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Comment "stabiliser" son style ?

par Brad Priwin  il y a 1 an

Au cours de mes dernières séances d'écriture, je me suis confronté à un "problème" que j'ai déjà remarqué depuis quelques temps, et j'imagine que c'est arrivé à vous aussi.

Ce serait une banalité d'affirmer que chaque écrivain essaie d'améliorer son style en écoutant les conseils d'autrui et en tirant profit de cela un maximum. Le style doit évoluer, mûrir, se peaufiner, mais j'ai l'impression que ça ne cessera jamais, parce que seuls les meilleurs peuvent atteindre la perfection, et que je suis très loin du niveau d'excellence.

Quand j'avance dans mes écrits, il m'arrive de consulter mes précédents écrits pour des raisons diverses, et à mon désarroi, j'ai le mauvais réflexe de vouloir modifier les phrases que j'avais écrites des mois plus tôt. Au moment de la rédaction, je me pensais satisfait de mes capacités, sauf qu'entre temps, mon style a évolué et je me demande comment j'ai pu écrire certaines phrases que j'estime beaucoup moins élégantes avec le recul.

Donc voilà, je crains de tomber dans une "boucle infinie" de corrections. J'écris un chapitre, une nouvelle, un roman, j'en suis satisfait, puis, avec ou sans les annotations et remarques de lecteurs, j'ai envie de modifier, perpétuellement, comme si je ne parviendrais jamais au stade de "Texte Final". Et pourtant, il faut bien l'atteindre un jour ?

Existe-t-il des moyens de stabiliser son style ? De revenir sur un texte des mois après, alors que notre expérience a évolué, et de se dire "Ça va, cet écrit n'a plus besoin d'être modifié". Avez-vous déjà ressenti ce sentiment ?

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Auteur inconnu
Je ne pense pas que la question est de le stabiliser. Pour quelqu'un comme moi je trouve ça encore plus intéressant de ne pas en avoir de précis, et de pouvoir s'adapter voir changer parfois en cours d'écriture, tant que ça reste dans le "potable" ^^.

On peut avoir plusieurs styles différents comme un seul, mais je dirais que c'est surtout une question de sensation et de ressenti de l'auteur.
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Mansuz
Rien est parfait. Parfois, j'aime écrire de la merde ! ^^ Pourquoi n'avoir qu'un "style" ?
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Guillaume Roussard
Le style parfait ? Mais personne n'en est satisfait de son style. Vous connaissez Flaubert ? Flaubert et son gueuloir, Flaubert, ses adjectifs et ses subjonctifs. La tentation de Saint Antoine - Salammbo- madame Bovary-c'est-moi ? Flaubert donc disait de ce style sur lequel il a trimé toute sa vie : "Nous battons d'un tambour à faire danser les ours quand on voudrait attendrir les étoiles".
Celà pour mettre les choses tout de suite au clair : je pense qu'aucun écrivain n'est jamais vraiment satisfait et que la meilleure chose qui puisse arriver à un écrivain, c'est de tomber sur un de ses textes après quelques années et de se dire "Tiens, ce n'est pas mal, ca. C'est de qui ? "

Mais pour en revenir à la question de base : comment stabiliser son style.
D'abord, avant de stabiliser quoi que ce soit, il faut d'abord le trouver. Et pour celà, un seul moyen : écrire. Et écrire beaucoup, et des choses suffisamment différentes pour affûter sa plume. Je conseillerai de se frotter au Grand Tour de l'écrivain : un polar, une nouvelle fantastique, un roman de fantasy, un roman naturaliste ( et lorsque vous vous plaisez dans un genre, posez vos valises, vous êtes arrivés - en priant pour ne pas être tombé sur la fanfic )
Les ateliers d'écriture peuvent aider. C'est une excellente façon de se frotter à des contraintes, et de recueillir des retours immédiats, des commentaires. C'est une expérience très étrange que de lire un de ses textes et de s'entendre dire 'celui là c'est vraiment toi' ( Non, mais les précédents aussi vous savez....)

Par contre, si on parle du retravail du texte, c'est à dire de ce sentiment d'inquiétante étrangeté qui apparaît lorsqu'on relit ses propres textes après trois mois de repos, je dirais que c'est une force plus qu'un problème. Celà indique qu'on est parvenu à reprendre un peu de distance depuis l'inspiration initiale , et qu'on regarde notre texte - cette oeuvre géniale - avec un peu plus d'objectivité. Si on la trouve nulle, tant mieux, il n'y a plus qu'à se remettre au travail . Mieux vaut que ce soit l'auteur qui s'aperçoive de ses défauts, plutôt que les premiers lecteurs.
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Gigi Fro
"En priant pour ne pas être tombé sur la fanfic" j'adore!
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Claude Thivet
J'apprécie beaucoup ton commentaire, et particulièrement le passage sur les ateliers d'écriture. J'en ai fréquenté un régulièrement et longtemps, et il m'a beaucoup apporté en termes d'humanité. Sans jeu de mots.
Toutefois, certains ateliers "se la pètent un peu". Pardon de la grossièreté.
Un atelier d'écriture devrait être pour moi un lieu de création et d'acceptation. C'est ce dont j'ai pu bénéficier pendant plusieurs années. Mais je sais que certains se prennent pour des Proust, Gide ou Hugo en herbe ; des écoles pour génies de l'écriture. Ceux là sont à fuir rigoureusement. Mon humble opinion, comme toujours.
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Guillaume Roussard
Merci pour ta réponse. Je me reconnais tout à fait dans cette expérience, et dans ce que les ateliers peuvent apporter d'humanité et d'humanités. Même si on croise parfois, effectivement, des écrivains très convaincus de leur génie en germe.
Ce pourrait faire un beau thème de discussion parallèle ' Quel serait pour vous l'atelier d'écriture idéal ( vous avez trois heures)'
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Gigi Fro
Déjà si on n'avait pas 3 heures imposées c'est un bon début! :)
Je n'ai jamais assistée à un atelier d'écriture, je pense que c'est par peur de me retrouver avec ce type de gens que vous décrivez là. Néanmoins je pense que ça peut être intéressant pour se motiver à écrire sur n'importe quel genre. Pour qu'il marche, un atelier doit être animé par quelqu'un qui a des réelles qualités pédagogiques pour amener les gens à se dépasser. Mais je pense que l'aspect convivial est important (échanger avec d'autres personnes qui ont la même passion, plutôt que de s'enfermer à écrire).
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Claude Thivet
Gigi Fro, bonjour.
L'importance de l'animateur d'un atelier d'écriture est en effet centrale. Non seulement, il ou elle doit avoir des compétences dans différents domaines, (pas seulement la pédagogie), mais il ou elle doit proposer des consignes variées et veiller à ce que chacune et chacun respecte scrupuleusement les autres. C'est absolument fondamental.
Je suis convaincu que de tels ateliers existent, souvent pas loin de chez soi, et dans des lieux où que l'on ne soupçonne pas. Du moins si on habite près d'une ville pas trop petite.
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Feyzann Whitefright
Perso, je peux plancher longtemps parfois sur un truc, mais je me suis toujours mis une limite dans le sens ou une fois que ça me plait et que c'est publié (sur internet on s'entend) j'y touche plus, à part pour quelque fautes que j'ai peut-être ratées. Je suis plutôt du genre à carrément vous arracher le texte d'en-dessous des yeux pour le réecrire au complet. Faut vraiment que je trouve mon texte "dégueulasse" pour en arriver là par contre. C'est pas arrivé souvent, je joue trop avec mes textes avant publication, je suis à la merci d'un perfectionnisme de merde =^_^=

Mais de là à vraiment affirmer qu'on a un style stable, et s'y cantonner? J'avoue ne pas trop y croire, dans le sens où l'être humain est généralement influençable et voudra reproduire ce qui lui plait, tout au long de sa vie. À moins de vivre dans une grotte au fond du désert de glace qu'est l'Antarctique sans contact culturel ou humain (oui j'vais loin j'le sais), nous sommes tous en constante évolution. Ce qui est très bien à mon avis. Vive la diversité!

(Note amusante sur mon perfectionnisme de merde: j'ai dû passer au moins 15 minutes sur c'te commentaire...)
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Jacques Ronsizlek
Ça fait parti du processus, mais plutôt que d'aller modifier d'anciens textes, une seule solution, en écrire de nouveaux !
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Stéph Loup'tout
Je te comprends tout à fait! Cela fait presque six ans que j'ai commencé un roman dans l'optique de le publier un jour mais, même si techniquement j'ai écris presque 600 pages, ce ne sont que 600 pages de début ! Des notes, des brouillons en pagaille et pas de fil narratif se suivant excédant les vingt à trente pages. J'écris 5 à 6 chapitres, puis je laisse reposer par manque de temps ou d'inspiration et quand je veux continuer, je trouve que ces chapitres ne vont plus, j'ai aussi d'autres idées que je juge meilleures ou plus cohérentes, et c'est reparti pour la réécriture. C'est une boucle en effet sans fin, et c'est très déprimant car, au final, on n'avance jamais.
Beaucoup de personnes m'ont dit qu'il faut prendre confiance en soi et, même si notre texte ne nous parait pas parfait, décider que maintenant on ne le touche plus. C'est un bon conseil, même si je le trouve difficile. Après, j'ai déjà réussi à terminer plusieurs nouvelles, uniquement parce que je les ai écrites d'un coup, dans un délai très court allant d'un jour à deux mois, mon style n'a donc pas eu le temps d'évoluer beaucoup. Quoique, je suis en train d'en retravailler une et je pense aussi réécrire une autre, très longue, écrite en presque 6 mois.
Quand un texte me parait sur le coup "bon", pour moi c'est déjà un exploit. Si, quelques mois plus tard, en le relisant, je le trouve "bien", c'est une nouvelle victoire et je ne procède qu'à quelques petites modifications (la suppression d'un "de" dans une phrase, couper une phrase un peu longue en deux phrases courtes...). Je ne pense pas que l'on puisse stabiliser son style, tout comme on ne peut stabiliser notre esprit ou notre corps: le temps avance et nous entraîne avec lui, nous changeons car nous vivons d'autres expériences, parce que notre regard et notre façon de pensée mûrissent et évoluent sans cesse. La perfection n'est pas humaine, et, plus spécifiquement, elle n'est pas écrivain. Tous les auteurs publiés affirment que si on leur en donnait l'occasion, ils modifieraient leurs romans, même si ces derniers se sont vendus à des millions d'exemplaires! Aucun roman ne sera "parfait" pour son créateur car nous avons un regard critique sur nos oeuvres, puisque nous sommes au coeur de son élaboration et de son mécanisme de création. Mais un livre peut être "parfait" pour un lecteur et, de toute façon, même si le livre n'est pas "parfait" pour le lecteur, au moins il a l'honneur d'être, contrairement à un roman mille fois recommencé et finalement abandonné. :) Je pense que l'on sent que notre texte atteint le statut "final" quand d'une toutes les erreurs d'inattentions, (orthographe, conjugaison, syntaxe) sont corrigées, quand les phrases se lisent de façon fluide et que l'auteur, en relisant le texte, pense "ce n'est pas trop mal" :)
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Gigi Fro
Je connais exactement cela!
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Stéph Loup'tout
C'est désespérant, hein? xD Peu de gens le savent, sauf ceux qui écrivent bien sûr, mais pour être auteur, faut vraiment avoir des nerfs d'acier!
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Klasina
Je pense qu'en général tout le monde connaît ce type d'expérience.
On ne peut pas stabiliser quelque chose qui est en pépétuel devenir. Le style est toujours création et re-création ( le style fait toujours partie du processus de création) : voilà ce que j'en conclus pour ma part.
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phillechat
En fait le style finit par s'imposer à moi : c'est lui qui me choisit
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Eric Kobran
Je subis les mêmes affres que toi. Je ne supporte pas de relire de vieux textes et je ne résiste jamais à la tentation de les retoucher.
Je pense que ça perdurera tant que je n'ai pas imprimé ces mots sur du papier.

Mais quand on parle d'accouchement, c'est exactement ça. Lorsque le texte ne peut plus être modifié, ce sera un déchirement :)
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Nyctophylax
Retoucher son œuvre est un débat qui n'épargne pas non plus les plumes jouissant d'une certaine légitimité dans leur milieu.
http://www.lefigaro.fr/livres/2010/12/08/03005-20101208ARTFIG00642-reecrire-ou-pas.php

À moins d'être dans une démarche de recréation, pourquoi tient-on à revenir sur ce qui a été fait ? Il faut savoir accepter que l'œuvre qu'on a produite à un certain moment est imparfaite. C'est d'autant plus positif si l'on s'en rend compte et qu'on voit le chemin parcouru depuis : l'excès d'adverbes, l'ampoulé, le trop déclaratif, les descriptions comme des pâles copies d'un article Wikipédia...
Si ça permet de mettre le doigt sur ses tics de langage, que ce soit dans une syntaxe hyper formatée ou un recours systématique aux 3 mêmes figures de style, tant mieux. On peut même les surligner pour son soi futur, corriger ponctuellement ou mieux, noter ce qui ne paraissait pas aller à la relecture partielle, mais ce n'est pas nécessaire de réécrire tant que le point final n'est pas posé. L'écriture et la réécriture sont deux processus différents. On peut repaver sans fin une route, mais on ne saura pas la taille des pavés finaux avant d'arriver à destination.

Et pour ce qui est de trouver son style, il y a un moyen un peu radical de faire le point : prendre un vieux texte suffisamment long pour pouvoir travailler dessus et, sans relire les vieilles notes annexes, procéder à tout le travail inverse de création : à partir du texte final, on déconstruit, on écrit le concept, le synopsis, le résumé, les idées, les thématiques, on dresse les fiches de perso, de lieux, etc. Enfin, sans jamais rejeter un œil à ce vieux texte, on réécrit à partir des nouvelles notes.
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Claude Thivet
Bonjour Nyctophylax
J'aime particulièrement le conseil de ton dernier paragraphe. Très intéressant. Merci. :)
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Brad Priwin
Eh bien, figure-toi que je suis déjà dans cette étape ! En entamant la réécriture d'une saga l'année dernière, j'avais voulu reprendre l'ancien texte, mais comme mon style avait beaucoup évolué, je suis simplement reparti de zéro en me basant sur les souvenirs de l'ancien texte et sur base des personnages que j'avais déjà listés. L'intrigue globale reste donc la même mais de nombreux pans de l'histoire sont modifiés, impactant directement les personnages. Exemple notable : un personnage masculin dans l'ancienne version est devenu un personnage féminin.

Après avoir passé environ 6 mois à réécrire les deux premiers tomes (correspondant au quart/tiers de l'histoire totale), et après avoir écrit le roman que j'ai partagé ici, j'ai entamé le tome 3 et cette fois-ci je réécris sur l'ancien texte, sauf qu'au final, en sus de l'ajout de scènes inédites, les scènes reprises sont considérablement modifiés, mais avoir cette base est plus aisé pour écrire !
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Marquis de Corbeau-de-Vaulserre
Bien sûr les débuts sont parsemés de lourdeurs ou maladresses
Et puis le temps passe et on se relit, on est désespéré par sa nullité comparé à un auteur flamboyant puis après on est rassuré par un auteur plutôt moyen niveau style puis on doute et on doute
On se relit et on se rassure, on se relit et on corrige
Personnellement, j'ai repris mes textes datant d'il y a deux ans ou plus et d'il y a un an (j'estime avoir assez de recul) j'ai beaucoup moins de mal à ne pas me sous-estimer

Bref, pas besoin de stabiliser son style, cela viendra tout seul
Faut pas chercher la perfection mais faire du mieux qu'on peut, certains aiment à se relire et se corriger jusqu'à en vomir de leurs écrits (disait l'autre) mais je pense que cette manie est due à un complexe d'insatisfaction permanent
Après je pense plus tu écris moins tu auras à te corriger puisque tu auras trouvé ton truc
Il faut connaître pas de mal de trucs sur quelle phrase à quel endroit et les connaissances viennent des "analyses" de tes lectures, de l'attention que tu portes à tout ce que tu lis, et même des fois tu te diras peut être : "j'aurais plutôt dit ça, ça sonne mieux"
Bonne continuation à toi !
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Claude Thivet
J'aime bien cette réponse. :)
En fait cela a aussi à voir avec la confiance en soi et le perfectionnisme. Ce dernier est souvent un ennemi pervers.
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Anthère
Je pense surtout qu'il faut persévérer et ne surtout pas s'impatienter, le style d'écriture c'est le genre de truc qui met des années et des années à être satisfaisant.
Je n'ai jamais ressenti le sentiment du "ça va, cet écrit n'a plus besoin d'être modifié", mais je patiente et je perfectionne encore et encore, car je sais que un jour ce but sera atteint.
Il n'y a pas que les meilleurs qui peuvent atteindre la perfection è_é nous aussi on peut le faire! ( ͡° ͜ʖ ͡°)
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Claude Thivet
Bonjour,

Si j'ai bien compris, la question est "Existe-t-il un moyen de stabiliser son style ?"

Je dirais que oui. Mais il faut d'abord le trouver.
Or trouver son style est un parcours assez long, à part pour quelques génies qui nous impressionnent dès la première phrase écrite.
La discussion a dérivé sur "Faut-il corriger des textes anciens ?".
Bien que le thème soit également intéressant, ce n'est pas la question du début. Mais j'essaierai de donner mon humble avis.

Un style cela se travaille, mais est surtout constitué d'un ingrédient brut : l'inspiration.
Lorsque l'on écrit, on est parfois particulièrement satisfait de certains passages, alors que d'autres nous semblent ternes ou moyens.
Il faut s'arrêter sur ces passages qui sortent du lot, et essayer d'en comprendre l'attrait qu'ils représentent pour nous. Cela a souvent trait à un rythme, l'utilisation de certains termes reliés aux sens, une capacité de visualiser sans effort ce qui est décrit, etc. Les critères sont nombreux et différents, je crois, pour chacun. Un roman policier ne décrira pas forcément le même type d'ambiance qu'une épopée romantique ou un roman de SF. Le genre littéraire a donc une relative importance dans le style. Toutefois, c'est l'inspiration qui me semble primordiale, tant pour la trame que pour le style. C'est cette base, ce joyau capricieusement surgi de notre inconscient, que l'on doit protéger, chouchouter, privilégier, améliorer.
C'est du moins mon humble sentiment.
Trouver son style, puis le stabiliser, passe pour moi par écouter d'avantage son intuition, son inspiration.
Néanmoins, quelle que soit la qualité de notre inspiration, un texte a toujours besoin de retouches. Mais à quel moment s'arrêter ? C'est le sens des réponses à cette discussion.

Avant d'y répondre, je crois qu'il faut préciser de quels types de textes nous parlons, car la réponse peut varier selon qu'il s'agit d'un texte long ou court, d'une poésie ou d'une nouvelle, d'un texte créé pour soi ou à fin de publication.

Pour les textes courts, dont on pense qu'ils ne seront jamais publiés (en raison de leur longueur) ; je ne perdrais pas trop de temps dessus. Une fois éliminées les fautes grammaticales, on passe à autre chose.
Pour les poésies, toutefois, c'est à l'auteur de juger. Il faut qu'il soit content de son oeuvre. Mais attention, la perfection est l'ennemi de l'inspiration.

Pour ma part, le type de textes qui m'intéressent d'avantage en tant que créateur d'histoire et d'univers, ce sont les nouvelles et les romans.
J'ai éprouvé ce dur problème avec un roman "space opera" en cours depuis dix ans. Revenir sans cesse sur des chapitres déjà écrits, les remanier cent fois, perdre le fil de
l'inspiration, et, finalement, le goût d'écrire ce roman.
Donc, pour ces aventures au long cours qui exigent de produire une histoire de plusieurs dizaines ou centaines de pages, je suggère la méthode suivante.
Privilégier l'inspiration.
Dérouler toute l'histoire jusqu'à son terme, avant d'entamer toute relecture.
Toutefois, un roman ou une nouvelle a besoin d'une structure pour pouvoir se développer. Il faut donc préalablement réfléchir aux personnages, au contexte, au scénario. Cela semble évident lorsque l'on s'attaque à l'écriture d'un roman. Pourtant dans le cadre de Scribay, de nombreuses œuvres intéressantes naissent d'un défi, et manquent de cette structuration préliminaire. C'est par exemple mon cas. Cela nécessite parfois de faire une pause dans son écriture pour fixer certains détails afin de pouvoir avancer plus légèrement par la suite. C'est du moins mon humble sentiment.

Bref, il convient d'aller au bout de ses idées avant de tenter de relire et corriger un texte. Sinon, l'inspiration risque de se tarir. Bien que cela ne soit pas vrai pour tout le monde, je pense que cela concerne beaucoup d'entre nous.

Enfin, lorsque l'on a mis un point final à notre récit, vient le moment des relectures et corrections. Je crois qu'il faut procéder en trois phases : premier jet, corrections, et texte final. Il me semble inutile de faire quarante fois des corrections et de pinailler sans cesse sur tel ou tel passage. Je parle par expérience personnelle. En effet, notre humeur est différente d'un jour à l'autre, et nos corrections sont susceptibles de varier grandement au risque de perdre l'inspiration originale, et par conséquent d'y perdre son style.

Pour ce qui est de la phase de correction proprement dite, c'est évidemment la plus longue et la plus pénible. Du moins pour beaucoup d'entre nous.

De ce point de vue, Scribay est une très bonne plateforme, et l'aide que nous y recevons a une grande valeur, car nul autre qu'un oeil extérieur est mieux armé pour déceler nos défauts. Par contre il faut garder son libre arbitre, et avoir un goût sûr sur ce que nous voulons obtenir. Encore une fois, c'est là que se crée notre style. Il reflète notre personnalité, notre façon d'écrire, de créer des personnages, des situations, des conflits et des solutions.
Je recommande également l'aide d'un logiciel que je trouve très puissant pour améliorer son style si l'on sait bien s'en servir. Je veux parler d'Antidote, édité par la société canadienne Druide. En plus de la correction orthographique et grammaticale de bon niveau, certaines de ses fonctions sont très puissantes pour améliorer un texte. Je pense par exemple à la détection des répétitions (très efficace), à la chasse aux phrases longues (paramétrable), à la détection des mots neutres, positifs, négatifs, aux aides fournies pour vérifier la concordance des temps, la conjugaison, et aux guides intégrés qui permettent véritablement de s'améliorer dans son écriture, comme dans la présentation de ses textes. Bref, je précise que je n'ai aucun intérêt d'aucune sorte auprès de cette société. Je juge simplement que ce logiciel est une aide quasi indispensable à qui veut écrire.

Voila ! J'ai encore pondu un pavé, probablement indigeste. Mais j'espère qu'il aidera certains d'entre vous.
N'hésitez pas à me contredire si vous le souhaitez. Ce n'est que mon humble point de vue.
Cordialement
Claude
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Projet02
J'ai pensé à ce fil de discussion au cours de ma lecture du moment, ce passage t'intéressera peut-être : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k96104087/f233.highres
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Brad Priwin
En accord avec le problème, en effet ! Si j'ai bien compris, il vaut mieux attendre de recevoir les conseils des autres avant de vouloir corriger d'anciens écrits et prendre du recul. Le tout est de trouver l'équilibre entre "Etre trop vite satisfait de soi-même" (ce qui m'a posé problème aussi) et "Ne jamais satisfaire de soi-même."
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Auteur inconnu
Evidemment, il faut bien qu'un jour ou l'autre nos écrits nous plaisent. Flaubert, était un éternel insatisfait, mais il a bien fallu qu'il édite ses œuvres, sinon, comment, Salammbô aurait vu le jour et aurait eu autant de succès à son époque ? Il faut, une fois que nous sommes satisfait, produire notre travail. Et puis, pour se satisfaire, relire chaque phrase dans son gueuloir et voir s'il n'y a pas un hiatus trop prononcé, cacophonie, les lieux communs, les phrases toutes faites, les répétitions, etc. Oh diable ! si l'on devait, se soucier de tout ça, personne n'écrirait, quoique, pour certains de nos auteurs contemporains, ils devraient en prendre note.

Le style se forme à force d'écriture et surtout beaucoup de lecture. Si c'est bien l'origine de ta question ?
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Projet02
Tu auras toujours ce "problème", mais ce n'en est pas un selon moi. Tous les textes devraient être mis de côté pendant un temps et retouchés une fois que l'on a pris du recul vis-à-vis de ce dernier.
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