bras change beaucoup de choses et un peu aussi avec toi Youg, je pense qu'il y a une grande différence entre ressentir et plaquer sur tout ce qui ressemble à un enfant fictif. Sinon, comment expliquerait-on qu'en Orient des gamins de 10 ans se brûlent les poumons à coller les semelles des Nike et consorts pour...nos enfants à nous ?

c'est raidos de le dire comme ça, mais je suis fatiguée des lobbies qui mènent la politique et, partant, le monde. On nous fait croire que si on donne 50 balles à une ONG, on sauvera un mignon petit enfant.
La réalité est sordide, ne l'oublions pas, pour se rappeler d'y participer le moins possible.
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GoM
On oublie aussi que l'école pour tous est une valeur culturelle occidentale. Les enfants restent une force de travail supplémentaire pour beaucoup de famille qui certe leur souhaite mieux mais l'école est une idée de pays et de gens aisés.

Je ne suis pas adepte de ce nouveau harcèlement via des jeunes étudiants qui patrouillent autour des lieux de passage pour t'arracher 5euros par mois. Le monde grouille de grands riches et de grandes entreprises bien grasses qui montent des oeuvres caritatives pour améliorer leurs images sans savoir si il y a une réelle action sur le terrain.
Si on voulait sauver tout le monde, on n'a qu'à verser le budget militaire de chaque pays dans une cause plus noble.
L'arme engendrant la réponse armée.
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philippemoi
GoM On oublie aussi que l'école pour tous est une valeur culturelle occidentale?????
Que je sache tous les pays qui se développent économiquement voient leurs taux de scolarisation augmenter quelque soit leur localisation. Que l occident ait une avance de plusieurs decenie grace á un developpement economique plus ancien n'a rien á voir avec une exclusivité morale du désir d éduquer...ça c est une "valeur culturelle" universelle!
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GoM
Ça le devient, les parents de nombreux pays rêvent d'offrir une meilleure vie à leurs enfants avec l'école.
Mais culturellement il y a quand même un écart entre l'école pour tous et l'école pour seulement les garçons.
Je ne remets pas en question les pays et les cultures, mais dans certains pays l'éducation, notamment des filles reste un sujet second.
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philippemoi
Mouai...c est bien diffrent de votre premiere affirmation... et lá encore il y aurait pas mal de recul et de precaution á prendre sur l ideologie qui sous tend ce genre de comparaison... je prefere ne pas aller plus loin on n est pas sur le forum du figaro..
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Elderwë
Personnellement je suis très difficilement choquée par la violence, donc ça ne me dérange pas du tout. Pour moi un infanticide est pas plus choquant qu'un autre meurtre ^^

Après le côté : "c'est facile" je suis d'accord ! C'est vrai que c'est assez couramment utilisé et dans le but de choquer. Malgré tout ça a quand même un but dans le récit, la violence en a toujours un ^^ Et si le but c'est de choquer bah pourquoi pas ! Au moins ça marque le lecteur !
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DLD
Pourquoi sommes-nous plus choqué par le meurtre d'un bébé que par celui d'un petit vieux ?

Pourquoi un chien écrasé sur le bord de la route fait-il serrer notre coeur alors que les multitudes de grenouilles aplaties sur le goudron on s'en fiche ?

Pourquoi est-ce qu'un manifestant qui se fait taper par un garde du corps occupe plus nos média que les 102 migrants noyés le mois dernier ?
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Eric Kobran
Ce serait révoltant si c'était un procédé artificiel comme ajouter de la magie ou inventer une techno du futur pour ajouter un élément pratique à l'histoire.

Malheureusement, l'infanticide est une réalité contemporaine et Historique et donc un élément "normal" d'un récit qui se veut tragique. Si tu tournes les pages des faits divers, ça arrive tout le temps.

J'ai écrit un texte là dessus, pas gore du tout. Mais, pour moi, c'est hyper violent : https://www.scribay.com/text/403151801/un-moment-d-absence

L'écriture sert aussi à extérioriser, notamment ses peurs les plus profondes et les pires horreurs qui nous hantent.
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Adrien de saint-Alban
Un pauvre gamin de cinq ans qui n'a pas ému ces monstres froids que sont les assureurs qui fleurtent avec des pratiques barbares.Qu'importe la vie d'un petit d'homme?
Pour ces types l'argent est un métier pas un sacerdoce.Pourtant,un assureur est mandaté par ses clients souscripteurs pour couvrir les risques de la vie en cas de besoin.Dans le cas de Christelle ce n'était pas un besoin mais une nécessité absolue ,une bouffée d'oxygène.Mais les sirènes du destin ont fait dire au banquier que celui-ci n'était que l'auxiliaire d'une fatalité dont il ne pouvait entraver la marche impitoyable.
L'établissement bancaire où Christelle avait souscrit une assurance sur les risques quotidiens lui avait opposé une fin de non-recevoir.Le banquier, un homme gros et gras au visage rond, suant à grosses gouttes derrière un ventilateur qui brassait de l'air chaud ,il parlait en fixant ses clients par dessus ses lunettes rondes ,affirmant de manière péremptoire que la jeune femme ne possédait pas de contrat d'assurance, ce qui n'était pas la vérité aux dires de la jeune femme.Christelle était persuadé d'avoir conclu avec la banque une assurance qui la protégerait, elle et ses enfants des risques de l’existence.Mais comme chacun sait ,les banquiers vous imposent un parapluie les jours de canicule et vous le reprennent quand il pleut des cordes.
Pourtant, la situation devint intenable pour la mère de famille et elle n'avait que son assureur vers qui se tourner.Il lui fallait juste un filet de sécurité, ne serait ce que pour pallier aux soins annexes de son garçon,ceux qui ne sont pas pris en charge par la sécurité sociale, des soins parfois couteux qui étaient hors de portée de son portemonnaie.
Non, l'homme d'argent persistait dans son refus de lui accorder un premier secours.
Il n'y avait aucune trace de son contrat d'assurance.
Que faire?
Lorsque Christelle reprit connaissance ,elle était dans un lit d'hôpital sans savoir qu'elle venait de tutoyer le pire.Des hommes en blouses blanches étaient à son chevet.Des hommes bienveillants .Une bienveillance qui n’était pas de nature rassurante.Christelle avait la phobie de la blouse blanche.La première pensée fut pour ses enfants .
-Ne craignez rien, ils sont entre de bonnes mains
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Youg
Merci à tous pour vos avis, ce fut très enrichissant :)
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JPierre
Même si au fond je suis cent pour cent d'accord, il reste à définir si l'écriture n'est que de l'imaginaire utopique ou si elle peut (pas forcément hein) refléter la réalité des mondes. A commencer par les enfants soldats. Je ne me lance pas dans une liste mais là, ça fait plus que me choquer.
Le monde se mesure à l'aune de la protection qu'il devrait apporter à ses enfants et ses anciens.
Ce que j'en vois, en est très très très très loin.
Reste que nous ne sommes pas obligés de l'inclure dans un écrit.
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Gigi Fro
Déjà le titre de ton topic me choque !!! Venant de toi ! ^^
Alors oui, tout à fait d'accord avec toi, depuis que je suis devenue maman ma vision du monde a changé. Avant je pouvais le "supporter" plus maintenant. Du coup ça m'a fait changer des "trucs" auxquels j'avais pensé dans mes histoires.
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Youg
Je comprends. C'est incroyable comme la vision du monde peut changer.
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Daegann
Je sais pas, je n'ai pas l'impression d'y être particulièrement exposé dans la fiction (ça vient peut-être de mes choix après), par contre, dans les faits divers des sites d'actualités, oui et la logique n'est pas la même...

Dans une fiction, ça ne me choque pas. J'entend par là, que ça génère des émotions fortes mais que c'est de la fictions et l'auteur essaye justement de faire passer des sentiments à travers ses écrits pour raconter une histoire, ce n'est pas "gratuit". Après si ça n'est pas justifier dans le récit et que c'est justement "gratuit" alors, oui, c'est une solution de facilité mais généralement ça a plus tendance à faire sortir de l'histoire qu'autre chose si c'est si "gratuit".

Dans les news, c'est différent. On utilise des fait divers réel (ou présenté comme tel) pour jouer sur l'émotion dans le seul but de générer des impressions publicitaires et gagner de l'argent. C'est valable pour toutes les news tristes ou qui joue sur la corde sensible de la peur (marche aussi avec le sexe). Et là c'est malsain. Malsain et néfaste pour la société car à force d'être submerger de ce type de signaux, ça impact notre façon de vivre.

Après, chacun possède ses propres cordes sensible que l'on peut voir un partout pour peu que l'on se focalise dessus parce que ça nous affecte : ici c'est le fait d'être parents qui nous rend plus sensible sur le traitement des enfants. Mais on peut trouver plein d'autre exemple : on peu choquer avec un viol ou une agression sexuelle par exemple, et on y sera plus sensible selon qu'on est un homme ou une femme, en particulier si l'on a été exposer à ce genre de chose. Là aussi on pourrait ensuite qualifier l'utilisation de ce type de ressort, comme "facile".
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Oreleï
Salut.

Bah je dirais que la première chose c'est l'intention de l'auteur. Pourquoi présenter un infanticide ? Si l'intention est uniquement de choquer, en effet, peu d’intérêt. Si derrière il y a une envie de questionner, quelque chose à dénoncer, pourquoi pas. Je pense que ça dépend de la manière dont le sujet est traité, de la complaisance ou non qui y est mise, de la manière dont la scène est décrite etc. Si c'est tuer du bébé pour tuer du bébé, je ne vois pas l'intérêt, et selon la forme, oui, ça peut me mettre en colère. Exactement comme un féminicide ou un viol (quelque en soit la victime homme/femme/enfant) dans une œuvre peut me mettre en colère s'il n'est pas "justifié" par l'intention de l'auteur.

La violence fait vendre, c'est un fait. Peut-être est-ce une sorte de catharsis dans une société soit-disant policée où "on peut plus rien dire ni rien faire" (mais on le dit quand même et on le fait quand même) ? Je ne sais pas en fait. La question est intéressante.

L'autre question serait de savoir pourquoi toi ça te choque/dérange/fait réagir. Est-ce seulement ton statut de papa ? Est-ce qu'avant tu réagissais moins ? (pas la peine d'y répondre ici, hein, ça ne me regarde pas)

La violence est quelque chose de subjectif je crois. Une scène avec des personnages découpés, l'odeur du sang, de la chair peut-être mille fois moins violente qu'une simple meurtre, qu'une baston ou qu'une scène de violence psychologique, qu'un suicide, ou je ne sais pas quoi d'autre... Je crois que ça dépend de l'auteur et aussi évidement de la sensibilité de chacun, de ce que ça renvoie, lui bouscule tout au fond.
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Andy Clarbann
J'ai aucun problème avec ça (après on est toute une génération à avoir été surexposés à la violence fictive)

Si ça marche sur moi, je vois pas pourquoi j'en voudrais à quelqu'un de l'écrire, et c'est souvent plus intéressant que d'autres moyens de choquer

C'est assez rare de me dégoûter mais je dois reconnaître que j'avais eu du mal à terminer la colline a des yeux après la scène dans la caravane, le petit dej avait du mal à rester à sa place
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Youg
Je n'ai pas regardé ce film en étant parent, et je crois que je vais éviter, je me souviens de cette scène...
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Adrien de saint-Alban
La nuit du 23 novembre 2007

La vie de Christelle tourne autour de ses trois enfants depuis que son compagnon l'a abandonnée en pleine bataille. Le destin en aurait fait de même si elle ne l'avait pris en main comme on prend un taureau par les cornes pour l’empêcher de vous écrabouiller. Le destin prend parfois un malin plaisir à vous écrabouiller. Il choisit au hasard. Peu importe qu'il s'agisse d'un enfant ou d'un adulte. Le sort ne fait aucune différence, ne fait pas de sentiment. Le destin n'a pas de cœur, n'a pas d’âme. Le destin, c'est comme un banquier. Il frappe les yeux fermés sur les plus faibles. Il les ouvre quand il a accompli son méfait.
Souvent, le destin a ses complices réels ou supposés. Dès qu'un enfant souffre, il y a toujours un salaud qui rôde. Il suffit de le débusquer et de le mettre devant ses responsabilités.
On dit que le diable est dans les détails. Cette nuit là le détail avait l'apparence d'une chambre d'enfant situé au deuxième étage d'un immeuble qui venait d’être restauré selon les dires de la propriétaire. Oui, il venait d'être refait à neuf.
Il n'empêche qu'au beau milieu de la nuit, le feu s'est déclaré dans la chambre du petit Michel ,cinq ans.
Un problème électrique comme souvent.
Le petit garçon dormait, se laissant bruler. Comme la grenouille de la parabole s'était laissé cuire dans la marmite. Michel s'est laissé brûler, tétanisé par ce qui se passait dans cette chambre. Un enfant ça reste un enfant.
Peu à peu une fumée noire, dense et âcre avait envahi l'espace, pénétrant par tous les interstices du meublé pour enfin alerter la mère qui dormait dans le canapé du salon. Une mère harassé par la fatigue sans doute, qui n'a rien vu venir et qui s'est glissée confiante dans les bras de Morphée, vaincue.
Les bombes au phosphore tombant sur Dresde et Cologne générant une chaleur atomique qui fit fondre le corps des enfants sur l'asphalte me vinrent à l'esprit. Que peut faire un enfant face aux flammes sinon se laisser mourir en criant maman? Oui, Michel criait:"maman , vient à mon secours!"
Guidé par son instinct maternel, la mère s'élança à corps perdu dans le couloir menant à la chambre, les bras tendus, heurtant les murs de cet interminable, de ce satané couloir,présageant le pire, la fumée âcre commençait à lui piquer les yeux et à lui ronger les poumons. Mais qu'importe, son fils brûlait sur son lit. Les draps, la couette étaient consumés. Le corps du garçon restait collé au sommier par le dos.Le lit superposé avait brûlé,ne laissait apparaitre que la structure en ferraille. La chaleur avait entamé la chair. Bien qu'il fit un noir d'encre elle distingua les bouts de peau qui se détachaient de ce corps devenu flasque et mou. Néanmoins, avec l’énergie d'une mère au désespoir, elle réussit à extirper ce petit corps de la fournaise, une fournaise qui était à l’œuvre.Tout fondait, les carreaux de la chambre claquaient, le plâtre du plafond cassait, laissant apparaître la brique rouge, une suie noirâtre tombait en goutte de chaleur sur le corps et sur la tête de la jeune femme ,insensible devant l'effroi à la chaleur du carrelage qui lui brûlait les pieds.
Malgré le malheur et le désarroi qui s'abattaient d'un coup d'un seul ,la jeune mère eut la force et la présence d'esprit de garder son petit d'homme par devers elle et ainsi l'arracher aux griffes de l'enfer. Non,cette chose lui paraissait impossible. Ce qui lui arrivait était du domaine de l'impensable. Une pareille catastrophe ne pouvait arriver. Un cauchemar dont elle se sortirait vainqueure et tout redeviendrait comme avant.

Ceux qui n'ont pas d'enfant ne peuvent comprendre.

Adrien de saint-Alban
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Adrien de saint-Alban
La pensée qu'il y avait encore deux autres enfants à sauver la plongea dans une terrible angoisse.L'idée qu'elle pourrait les perdre à jamais la rendait folle de désespoir.C'était une course panique contre la montre.Il fallait faire vite.Le feu se propageait.L'épaisse fumée noire devenait dangereuse et pour elle et pour ses enfants.Par chance, la chambre de la fillette située en face de celle des garçons où le feu s'était déclaré était encore épargnée.Damien avait réussi du haut de ses huit ans à mettre Émilie sur la fenêtre et criait au dehors en donnant l'alerte. Voyant ses enfants au bord de l'abîme,instinctivement et sans penser à rien, guidée par une puissante volonté de protéger sa chair, la jeune femme prit la main des enfants puis les poussa vers la porte au milieu d'une fumée qui devenait de plus plus noire, mortelle.
Le petit Michel était à l'abri près de l'entrée de l'appartement dont la porte est restée ouverte par précaution.

Adrien de saint-Alban
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Lulakra
Certes les infanticides peuvent être violent, mais si en général ils sont là pour choquer, la vrai question est pourquoi avons nous besoin du meurtre d'un enfant pour être choqué? à quel point les scènes violentes/gores nous paraissent normales?
Nous vivons dans une société qui incite à la violence, qui la rend normale. Les films d'horreur où il y a 10% d'histoire et 90% de meurtre sanguinolent, de torture et j'en passe deviennent de plus en plus courants et choquent de moins en moins. Les journaux qui parlent de guerres, attentas etc... et dont nous ne sommes même plus révolté, ça devient presque un fait divers quand ça se passe loin de nous.
voilà ce que je trouve révoltant ; à quel point notre société normalise la violence.
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Youg
Je suis tout à fait de ton avis. On est habitué à voir des morts, depuis tout gamin, que ce soit fictif ou non
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GoM
Je pense qu'il y a un côté voyeuriste dans le regard porté par les gens sur les faits divers, on en fait de tristes feuilles de choux.
Mais c'est très récent le regard porté bienveillant porté sur l'enfant. Il y a une cinquantaine d'années la douleur était une vérité de l'apprentissage et de l'éducation.
Mais pire que cela, j'ai appris il y a peu que y a vingt ans on n'anesthésiait pas forcément les bébés même pour des grosses opérations, car un bébé ça pleure.
Notre rapport à la douleur de l'enfant à évoluer. Je ne pense pas qu'on soit plus des monstres qu'avant il y a toujours eut des fascinations malsaines pour la cruauté entre êtres humains ( les exécutions et tortures publiques).
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Lulakra
Ce n'est peut être pas aussi flagrant qu'avant, mais on n'a pas tant évoluer que ça, les choses sont plus insidieuses, l'homme a toujours cette passion malsaine pour la douleur des autres
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Vis9vies
J'ai écrit sur le sujet, et j'ai reçu des messages comme quoi le lecteur/lectrice était choqué. Quant à moi, j'ai écrit de la fiction, et je sais que c'est de la fiction, et la scène s'est invitée sans que je l'ai préméditée. Ce n'était qu'une suite logique de ce qui avait précédé.

Quant aux infanticides de la réalité, je crois que je suis blindé. Il y a pire.
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