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On en parlait dans les romans SF de "l'âge d'or"...

par Joe Cornellas  il y a 2 ans
Je propose d'aborder ici les thématiques politiques qui affleurent parfois à la surface de nos débats sur la SF ou l'édition. On a tous des choses à dire sur le monde dans lequel on vit, que ce soit directement ou indirectement lié à la littérature.
J'ai intitulé ce sujet "on en parlait dans les romans Sf de l'âge d'or", parce que nombre de prédictions des auteurs d'anticipation du siècle passé sont en train de se réaliser dans notre quotidien.
Les débats ici ne seront modérés que si un troll se manifeste avec la volonté expresse de nuire aux débats. Alors venez parler de ce qui vous pèse, de vos espoirs ou désillusions, de vos projets et de ce que cela peut avoir comme répercussions sur votre vie d'auteur !
Sujet dédié à @<1753484760>@.
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Lucas Dalva
Je viens ajouter de l'eau au moulin.

D'abord merci de faire un peu ma culture littéraire, je ne connais pas ce terme d'âge d'or pour la SF. Chaque domaine a son âge d'or... Moi je trouve que l'âge d'or est forcément celui actuel... Question de point de vue.

Je ne crois pas qu'il faille aller chercher les réponses dans ces vieux livres, comme il ne faut pas aller chercher nos réponses dans la vieille philo, car simplement, des auteurs et penseurs font aujourd'hui la synthèse de l'évolution réelle et quotidienne du monde et adapte ces anticipations... Simplement, la question que je me pose est : comment critiquer le concept de postmodernité sans l'existence même du concept ?

Bref, mon livre "Maître" à ce niveau est La Zone du Dehors. Et encore, je suis sûr d'être passé à côté d'un livre encore plus récent qui comprendrait encore mieux les enjeux d'aujourd'hui donc de plus tard. Peut-être de façon encore plus visionnaire et étayée, qui sait ?

Trois petites citations :
" Épingler chacun à sa personnalité. A sa biographie archivée. A son identité claire et classée. Que l'on prend soin de prélever tout au long de notre vie. Sans violence mais sans fléchir. Voilà qui permet de fixer les têtes, n'est-ce pas. De les arrimer à elles-mêmes comme on visse le fou à sa folie. Confisquer le rapport à soi dans l'épaisseur d'un dossier jamais clos. Vous dire qui vous avez été, comment vous êtes, et qui vous devez être. Non pas mutiler, non pas opprimer ou réprimer l'individu comme on le crie si naïvement : le fabriquer. Le produire de toute pièces. Même pas ex nihilo : à partir de vous-mêmes, de vos goûts, désirs et plaisirs ! Copie qu'on forme, tout simplement. "

" La liberté, elle est pour moi ce dehors, intérieur à chacun de nous, dont ceux qui nous gèrent voudraient tant faire une Zone. Ou mieux : une norme. Sachons nous ouvrir pour agrandir cette poche, qui est poumon – et vent pulsif. Osons même, parfois, élargir la cicatrice et refuser le cocon consumériste, les consolations et les soins. Parce que ça fait mal, d’être libre."

" Notre monde physique a été stabilisé, jusqu'au raffinement. Il a été adapté au plus petit dénominateur commun de nos paresses et de nos peurs, si bien adapté... qu'on ne s'adapte plus à rien, que le plus petit changement d'état nous est fatal: un courant d'air nous grippe. "

Là où j'aime un Damasio, c'est qu'il ne fait pas que nous dire que "voilà comme ce sera", mais il élève bien les fondements théoriques en les présentant par l'exemple, en nous disant que tous les prérequis sont déjà bien là.
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Stéphane Gallay
J'ai lu récemment le recueil de nouvelles "L'Homme qui vendit la Lune," de Heinlein, et j'ai été frappé par le thème récurrent des juges et des politiciens corruptibles et corrompus et par le cynisme du personnage principal de la nouvelle-titre, un entrepreneur qui est prêt à arroser tout le monde pour arriver à son rêve: aller sur la Lune.

Ça, et le fait que la conquête de l'espace est poussée par le capitalisme.
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Gobbolino
"The sight of it rushed the men out and down away from the house. Captain Beatty, keeping his dignity, backed slowly through the front door, his pink face burnt and shiny
from a thousand fires and night excitements. God, thought Montag, how true! Always at night the alarm comes. Never by day! Is it because the fire is prettier by night? More spectacle, a better show? The pink face of Beatty now showed the faintest panic in the door. The woman's hand twitched on the single matchstick. The fumes of kerosene bloomed up about her. Montag felt the hidden book pound like a heart against his chest."

Farnheit 451. par Ray Bradbury, un des livres qui m'a foutus une grosse claque l'année de mes 16 ans.


Sinon, il y a cette phrase, dans la Captive du temps perdu, de Vernor Vinge. Un personnage parce d'un autre, une femme présentée comme ayant un handicap mental, car elle a des implants archaïques, par rapport aux autres survivants et donc ne peut pas fonctionner comme eux. Elle essaie de suivre, mais il lui manque une dimension, pour ainsi dire. On apprend au détour d'un paragraphe qu'elle est morte dans un accident, qui aurait probablement pu être évité si elle avait eu des implants plus modernes. Et le personnage de conclure "La plupart du temps, elle était heureuse".
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chris-42
"le fossé se creuse entre le peuple et la science, que l'information destinée au grand public soit anesthésiée de tout contenu à caractère subversif. Surtout pas de philosophie."
En fait il y a dans ce texte le présupposé que les intellectuels et "savants" que ces catégories sociales seraient soit exemptes, soit à l'origine, de l’anesthésie du peuple ou "grand public". Hors il est établi depuis presque l'origine de ce texte, que la raison et l’intelligence ne font rien à l'affaire, puisque l'être humain est essentiellement gouverné par ses affects ou émotions. Cette connaissance du fonctionnement fondamental humain est d'ailleurs l'instrument ultime du pouvoir et du contrôle des masses. C'est une des principales explications du déchainement de violences et passions utilisées sans limite par ceux qui désirent le pouvoir ( financier et/ou religieux ) avec le contrôle de territoire et de leurs populations.
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