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Faut-il terminer une oeuvre "oubliée" ?

par Nicolas Raviere  il y a 2 ans

Vous avez quatre heures !

Plus sérieusement, je m'interroge sur cette notion. Je suis certain que beaucoup d'entre vous, comme moi, ont des oeuvres non terminées et se sont posés cette question. Et notamment, ce qui m'interesse ici, des romans, format long par excellence. Certains peuvent être très avancés et les années passent.

Imaginez si vous avez des romans qui dorment, inachevés, avec de nombreuses pages rédigées (dans mon cas 250, 100 et plusieurs vers les 80... et entre 5 à 10 ans de sommeil). Que feriez vous ?

Pour ma part, j'hésite entre :

- Les années passent, mieux vaut se consacrer à des nouveautés.

- C'est un gâchis ! Il faut absolument les finir, ou en faire autre chose.

Bref : êtes-vous ou avez-vous été dans ce cas ?

Que ce soit le cas ou non, qu'en pensez-vous ?

Est-ce que les années, d'après vous, rentrent en compte dans la décision finale ?

(reprendre un roman après un an, c'est différent de reprendre un roman après 10 ans)

J'attends vos retours, ainsi que vos expriences sur ce sujet (pour ceux qui ont repris : succès ? echec ? Pourquoi ?

Bref, curieux de savoir votre avis sur la question !

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Kaede Darkara
Je pense qu'il faut toujours garder ses idées, comme la voisine du dessous. Si je ressens (malheureusement), le besoin de mettre une fiction dans un tiroir, comme mon roman de vampires que je ne sais plus comment achever, et bien je le fais, car je sais qu'un jour, même si ça prend dix ans, je pourrai toujours reprendre le récit et peut-être lui donner le dénouement qu'il mérite. <3

Pour l'anecdote, le Sang des Mor est une idée qui a reposé dans mon cerveau pendant un an avant qu'enfin, je ne l'offre à votre vue après avoir écrit la quasi totalité du tome 1 en un mois... Et je croyais que finalement, je n'écrirais jamais cette histoire ! XD Donc... ne jetez jamais aucune écrit inachevé, aucune idée à la corbeille, car vous aurez peut-être la surprise de voir soudain se terminer la gestation. ;)
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Elohise Lockart
J'ai commencée plusieurs histoires, j'en ais tout de même terminer six qui attendent leurs suite que j'avais prévus, cependant une seule est sur 4 Tomes, et je bloque depuis presque un an sur le Tome 5. Je suis passé à d'autres histoires entre temps.
Lorsque je bloque sur une, j'en écris une autres et quand je bloque sur la nouvelle, je tente de me remettre sur les anciennes. En général cela fonctionne, sauf pour une histoire que j'ai commencé il y a plus de dix ans, je n'ai plus les même idées qu'au dépars, je n'ai que quelques chapitre, (huit au total) autant dire rien en réalité.

Je pense que le mieux et ne pas laisser une histoire inachevée même s'elle ne vois jamais le jour ailleurs que dans l'ordinateur (ou à la main) car elle reste dans un coin de la tête et trotte sans cesse. Avec le temps, les idées revienne, même si elles sont différentes du moment ou l'histoire à été débuté, elle demeure toujours présente dans l'esprit.

Après, chacun fait comme il le sent, la terminée ou non. Voire même la supprimé.
Personnellement, je ne supprime jamais car je sais qu'un jour ou l'autre, les idées vont revenir et je n'aimerais pas avoir l'histoire en tête et devoir recommencée ou ne jamais pouvoir l’écrire comme elle était et être insatisfaite de ce que j'ai écrit après.
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JPierre
La question, pour moi, est le pourquoi de l'abandon?
Avant même de penser à reprendre, il faut s'interroger sur ce pourquoi. Si les raisons y sont toujours ou pas.
Pour la reprise éventuelle, ça vient ou pas. Ne surtout pas se prendre la tête si l'envie n'y est pas.
En tenant compte que comme tout bon humain, nous changeons et que, parfois, il n'est pas possible de mettre en adéquation, ancien récit et évolution personnelle.
Même non terminé, un écrit reste un apport. Une preuve vivante de sa propre construction et, comme tout roman, il n'est qu'une étape.
Qui songerait, à part les stakhanovistes du best-seller, vouloir que chaque étape soit identique. Quel ennui…
Si je visite Trifouillis-Les-Oies, quand j'arrive à Pétaouchnolk, je ne viens pas voir la même chose. Pour l'écrit c'est idem.
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Stéph Loup'tout
Salut ! :)

Pour avoir écumer pas mal de sites d'écriture, la plupart sont unanimes : si une oeuvre reste inachevée trop longtemps, autant passer à autre chose et, à la limite, reprendre quelques idées de l'histoire inachevée pour d'autres histoires.
Et pourtant... moi ça ne me convient pas. Abandonner une histoire, un monde, des personnages que j'ai créés et avec qui j'ai passé du temps ? C'est comme si j'abandonnais des amis juste parce que ça fait longtemps que je ne les ai pas vu ! Ce serait absurde ! J'ai des tonnes et des tonnes de projets en attente, que ce soit de gros romans ou des histoires plus courtes, cela fait même onze ans que je suis sur un roman, à le remanier, à le réécrire encore et encore sans jamais le finir, mais jamais je ne l'abandonnerai. Je tiens trop à mes histoires et mes personnages pour juste leur tourner le dos et les laisser aux oubliettes. Alors oui, parfois on manque de temps, les histoires se suspendent et des années passent, mais et alors ? Il n'est jamais trop tard, tant qu'il y a de la vie, il y a de l'espoir et puis, parfois, une histoire que l'on arrivait pas à finir ou à continuer, et bien on y arrive quelques années plus tard car on a évolué, notre écriture a mûri et on trouve des solutions là où auparavant on ne voyait que des impasses. Comme j'ai vraiment beaucoup de projets en cours, il m'arrive de les fusionner, qu'une petite histoire parlant d'un royaume et d'un prince se passe dans le même univers qu'une autre histoire avec des dragons et des griffons. Comme presque toutes mes histoires prennent place dans un univers fantasy, et même si elles ont des règles de magie différentes ou des types de personnages différents, j'essaye d'expliquer ces "incohérences" par la géographie (deux magies différentes à cause des régions où elles se manifestent ou par rapport à leur source qui n'est pas la même ; des races de personnages qu'on ne trouve que dans une partie de ce monde), voire même différents mondes reliés entre eux... Bref, je fais en sorte que mes histoires se rejoignent, s'appellent, se répondent, ce qui me donne encore plus envie de les finir vu qu'une histoire que j'ai un peu laissé de côté va pouvoir influencer une autre, plus récente, sur laquelle je suis super emballée à ce moment etc.

Tout ça pour dire, n'abandonne pas tes histoires. Si pour toi écrire, c'est comme vivre, si tu y a mis du coeur, alors ne les laisse pas inachevées. Même si elles sont clichées ou que tu les trouve nulles, certains pourraient les adorer, et je pense que tes personnages méritent d'avoir une fin, une vraie histoire où ils peuvent évoluer ! :)
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Témise
Bonjour,
moi je pose les choses un peu différemment.
j'ai un roman entamé il y a une douzaine d'années. 80 pages écrites en 8 jours. Il me coulait au bout des doigts.... Mais à un moment je suis partie dans un délire absurde qui m'a bloquée. J'ai toujours l'histoire en tête. Il faut juste que j'efface 3/4 de page à peu près, et je vais repartir.

Mais d'abord, je veux finir un roman commencé il y a 10 ans. Qui a énormément changé (initialement c'était une école de magie pour fées qui acqueraient leurs pouvoirs à 18 ans...).
Aujourd'hui, la version 1 est en grande partie ici (Le Serment oublié pour ceux qui ont envie d'aller voir).
La Version 2 est presque terminée (enfin, pour le premier livre de l'histoire, qui en comptera quatre). Elle n'est pas fondamentalement différente de la version 1 cela dit. Elle a juste fini de mûrir.

Tout ça pour dire que oui nous changeons. Mais si nos débuts d'histoire nous parlent encore, pourquoi refuser qu'elles aient mûri et les reprendre (totalement ou partiellement).

Et puis, le mûrissement d'une histoire fait partie non seulement du processus de création, mais aussi de l'histoire elle-même : les personnages évoluent. Donc à mon sens on peut reprendre les passages essentiels écrits il y a longtemps et continuer à écrire avec nous tels que nous sommes aujourd'hui. La seule chose est de ne pas zapper les passages essentiels qui font changer le héros
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Erreur
On change psychologiquement avec le temps .
Ou on l'accepte et on en tient compte dans la continuation du livre .
Ou on se fatigue à se le cacher et le lecteur s' interroge.
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AlexandraKean
Personnellement, je vais fouiller dans ces brouillons, j’en récupère des morceaux que je retravaille pour les intégrer dans mes romans actuels. J’en reprends certains, même parfois, je mets des personnages de ce livre oublié dans celui que je suis en train d’écrire...
tout dépends, mais pour ma part, je trouve qu’il y a toujours quelsue chose à en tirer!!
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Antony Aulin
Bonsoir, pour ma part, j'ai écrit un roman en 2005, en entier, que je n'ose plus lire aujourd'hui tellement je suis horrifié par son style et son contenu...

J'ai plusieurs fois songer à le reprendre pour gommer les multiples maladresses qu'il comporte. Mais, je ne sais pas. J'aime l'idée générale mais j'ai déjà tellement passé de temps dessus que j'en suis à l'overdose avant même de commencer...

Vous est-il- déjà arriver d'être super emballé par une histoire puis, à force de l'écrire, de vous lasser au point qu'elle vous sorte, vous-même, par les trous de nez ? (désolé pour la formulation... ^^).

A présent, je fais ce que j'aurai du faire il y a une dizaine d'années : commencer par écrire de nombreuses nouvelles et histoires courtes avant de vouloir foncer tête baissée dans un roman !! Puis, laissez venir tranquillement...
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moonbird
lorsque c'est le cas, je mets en pause avant de le reprendre si l'idée générale correspond à mes aspirations :)
Après, avant de tout recommencer d'une traite, je poste sur un site d'entraide pour voir si cela peut intéresser quelqu'un (ce qui sera sans doute le cas, il est rare que tout le monde déteste une oeuvre ^^ afin de profiter des annotations de différents lecteurs qui pourront m'aiguiller sur la suite ^^
Par contre, j'ai écrit un pavé dans ma jeunesse que j'ai abandonné (beaucoup trop long alors que je n'étais pas arrivé à la moitié de l'histoire ^^

On peut aussi comme tu le fais commencer par écrire des histoires plus courtes ^^
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Antony Aulin
Pas faux.

J'aime beaucoup ta phrase : " il est rare que tout le monde déteste une oeuvre " .

Je n'ai pas souvent pensé de cette façon mais, oui, heureusement que c'est effectivement le cas, quand on y pense ! ^^
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vixii_ecrivaillon
Et bien une réponse (la?) réponse possible est proposé par Joe Cornellas qui a traduit et présenté les "règles" de Pixar pour une bonne histoire :
Règle #17 : on ne gâche jamais du travail. Si ça ne marche pas, lâchez prise et passez à autre chose. Ça vous sera utile plus tard.

Donc le plus important n'est pas l'histoire qui n'est pas finie mais les idées qu'elle contient et qu'on peut recycler.
C'est ce qui m'arrive avec "Tranit " où je peux insérer des idées, des situations venues d'une autre histoire que je ne pourrais jamais écrire.
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Vincent Winand
Il n'est jamais trop tard pour un bon début de reprendre vie. Parfois, des premiers mots viennent et se tarit l'imagination. Il y a des écrits pour tous. Il y mille écrits possibles. Je pense que tu dois véritablement ressentir de l'empathie pour ton texte, en ne forçant pas. C'est comme dans une relation amoureuse. Tu ne peux obligé ton partenaire à ressentir ce que tu as en toi.
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GoM
Depuis très longtemps, je traine un début de roman réécrit plusieurs fois, plusieurs débuts coexistent. J'ai toute l'histoire dans ma petite caboche sauf la fin. Le problème est que l'univers a été dense à créer et encore aujourd'hui reste vivant dans ma mémoire.
Cependant ce roman est une écriture de jeunesse. Lourd, peu intéressant, le début est une purge à écrire. Ce roman à un point faible, il commence tardivement. Les péripéties qui me plaisent commencent plus tard et ce roman suit la trame classique d'un shonen dans un univers fantaisiste.
Avec le temps, cette création est devenue lourde à porter. Trop immature, trop cliché, peu différent des classiques. J'écrivais peu et il faudrait tout réécrire, un travail très lourd, pour une œuvre qui n'en vaut pas le coup.
De la pure perte ? Non. Car cette œuvre a nourri ma façon d'écrire et certains moments scénaristiques non exploités ressurgissent dans mes écrits aujourd'hui.
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Nicolas Raviere
J'aime beaucoup ta manière de voir les choses : considérer que c'est fini, que d'une façon, en forçant le trait, c'est un échec (l'oeuvre en elle-même d'après les éléments que tu donnes) mais dire que cela t'a apporté quelque chose et t'a permis finalement d'évoluer, sans compter qu'elle vit encore puisque tu sembles utiliser des ressorts scénaristiques). Il faut savoir à un moment aller de l'avant mais sans pour autant balayer le passé. Bravo.
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GoM
Merci, après je dois dire que cette création avait une vocation à être un mangas ou une Bédé. Mais un roman n'est jamais perdu, il peut être repris, réutilisé de pleins de façons différentes. Je pense qu'une création est une belle chose, mais elle grandit avec nous, il faut alors savoir si elle est toujours compatible avec notre manière de raconter.
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Nicolas Raviere
C'est souvent cette compatibilité qui est au coeur du problème !
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GoM
Je ne sais pas si ça peut t'aider, mais t'es tu demandé en quoi tu as changé, en quoi l'auteur n'est plus le même et en quoi cela trahi ton œuvre oublié ?
Des petits écarts peuvent être corrigé, une nature plus optimiste ou pessimiste de l'auteur. Tant que la fin n'existe pas tu peux faire évoluer ton écris vers ton style actuel. Après le réécrire complètement est aussi possible dans un style actuel c'est aussi possible, mais cela demande beaucoup d'énergie, juste un peu moins qu'une création depuis zéro.
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Nicolas Raviere
Justement le souci est ta dernière phrase (me concernant mais d'autres sont sans doute dans ce cas) : ça me demanderait beaucoup plus de temps, d'énergie qu'une création depuis zéro, sachant que la notion d'immersion ne serait pas forcément là (je suis facilement "pris" par une nouveauté, vraiment dedans, je sais pas pour comparer, c'est genre tu entames une nouvelle relation amoureuse, tu es amoureux, tu n'as pas envie de revenir à une ancienne qui s'est mal finie pp). Enfin, je ne pratique que le premier jet, pas la réécriture que je trouve fastidieuse et "dénaturante" et qui est du coup moins "créative" (mais souvent nécessaire).

Pour le fait de faire évoluer un écrit vers son style actuel, ca peut être une possibilité mais il faut que d'une part cela se fasse d'une manière naturelle, qu'il n y ait pas un grand écart, de l'autre, s'il y a un changement de style, que cela ait un sens au niveau fond / forme, sinon de forts risques que cela soit bancal.
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GoM
Je suis pareil, j'aime créer du neuf. Après je me suis convaincu que mon œuvre n'offrait pas de grandes nouveautés. Mon héros est lisse, trop gentil et son évolution est trop prévisible. En faite, c'est surtout pour un retournement scénaristique à la moitié de l'histoire que mon écrit était intéressant.
Mais le récit en lui-même est trop pauvre et se prêtait plus à l'image qu'à l'écrit. Le problème de cette histoire c'est qu'elle n'a pas été assez prévu pour être un livre.

L'abandon était peut être nécessaire dans ce cas. L'univers créé n'était pas fou, très proche d'un univers comme donjon et dragon ou warhammer.

Après tu peux juste savoir ce que tu aimais dans cette œuvre, ce n'est peut être pas réutilisable toute suite, mais ne t'en fait pas trop, il faut juste ne pas le dénigrer. C'est une création qui a le mérite d'être présente, non finie, mais révélatrice d'où tu viens et de l'auteur que tu étais.
Peut être te ré-inspira t'elle pour une autre. Des fois, oublier c'est le meilleure service à se rendre pour faire le point plus tard. Il n'y a pas de culpabilité à avoir. Si tu ne te sens pas de la finir c'est peut être révélateur de ce que tu as besoin en tant qu'auteur pour le moment.
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Stéph Loup'tout
Après, même une oeuvre comme la tienne que tu qualifies de "trop clichée" avec un univers "pas fou", peut donner quelque chose juste en changeant le point de vu ! :) Par exemple, au lieu de prendre en personnage principal ton héros, tu peux prendre son meilleur ami, le seigneur démon etc. Pour moi, cette technique a deux avantages : d'une, cela permet une certaine nouveauté, puisque tu écris d'un autre point de vue, donc même si tu peux reprendre des éléments de certaines scènes déjà écrites, il faut inventer et on perd un peu le côté fastidieux de la réécriture, de deux, cela rend l'histoire plus intéressante que si on suivait l'éternel héros trop gentil à l'évolution prévisible. Car, en vrai, il y a plein d'histoires qui peuvent se passer à côté de ce héros prévisible : le pauvre seigneur démon qui se demande comment il peut se coltiner toujours les mêmes idiots naïfs, l'ami du héros qui peut finalement le trouver inintéressant et le trahir...
Tu peux aussi, sans changer de point de vue, modifier ton personnage, soit en expliquant cette gentillesse démesurée (par rapport à sa race, à un sortilège qui l'empêche d'être "méchant", parce qu'il est simple d'esprit...), soit en lui donnant des défauts (arrogant, timide, maladroit, cupide, menteur, opportuniste, égoïste, lâche, boiteux, muet, aveugle, sourd, borgne, libertin, moqueur, coléreux, impulsif...), soit en expliquant son comportement par rapport aux rôles des héros (dans son monde, un héros doit aider tout le monde etc. et comme lui veut être un héros, il se comporte ainsi...). De même, tu peux pimenter son évolution. :) Dans Akatsuki no Yona (un manga et un animé que je recommande car il est trop bien ! :3), l'héroïne est une princesse naïve et ignorante au départ, mais son évolution fait d'elle une vraie guerrière, ce qui la rend touchante et intéressante. De même, un personnage profondément gentil, après tant de combats, de morts, de trahisons, de blessures, le restera-t-il ou deviendra-t-il amer, violent, désabusé ?
De même, tu dis que ton histoire est intéressante plutôt à partir de ton retournement de situation, au milieu... alors pourquoi ne pas mettre ce retournement de situation au début ? Tu pourrais expliquer le "vrai" début par un petit prologue, une légende ou, plus tard, via des flash-backs, surtout si tu trouve que la première partie de l'histoire est clichée et prévisible. :) Supposons que ton retournement concerne ton héros et le fait qu'au lieu de battre le seigneur démon, il choisisse de se rallier à lui, là, boum, on a plus l'histoire basique du héros qui va devenir fort pour terrasser le méchant, là on a un héros qui devient "méchant", ça intrigue direct, on se demande comment il en est arrivé là, pourquoi et ce qui va se passer maintenant (un nouveau héros, la fin du monde ?) ! :)
Bref, si cette histoire te plait et même si elle t'a permis d'avancer et que tu la garde toujours dans ton coeur, il y a plein de façons de la reprendre et de la réécrire avec la voix de ton toi actuel sans pour autant étouffer l'écriture de l'écrivain qui tu as été au moment de son élaboration :)
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GoM
C'est ce que je peux faire en changeant certains aspects, j'ai réintégré l'oeuvre du moins des petits éléments dans mon roman en cours.
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Jean-Christophe Heckers
- Êtes-vous ou avez-vous été dans ce cas ? -
Oh, oui. Même, en plein dedans: je traîne un "roman" depuis 2011 et ça coince, ça coince. Impossible d'avancer. J'ai dû m'enliser, mais je ne sais pas dans quoi (la médiocrité, me susurre une voix perfide).
- Que ce soit le cas ou non, qu'en pensez-vous ? -
Que c'est pénible. On s'arrangera pour remplacer le terme choisi pas un porte-conteneur rempli de grossièretés adéquates. Et qu'il va falloir se résigner soit à un sacrifice soit à des efforts désespérés.
- Est-ce que les années, d'après vous, rentrent en compte dans la décision finale ? -
Un peu. Mais quand je considère qu'il y a au portillon quelques (bonnes?) idées qui attendent, je crains de ne même plus avoir le désir d'attendre "que ça vienne" (tiens, t'as qu'à croire aux miracles). Deuxio, est-ce que ce fichu roman inachevé ne me gonflerait pas un peu, ce qui me dissuaderait de le poursuivre? Soit, sans doute. Mais il n'y a pas que ça (idées naïves, et autres insignifiances font pousser de profonds soupirs à l'auteur), et il devient très raisonnable de laisser tomber.
Laisser tomber...
Quoique, pas tout à fait. Un roman abandonné n'a pas besoin de pourrir dans un coin. On peut recycler ce qui le mérite dans une (des) oeuvre(s) ultérieure(s). Comme dirait Lavoisier...

Voilà. J'ai mal répondu à la question? Normal.

Mais j'ai une autre réponse, qui m'arrange bien. Si on abandonne un, deux, trois romans, si on n'y arrive pas, c'est peut-être qu'on est prédisposé à la nouvelle. Auquel cas, nulle hésitation: nouvelliste radical devenir on doit, et le roman se mettre un... (Oh, pardon.)
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Nicolas Raviere
On peut peut-être abandonner un, deux, ou trois romans pour d'autres raisons (travail, vie de famille prenante, temps) sans être forcément prédisposé à la nouvelle.

Après, je rejoints sur l'idée globale que la nouvelle est une bonne entrée, puisqu'elle permet de se former à faire une trame simple, épurée, et c'est dans un sens plus évident à faire ; après une oeuvre terminée motive d'autant plus.

Je conseille souvent à ceux qui n'arrivent pas à faire des romans (ou même désirent en faire un mais ne connaissent pas l'ampleur de la tâche) de passer à la nouvelle mais ils ne sont pas forcément prédisposés à ce genre non plus, certains ont une imagination pour faire des romans, ils n'ont juste pas l'organisation, ou l'écriture, le style, la plupart d'entre eux devraient en fait écrire des scénarios, vu leur approche de la littérature, et de l'écriture, trop unilatérale.

J'aime bien l'idée de recyclage que tu émets, c'est une autre façon de traiter le problème que "laisser en plan" ou "continuer / réécrire". Dans mon expérience même j'ai déjà pratiqué le recyclage de cette façon mais dans des oeuvres différentes du roman. Pour les romans, j'ai une philosophie d'écriture qui fait que ce n'est pas possible.

Je pense que cette idée de recyclage pourra aider d'autres, à condition, si c'est une oeuvre très ancienne, qu'elle se fonde dans l'oeuvre en cours d'écriture (surtout au niveau du style, qui évolue souvent au fil du temps).
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Témise
Bonsoir,
En ce qui me concerne, roman 1 écrit il y a une dizaine d'années environ. 80 pages tapuscrites directement, sans brouillon ni fiches personnages préalables. Les personnages vivaient et se créaient sous mes doigts, naturellement. Et puis, le trou noir : le l'incipit était achevé. Et j'avais en tête la première péripétie importante. Mais pas les étapes qui y menaient. J'ai donc laissé tomber.

Environ un an après, j'ai commencé mon deuxième roman. Mais même problème : les scènes clés me venaient en tête, mais pas ce qui se passait "entre" et faisait le lien entre elles. Au bout d'un an, j'ai re-laissé tomber. Puis j'y ai repensé. J'ai commencé à griffonner les idées qui me venaient dans des carnets. Ça a duré environ un an. L'idée centrale restait la même, mais tout avait été beaucoup enrichi voire carrément transformé. J'ai commencé à réécrire. C'était il y a deux ans. J'en suis à la quatrième version (le maximum que j'ai écrit a été une quinzaine de chapitres-sur 81 prévus-). Mais là, j'ai réussi à scinder mon intrigue en 4 parties, ce qui devrait grandement m'aider à la rendre facilement compréhensible sans pour autant la simplifier. Je ne sais pas encore si cela fera un roman ou quatre (je pense que cela dépendra de la longueur finale après correction). Mais je sais où je vais, et je suis déterminée à y arriver.

Sinon, j'ai relu mon roman 1 il y a environ un an et demi. Il me plaît toujours, je n'en changerait pratiquement pas une ligne. Et j'ai toujours l'étape B en tête. Mais aujourd'hui, je sais que j'ai la maturité (y compris par ma continuation de la pratique de l'écriture qui m'a apporté des outils pour résoudre mon problème ) pour créer le chemin entre les étapes A et B. Sauf que mon imaginaire est trop pris dans mon roman 2. Donc j'ai décidé de terminer mon roman 2 d'abord. Cela dit, un des principaux personnages de mon roman 1 est devenue la grand-mère d'un des principaux personnages de mon roman 2. Je ne sais même pas si elle apparaîtra dans l'histoire au final, mais bon... Les personnages principaux de mon roman 1 me manquaient, donc voilà...
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Nicolas Raviere
Merci pour ton partage ! Tu sais ce qu'on dit : jamais deux sans trois :)
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Témise
On dit aussi "jamais trois sans quatre" par chez moi. Mais mon roman 2 va peut-être finir par en faire 4 lol
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moonbird
Bonsoir

Je vais faire une réponse qui ne va guère faire avancer le problème (j'aurais peut-être du m'abstenir du coup ;) je suis de l'avis de Gobbolino : ça dépend de plusieurs paramètres.

Le premier concerne le temps de la pause : plus le temps est long, plus il peut-être difficile de se replonger dans l'histoire d'origine (sur les motivations d'écrire cette histoire, sur le style employé à l'époque, sur la suite à donner à ce que l'on a écrit...)

Le deuxième concerne l'envie : a-t-on envie de poursuivre cette histoire ? Nos centres d'intérêt ont peut-être évolué. On peut avoir des envies différentes d'écriture.

Si l'envie de poursuivre est forte, si on arrive à trouver un lien entre ce que nous avons déjà écrit et sur la suite à prévoir, si le message que nous voulons transmettre aux lecteurs (ou à soi même) est toujours d'actualité, alors il ne faut pas hésiter et foncer !
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Nicolas Raviere
Si si, ça fait avancer, après il n'y a pas mille réponses possibles non plus et je crois que celles-ci sont essentielles, avec quelques autres évoquées dans le fil. Ta réponse est concise et aérée :)

Pas d'expérience à partager sur la question ?
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moonbird
Une expérience en fait.

J'ai commencé un roman (fleuve !) il y a pas mal de temps qui est en jachère depuis 20 ans (ce qui laisse une idée que j'ai commencé l'écriture ;)

J'ai gratté des cahiers de brouillon entiers (ce n'était pas la mode des ordinateurs à l'époque ;) et j'ai fini par abandonner le projet qui commençait à devenir envahissant :)

J'ai retrouvé tous les cahiers de brouillon, mais comme à l'époque j'avais une écriture de docteur, ça n'aide pas à me relire !

Le style fait très enfantin lorsque je le relis (normal, j'ai commencé le roman à 12 ans) et je ne me vois pas replonger dedans (surtout que n'étais même pas arrivé à la moitié de ce que je voulais écrire :) Imagination débordante déjà à l'époque :)

Désormais, je le laisse reposer au cimetière des manuscrits inachevés :)

Voili, voilou :)
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Lisa.D
Même cas que toi Moonbird! Sauf que j'avais nettement plus que 12 ans... :)
Je crois qu'une partie du problème est que nous évoluons, le monde aussi, nos lectures nous enrichissent et je ne crois pas qu'aujourd'hui j'écrirais cette histoire de la même manière. Du coup, même si les personnages sont toujours quelque part dans mon imaginaire , je n'ai pas le courage de m'y replonger pour tout réécrire.
Mais comme Nicolas, je me dis que c'est dommage. Un jour peut-être...
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Gigi Fro
Je suis dans ce cas et ma réponse est claire! Vas y fooooonce!!l
L'oeuvre que je présente ici ( https://www.scribay.com/text/580293085/le-violoniste) a plus de la moitié de mon âge! Et j'ai écrit réécrit et voilà que je suis sur Scribay bien motivée à la finir cette fois! L'avantage étant que tout est plus clair, je sais où je vais et comment, l'histoire s'est enrichi de mon vécu et bon il y a des fois quelques blocages mais là je suis déterminée. Lorsque j'aurai fini je vais reprendre 2 autres projets "abandonnés".
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Nicolas Raviere
Ca fait plaisir de voir ton entrain à ce sujet :)
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Lily H. Kitling
Mon premier roman n'est pas "oublié", il est juste toujours en cours. Ça fait 15 ans. Mais il est un peu monstrueux, pour la défense xD (des tas de thèmes, des tas de recherches, des tas de personnages... >.> )
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Nicolas Raviere
C'est pas la même chose du coup, s'il a a toujours été plus ou moins en cours. A moins que tu aies fait des grandes pauses pour te concentrer aux autres. Après, je suppose que ça dépend de l'intention initiale.
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Lily H. Kitling
J'ai eu 8 ans de "pause" dans le sens où je n'ai pas écrit pour l'histoire. Mais les recherches étaient toujours en cours ^^
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Nicolas Raviere
C'est un statut entre les deux du coup, l'oeuvre est pas vraiment oubliée, même si tu n'y touches pas, elle continue de vivre et de grandir à travers toi, dans ton imaginaire et tes perspectives. Je me demande si d'autres que toi précédent comme ça.
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Lily H. Kitling
Je connais au moins un autre auteur qui a la même expérience avec ses projets ^^
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AbigailHP
Je suis dans ce cas, j'ai commencé un roman lorsque j'avais douze ans, soit il y a presque quinze ans (mon dieu, ça ne rajeunit pas...). Je m'étais arrêtée à 80 pages (un chiffre charnière pour toi aussi apparemment) et ça fait des mois que je planche à nouveau dessus, car évidement c'est une histoire qui me tient à cœur. Malheureusement j'avance très lentement et de ce fait je me décourage souvent, mais je me dis que je ne suis plus à quelques années près, la seule chose que je veux, c'est réussir un jour à y mettre un point final!

Je m'accroche, mais il faut bien dire que c'est vraiment difficile.
Le défi est que l'idée est là, mais le concept entier est à revoir, d'autant plus que j'écrivais au feeling sans vraiment savoir où j'allais. Alors il faut reprendre tout le livre, on se rend compte qu'il faut quasiment tout modifier, tout effacer, et partir dans une autre direction, tout en essayant de coller à l'idée de départ que l'on a eu à l'époque. Sans compter que la réécriture complète est obligatoire si l'on a changé de style d'écriture entre temps, sinon c'est l'effet patchwork assuré. C'est long, et si, comme moi, on bloque souvent parce qu'on a beaucoup trop d'idées de dénouement pour une même intrigue, c'est décourageant.

Voilà pour mon expérience. Quant à mon avis, je pense que si c'est une histoire dont le sujet est encore bien vivant dans ta tête à l'heure actuelle et que tu n'as pas envie de la laisser au placard, alors il faut s'y remettre. De toute façon, tu n'as pas grand chose à perdre, si ce n'est du temps, et un peu de ta santé mentale!
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Nicolas Raviere
Une approche plus sensible : je pense souvent en effet à certains d'entre eux, mais je ne sais pas si c'est pour l'oeuvre en elle-même, un attachement, ou le fait de "purée, c'est pas terminé" voire "bordel, j'ai perdu des heures là dessus pour rien".

Tu dis que tu as trop d'idées, tu fonctionnes avec un plan ? Les idées de dénouement, tu peux les garder pour d'autres livres, tu peux aussi les essayer, et, une fois écrite prendre la meilleure. Le plus dangereux quand on écrit, c'est de partir dans tous les sens, il faut se faire une ligne dégagée. Personnellement, quand je commence un roman, j'écris toujours le début, la fin et le résumé. Je le fais naturellement et je m'impose là dedans. A l'intérieur, ça peut bouger, de nouvelles idées peuvent remplacer l'ancienne, du moment que j'arrive du point A au point B sans que le concept de base soit ébranlé.

Sur le temps entre les oeuvres, c'est vrai que dans ton cas, c'est assez différent, dans ce sens où tu as écrit ton roman à deux âges de vie, l'adolescence et l'âge adulte, ça suppose beaucoup plus de concessions à faire pour reprendre. Je n'aurais pas eu le courage personnellement. Ou alors, j'aurais gardé le squelette, pour l'habiller de nouveau :)
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Gigi Fro
Je me retrouve en toi AbigailHP ;)
J'ai dû tout réécrire (une bonne partie) car évidemment tu as mûrie, ton écriture aussi mais c'est au contraire enrichissant car c'est comme polir une pierre pour en faire un bijou
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AbigailHP
J'ai un plan, et ma fin est bien définie, mais c'est justement l'intérieur qui me pose problème en réalité. J'écris une scène, et deux jours plus tard je me dis que j'aurais dû la faire autrement, alors je la réécris, et ainsi de suite... Et en attendant ça n'avance pas. J'ai toujours l'impression que j'aurai pu faire mieux, c'est le problème quand on est perfectionniste et qu'on n'a pas confiance en soi.

C'est vrai qu'il y a aussi le côté "j'ai pas passé des heures là-dessus pour rien", mais au final ça n'est jamais pour rien, car on en apprend toujours quelque chose, et puis on le sent quand on est encore passionné par un projet ou non. Je pense que ça suffit pour savoir si on doit en reprendre l'écriture ou abandonner.
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J'aime bien ta philosophie de voir qu'en fait, même si tu ne gardes pas un passage à cause de ces réécritures, tu considères que ce n'est pas perdu car tu apprends des choses. Ce que tu dis sur la passion aussi mais quand on est fluctuant, c'est difficile sur des projets longs je trouve, pour ça que je tends à essayer de raccourcir les temps de conception.
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Gobbolino
Mes grandes connaissances philosophiques et mes origines pas du tout normandes en réalité me poussent à te donner cette réponse magnifique : ça dépend.

Beaucoup de choses rentres en compte quand on commence à écrire une histoire, et quand on décide de l'arrêter, et si un paramètre change, cela peut nous amener à revoir notre décision du tout au tout.

Par exemple : quand tu te rends compte que l'oeuvre que tu es en train d'écrire, que tu considérais super originale etc. est en fait une repompe inconsciente d'un de tes auteurs favoris. ou alors si tu réalises soudain que ton histoire va à l'encontre d'une valeur qui t'es essentielle (genre tu réalises que ton texte est hyper sexiste au-delà de tout sauvetage, ou raciste, ou autre) => là je préconise un enterrement en toute discrétion par une nuit sans lune, tu ne reviendras probablement JAMAIS sur cette oeuvre, et tu nieras probablement l'avoir jamais écrite.

Si, par contre, tu écrivais disons une histoire où tes personnages souffrent des conséquences d'un incendie, et que toi-même voyait ta maison prendre feu. Peut-être aurais-tu un peu de mal à te remettre à écrire sur cette histoire ensuite. Le chat échaudé craint l'eau froide, alors le chat roussi, tu n'imagines même pas.
Cependant, peut-être qu'après quelques années, une fois la souffrance un peu atténuée, tu reviendrais sur le texte, et peut-être même que ton expérience t'aiderait à améliorer ton texte.

Après, tu as peut-être abandonné ton oeuvre pour une question de technique ou de maturité. Une mise de côté en attendant d'avoir les ressources pour réaliser tes ambitions. Un peu comme George Lucas et l'épisode I, sauf que toi tu as décidé d'attendre suffisamment longtemps au lieu de rusher dès que quelque chose d'à peu près bof a été à disposition (quoi ? Je critique ? je n'ai que 3 mots pour vous : Jar Jar Binks).
Une fois les conditions réunies, rien ne t'empêche donc de reprendre ton oeuvre.

Puisqu'on discute des cas particulier, je vais prendre l'exemple de Malou (désolée, je n'en ai pas 300 000).
J'ai arrêté le projet et l'ai repris un certain nombre de fois, parce qu'à chaque fois, j'avais conscience que je n'avais pas les capacités techniques, la maturié et, au final, la distance pour l'écrire. C'est un peu compliqué, c'est un écrit très intime pour moi, et donc il est encore parfois difficile d'avancer dessus, parce que certains passages font mal.
Malou a donc beaucoup changé de forme au cours du temps, mais j'ai toujours repris l'idée centrale, au fur et à mesure, et je l'ai faite grandir avec moi. Je ne sais pas si je vais la finir cette fois-ci (je n'y ai pas beaucoup travaillé cette année, mais cette fois-ci pour des raisons extérieures : mon boulot me prend beaucoup de temps), mais j'ai bon espoir. Et si je n'y arrive pas... Eh bien j'arrêterais. Une fois que je me sentirai prête, je reviendrai piller le cadavre, et je repartirai avec ce qui a de la valeur à mes yeux.
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Nicolas Raviere
J'ai beaucoup aimé ton intervention mais tu vas dans des cas trop spécifiques je pense, à part ton expérience justement, dans le dernier paragraphe qui est très intéressant. Sauf qu'il ne s'applique pas à moi, vu que je ne travaille qu'en premier jet, j'aurais du mal à reprendre un truc pour le réécrire. Y revenir, ce serait uniquement pour terminer. Mais je me pose des questions relatives à un point que tu soulignes: la maturité. Ne risque-t-on pas de voir le décalage, avec la prise en âge, un style qui a peut être évolué ? (par exemple, je décris de moins en moins plus le temps passe)

En fait, je ne les ai pas fini parce qu'à l'époque j'avais la fâcheuse tendance à mener plein de projets de front et parfois écrire plusieurs romans en même temps, ce qui me dérangeait pas car ils étaient très différents, mais je me suis rendu compte avec le recul que j'en laissais une partie au bord de la route.

Pour certains, j'ai repris des idées dans d'autres, donc, ça semble moins pertinent de les continuer, pour éviter des doublons au niveau des concepts. Pour d'autres, ce n'est pas le cas, et pour ceux-là je me demande si oui ou non je dois continuer. :)

La question de la valeur, oui, j'y avais pas pensé. Mais je pense qu'ils ont tous une certaine valeur, comme une sorte de pièce d'un grand puzzle (à part quelques exceptions, mes romans se répondent)

Voilà voilou.
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Gobbolino
Oui, j'aime bien pousser les concepts jusqu'au bout, et ne sachant à quel bout de l'échelle tu te tenais, je me suis dis que ma foi, j'allais aller taper dans tous les barreaux.

Pour ce qui est du décalage : si bien sûr il y en a un. J'ai entièrement réécrit Malou, modifié 50 fois le titre etc, ce qui me permet d'avoir une certaine homogénéité, mais il est sinon tout à fait possible de repérer une patte un peu plus verte dans un texte : des comparaisons moins maîtrisée, plus ou moins de descriptions, etc. Je pense que la reprise doit s'accompagner d'une réécriture pour bien homogénéiser la pâte.

Si tes romans se répondent, il y a de fortes chances pour que toi aussi tu ai joué au Dr Frankenstein (c'es plus poli que le pilleur de sépulture) et que tu ais transplanté les thèmes qui te tenaient à coeur d'un roman qui aujourd'hui n'est pas fini à un autre, non ? Dans ce cas là, je dirais que ce n'est pas la peine de finir le roman sur lequel tu as prélevé les organes, ce serait prolonger artificiellement une vie qui est déjà partie. (pas faire attention, je suis un poil fatiguée).

Pour des romans qui sont apparemment encore bien calfeutrés dans leurs cercueils et pas encore passés sur la table d'opération, je pense qu'il serait possiblement profitable d'effectuer une autopsie préalable : peut-on injecter de l'électricité ? Le thème principal est-il assez fort pour pomper l'histoire par lui-même ? Doit-on lui transfuser de l'intrigue ? Et surtout : qu'est-ce que ce roman représente pour toi ? Cette histoire est-elle suffisamment importante pour que tu la réveilles après tant d'années ?
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Nicolas Raviere
Héhé, j'adore comment tu abordes les choses ! Ca m'amuse, c'est très ludique et surtout, ça fait sens.

Par contre quand je dis qu'ils se répondent, c'est plus dans le sens où des thématiques similaires sont abordées de façons différentes à certains endroits, avec des réponses différentes. Ce n'est pas traités de la même façon, il ne s'agit pas de répétition. Ou alors un personnage d'un roman apparaît dans un autre où il n'est pas nécessaire, en figurant dans une scène, donnant un couleur différente au récit pour ceux qui savent d'où il vient, sans que cela apporte forcément un manque dans l'oeuvre. C'est un plus.

C'est pas trop une question de démembrement du coup, ceux dont je réutilise un concept (j'ai ce problème avec un truc en cours, abandonné depuis peu, et un truc abandonné depuis longtemps mais qui me tient à coeur), ou un morceau d'histoire voire une fin semblable, je me pose généralement pas de question dessus. Ou alors je me dis peut-être en faire une nouvelle si ça vaut le coup (par exemple, j'ai deux idées différentes sur le thème des eunuques, mais je peux pas faire deux romans sur les eunuques, ce serait castrateur LOL, j'ai décidé de garder la plus intéressante et développable en roman, l'autre, de la convertir, en nouvelle). Je n'ai pas envie de faire des doublons, je ne vois aucun interêt à faire plusieurs fois la même chose ;) Mais en fait, c'est presque un autre sujet.

Je vais prendre en compte ton dernier paragraphe, celui du questionnement, qui je pense est une bonne idée, plutôt que de généraliser, réfléchir sur la spécificité de chacune, l'attachement mais aussi à sa présence parmi ce que j'ai déjà fait et ce que je compte écrire. Voir si cela un sens de les ranimer ou bien mener d'autres expériences dans ce laboratoire ! (peut-être que l'auteur finalement est comme son oeuvre une sorte de Frankeinstein).
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iave
Dans mon cas Projet Source Rouge est un machin commencé au lycée, et tu vois bien que je n'ai pas abandonné. Je suis pas du genre à réellement abandonner un texte, le mettre en stand-by oui, mais tant que je ne suis pas mort ou que je n'ai pas perdu mes brouillons à son sujet je ne pense pas laisser tomber en désuet une de mes idées.
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Nicolas Raviere
Quand tu mets en stand by, c'est quoi la durée maximum ?
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iave
J'en mets pas, je peux garder en "stand-by" pendant des années mais elle reste toujours dans un coin de ma tête. Quand je dis que je ne l'abandonne pas je veux dire que je ne l'oublie pas. Mes brouillons sont sur divers clés USB, plusieurs ordinateurs... et avec Scribay je peux un peu mieux m'organiser.

Mes fictions que je garde en arrière plan le sont au détriment de projet qui m'intéressent bien plus, mais je n'irais pas à son effacement.
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