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Ariart

Lunéville.

Il y a longtemps, j’ai ouvert les portes du monde littéraire grâce au premier tome d’Harry Potter. Mais si l’œuvre de J.K. Rowling m’a vu grandir, c’est en découvrant Pierre Bottero et Erik L’Homme que m’est venue l’envie d’écrire.

Malgré tout, pendant des années j’ai ignoré mes aspirations profondes en m’aventurant dans des études scientifiques, puis en arts appliqués avant de terminer ma course dans un IUT pour étudier l’informatique.

Beaucoup de choses ont changé au fil du temps, mais jamais mon envie d’écrire ne s’est tue. Il m’a seulement fallu des années pour apprendre à l’écouter, pour me laisser guider et, en définitive, trouver le courage d’emprunter la seule voie qui m’a toujours fait rêver, et sur laquelle je me sens à ma place.

C’est un honneur de vous accompagner le temps d’une lecture, et si d’aventure vous parvenez à vous laisser porter par l’un de mes textes, alors j’en serais comblé.

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œuvres
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"J'aime" reçus

Œuvres

Défi
Ariart
Réponse au défis "La mort".
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Défi
Ariart


Il ne sut si c'est le coup qu'il reçut ou le bruit d'un homme enfonçant la porte qui le réveilla en premier, mais la violence du choc avait suffi à lui couper le souffle. Il s'était relevé en un instant et avait fait face aux intrus. Trois soldats étaient entrés et allaient mettre la vie de ses amis en danger. Combien de temps avait-il passé, allongé sur le sol? Il n'aurait su le dire. Longtemps en témoignaient ses muscles courbaturés. Sur le qui-vive et malgré l'étourdissement qui le prenait, il fit jaillir une dague et abattit le premier en la lui plantant dans la poitrine. Sans attendre la réaction des deux autres, c'est un sabre qui jaillit du néant et qui trancha la jugulaire de celui qui s'approchait de lui. Sans arrêter son geste, il lança son arme dans le dos de celui qui était penché sur Rudorn. Sans perdre une seconde, il referma la porte et porta ses amis à l'étage. La maison vacillait tout autour de lui. Le sol semblait instable, la terre et le ciel ne cessaient de tanguer. Il savait que son moment était venu.
Lorsque la mort sera prête à te prendre, tu maîtriseras le dernier des sept arts: la danse des Ombres. D'autres moments te sembleront opportuns, tu t'y tromperas plus d'une fois. Mais lorsqu'il sera vraiment venu, tu ne feras qu'un avec le monde et tu sombreras avec lui sans le moindre remords.
Les mots de son maître emplirent son esprit lorsque la porte de bois de la maison explosa sous les coups des hommes du Roi. Il se jeta dans les escaliers, tous les sens aux aguets, fit jaillir un sabre et s'élança dans la marée humaine qui le submergea. Le combat dura une éternité. Il n'était qu'un seul geste, fluide et mortel, alerte et meurtrier. Et alors que les cadavres s'amoncelaient autour de lui et que les entailles sur ses membres se multipliaient inévitablement, il entendit dehors une voix qui le glaça d'effroi. Combien d'hommes venait-il d'abattre ? Cinquante ? Soixante ? Le flot cessa enfin pour laisser place à un seul. Il chancela, l'air commençait à lui manquer, ses forces l'abandonnaient.
— Rend toi, Katar, tu ne peux plus t'enfuir.
— Silencio...
Son murmure avait été un cri.
— Je ne me rendrais pas.
— Tu n'as pas le choix.
Son ton était sec et cassant, mais son regard était empli de tristesse.
— Pourquoi nous avoir trahit? Pourquoi nous pourchasser et tenter de nous anéantir ?
— Soumets-toi à Bardome et il te rendra ton bras.
— Jamais!
Cette fois il avait hurlé. Il avait hurlé si fort que sa gorge asséchée le fit souffrir.
— Nous pouvons t'offrir bien plus que tout ce que la Guilde ne pourra jamais t'accorder.
— Si c'est pour vivre aux crochets de pourritures comme toi, je préfère la mort.
— Sauf que nous te torturons, tu ne mourras pas ici, j'en fais le serment. Alors soumets-toi, la vie te semblera bien plus douce si tu le fais par toi même.
Pour toute réponse, Katar lui cracha au visage. Les lèvres de Silencio se fendirent en un rictus de satisfaction :
— Allons, sorts et tes amis en haut seront épargnés. Les hommes de Bardome t'accordent une haie d'honneur, car tu la mérites.
Katar jeta un regard en direction des escaliers.
— Je ne t'enchaîne pas, sors de cette maison en homme libre.
— Pour mieux finir en esclave ?
Silencio ne répondit pas, et Katar crut lire de la fierté dans ses yeux. Il s'écarta pour lui laisser la voie libre :
— Va, élève d'Ariart, le temps est venu pour toi de te rendre.
La rage le força à se redresser, il avança lentement vers la porte, le coeur battant. Il sentait la vie l'abandonner, mais quelque chose en lui montait.
Rage.
Colère.
Lorsqu'il passa à la hauteur du paria, il ne lui adressa pas un regard, seules quelques paroles:
— Que ce soit par ma main, celle d'Ariart ou d'un autre membre de la Guilde, tu mourras.
— Tous le monde meurt.
Il claudiqua vers la sortie, chaque pas faisant grandir en lui cette nouvelle force destructrice. Son désir de vengeance était tel qu'il ne pouvait accepter d'être fait prisonnier. Le soleil au-dehors l'aveugla, et le vent souffla sur lui la promesse glaciale d'une mort certaine. Il adressa un sourire aux nuages, regretta de n'avoir pu entendre les étoiles chanter et fit apparaître un sabre dans sa main. Avant qu'il n'ait pu s'attaquer à qui que ce soit, il sentit sa poitrine imploser. Il baissa les yeux sur la flèche qui traversait son coeur et reconnut la pointe noire des flèches de l'Ombre. Faisant fît de la douleur, il fit volte-face et planta ses yeux dans ceux de Silencio Karpent. Il sentit le sang inonder sa bouche, son coeur manqua un battement. Enfin, la vie le quittait. Une nouvelle brise agita ses cheveux maculés de poussière alors que sa vision se troublait. Il rassembla le peu d'énergie qu'il lui restait et avança, un pas après l'autre vers l'Ombre qui les avait tous trahis. Chaque pas était souffrance. Le monde était terne. La vie perdait de son éclat, le ciel lui-même semblait perdre sa couleur azurée.
Il se força à sourire.
Ses pensées s'obscurcirent,
Sa vue cessa,
Une main glaciale se saisit de son estomac,
Il se laissa enfin partir.
Il cessa de luter.
Enfin, il le vit jaillir.
Son instant de liberté.
Lorsque son corps heurta le sol, la vie l'avait déjà quitté.
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Ariart
Les mots est une petite poésie inspirée de nul part et écrite il y a plusieurs années. Laissez-vous porter par cette courte lecture, comme je me suis laissé porté par son écriture :)
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