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Kiran Syrova

Kiran Syrova
Quel meurtrier s’attendrait à ce que sa victime le pourchasse depuis l'au-delà ? Aucun. Pourtant, ce sont bien les morts qui conduisent Elise sur la piste de leur tueur. Nécromante, épaulée par Diegory, un agent fédéral chevronné, elle résout les énigmes que lui murmurent les âmes tourmentées et traîne leur bourreau derrière les barreaux. Ce duo de choc se verra bientôt complété par l'arrivée de Louis, un psychologue criminel renommé, capable de pénétrer l'esprit des assassins les plus pervers.

Et vous ? Ne vous êtes-vous jamais demandé ce que les morts pouvaient raconter si vous preniez le temps de les écouter ?


Membre du Club Valentine
https://www.scribay.com/talks/17283/le--club-valentine- (CV)
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Kiran Syrova

Ma femme a décidé de ne plus préparer à manger. Eh ouais, vous aussi, vous êtes surpris ? Pour tout vous dire, cette annonce a étiré mes paupières comme jamais je n'aurais été capable de le faire sans autocollant. Je la revois encore soupirer, une assiette à la main, une fourchette dans l'autre alors qu'elle raclait le surplus, notre gaspillage dans deux barquettes.
À l'intérieur du premier, les légumes destinés aux poules. Dans le second, la viande qu'elle glisse aux carnivores au-dehors. Ils lui rendent bien, si vous saviez le nombre de bestioles qui courent dans le jardin la nuit. Dur de les manquer avec leurs griffes qui glissent sur le carrelage de la terrasse et de leurs offrandes du matin. Eh ouais, là, vous riez, mais ce n'est pas vous qui devez récupérer les rongeurs et volatiles à moitié dévorés pour les balancer dans la haie à l'attention de la prochaine brigade de nettoyage. Heureusement, on n'a pas de voisins.
Bref, revenons à nos moutons. Bonne âme, évidemment, j'ignorai que l'épée de Damoclès se trouvait au-dessus de ma tête, je lui ai demandé si quelque chose n'allait pas. Elle a pivoté d'un demi-tour, fourchette et assiette à la main. J'en ai marre de faire à manger pour les poubelles ! Ça me prend parfois des heures, et tout ça pour quoi ? Vous n'en mangez même pas le quart ! Mais c'est parce que tu en mets trop, ma chérie. On n'arrive pas au bout, puis, tu ne le gaspilles pas, tu le donnes aux animaux.
Là, elle m'a lancé un de ces regards noirs dont elle a le secret, un grand, sévère, celui qui vous dit : ouvre encore une fois ta gueule et l'assiette, tu te la prends.
Instantanément, j'ai battu en retraite dans le salon, j'ai sermonné les gosses : le gaspillage, les hommes, les femmes et les enfants qui meurent de faim, etc. Elle nous a rejoints de meilleure humeur, j'ai pensé ; «  Super, l'orage est passé... »
QUE TCHI ouais ! Le lendemain, les portions étaient réduites de moitié. Là, vous pouvez me croire, on a tous fini nos assiettes, puis, le petit a posé sa fourchette, il a regardé sa mère et lui a lancé : Dis maman, tu nous mets à la diète ?
Immédiatement, j'ai décoché un regard à sa mère, à ma droite, non sans songer : «  Toi mon gars, t'es mort. »
Curieusement, ma femme lui a souri – moi, elle m'aurait fusillé sur-le-champ – et lui a dit que demain, elle préparerait davantage, qu'elle cherchait le juste-milieu. Sauf que vous comprendrez... Le juste-milieu, nous ne l'avons jamais trouvé. Le jour suivant, les animaux étaient contents, celui d'après, on rongeait nos fourchettes.
Un soir, alors qu'elle terminait tard, j'ai eu dans l'idée d'aller nous chercher à manger. Les gosses étaient contents et ma femme n'aurait pas à cuisiner en rentrant. Le plan parfait, somme toute. Sauf que, visiblement, les gosses étaient affamés. Ils ont terminé leur pizza taille «  adulte » et en plus, ils ont quémandé à leur mère l'une ou l'autre part. Non, ne me regardez pas comme ça, je leur aurais donné de la mienne s'ils m'en avaient demandé, mais curieusement, ces choses-là, on ne demande qu'à maman. Bref. Depuis ce jour-là, nous ne mangeons plus que des plats préparés ou à emporter.
Ma femme a rendu son tablier.
Vous n'auriez pas une idée pour nous la ramener ?









(Petit délire temporaire.)


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