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Nans Renard

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Défi
Nans Renard

« Comment cela a-t-il commencé ? » demanda la voix rocque du psy. « Quand avez-vous commencé à faire les "dessins" ? »
Paul était allongé dans le long fauteuil, les yeux dirigés vers le plafond bien trop blanc.
« Depuis que je suis petit. » répondit-il. « Depuis que je suis petit, je fais ces "dessins".
- Je vois. » Il prit son petit carnet et son crayon. « Parlez moi du premier du premier dessin dont vous vous souvenez. »
Le premier dessin dont il se souvenait était le premier qu’il avait fait. À cette époque, il devait être au CP, peut-être en CE1. C’était avant qu’on ne le harcèle sur ses parents gays, avant qu’on ne le tabasse parce qu’il était habillé différemment … oui, c’était bien avant.
À cette époque, il était amoureux d’une fille de sa classe, enfin, amoureux comme le serait un enfant de sept ou huit ans ne comprenant pas la différence entre une coccinelle et un gendarme. Tous les jours, à la récré du matin, il lui donnait des pâquerettes qu’il avait cueillit le matin même devant chez lui.
Puis pour son anniversaire, ses parents lui offrirent une boîte de crayon de couleur, classés du noir au blanc en passant par le rouge et le violet. Après s’être habitué à dessiner avec ses supers crayons, il décida d’offrir un dessin à la petite fille, Rose, s’il se souvenait bien de son nom.
Ce petit dessin représentait Paul tenant sa main avec un ciel bleu uniquement en haut et un soleil jaune avec quelques V dans le ciel censés représenter des oiseaux. Rose avait beaucoup aimé ce dessin, alors Paul décida d’en dessiner de plus en plus.
Il avait décidément un talent pour le dessin car, assez rapidement, les dessins étaient très beaux. Il rajoutait une maison, des personnages.
« C’est à ce moment que tout à dérapé. » dit-il d’un ton sombre au psy, celui-ci prenant quelques notes.
Le nouveau dessin qu’il lui avait fait, et le dernier par ailleurs, les représentais devant une forêt. Quelques détails rendaient cette forêt presque aussi réaliste qu’une vrai, du moins avec ses yeux d’enfants. Encore une fois, Rose était vraiment heureuse de ce dessin.
Quelques mois plus tard, les parents de Paul décidèrent de se payer des vacances en forêt avec leur fils. Ils lui proposèrent même de venir avec l’un de ses amis. Immédiatement, Paul songea à Rose. C’est ainsi que, après trois jours de préparations, ils partirent tous les quatre au camping, sans savoir qu’il ne reviendrait qu’à trois.
Le trajet en lui même ne s’était pas mal déroulé. Ils avaient joués aux cartes (au tarot, si je me souviens bien).
Puis ils arrivèrent, après deux heures de route, devant la forêt. Elle était grande, majestueuse. Ce n’était pas la forêt cliché des films d’horreurs que regardaient ses parents le soir, alors qu’ils le croyait endormit. Ils installèrent les tentes, et préparèrent un feu de camp avec quelques pierres et des branches.
Tout se passa bien pendant la soirée. Ils mangèrent des marshmallows achetés chez Leclerc la veille après les avoir faits fondre. Ils débouchèrent une bouteille de Pepsi, puis une deuxième. Peut-être auraient-ils dû n’en déboucher qu’une, ou bien aller aux toilettes avant de partir, car c’est la vessie fragile d’une petite fille qui causa sa mort.
Dans la nuit, alors que la forêt était plongée dans le noir, Rose dût sortir pour aller se soulager, mais ne revint pas.
« C’est quelques jours plus tard que son cadavre fût retrouvé dans la forêt, par des campeurs je crois. La pauvre petite avait été tué. Je ne l’ai apprit que récemment, mes parents m’avaient cachés la vérité. » expliqua-t-il au psy. « Quelques jours plus tard, l’assassin avait été retrouvé. Il s’agissait de James McLogan, un tueur en série en prison encore aujourd’hui. J’ai eu l’occasion de lui rendre visite.
- Mais êtes vous sûr qu’il ne s’agit pas d’un hasard ? Que ces deux petits points représentais (il chercha) des lucioles ou quelque chose comme ça ?
- Je comprends que vous doutiez de ce que je dis. » dit calmement Paul, « mais attendez la suite. »
Six ans plus tard, alors qu’il était quatrième, Paul se fit un nouvel ami, Bryan Thomas.
À chaque récréations, ils passaient leur temps à parler de mangas et d’animés comme Hunter X Hunter ou Sword Art Online.
« Mais ce n’est pas lui la victime, enfin … si, il en était une. Mais pas comme Rose. »
Bryan était souvent harcelé à cause de son père. Celui-ci avait fait quelques actes illégaux, alors il avait décidé de couper les ponts avec son fils. Malheureusement, c’était son absence de père qui était le sujet des moqueries. Et il se trouve que l’un de ses professeurs, son prof de math, avaient bien connu cet homme, et il ne le portait pas dans son cœur. Alors, quand il apprît que son fils était ici, et qu’il serait même son élève, il ne le supporta pas. Il baissa ses notes, lui hurlait dessus, et faisait toutes sortes de commentaires désagréables à son égard. À ce qu’il paraît, il voulait même le faire redoubler, et il l’aurait fait s’il en avait eu le temps, mais c’était justement cette chose qui lui avait manqué.
Encore une fois, le professeur avait gueulé sur Bryan à cause de ses "incapacités", même si il était sans doute l’un des élèves les plus intelligents.
Dans l’après-midi, pendant la récré, Paul s’était amusé à dessiner le prof dans quelques situations incommodes. Le dernier dessin, fait entièrement par Paul, le représentait tombant d’une fenêtre. Pour Paul et Bryan, ceci n’était qu’une plaisanterie.
Cependant, lorsqu’à la rentrée, leur principal leur annoncèrent que le professeur était mort durant ses vacances en tombant par une fenêtre, Paul se mit à avoir peur.
« Pensez-vous toujours qu’il s’agisse d’un hasard ? » demanda Paul.
Le psy regardait Paul, tapotant son carnet avec son stylo.
« J’avoue que tout ceci est étrange. Mais dites moi, comment je pourrais être sûr que ces dessins ne datent pas d’il y a quelques jours ?
- Je m’attendais à cette question. Vous ne le pouvez pas.
- Je vois. »
Soudain, l’alarme du psy sonna. C’était la fin de la séance.
« Combien je dois payer ? » demanda Paul en se levant. Après avoir réglé la somme, Paul s’en alla.
Après quelques autres visites, le psychologue avait enfin terminé sa journée. Il allait pouvoir retrouver sa femme et sa fille. Il descendit au RDC, il sortit du bâtiment. Une voix cria : « ATTENTION MONSIEUR ! LE CA … ». Mais il n’eût pas le temps d’entendre la suite, car il se fît propulser par un camion.
***
En rentrant chez lui, Paul retrouva un dessin dans ces cartons. Un homme marchait sur la route, et les onomatopées TUUUT TUUUT apparaissait derrière lui.
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